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L'approbation du culte immémorial

La reconnaissance ou approbation du culte immémorial vise précisément les cas qui n'ont pas été atteints par les décrets d'Urbain Vm. En défendant de rendre désormais, sans autorisation du Saint-Siège, un culte public aux personnages morts en odeur de sainteté, ce pape protestait expressément qu'il n'entendait modifier en rien les situations acquises, c'est-àdire le culte dont jouissaient alors les bienheureux regardés comme tels et non canonisés formellement. Toutefois il déclarait que, pour être regardé comme légitime, ce culte devrait être immémorial ou du moins centenaire. Il

doit donc remonter au moins à cent ans avant le décret du 2 octobre 1625, et par conséquent à 1525 au plus tard. Voilà pourquoi la procédure qui consiste à faire reconnaître comme légitime le culte rendu depuis très longtemps à un saint est dite per viam castis excepti, « par la voie du cas excepté, » excepté, entendons-nous, dés décrets d'Urbain VlH.

Mais, dira-on peut-être, pourquoi ce genre de procès^ puisque le culte est maintenu intact? En effet, ces procès seraient inutiles si on n'avait Tintention de faire davantage et de relever un culte relativement déchu. Voici, par exemple, que l'Ordre de saint Dominique constate qu'il ne fait pas la fête du Bienheureux Eéginald, ou du Bienheureux Jean de Verceil, sixième maître général, ou du Bienheureux André Avellon qui fut si longtemps le gardien de la Sainte-Baume ; pour obtenir l'autorisation d'en célébrer l'office et la messe, il sollicite de Some la reconnaissance du culte immémorial rendu à ces saints personnages ; une enquête faite par autorité de l'évêque du lieu constatera la persistance du culte ; elle démontrera, par exemple, qu'aussitôt après leur pieuse mort, ces bienheureux ont été qualifiés de saints, qu'on a vénéré leur tombeau, qu'on

a eu recours à leur intercession, qu'on a inséré leur nom dans les anciens martyrologes, que des ex-voto appendus auprès de leurs tombes témoignaient des faveurs miraculeuses dont on leur était redevable, que leurs portraits les représentaient avec l'auréole ou même avec le titre de saints ; en un mot qu'ils jouissaient, dès avant 1524, d'un culte public contre lequel leef autorités ecclésiastiques n'ont jamais protesté. Les documents, déférés à la discussion et au jugement de la S. C. des Rites, motiveront, s'ils sont estimés suffisants, le décret de reconnaissance du culte immémorial. Ce décret déclare prouvé et légitime le culte en question et en autorise la continuation ; la S. C. permet de célébrer la fête de ces serviteurs de Dieu , avec un office et une messe propres. C'est ainsi qu'en ces dernières années, un grand nombre de nos diocèses ont pu rétablir le culte de plusieurs saints personnages qui avaient illustré leurs églises. Je citerai, entre autres, le Bienheureux Urbain II, le pape de la première croisade, et plusieurs saints archevêques de Vienne dont Mgr Henry, évêque de Grenoble, a tout récemment restauré le culte dans son diocèse.

26 LES PROCÈS DE BEATinCATION

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