I. m, 32-33. — 2. III, 5i. — 3. III, 8i
/j. Voir ce qu'il dit d'IIelvidius Priscus, malgré l'estime où il le tient (Ilisl.. IV, G).
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leur vertu et à administrer, nicme liors de propos, les leçons de leur sagesse. Il a mis plaisamment en relief Vintempe.^dva sapienda du seul Musonius; mais il atteint aussi les confrères, tous gens dépourvus comme lui du sens des réalités.
Effet ironique, par exception, effet dramatique à l'ordinaire, et dont la grandeur et la vigueur sont admirables, quand la vigueur ne va pas jusqu'à la violence ni la grandeur jusqu'au théâtral, mais parfois effet mélodramatique et déclamatoire, quand cette force ne craint pas d'abuser d'elle-même jusqu'à la contorsion, — on peut dire en un sens que pour Tacite le tableau est un effet à produire. C'est le morceau d'expression, qui témoigne du talent et, au besoin, de la virtuosité de l'artiste. Nous avions vu déjà le tableau servant dans ses différentes parties à dessiner le geste, l'attitude, la forme. Le voici qui groupe ces attitudes, combine ces gestes, agence ces formes, et constitue un ensemble en vue du but à atteindre.
Quel but? Croit-on que ce soit simplement le désir de montrer son talent ou de déployer sa virtuosité? On rabaisserait le grave historien qu'est Tacite; il a une autre idée de son rôle. Certes, il ne dédaigne pas de plaire. Mais frapper, émouvoir, lui sont surtout des moyens de se faire mieux écouter. Le passé est plein d'enseignements utiles à la conduite de la vie. Pour qui sait le comprendre, il est toute une morale en action. L'histoire a précisément comme objet de tirer de ce passé les leçons qu'il comporte et d'indiquer aux vivants les exemples à suivre ou les écueils à éviter. Tacite le dit et redit dans ses ouvrages, en termes qui ne per-
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mettent aucun doute sur sa véritable pensée. Il suffit de rappeler sa déclaration si nette des Annales^ : « Peu d'hommes savent distinguer par eux-mêmes le bien du mal, le profitable du nuisible; les exemples d'aulrui sont l'école du plus grand nombre. » Or l'historien instruit de deux façons : par ses réflexions personnelles (il tire la leçon lui-même), par la peinture de riiomme et de ses passions (il la laisse tirer au lecteur). Tacite usera de l'une et de l'autre, et toutes deux trouveront place dans ses tableaux. De là un troisième avantage du procédé. Non seulement le tableau fait revivre sous un jour pittoresque les figures et les choses disparues; non seulement, par la composition et l'arrangement des traits, il permet d'obtenir des effets saisissants ; mais (ce qui importe le plus) il fournit encore d'excellentes occasions d'analyse : Tacite y peut scruter les arrièrepensées, percer à jour les intentions, sonder les reins et les cœurs. L'intervention du moraliste après l'intervention de l'artiste, et celle-ci aboutissant à servir celle-là, c'est le trait qui achève de définir sa manière.
La peinture que trace l'historien, en effet, ne serait pas complète, si elle n'atteignait les âmes. Ni le pittoresque ni le dramatique ne se suffisent à eux-mêmes; il faut leur adjoindre l'étude psychologique et morale qui seule, en éclairant les dessous de la scène, lui donne tout son sens. Le véritable intérêt d'un tableau réside donc en ceci, qu'au moyen du dehors il explique le dedans. Les actes sont la porte d'entrée, la voie d'accès. Mais on ne séjourne pas sur le seuil, ni dans un vestibule ou dans un couloir; on veut parvenir à la chambre intérieure. Et c'est ici la conscience. L'historien pénétrera jusqu'à la conscience.
Dès lors, bien des choses se comprennent, dont nous