OBSERVATION INÉDITE
EPILEPSIE JACKSONNIENNE. CRISES TRÈS FRÉQUENTES. TRÉPANATION BILINÉAIRE AVEC TRAVÉE VOLANTE INTERMÉDIAIRE.
Phénoménes de méningo-eucéphalite transitoires. (Aphasie. Hémiplégie droite. Troubles trophiqu s)
Michel C..., âgé de 50 ans, né à Dizimieux (Isère);
journalier, est couché au n° 34 15 la salle Saint-Martin (service de M. le professeur Poncet). c
Rien à noter dans les antécédents héréditaires. Pas d’affections antérieures. Avant le début des accidents qui l’amènent à l’hôpital, le malade n’a jamais eu d’affections cérébrales. Jamais de traumatisme crânien. La première manifestation de la maladie actuelle remonte à 8 ans. À cette époque, il eut ‘brusquement, une nuit, une sorte d'attaque apoplectiforme, resta plusieurs heures sans connaissance. Le lendemain tous les accidents avaient disparu, et quelques jours après le malade reprenait ses occupations. Six mois après, nouvelle attaque. Le malade tombe sur la route. Au bout d’une heure, il reprend connaissance, et au bout de quelques jours, il se remet à travailler. À la suite les attaques deviennent de plus en plus fréquentes. Elles revenaient tous les deux ou trois mois et se répétaient plusieurs fois jusqu’à 10 et 14 fois dans le même mois. Depuis 4 ans les attaques sont précédées d’un aura débutant par la main droite. Puis la main et le bras sont agités de mouvements convulsifs. Quelquefois la jambe du même côté a aussi quelques mouvements. Actuellement, depuis 6 ou 7 mois les attaques se limitent à des convulsions localisées. Il n’y à plus de perte de connaissance. Le malade sait du reste prévenir les attaques en se serrant le bras.
Les crises reparaissent environ tous ‘les 13 jours. Il existe en outre une parésie marquée des membres du côté droit. Le malade ne peut pas se servir de son bras droitet traîne la jambe en marchant.'Il y a aussi un peu de contracture-de ce côté. Enfin le malade se plaint de ne pouvoir pas trouver par moment les mots pour désigner les objets. Il y aurait un peu d’aphasie.
Exostoses du tibia et dela clavicule.
Opération le 114 novembre 1893. M. Jaboulay place, le long du sillon rolandique gauche, quatre couronnes de trépan. La travée comprise entre les deux couronnes antérieures et les
. deux postérieures est enlevée. Dure-mère normale. On l'incise, Le liquide céphalo-rachidien s'écoule en grande abon-
danse. On réapplique la travée volante intermédiaire et on suture. ;
15 novembre. — Température 378. Le malade a dormi, ne ressent pas de douleurs. Langue sèche et saburrale. La force revient progressivement dans le bras et la main. Le DaJage serre même assez fortement.
16 novembre. — La température a monté subitement à 399, Le malade est dans un abattement très profond. Aphasie. Parésie complète à droite. Paralysie faciale droite. Baillements fréquents Le malade délire toute la nuit et prend deux fortes crises. La température monte le soir à 40°9.
17 novembre. — Température 398. Aphasie complète. Le malade ne peut plus attirer la langue. La parésie droite est très accrue.
18 novembre. — La paralysie à droite existe toujours. Aphasie complète. Le malade répond à toutes les questions par le même monosyllable « tou-tou ». Langue sèche etsaburral. Troubles trophiques du côté des cuisses. Esharres au sacrum. Température 393.
Cet état se maintient stationnaire jusqu'au 25 novombre. La température descend alors à 39%, — Bon état général. — L’aphasie a disparu subitement. On cunstate seulementun peu de lenteur dans la parole. La paralysie droite a diminué. Le maladecommence àseservir de son bras et à serrer. Les crises n’ont pas reparu. — Le malade ne ressent aucune douleur.
30 novembre. — Céphalalgie persistante. Nausées, Température 37°4.
4er décembre. — Une crise dans la nuit. Le malade est tombé de son lit. Céphalalgie persiste
3 décembre. — Le malade est mieux, un peu de parésie à droite.
Depuis cette époque le malade n’a pas pris de nouvelles crises. Il présente seulement un peu d'obnubilation intellectuelle sans aphasie toutefois, et un peu de parésie droite.
15 décembre. — Pansement. La plaie opératoire est réunie par première intention. La cicatrice est à peine visible, La
travée qu’on sent facilement présente des mouvements isochrones avec ceux du cerveau. Elle n’a pas encore repris.
21 décembre. — Le malade sort. La travée est complètement reprise. Elle est solide, fixée, immobile. A la palpation on en délimite nettement les contours. Le cerveau n’a aucune tendance à la hernie à travers les couronnes latérales, Le malade présente un assez bon état général. Il est toujours légèrement obnubilé et présente un peu de parésie à droite.