Articles réunis en un volume. Renouard, éditeur
un brevet pour s’assurer la propriété légale d’un procédé semblable. André avait-il eu connaissance des essais de Senefelder? On l’ignore et, en somme, la chose importe peu. Comme le fait justement remarquer M. Delaborde, les grandes découvertes sont presque toujours le patrimoine commun d’un groupe de chercheurs et celui-là est le véritable inventeur, qui résume d’une façon pratique l’idée nouvelle qui est dans l’air : ce sera Van Eyck, pour la peinture à l’huile; Maso Finiguerra, pour la gravure ; Gutenberg , pour l’imprimerie , et Daguerre, pour la photographie. Le nom de Senefelder, de Munich, nous semble de même indissolublement attaché à la découverte de la lithographie.
La première imprimerie lithographique, en France, a été installée par le comte de Lasteyrie, qui était allé étudier sur place, à Munich, le procédé nouveau.
C’est un élève de David, M. Bergeret, qui s’essaya d’abord sur la pierre calcaire, mais ses croquis n’ont aucune importance ; la Sainte Famille, lithographiée par Denon, en 1808, ne doit pas compter non plus parmi les spécimens heureux de l’art nouvellement créé.
A partir de 1 8 r 6 des artistes de grand mérite se décident enfin à aborder la lithographie ; entre leurs mains le procédé acquiert rapidement toute sa valeur; on peut même avancer qu’après eux l’art fait place au métier
Par conséquent, la grande époque de la lithographie est l’époque des premiers lithographes.
Dans le domaine des arts, quand surgit un procédé nouveau, il arrive souvent que l’on en fait immédiatement le meilleur emploi, et que les initiateurs laissent peu de chose de bon à glaner après eux. Voyez les pri-