I. II, I et 2. — 2. III. I et
l/lS LES rROCKDKS d'aRT DANS LES HISTOIRES
pas un début logique. Le livre devrait commencer avec le commencement même de la révolte des légions de Pannonie, lorsque Anlonius nous est montré pour la première fois*; seulement TcITet ne serait plus le même. Coupé comme il est, il saisit davantage. Nous avons encore un lever de rideau dramatique.
Ajoutons que les fins de livres, à l'ordinaire, ne^ont pas moins soignées que les débuts. Le premier se termine sur le départ d'Othon pour l'armée, d'où il ne doit pas revenir; le second, sur la trahison de Cécina, qui perdra Yitellius; le troisième sur la mort de Vitellius lui-même. En somme, cliacun de ces livres est conçu comme une tragédie qui, entre une exposition à surprise et un dénouement solennel ou pathétique, contient une péripétie émouvante, constituée par le meurtre de Galba, par le suicide d'Othon, par la défaite des Vitelliens et le sac de Crémone. Ou, si l'on veut, car le dénouement de chaque livre ne fait qu'amorcer le livre suivant et excite la curiosité dans l'altente de ce qui se prépare, les différents livres sont comme les actes divers d'une vaste tragédie, dont le dénouement total n'apparaîtra que beaucoup plus loin.
Le mélodrame est l'exagéiation des procédés du drame. S'il est vrai qu'on verse toujours plus ou moins du colé où l'on penche, Tacite devait finir par verser dans le mélodrame, comme avaient fait avant lui les auteurs do tragédies et de déclamations. On sait quelles sont, dans les pièces de Sénèque, et la violence des situations el l'outrance des sentiments. Passions exceptionnelles, personnages invraisemblables de vertu ou de scélératesse, héros gesticulant, exaltés, furieux, montrant le poing