‹ Les procédés de trépanation du crâne et leur valeurChapitre 15 sur 32 · SIMPLICITÉ DU MANUEL OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

SIMPLICITÉ DU MANUEL OPÉRATOIRE

Tel est le manuel opératoire de l'opération de Jaboulay. Ce qui nous frappe avant tout, en la comparant aux précédentes, c’est sa grande simplicité et par suite sa facilité! — L'incision n’a rien de spécial. C'est là vieille incision cruciale, c'est-à-dire une incision très commode qu’on peut agrandir à volonté au cours même de l'opération en prolongeant les branches de la croix.

. Cette incision, la seule usitée par les vieux chirurgiens,

avait été abandonnée parce que l’opération terminée et

. les lambeaux rabattus, i! était difficile de bien réunir

au centre les coins des quatre lambeaux. Ce point central correspondait à l'ouverture du crâne, c’est-à-dire au point où la poussée intra-craniène présentait son maximum. Il en résultait forcément une tendance à hernie cérébrale. Or ce n’est point ce que nous devons craindre avec le procédé de Jaboulay, car le point central où viennent se réunir les lambeaux repose dans ce cas sur la travée osseuse qui obvie très efficacement à la production de la hernie comme nous le verrons dans la suite. Ce procédé d'incision, étant le plus commode et ne présentant aucun danger, est donc parfaitement justifié. D'ailleurs le procédé d’incision de la peau et des parties molles peut être laissé au choix du chirurgien, Car là ne commence point à proprement parler l’opération de Jaboulay. Elle ne diffère d’une simple trépanation que par la taille d’un lambeau osseux. Et pour tailler ce lambeau osseux point n’est besoin d’ins-

NE

truments d'un maniement dangereux, où d'appareils spéciaux comme celte ingénieuse mais trop théorique scie linéaire de M. Toison. L’antique trépan répond à tous les besoins de l'opérateur. Quiconque sait manier le trépan et poser la couronne ciassique peut sans crainte aborder cette opération. Rien n’y est nouveau pour lui sauf la manière de disposer les couronnes. Et c’est déjà un grand point, car le trépanest l'instrument qui réunit le plus d'avantages et de commodités. Ii réunit les suffrages de chirurgiens dont l'éloge n'est plus à faire et dont la manière de voir fait toujours autorité. Ainsi M. Ollier considère le trépan comme un instrument admirable et d’un maniement sûr et facile. M. le professeur Poncet professe les mêmes opinions. On peut donc dire, d’après les chefs actuels de l’Ecole chirurgicale lyonnaise, que le trépan est l'instrument de choix. L'emploi exclusif du ciseau et du maillet est supprimé et avec ces instruments disparaît le reproche du martelage qu’on faisait au procédé de Wagner et à ceux de ses imitateurs.

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