FIG .67 VIEILLARD
Par Masaccio. — Gravure sur bois de Hotelin, réduite par l’héliogravure.
clairs qui se trouvent au milieu de ces teintes. Aussitôt que cet effet est produit, la planche est retirée de dessus
ce premier échauffement ne bouche que les petits points
i j8 LES PROCEDES DE LA GRAVURE.
le gril et refroidie à l’air libre; après quoi, on l’encre parfaitement avec le rouleau lithographique, comme si on devait en tirer une épreuve. On recommence ensuite à la saupoudrer de fleur de résine pour la mettre en état de subir une nouvelle préparation.
« Cette nouvelle préparation doit attaquer les teintes un peu moins foncées du dessin, et en conséquence elle doit être un peu plus énergique. L’opération se conduit exactement comme la première fois; seulement le degré d’échauffement de la plaque, quand elle est placée sur le gril, doit être un peu plus élevé; et, comme le dessin lui-même est plus chargé d’encre et de résine, la fusion de la couche s’étend davantage, ce qui bouche les cavités ménagées dans la première opération.
« Après avoir de nouveau encré le dessin et l’avoir saupoudré, pour la troisième fois, de fleur de résine, on commence la troisième morsure, qui provoque un nouvel échauffement de la plaque, puis une nouvelle fusion de la couche protectrice, et on recommence de la même manière quatre, cinq, six, sept morsures, jusqu’à ce que le dessin ne présente plus qu’une masse noire uniforme, sans distinction de demi-teintes. Alors on prépare la planche avec de l’eau acidulée très fortement (une partie d’acide sur douze d’eau), qui creuse définitivement les parties complètement blanches. Cette dernière préparation se fait toute seule et dure trois quarts d’heure.
« Quand les blancs occupent sur le dessin une surface un peu large, on les recouvre de gomme laque liquide avant la première opération, afin de maintenir davantage la force de l’acide et de donner du soutien au rouleau typographique, lorsque l’on encre la planche après
Dessin de Lechevallier-Chevignard. — Gravé sur bois par Hotelm.
chaque morsure. On découpe ensuite ces parties à la scie, afin d’appliquer sur le bois la plaque de zinc qui est devenue un cliché.
« Maintenant on comprendra quel soin il faut apporter à l’action du mordant, pour que toutes les lignes dé« licates, les teintes faibles et les parties fines d’un dessin soient suffisamment ménagées, et c’est en cela surtout que M. Gillot a fait preuve d’une habileté rare, qui éloignera de lui, d’ici à longtemps, les contrefacteurs.
« Aujourd’hui le système de gravure paniconographique n’est plus à l’état de simple innovation, il constitue une véritable branche d’industrie à laquelle ont recours plusieurs publications françaises et anglaises. Mais une chose curieuse à constater, c’est en Angleterre que ce procédé est le plus connu et le plus recherché. Toutefois, les avantages de ce système se sont plutôt fait remarquer au point de vue industriel des publications qu’au point de vue artistique.
« Les avantages de la paniconographie que nous avons énumérés ne sont pas les seuls. On peut, par son moyen, obtenir des planches avec des corrections ou des additions que l’on ne voudrait pas faire intervenir dans la planche mère.
« Bien plus, on a pu faire revivre des gravures dont les planches étaient usées, en refoulant celles-ci et en engraissant convenablement l’épreuve de report. D’un autre côté, on a pu reproduire les types de la chromolithographie, de manière à reproduire typographiquement des dessins coloriés. M. Desjardins, qui est parvenu à reproduire, à s’y méprendre, les aquarelles et les dessins des artistes en renom, compte bien tirer parti de
GRAVURE EN RELIEF
la paniconographie pour rendre son procédé moins dispendieux et en faire profiter le public.
« Enfin il n’est pas jusqu’à la reproduction des autographes, des modèles d’écriture et des cartes géographiques qui ne puisse profiter avantageusement de cet art nouveau. »
Depuis io58, époque à laquelle M. Th. du Moncel présentait son rapport, la paniconographie a fait de grands progrès, grâce aux efforts de l’inventeur M. Gillot, de M. Lefmann et de MM. Yves et Barrett, etc. Les gravures de la Vie Parisienne et du Charivari fournissent d’excellents spécimens de ce procédé : combiné avec l’héliogravure, dont nous parlons plus loin, il donne des résultats plus parfaits de jour en jour : l’avenir lui appartient.
Chimitypie. — Ce procédé a été découvert à l’imprimerie impériale de Vienne. Un dessin tracé à la pointe sur une plaque de zinc est mordu à l’eau-forte affaiblie de manière à l’avoir en creux uniforme et lisse. Sur la planche vernie on répand de la limaille d’un métal fusible à une faible température, puis on expose sur un réchaud. Le métal
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Par Froment-Meurice. — Gravure sur bois.
ea fusion remplit les sillons du dessin; on laisse refroidir, puis on enlève au frottoir le métal répandu à la surface de la planche; les sillons seuls restent garnis, comme dans le procédé de la niellure. On fait mordre enfin à l’acide chlorhydrique, qui, attaquant le zinc seulement, produit une gravure en relief du dessin.
Clirysoglypliie. — Au lieu de métal, prenez un mastic inattaquable aux acides et garnissez-en les creux d’une eau-forte ou même d’une gravure au burin; nettoyez et laites mordre de nouveau, vous aurez comme dans le cas précédent une gravure en relief. Le procédé du mastic appartient à MM. Firmin-Didot frères : le nom de chrysoglyphie vient de ce que la planche de cuivre est recouverte d’abord d’une couche d’or qu’on enlève en dernier lieu.
La Chalcographie de M. Heims, de Berlin, repose sur les mêmes principes : gravure en creux transformée en relief par des actions chimiques.
La galvanoplastie permet d’obtenir un cliché en relief de tout dessin qui aura été tracé en creux sur une couche molle quelconque, cire ou vernis, puis enduite de plombagine pour faciliter la séparation du dépôt métallique effectué par la pile. Les procédés Palmer, Boslay, Danfil, etc. reposent sur cette donnée générale
Dans la styrographie, on a l’avantage de dessiner comme sur papier, c’est-à-dire de voir apparaître le dessin en noir. La planche est formée d’un bloc composé de copal, stéarine, gomme gutte et noir de Franc-
GRAVURE EN RELIEF
fort, blanchi à la surface avec de la poudre d’argent. La galvanoplastie fournit un cliché en relief du dessin tracéàla pointe, et ce clichépar une opération inversede clichage fournit, si l’on veut, une planche qui s’imprime en taille-douce.
M. Jones a imaginé de dessiner sur une plaque d’acier avec une pointe fortement aimantée , puis d’y répandre de la limaille de fer; celle-ci adhère si fortement au dessin qu’il est possible d’en opérer le tirage au moyen d’une presse lithographique, en se servant de papier contenant des produits chimiques susceptibles de marquer tous les points de contact avec le fer; c’està-dire les traits du dessin.
Les pantélégraphes Caselli, Meyer et autres utilisent les courants magnétiques ou électriques pour décomposer des papiers chimiques et obtenir ainsi la reproduction des dépêches.
Gravure à la gutta-percha de M. Def rance. — Etant donné un dessin fait sur papier transparent, on tixe ce dessin du côté de l'endroit sur une planchette au moyen de punaises i, puis on recouvre l’envers d’une couche de gélatine d’environ 1/2 millimètre d’épaisseur. Un calque du dessin, qui apparaît par transparence, est tracé dans la gélatine au moyen d’une pointe ordinaire ; on recouvre alors la surface du calque d’une couche assez épaisse (1/4 mill.) de gutta-percha dissoute dans le sulfure de carbone, et quand elle est bien sèche on y applique