VUE D'ENSEMBLE SUR L'ÉVOLUTION DES CA VERNES APRÈS SPÉLÉOTOMIE
Cette évolution passe schématiquement par les stades suivants :
1° Phase de détersion, rapide en général, elle dure quelques semaines au plus et est assurée par le méchage, quelquefois associé au nitratage de toute la paroi cavitaire. =
2° Phase d'amélioration rapide, suivant immédiatement la détersion encore incomplète et caractérisée par un retour à la normale de la température, par une reprise de l’état général, par un bourgeonnement et une contraction rapide et importante des parois cavitaires. Cette période se termine souvent par la négativation de l’expectoration et dure de quelques semaines à quelques mois. LR |
3° Phase de stationnement apparent. Elle survient généralement après une diminution importante de la caverne et est capitale, car alors que le volume de la cavité résiduelle semble ne plus guère diminuer, on procède à la cautérisation des bronches non encore oblitérées, ou réouvertes, ou récemment apparues, ainsi que des foyers caséeux intrapariétaux qui s’éliminent secondairement dans la caverne. Un arrêt total du bourgeonnement, la persistance des B. K. dans l'expectoration sans explication apparente traduisent l'existence d’un foyer juxta-cavitaire ou bronchique qui devra s’éliminer avant que la guérison ne soit obtenue.
4° Phase de fermeture finale : rapide le plus souvent, elle succède à l'élimination du dernier foyer caséeux, à la cicatrisation stable de la dernière bronche.
La systématisalion précédente n’est qu'un schéma répondant à la moyenne des observations. Nous avons indiqué les particu- Jarités qui pouvaient s’observer dans certains cas au cours de l'exposé précédent.
C. — LES ENSEIGNEMENTS DE L’OUVERTURE CHIRURGICALE DES CAVERNES PULMONAIRES TUBERCULEUSES. ET DE LEUR TRAITEMENT CONSÉCUTIF.
Voici un ensemble de faits mis en évidence, aussi bien le plus souvent après pleurectomie qu’après spéléotomie, et qui, croyonsnous, peuvent être généralisés aux cavernes non ouvertes. En effet, les cavernes que nous avons suivies, continuaient de € vivre » sur l'organisme dont elles faisaient partie, et e’est précisément ce fait qui nous a permis de nous rendre compte de leur évolution dans le temps, ce que l’anatomopathologie ne peut Jamais faire pour un cas donné. Nous verrons cependant que les constatations anatomiques citées au chapitre suivant concordent parfaitement avec ce que nous avons observé. Cela est très logique, puisque l’état des cavernes ouvertes chirurgicalement n'a pas été modifié sensiblement, comme nous l'avons montré. Nous avons simplement aidé la nature en favorisant les conditions locales de la guérison qui sont l'élimination du caséum tant cavitaire que bronchique.