PORTRAIT
PAR O. ORIMPREL
Pl. XVIII. Gomme.
exacte du degré. On constate, en effet, que la bande jaune clair, dès qu’elle a été tirée au jour, commence d’abord par se teinter rapidement et progressivement ; puis, lorsqu’elle a acquis un ton voisin du brun type de la bande précédente, mais un peu inférieur, elle met un temps notable à achever son évolution et à acquérir l’intensité définitive ; dans cette dernière période les changements de nuance sont lents, comme insensibles. Il en résulte un peu d’hésitation touchant l’instant précis où le degré est fait, par suite certaines différences d’appréciation d’individu à individu. Mais cela est de nulle importance; chaque opérateur peut apprécier le degré à sa façon, pourvu qu’il l’apprécie toujours de la même manière.
L’avantage du photomètre Artigue est de fournir une véritable unité de mesure. C’est un avantage que n’offrent pas d’autres photomètres basés sur les diverses colorations que prend un papier sensible, albuminé ou citrate, exposé sous une feuille de verre divisée en zones de transparence décroissante.
Il est facile de se faire un photomètre de ce genre en divisant une bande de verre en zones successives et égales, la première recouverte d’une épaisseur de papier dioptrique, la seconde de deux épaisseurs, la troisième de trois épaisseurs, etc., et en inscrivant à l’encre noire les chiffres 1, 2, 3, etc., respectivement sur les zones successives. En plaçant sous ce verre ainsi divisé en zones de plus en plus opaques une bande de papier citrate, le chiffre 1 s’imprime d’abord en blanc, puis le chiffre 2, etc. L’expérience vous apprend ensuite que tel cliché exige que les chiffres 1, 2, 3, 4, 5 soient visibles, le 6 presque invisible, le 7 invisible.
Ces photomètres sont peut-être d’un usage plus simple que le photomètre Artigue; peut-être aussi sont-ils d’un usage moins sûr, parce que moins précis dans leurs indications.
Il en existe plusieurs modèles dans le commerce.
Accessoires divers. — Au matériel très simple que nous venons d’énumérer, il faut ajouter :
6o LES PROCÉDÉS D’ART EN PHOTOGRAPHIE
i° Pour la fabrication du papier :
Un bol ordinaire dans lequel se fera le brassage intime du mélange.
Une planchette à dessin et des punaises.
Un carton sur lequel on fixera successivement les feuilles de papier à coucher.
Nous nous trouvons bien d’employer à cet usage les cartons épais préparés pour la peinture à l’huile et recouverts d’un enduit imperméable à l’eau. Les punaises y mordent aisément et, l’opération achevée, il suffira d’un coup d’éponge donné sur la surface pour lui rendre sa propreté primitive. Un carton de ce genre, que l’on prendra de dimensions supérieures au format des feuilles, servira très longtemps.
2° Pour le dépouillement de l’image :
Des cuvettes du format supérieur à celui du papier.
Des plaques d’ébonite.
Des éponges; des pinceaux à aquarelles de diverses dimensions; du papier buvard blanc, de bonne qualité, dont on fera des tortillons au moment du besoin.