BIJOU ANCIEN RUSSE
Gravé sur bois.
n’étaient pas nets, et plusieurs parties n’étaient pas rendues. Nous avons reconnu ainsi la nécessité de faire intervenir, comme le pratique l’auteur, l’action d'un couple voltaïque, qui creuse davantage et plus uniformément sans altérer aucunement le dessin de l’artiste. M. Devincenzi a fait tirer huit cents épreuves de la tête du Pérugin. Avec d’autres planches, il a imprimé trois mille épreuves, les dernières étant aussi belles que les premières. Il pense que le zinc, présentant plus de résistance que l’alliage des clichés, composé de plomb et d’antimoine, permettra de tirer au moins autant d’épreuves que ces derniers. »
Paniconographie. — Nous arrivons enfin au procédé de gravure en relief le plus important par ses résultats pratiques et par la place considérable qu’il a prise dans l’illustration contemporaine des livres et des journaux. La paniconographie a été inventée par M. Gillot; elle est aujourd’hui pratiquée par son fils et par un grand nombre d’autres industriels qui ont plus ou moins modifié le système.
Je vais donc traiter avec plus de développement l’étude de ce procédé : ce que j’ai à dire de la manoeuvre pourra du reste s’appliquer non seulement à la paniconographie, mais à l’héliogravure en relief, qui tient une place non moins importante dans les systèmes usités de nos jours.
C’est encore un rapport, dû également à un savant de premier ordre, qui me fournira tous les renseignements indispensables. Il a été fait, en 1 858, par M. Th. du Moncel, devant la Société d’encouragement.
D’un dessin au lavis d’A. Stevens,
« Le système de gravure paniconographique de M. Gillot n’emploie que des moyens simples en principe et tout à fait ordinaires. Avec lui, toute espèce de dessin quel qu’il soit, pourvu qu’il puisse fournir une épreuve faite avec de l’encre grasse, peut donner lieu à un cliché en relief susceptible d’être imprimé typographiquement. Ainsi les lithographies au crayon ou à la plume, les gravures sur pierre, sur cuivre et sur acier, et même la gravure lithographique, peuvent, sans aucune retouche de graveur, être reproduites par le moyen des presses typographiques. Or, si l’on considère que le dessin sur pierre n’exige pas un soin plus grand que celui qu’on est obligé de prendre pour dessiner sur le bois ; que, dans certains cas, ce soin est peut-être encore moins grand ; que, par ce procédé, la dépense des bois, qui est si considérable pour les gravures un peu grandes, devient nulle avec le procédé dont nous parlons ; que l’on peut extraire d’une planche gravée telle ou telle figure qu’il convient, et avoir, par ce moyen, des clichés de fragments parfaitement rendus, avec presque la pureté de la gravure en taille-douce, on comprendra immédiatement les avantages immenses que le procédé de M. Gillot met entre les mains de tous ceux qui ont des ouvrages à publier.
« Le principe du procédé de M. Gillot est d’une simplicité extrême; mais l’exécution en est assez délicate et exigeait bien des recherches avant de pouvoir parvenir aux résultats dont nous venons de parler. Quelques mots suffiront pour faire comprendre ce principe :
« Qu’on suppose encré, avec une encre suffisamment grasse, le dessin lithographié ou gravé qu’il s’agit de
HÉLIOGRAVURE d’un DESSIN AU CRAYON
De Ad. Menzel.
1}f LES PROCEDES DE LA GRAVURE.
reproduire. Rien ne sera plus facile que d’en prendre une épreuve sur du papier à report; et cette épreuve ainsi préparée, étant appliquée, avant d’être bien séchée, sur une planche de zinc bien poncée, bien polie, pourra fournir, sur ce métal, une contre-épreuve aussi pure que le dessin sur pierre. Pour ootenir ce dessin en relief, il s’agira donc de faire mordre toutes les parties de zinc qui n’auront pas été recouvertes par l’encre de la contreépreuve. Or c’est précisément dans cette opération que gît toute la difficulté; car l’encre d’imprimerie, par ellemême, n’offre que bien peu de résistance à l’action des acides, et surtout d’acides assez énergiques, pour fournir les reliefs nécessaires à l’impression typographique. On pourrait croire qu’en ménageant les morsures et en les faisant successivement, on pourrait, jusqu’à un certain point, résoudre cette difficulté; mais le problème est infiniment plus complexe, car le degré de ces morsures devant être différent suivant les teintes du dessin, il faut nécessairement mettre à l’abri les parties suffisamment préparées après chaque opération. Voici comment s’y prend M. Gillot pour obtenir ce résultat :
« D’abord, pour donner plus de résistance à l’encre du report, il saupoudre sa planche de fleur de résine qu’il étend délicatement sur le dessin avec un blaireau, après quoi il place la planche dans la cuve de guttapercha ou doit se faire le mordançage.
« Cette cuve doit avoir une disposition particulière, en raison du mouvement continuel qu’on est obligé de donner au liquide acidulé pour empêcher la stagnation des sels formés par l’acide et le zinc, et pour qu’il puisse réagir d’une manière nette et uniforme sur la planche.
FIG. 66. — menton.
Par J. Jacquemart. — Héliogravure d’un dessin à la plume et au crayon.
ij 6 LES PROCEDES DE LA GRAVURE
Cette cuve est disposée en bascule et pivote sur deux coussinets fixés sur le bâti qui la supporte, comme celles employées pour la gravure des rouleaux destinés à l’impression des tissus.
« Le liquide acidulé qu’emploie M. Gillot n’est autre chose que de l’eau acidulée avec de l’acide nitrique. Ce liquide doit être essayé, à chaque opération, au moyen d’une pierre lithographique sur laquelle on jette quelques gouttes. Par le dégagement, plus ou moins rapide, des bulles de gaz acide carbonique qui se trouvent alors formées, il est facile de juger du degré de force du liquide.
« On commence d’abord par une morsure très légère, et cette morsure est destinée à attaquer seulement les petites parties blanches qui existent dans les teintes les plus foncées. Pour la faire, on fait basculer successivement la cuve pendant un temps plus ou moins long, et on achève l’extraction des sels formés par l’action de l’acide nitrique au moyen d’un blaireau. Ordinairement cette première morsure exige un quart d’heure environ. Quand on a jugé la morsure de ces parties claires des teintes foncées suffisante, on retire la planche de la cuve, on l’essuie, puis on la sèche et on la place au-dessus d’un gril échauffé en dessous au moyen de poussier de charbon enflammé, qu’on a soin de répartir également sous de la cendre chaude. Sous l’influence de cet échauffement, la légère couche de résine répandue sur le dessin se fond doucement, ainsi que l’encre, et se déverse dans toutes les petites cavités formées par cette première morsure. Toutefois, comme cette couche n’est un peu épaisse que sur les noirs vifs et les teintes très foncées.
GRAVURE EN RELIEF