LES TABLEAUX I
■ ments de récit'. Tous les exemples n'offrent pas un type aussi complet. Il est même plus fréquent que le chapitre (en ce cas d'ailleurs moins étendu) ne contienne qu'un tableau, ouvert et fermé par quelques lignes de récit. Mais pour être simplifié, le type ne varie pas , le dessin d'ensemble reste le même : . une phrase d'introduction à l'aoriste, un tableau à l'imparfait, une phrase de clôture à l'aoriste. Veut-on suivre Vitellius au champ de bataille de Bédriac " ? Voici d'abord le sujet posé par le temps du récit : « Inde Vitellius Cremonam Jlexit et spectato munere Caecinae insistere Bedriacensibus campis ac vestigia recenlis victoriae lustrare oculis conciipivit. » Puis, amenée par l'exclamation foediim alque atrox spcclaciihim, vient la description de la plaine (le centre du morceau), avec les milliers de cadavres, les flaques de sang, jes débris d'armes, la pourriture et la dévastation effrayantes. Mais une attitude du vainqueur, par une brusque opposition qui ajoute au dramatique de la scène, nous ramène au récit dont elle renoue le fil: « At non Vitellius y7ex^7 oculos nec tôt milia insepultorum civium exhomiit. » — Autre exemple \ Malgré les lenteurs de sa marche à travers l'Italie, Vitellius est arrivé aux portes de Rome vers le début de juillet^. Comment l'historien peindra-t-il l'entrée triomphale ? Suivant le même procédé. La disposition des parties est identique. L'aoriste précède : « Ipse Vitellius a ponte Mulvio... sumpta praetexta et composito agmine incessit. » L'imparfait suit (exprimé ou sous-entendu) ; c'est
I. Cf. encore III, 17 ou IV, 62; le récit part, s'arrête, repart, s'arrête de nouveau, etc. j c'est toujours la même façon rapide et fréquente de passer du récit au tableau, du tableau au récit et d'entrelacer l'un à l'autre.