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AUX ENCRES GRASSES

E procédé inconnu jusqu’ici en France mérite cependant à plus d’un titre d’être compté parmi les procédés d’art. Il doit nous séduire par la grande liberté d’interprétation qu’il nous confère et nous intéresser par la nouveauté presque décone sa pratique.

En effet, l’apparition de l’image n’a pas lieu par dépouillement ni par développement chimique ; le pigment qui la forme est appliqué localement par la main même de l’opérateur qui surcharge où il veut et, s’il s’est trompé dans son effet, enlève ce qu’il vient de mettre au pinceau ou à l’éponge mouillés.

Voici, en deux mots, le résumé du procédé que nous expliquerons ensuite en détail.

Une feuille de papier recouvert de gélatine est sensibilisée au bichromate, séchée à l’obscurité, insolée sous un négatif, puis abondamment lavée. Il en résulte une faible image en relief pareille à celle de la photocollographie. Cette planche, ce n’est pas autre chose, est

encrée à la main, au pinceau. Ses parties insolubles, correspondant aux transparences du négatif, prennent l’encre. Les autres, imbibées d’eau, la repoussent, et l’image apparaît.

Un instant de réflexion nous fera comprendre l’étendue du contrôle que peut exercer l’opérateur en face de cette feuille de papier blanc dont les reliefs de gélatine forment un dessin correct, reçoivent la quantité de pigment qu’on veut leur donner et l’abandonnent à volonté.

Après de nombreux essais portant sur la qualité et l’épaisseur de la gélatine à employer, M. Rawlins est parvenu à livrer un papier couché d’une résistance suffisante. Ce papier est sensibilisé par immersion dans un bain de bichromate de potasse à 5 o/o. Il y séjourne jusqU’à ce que la feuille soit bien ramollie et dégraissée, puis on le sèche rapidement dans un endroit obscur. Un bain de bichromate à io o/o permet d’utiliser les négatifs très durs. Dilué à 2 1/2 0/0, le bain conviendra aux négatifs faibles.

Ce papier sensible ne se conserve guère plus de deux jours; nous préférons l’employer de suite. Il est très sensible à la lumière et n’exige, avec un cliché léger, qu’un demi-degré Artigue de pose, soit '"Mule* ^ deux minutes et demie environ par un beau temps d’été. Les clichés denses demanderont un et deux degrés dans les mêmes conditions. L’image brun pâle se voit distinctement. Elle ne doit être poussée que jusqu’à l'apparition de faibles détails dans les grandes lumières.

Nous avons inauguré avec un plein succès la sensibilisation faite au pinceau avec une solution alcoolique de bichromate d’ammoniaque comme suit :

Solution de Réserve

îcc w Eau . 100 cc. »

Bichromate d’ammoniaque . 5 gr. »

Carbonate de soude . o — 5 •

prendre pour l’usage 5 centimètres cubes de la solution ci-dessus et y ajouter 10 centimètres cubes d’alcool à 90 degrés, quantité suffisante pour couvrir quatre feuilles 19X25.

Cette variante comporte plusieurs avantages : le séchage se fait en

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