I. Hist., II, 70. — 2. III
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à la pensée. Exire de imperio : Vitcllius, franchissant le seuil du Palais, sortait de l'empire'.
Si Tacite vise à foire grand, il vise aussi à faire dramatique. La grandeur à laquelle il atteint, n'est pa& calme et sereine, mais presque toujours tourmcnlée, pathétique. En cela, et tempérament personnel mis à pari, il subissait l'influence du théâtre de Scnèque, celle de la rhétorique des écoles et, plus généralement, la tendance même de son siècle et de son pays. On aimait le dramatique à cette époque, les Romains l'ont aimé à toutes les époques, pour ce qu'il a de violent. Et on l'aimait pour ce qu'il a d'inattendu. Le goût de l'extraordinaire, des coïncidences rares, des aventures merveilleuses est un goût naturel, puisque chacun de nous, à côté de sa vie réelle, a une vie d'imagination ; mais à Rome il n'y avait point de genre spécial qui le contentât, les Latins n'ayant guère connu le roman et Pétrone ou Apulée étant des exemples tout à fait isolés dans leur littérature. Il cherchait donc ailleurs quelque moyen détourné de se satisfaire. Il pénétrait dans la tragédie (Andromaque, pour sauver Astyanax, ne trouve rien de mieux que de lui donner comme cachette le tombeau même de son père), dans les sujets de déclamation proposés aux élèves des rhéteurs (quoi de plus romanesque que certaines des Controverses dont le premier Sénèque nous a transmis le souvenir t*). Il se réfugiait aussi dans l'histoire sous la forme du dramatique. Dramatique et romanesque, en un sens, dérivent du même besoin et contiennent en tous cas un même élément : l'imprévu. La difl"érence de l'un à l'autre réside surtout dans le dénouement, ici touchant à l'ordinaire et ai-