I. Ann., I, C4-65. — 2. Ann., I
I2() LES PnOClîDES D ART DANS LES HISTOIUKS
du Nord, horrible, désastreuse, qui disperse les navire - (le Germanicus et le jette tout seul sur le rivage désert du pays des Ghauques, où désespéré il médite de se donner la mort pour ne pas survivre à la catastrophe'.
Ilisloires ou Annales, nous sommes donc en présent • d'un procédé très net. Il consiste à s'arrêter sur Ica choses de guerre, expéditions ou batailles, quand elles sont par quelque endroit nouvelles, originales, et à ne s'arrêter que sur celles-là. Tacite veut pouvoir dire de toutes ce qu'il dit de l'une d'elles : illa clades novitate et marjnitudine excessit'. Il lui faut le côté extraordinaire, romanesque ou romantique; mais alors ce côté l'attire et le relient.
Goncluons maintenant sur les récits en général. Nous avons vu Tacite abréger ceux de la vie civile, lorsque lui manquaient les moyens de les pousser au dramatique. Il abrège les récits militaires, lorsqu'il ne trouve pas l'occasion de les tirer au pittoresque et au poétique. Malgré la diiTérence des deux cas, le but est commun : effet dramatique ou effet poétique, l'auteur vise un effet. Or cet effet, il l'atteindra plus sûrement par le procédé du tableau; et c'est bien pourquoi les tableaux abondent dans son œuvre. Au reste, ses batailles déjà il les décrit plus qu'il ne les raconte. Il est surtout un peintre de batailles. Sa façon même de les découper en épisodes Tacheminait vers le tableau. Bien plus, un épisode comme celui du clair de lune pendant le combat de nuit de Grémone est un tableau complet en soi, admirable. Nous tenons la transition pour passer des récits aux tableaux.