‹ Les procédés d'art en photographieChapitre 7 sur 33 · LE NÉGATIF · texte numérisé non relu

LE NÉGATIF

N accuse la nouvelle école de négliger à tel point le cliché en faveur de l’épreuve que la présence du négatif serait devenue tout juste nécessaire. En tous cas, sa perfection technique, objet des soins jaloux du photographe intransigeant, n’importerait guère plus, et les plus belles épreuves des gommistes seraient tout justement filles des pères les plus infirmes.

Nous sommes cependant d’avis que la perfection du cliché est de la plus sérieuse importance pour la réussite de l’œuvre d’art que nous espérons devoir en résulter. Mais nous commençons à ne plus nous entendre avec l’école du bon négatif avant tout, lorsqu’il s’agit de définir les qualités d’un négatif type.

Du temps du seul papier salé, il en existait un qui désespérerait . u -

aujourd’hui les amateurs de gomme bichromatée. Les noirs en étaient d’une épaisseur extrême, les clairs d’une transparence absolue, car le papier d’alors, imprégné de sels d’argent jusque dans son épaisseur, exigeait une réduction profonde dans ses noirs avant que les détails de

ses blancs cliché dur.

fussent apparus. C’était ce que nous appelons maintenant un

Conclura-t-on de cet exemple qu’en langage photographique le négatif sera baptisé d’après le caractère des résultats qu’il provoquera sur l’épreuve positive ? Si cette façon de parler pouvait être logique du temps où la corporation ne travaillait que sur un seul genre de papier sensible, elle devient confuse à l’époque actuelle qui compte une multitude de procédés différents pour chacun desquels devrait logiquement intervenir un négatif à qualités spéciales. Donc, si nous nous refusons à croire au cliché étalon, — tel le mètre en platine qui repose aux Arts et Métiers, — nous admettons la nécessité de clichés de natures différentes, — propres chacun d’eux au genre de papier qu’on leur destine.

Nous voici donc conduits à examiner quelles sont ces qualités diverses exigées par les différents modes d’impression d’art et comment il est possible de les obtenir.

La nature complexe de certains tirages nous empêchera de diviser les procédés, comme on le fait d’ordinaire, en procédés à impression directe, à développement et à dépouillement. En effet, le papier au platine, qui se développe comme un bromure, a comme point de départ une image visible obtenue par impression directe, et dont la nature est fort importante au point de vue des résultats définitifs. De même pour l’ozotype et la gomme ozotype qui sont des procédés à dépouillement, mais dont l’origine est cependant une image visible analogue à celle du tirage au platine. Cherchons donc, sans entrer dans des classifications arbitraires, quelles doivent être les qualités du négatif communes à tous les procédés d’art ou spéciales à chacun d’eux.

La plus importante sera le rapport de transparence qui devra exister entre les maxima et les minima d’épaisseurs du négatif, — et on déduira de cette définition que la qualité nécessaire tout d’abord, et commune à tous les procédés, sera la perméabilité de la plus grande épaisseur. En d’autres termes, tout négatif dont les noirs ou le plus grand noir ne montreront par transparence aucun détail ou aucune demi-teinte devra être considéré comme inutilisable.

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