A L EAU-FORTE
La gravure à l’eau-forte était depuis longtemps employée par les armuriers, dans le travail de la damasquinerie , quand vint l’idée de l'appliquer à la gravure d’estampes. Lajdus
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encadrement réduit d’albekt durer Pour les Heures de Maximilieu
ancienne eau-fortc que l’on connaisse est peut-être le Saint Jérôme d’Albert Durer, mais il ne m’appartient pas d’examiner si la date de i5i2 qu’elle porte est bien la plus ancienne que l’on puisse invoquer : je n’ai à m’occuper ni des origines ni de l’esthétique de ce genre de gravure. L’examen de cette double question revient de droit à l’éminent directeur du cabinet des estampes, M. le vicomte Delaborde, qui, nous le répétons, enrichit cette bibliothèque d’un volume sur l’histoire de la gravure.
Avant d’aborder le sujet qui m’appartient en propre, c’est-à-dire l’analyse des procédés de la gravure, je me bornerai donc à ce rappel d’un document précis, en quelque sorte l’acte de naissance de l’eau-forte, et j’y joindrai les noms des artistes les plus remarquables qui ont illustré cet art par leurs œuvres.
Ce sont, parmi les anciens, Rembrandt, Claude Lorrain, Van Dyck, Guido Reni, le Parmesan, Paul Potter, A. Cuyp, K. Dujardin, Berghem, Ostade, Callot, Barlow, Hollar, Watteau , Boucher, Fragonard, Tiepolo, Canaletti, Piranèse, Goya, etc., tous peintres-graveurs ; puis A. Bosse, Bolswert, Pontius, Worstermann, Morin, Audran etc., graveurs de profession, maîtres du burin et de l’eau-forte.
Quant aux contemporains, le nombre des bons graveurs est si considérable que je dois me borner à citer ceux dont les ouvrages sont recherchés pour le charme seul et l’originalité de leur manière d’aquafortistes : Ch. Jacque et Daubigny, peintres-graveurs passés maîtres in utroque, Jules Jacquemart, Bracquemond, Méryon. Flameng, Seymour-Haden , Edwin Edwards, Tissot,
GRAVURE A L’EAU-FORTE
Legros, Waltner, Rajon, Lalanne, Rops, Le Rat, Gilbert, etc., etc.
Le dieu de Part, il est à peine besoin de le nommer, c’est Rembrandt; quoiqu’il n’ait pas inventé l’eau-forte, on peut avancer qu’il l’a créée de toutes pièces; s’il n’a pas dit le premier mot, le dernier lui appartient.
La gravure à l’eau-forte est l’art de fixer un dessin sur le métal par la morsure d’un acide. Elle permet au peintre qui l’emploie de multiplier à l’infini les épreuves d’un travail original. Comme l’a fort bien dit M. Maxime Lalanne, il est à la fois le traducteur et le poète1.
Quant à l’artiste graveur qui se borne à transcrire les œuvres des autres, il peut, au moyen de ce procédé, créer l’estampe la plus complète qui se puisse voir.
Le cuivre se prête à tout ; il peut
rendre toutes les finesses du dessin le plus délicat, et sa palette est d’une richesse de coloration qui ne connaît
i. Traité de la Gravure à l'eau-forte, texte et planches par Maxime Lalanne. i vol. in-8° de 106 pages, chez Quantin, 7, rue Saint-Benoît, Paris.