ARR R À À À
de LAENNEC, à une époque où elles n’ont pas eu la répercussion qu’elles méritaient, voyons comment il avait étudié les conséquences de ces cicatrices cavitaires sur les tissus voisins : « Dans. tous les cas où ces cicatrices existent, la surface du poumon présente au point où elles s’en rapprochent le plus une dépression plus ou moins marquée...» Les dépressions extérieures ‘et froncées décrites ci-dessus ne sont point <« elles-mêmes des cica- « trices, mais elles sont l’effet en quelque sorte mécanique d’une « cicatrice réelle placée plus profondémént dans le tissu pulmo- « naire ».-LAENNEC décrit de même les dilatations bronchiques. qui en résultent : «En suivant les rameaux bronchiques dans « les environs de ces masses, j’ai trouvé que ceux qui se dirigent « vers elles sont ordinairement dilatés ». Il estime enfin que «les « exemples de fistules et de cicatrices pulmonaires sont extré- « mement communs ». :
A la suite de LAENNEC, ANDRAL décrit des formations analogues. en leur attribuant la même signification. De même CRUVEILHERdécrit «les dépressions ombiliquées de la surface du poumon, « dépressions terminées par une induration fibreuse de laquelle « partent des radiations également fibreuses ». PETER et JACCOUD: affirment tout aussi clairement cette guérison, et cé dernier décrit, en 1881, « une cicatrice linéaire et d’épaisseur variable, « de consistance fibreuse, à laquelle aboutissent des bronches « terminées en cul-de-sac ; au pourtour existe un emphysème « compensateur plus ou moins étendu ; la plèvre est épaissie, « ratalinée, la paroi thoracique déprimée, à moins que des dila- « tations bronchiques n'aient comblé le vide ». Ainsi se trouvaient décrits les caractères essentiels des cicatrices cavitaires et leur retentissement sur les organes voisins.
HÉRARD, CORNIL (1867), puis GRANCHER, en 1890, considèrent la curabilité des cavernes comme un fait acquis. Et TrouvÉ, en 1905, cite de belles observations dans sa thèse à l’appui de cette doctrine. Mais c’est -là le dernier défenseur des. idées de LAENNEC.
En effet, avec le début du xx° siècle se développent les idées
« mécanistes », lesquelles, en réalité, avaient été émises pour {a ..
première fois par CARSON en 1819 et qui étaient tombées dans. l’oubli jusqu’en 1882, où elles conduisirent FORLANINI à la pratique du pneumothorax que CARSON avait déjà entrevu, et que DuMarEsT introduisit en France en 1908 dans le but de « suppri--
HISTORIQUE ET DISCUSSION DES ARGUMENTS | Ca
mer la fonction du poumon » et « d’accoler les parois, du foyer ulcéré ». Dès lors, Küss, RisT, Léon BERNARD étudient de plus. près lé mécanisme du pneumothorax, et ce dernier pense qu’il «utilise une propriété fondamentale du tissu pulmonaire, l'élasticité ». Et les phtisiologues en arrivent à méconnaître, une vérité pourtant naguère éncore bien connue : la possibilité des guérisons spontanées des cavernes car, écrivait RIST, « une caverne « creusée dans un organe ainsi constitué (il s’agit du parenchyme pulmonaire) ne peut se combler, la traction excentrique exercée sur ses parois par le tissu élastique tendu qui l'entoure de toutes parts a, au contraire, pour effet de l’agrandir ». |
Cependant, la découverte des rayons X par RŒNTGEN en 1895 et leur utilisation ultérieure en phtisiologie, en montrant la disparition d'images annulaires vient reposer le problème des guérisons spontanées. À partir de 1913, en effet, différents auteurs, BRuNoN en 1913, Assman en 1914, TurBAn en 1916, DE LA CAMP en 1921, BErNou en 1924, BURNAND et DUMAREST en 1924, Jac- QuEROD en 1928, Morin et Waïrz en 1929, ALEXANDER en 1935, etc., citent des cas de disparition d'images cavitaires radiologiques, et MüLLer en 1933 en relève 600 cas dans la littérature médicale. Cependant, RisT qualifie à dessein ces guérisons de « surprenantes » pour en montrer le « caractère un peu exceptionnel ». D'autre part, les anatomopathologistes, ne trouvant pâs la « boule fibreuse >» qu’aurait dû comporter à leur avis la guérison spontanée, restent sceptiques, et GRAEFF déclaré, en 1921, en parlant de la tuberculose, qu’ «elle n’est plus guérissable dès qu’elle est compliquée de cavernes ». GIEGLER, HüsscH- MANN, ASCHOFF, DAHLSTEDT ep 1922, Grau en 1925, puis ROUBIER et LETULLE se rallient 4 l’opinion de GRAEFF alors que HART, OrTH et ALBERT la combattent.
À la même époque, aux Etats-Unis, la lutte a pris un aspect un peu différent : il s’agit de savoir si «les images circulaires » qui disparaissent représentent vraiment des cavernes. Et c’est la lutte entre « cavernistes » et « anticavernistes » ; ces derniers ayant à leur tête SampsoN, HEISE et BROWN qui parlent d' «ombres annulaires d’origine pleurale » ; EVANS, DAHLSTEDT, BarLOw, THoMPsoN qui pensent qu’il s’agit de petits « pneumothorax partiels » ; HAMBERSON et HOoNEN, et enfin DE JonG et