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FIG. 89. - CAMÉE ANTIQUE

Réduction d’eau-forte.

rapide et constant, puisque l’imprimeur n’est pas à la merci des caprices du soleil; homogénéité parfaite dans la coloration des épreuves, par les mêmes raisons, et inaltérabilité presque absolue.

L’inconvénient du procédé Woodbury est dans l’outillage spécial et fort coûteux qu’il nécessite, et dans la multiplicité des travaux de main-d’œuvre pour l’appropriation des épreuves aux exigences du commerce.

Procédé Goupil. — La maison Goupil, qui a acquis le droit d’exploiter en France le procédé Woodbury, a déjà réalisé des progrès importants sur lesquels nous devons attirer l’attention, car ils permettent de ramener les clichés photographiques à l’état de gravures ordinaires, susceptibles de passer sous les presses communes et de recevoir les encres grasses usitées dans toutes les imprimeries.

Le relief formé par les planches Woodbury est tel lement faible, avons-nous dit, qu’il faut employer des encres très fines et très transparentes pour obtenir une gradation dans les ombres; il ne retiendrait pas les encres grasses, ou du moins ne les distribuerait pas dans les épaisseurs variées qui constituent les nuances du noir. Woodbury et M. Rousselon, de la maison Goupil, ont trouvé le moyen de convertir ces planches photoglyptiques en clichés de cuivre dont le tirage se fait comme celui des eaux-fortes, c’est-à-dire aux encres grasses; ils sont parvenus à donner un grain à la gélatine en l’additionnant de sable fin ou en produisant le granulé au moyen de certaines réactions chimiques qui changent l’état moléculaire des corps. Quel que soit

PHOTOGRAVURE.

leur procédé, dont ils gardent le secret suivant leur droit, on obtient de la gélatine granuleuse un cliché cuivre par les procédés de la galvanoplastie, et ce cliché est apte à fournir des épreuves en nombre illimité, absolument comme une planche gravée à l’eau-forte.

Procédés divers. — Les procédés dont se servent MM. Dujardin, Amand Durand, Baldus, etc., etc. présentent, avec les systèmes d’héliogravure que nous avons passés en revue, des analogies telles qu’il est inutile de les décrire spécialement. Du reste, chacun de ces héliographes distingués a son tour de main, sa recette particulière ; le principe est le même, les procédés seuls varient et la perfection des résultats dépend de l’habileté individuelle. On a remarqué que ceux-là réussissaient le mieux qui joignaient à la connaissance spéciale de l’héliogravure un certain talent de dessinateur. C’est que le soleil et la chimie ne font pas tous les frais des planches qu’on leur demande. Bien que les héliograveurs s’en défendent, nous croyons qu’ils ont beaucoup à retoucher dans l’ouvrage qui résulte des réactions chimiques : or les retouches sont du domaine de l’art; pour les pratiquer avec intelligence, il iaut savoir dessiner et connaître le maniement du burin.

ALBERT YPIE OU PHOTOTYPIE

otre compatriote Poitevin, à qui la photographie est redevable de tant de découvertes ou de travaux qui ont conduit à des applications importantes, a fait le premier la remarque que les parties impressionnées d’une couche de gélatine chromatée ont la propriété de retenir les encres grasses; si l’on ajoute à ce fait que les parties non impressionnées sont, au contraire, aptes à retenir l’eau à l’exclusion des autres, et partant à se dérober au contact de l’encre, il appert que toutes les conditions requises se trouvent remplies pour que cette couche de gélatine puisse être imprimée à la façon des pierres lithographiques.

Il ne s’agissait plus que de trouver le moyen de rendre cette couche de gélatine suffisamment résistante pour qu’elle pût se prêter à l’impression d’un grand nombre d’épreuves. Résistante, on sait qu’elle l’est au plus haut point, puisqu’elle suffit à fournir plusieurs clichés Woodbury, en s’incrustant comme un coin dans une plaque de métal. La difficulté était de la bien fixer

FIG. pi. - HÉLIOGRAVURE GILLOT

D’un croquis à la plume d’A. Stevens.

ipa LES PROCEDES DE LA GRAVURE.

sur un support résistant, de l’y incorporer pour ainsi dire. Tessié du Mothay et d’autres expérimentateurs avaient obtenu d’assez bons résultats en la transportant sur métal, quand Albert de Munich inventa le procédé qui porte son nom et dont la perfection ne laisse rien à désirer. Voici comment il procède :

Une solution de gélatine mélangée de chromate de potasse est versée sur une plaque de verre, — opération analogue à celle de la préparation du négatif au collodion, et, comme elle, pratiquée dans l’obscurité, — on laisse sécher, puis on expose cette plaque à la lumière du côté où il n’y a pas de gélatine: la couche superficielle de cette substance qui se trouve en rapport immédiat avec le verre est seule impressionnée, devient insoluble et adhère fortement au verre. On expose ensuite la face du verre où repose la couche de gélatine au-dessous du négatif, et, dès que l’action de la lumière est accomplie, on lave dans l’eau pour enlever tout le chromate non impressionné. La plaque, une fois sèche, est prête à recevoir l’encre grasse, qu’on lui distribue au moyen du rouleau comme en lithographie, et l’on tire de même. L’Albertypie fournit de très belles épreuves et en aussi grand nombre qu’une pierre lithographique. Les noirs y sont moins beaux, moins profonds que dans les épreuves de la photoglyptie, ce qui tient surtout au défaut de transparence des encres grasses, mais les blancs y ont une netteté et un éclat supérieurs.

Les planches dites d’héliochromie de M. Vidal, dont nous, parlerons tout à l’heure, sont tirées par le procédé Albert ou par un procédé qui en dérive directement.

PHOTOLITHOGRAPHIE

a photolithographie a été inventée par Poitevin longtemps avant la phototypie, qui, du reste, n’en diffère que par la nature du support donné à la gélatine impressionnée. Poitevin étalait cette couche de géla- \

tine sur pierre; Albert eut l’idée de la fixer sur verre, comme nous venons de l’exposer.

Une importante modification fut apportée par Asser et Osborne au procédé de Poitevin : ils imaginèrent de transporter sur pierre au lieu de la gélatine impressionnée, qui, pendant l’opération du lavage, abandonnait trop facilement ses demi-teintes, l’épreuve de cette gélatine noircie aux encres grasses, en un mot, de faire un report de l’image. Une feuille de papier chromaté était exposée sous un négatif; puis, l’image positive étant produite et fixée, on l’encrait au rouleau ou au tampon et on l’appliquait sur une pierre lithographique, oü la pression lui faisait abandonner toute l’encre qu’elle avait prise, c’est-à-dire le dessin avec ses teintes

varices. La pierre, ainsi préparée, était tirée comme une lithographie ordinaire.

La phototypie donne des épreuves bien supérieures à celles de la photolithographie, aussi l’a-t-elle

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