FIG. 7(5. - X.A CHARITÉ
Bronze du xvio s'ècle. — Gravure sur bois.
irta LES PROCÉDÉS DE LA GRAVURE.
coupés marquent dans chacune des planches la place occupée par un ton déterminé sur la maquette, peinte à l’aquarelle, dont le dessinateur a confié la traduction au graveur; le reste de la planche est évidé, il ne prendra pas l’encre de couleur que cette planche est chargée de déposer sur le papier. Autant de clichés et par conséquent d’impressions qu’il y a de couleurs : lorsque deux ou plusieurs planches sont gravées en des points correspondants de leurs surfaces, comme elles déposent chacune leur encre aux mêmes points, il en résulte des tons mixtes qui enrichissent la palette de l’image sans multiplier les impressions.
La difficulté est de repérer au tirage, c’est-à-dire de faire en sorte que la feuille de papier vienne s’appliquer exactement à l’endroit voulu, toujours le même, quel que soit le nombre des tirages. Mais l’imprimerie moderne se joue de ces difficultés matérielles. Le Livre cTEsther, qui vient d’être édité par MM. Hachette, présentait d’autres difficultés avec son format grand in-folio ; on n’est pas moins parvenu à repérer, recto et verso, un double filet rouge qui encadre les pages.
Avant de terminer, nous demandons à insister sur un point qui nous touche fort dans notre amour-propre national. 11 faut l’avouer, nous ne produisons pas en France de livres en couleur comparables àceux des Anglais. Ce ne sont pourtant pas les dessinateurs habiles qui nous manquent, ni les graveurs, ni les imprimeurs, et certainement le public ne demanderait qu’à suivre. Cette fâcheuse situation n’est pas nouvelle. Déjà au xvme siècle Cochin avouait que l’art de la me\\o tinte n’était pratiqué supérieurement qu’en Angleterre. Jani-
GRAVURE EN COULEUR
net ne tardait pas, il est vrai, à démentir cette assertion, avec son portrait de Marie-Antoinette (1774), très supérieur à tout ce qu’on avait tenté dans ce genre depuis Lastman, le maître de Rembrandt, Leblond et Gautier,
FIG. 77. - GRAVURE SUR BOIS
D’après une eau-lorte de Karel Dujardin.
les inventeurs de la gravure en couleur, ou du moins les rénovateurs, car l’impression en camaïeu (voir le chapitre consacré à ce genre de gravure) est presque aussi ancienne que la découverte de Gutenberg. Ajoutons avec MM. de Goncourt que Debucourt a pratiqué cet art si compliqué avec la science d’un maître.
Ce qui nous manque aujourd’hui, c’est un artiste,
comme Debucourt précisément, qui sache comprendre la manière de traiter les dessous, le dessin, la planche en noir.
Quant aux graveurs, ils ne nous manqueront pas, le jour où nous aurons trouvé un dessinateur capable de diriger leur travail dans un sens convenable et de les contraindre à ne faire que le nécessaire.
Les héliograveurs essayent de leur côté. M. Gillot, notamment , vient d’obtenir des résultats fort remarquables, par des procédés analogues à ceux que nous décrivons en parlant de ses héliogravures en noir et de la photographie en couleurs. Chaque ton est héliogravé à part sur planche séparée mise en relief par la morsure aux acides. Le fond est ajouré, pour répondre aux exigences du tirage typographique, soit automatiquement en se servant pour les dessins de papiers grenés ou gravés à la machine, soit, après coup, par des procédés mécaniques.
FIG. 78. - GRAVURE SUR BOIS
D’après une vignette du xvi* siècle.
LA PHOTOGRAPHIE