FIG. 79. - BIJOU
Par Froment-Meurice. — Gravure sur bois.
dissolvent, et il ne reste en place que les parties ou la lumière a exercé son action, c’est-à-dire la place des clairs; la plaque est donc mise à nu en certaines parties de sa surface qui représentent les ombres de l’image.
La première idée de Niepce fut d’appliquer cette singulière propriété du bitume de Judée à la gravure; devant une plaque préparée comme on vient de le voir, il plaçait une feuille de papier sur laquelle un dessin était tracé. La lumière, passant à travers les parties blanches de cette feuille, venait frapper le bitume et le rendre insoluble aux points correspondants. Tous les autres points, c’est-à-dire le’ tracé du dessin, disparaissaient ensuite dans le bain d’huile de lavande, laissant le cuivre à nu, et l’on pouvait faire mordre, au moyen des acides, la plaque protégée par son bitume insoluble agissant à la façon du vernis des aquafortistes.
Dans l’héritage de Niepce on a trouvé de ces plaques qu’il nommait héliographies : certaines dataient de 1826.
C’est en 1829 que Niepce unit ses efforts à ceux de Daguerre, et tous deux travaillèrent en commun jusqu’en 1 83 3 , époque oü mourut le premier de ces chercheurs. Daguerre poursuivant ses travaux eut le bonheur de les mener à bonne fin. D’abord il trouva une combinaison chimique très sensible à la lumière ; des plaques d’argent soumises aux vapeurs d’iode se recouvrent d’une mince couche d’iodure d’argent sur laquelle une image très fine se forme dans la chambre noire. La diffïiculté était de fixer cette image; le hasard vint en aide à Daguerre, et le problème fut enfin résolu dans ses conditions les plus essentielles. Une capsule pleine de mercure oubliée dans une armoire ou se trouvaient des
LA PHOTOGRAPHIE
plaques insuffisamment impressionnées en apparence, c est-a-dire qui ne trahissaient à la vue aucune image, donna le mot de l’énigme : sous l’influence des vapeurs