‹ Les procédés de trépanation du crâne et leur valeurChapitre 19 sur 32 · SAUT · texte numérisé non relu

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faire hernie ». Voilà trois assertions qui établissent clairement que la travée reprend. k

Sa reprise est rapide et solide : elle s'effectue (Obs. XXX) dans un cas en quelques jours, comme M. Jaboulay peut s’en assurer par la vueetle toucheren faisant le pansement. Dans un autre cas, la travée ne met, pour se fixer que le court espace de quinze jours. Enfin les Observations XXI et XXX sont d'accord pour établir qu'après une, durée de trois à six mois, la reprise ést effectuée d’une façon très solide.

Comment se fait cette reprise ? comment s’établit cette solidité ? C’est à l'occasion d'un pansement que M.Jaboulay a pu en éluciderle mécanisme.«Ce n’est point comme on aurait pu le supposer des jetées osseuses qui assurent la vitalité et la solidité de la travée, mais une série de bourgeons charnus partant de la face profonde du cuir chevelu, s’enfoncent dans les dépressions des rondelles enlevées et vont du côté de la dure-mère ; ces prolongements forment autant de pieux à tendance envahissante qui fixent la travée et l’immobilisent. Des vaisseaux de ces bourgeons charnus s’échappent latéralement pour sillonner la travée et lui donner des éléments de vie, et c’est ainsi qu'elle. arrive à se fixer sur ses pieds avec le crâne, tout en étant maintenue sur les côtés par les picus bourgeondants du péricrâne. (Jaboulay, Arch. provinciales) ». Cétte fixation, cette reprise s'établit quand bien même la travée n’a qu'un de ses pieds en connexion avec le crâne, mais dans ce cas elle est mobile comme lc prouve l’'Observation XV.

Ainsi donc malgré ses vides latéraux, loin de se né-.

croser et d’être éliminée, la travée reprend et vit. M.Jaboulay est d’ailleurs convaincu, parce qu’il en a été témoin, qu’un lambeau osseux peut vivre au milieu dés tissus mous, entre le péricrâne et le cerveau sans aucune connexion avec le reste de la boîte crânienne. Et il cite à l’appui de $on assertion, l'opération de M. Ollier (taille d’un lambeau osseux par aposkeparnismos), que nous avons déjà décrite au début de notre travail. :

La reprise de la travée s’effectue donc grâce à la formation d'un tissu fibreux qui l’engrène. Notons également que le périoste qui a été conservé favorise beaucoup cette reprise. Enfin M. Chipault accuse la travée de se résorber. Il est certain, ainsi que le constate M. Jaboulay, que les travées sont un peu moins grosses au bout de six mois qu’au moment de l’opération. Mais est-ce là véritablement un travail de résorption ? Rien ne prouve à M. Chipault que l’os réimplanté finit par disparaître complètement. D’ailleurs nous pouvons assimiler physiologiquement les phénomènes qui se passent à ceux qu'on observe pour les rondelles réimplantées. Or voici ce que dit Pous (Tnèse de Lyon 1891) à propos de cette prétendue résorption : « Il se fait en effet du niveau de la rondelle un travail de résorption, mais ce n’est pas la résorption d’un tissu mort. C’est une raréfaction réelle constituant un phénomène vital, ce qui est bien différent ainsi que le fait remarquer Ollier. C'estun phénomène essentiellement vital qui se produit au niveau de la partie osseuse séparée des tissus voisins et remise ensuite en sa posi-

tion primitive, mais qui se produit encore avec les | |

mêmes caractères sur les bords de l'ouverture crànienne. Or s'il est possible de concevoir que la rondelle n’est plus un tissu vivant mais un simple corps organique en voie de nécrose on ne saurait admettre que les bords de l’ouverture qui ont conservé leurs connexions avec le périoste ne jouissent pas d’une vie parfaite, »

Enfin M. Jaboulay signale lui-même un inconvénient constant du replacement de la travée osseuse. Des adhérences peuvent se produire entre la face inférieure de la travée réappliquée et les enveloppes cérébrales et provoquer des phénomènes de méningoencéphalite aigus ou chroniques. Or M. Jaboulay considère ces complications comme moins immédiatement dangereuses que celles qui succèdent à une hernie du cerveau dont nous avons indiqué le pronostic le plus souvent fatal dans notre premier chapitre, Ces

phénomènes sont en effet transitoires comme nous le

verrons dans la suite. D'ailleurs nous pensons que cette complication de méningo-encéphalite est forcément inhérente à toutes les opérations où l’on replace un large lambeau osseux. Ce n’est donc pas un reproche spécial à l'opération de Jaboulay. Il subsistera toujours dans toutes les opérations analogues.

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