LE PROCÉDÉ DE JABOULAY ASSURE LA DÉCOMPRESSION ET LE DRAINAGE
Mais, peut-on nous objecter, si vous replacez la travée, vous vous exposez à avoir des phénomènes de compression. Nous répondrons tout d’abord que lopération est combinée de telle façon que la compression est impossible. En effet, si la travée au point de vue physiologique peut être comparée aux rondelles réimplantées, au point de vue mécanique il n’en saurait être de même. En effet, la rondelle replacée bouche hermétiquement la perte de substance circulaire faite par la couronne de trépan, tandis que la travée intermédiaire replacée laisse sur ses grands côtés un vide partiel assurant très efficacement la décompression du cerveau, bien que ne permettant pas la hernie. Si nous examinons les deux fossés latéraux, nous voyons que de chacune des parois interne et externe de ces fossés, s'avancent de petites jetées osseuses formées par les intersections des couronnes, jetées qui suffisent en ces points à maintenir les circonvolutions, en même temps que les fossés permettent au cerveau de jouer librement dans la boîte crânienne. Ces vides latéraux assurent l'écoulement des liquides (encéphalo-rachidien par exemple), aussi aisément que l'écoulement du pus s’il en existe déjà avant l’opération ou s’il vient à s’en former. Ce double rôle : décom-
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pression et drainage doit être très apprécié. En effet, le drainage est absolument nécessaire, de l'avis d’un grand nombre de chirurgiens. Nous citerons d’ailleurs l'opinion de M. le professeur Poncet. Pour lui, le drainage est une condition sine qua non de sécurité aussi grande qu’on puisse l’avoir. Dans Îles opératlons intracrâniennes, ajoute-t-il, le drainage est d’aulant plus justifié, que certains accidents peuvent se produire en dehors de toute suppuration, par le seul fait de la compression. On sait d’autre part, que tout un groupe de chirurgiens attribuent tous les résultats heureux donnés par la trépanation à une cause toute mécanique. Ils ne sauraient donc accepter l’opération de Wagner qui ne fait qu’exposer le cerveau el ses enveloppes à l'air pendant quelques instants, puisque le volet cutano-osseux est immédiatement replacé ; mais s'ils sont partisans convaincus de leur théorie, ils n’hésiteront pasà pratiquer l'opération de Jaboulay, car elle réalise mieux que tout autre le but purement mécanique qu'ils se proposent. D'ailleurs en présence d’un cerveau n’ayant aucune tendance à la hernie, juge-t-on le replacement de la travée dangereux, il est toujours très facile de ne pas effectuer ce replacement. M. Jaboulsy lui-même le conseille. Le chirurgien est seul juge dans ce cas. Qui empêche du reste de faire disparaître la travée pendant les. jours qui suivent l'opération, si elle est accusée de causer par sa présence des troubles encéphaliques. C’est ce qu’il serait difficile de faire avec un lambeau à la Wagner, On serait en effet contraint de décortiquer le lambeau
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osseux du lambeau périostéo-cutané, au grand détriment de ce dernier.