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DURÉE DE LA MALADIE

naître (voir les chapitres de la pathologie infectieuse et de la fièvre).

Les maladies aiguës qui ne s'accompagnent pas d'altérations importantes des tissus, ni de portes de substance, ne laissent pas généralement après elles de modifications anatomiques durables. Quelques-unes paraissent guérir sans laisser de traces bien visibles, et c'est seulement quelques mois ou quehjues années plus tard que se manifestent des lésions qui ont pris naissance au cours de la maladie aiguë et qui ont continué à évoluer sourdement, telles les lésions cardiaques tertiaires de la fièvre typhoïde (Laxdouzy et Siredey).

I^a maladie chronique se développe suivant deux procédés : elle est originellement chronique d'allure ou elle fait suite à un processus qui a débuté brusquement.

Lorsque la cause provocatrice d'une maladie aiguë continue à agir ou renouvelle ses atteintes à intervalles très rapprochés, les réactions constatées chez le malade s'atténuent plus ou moins dans leurs manifestations fonctionnelles, mais la maladie ne guérit pas et passe à l'état chronique. Les laryngites aiguës, les bronchites, les pleurésies, les pneumonies, les gastrites, les néphrites deviennent chroniques lorsqu'elles sont provoc[uées par la présence de microbes, par la répétition d'écarts de régime, par l'influence du tabac, de l'alcool, etc.. La chronicité d'une maladie se dévoile dès le début, lorsque sa cause réside dans l'organisme même, datis un trouble de la nutrition, dans des anomalies de développement et de fonctionnement des tissus (rachitisme, diabète, goutte, tumeurs, etc.), ou encore lorsque la lésion anatomique, produite par un agent pathogène, persiste et laisse un trouble fonctionnel permanent. Cette dernière condition peut être la conséquence d'une altération dont l'empreinte a été dès le début très profonde; elle n'est souvent que le résultat d'une vitalité amoindrie des tissus et des systèmes anatomiques. La défaillance de la vitalité, congénitale d'ordinaire et héréditaire, peut aussi faire suite aux désordres créés par des maladies antérieures ou à des conditions d'hygiène mauvaises et prolongées. Le tempérament scrofuleux répare avec difficulté et lenteur les altérations anatomiques qu'a fait naître une cause morbide, telles que les dilatations vasculaires, les néoformations inflammatoires, les exsudats, etc., et c'est pour cela que se développe chez le scrofuleux la tendance à la chronicité de tous les processus pathologiques.

Les maladies chroniques évoluent généralement sans phénomènes bruyants, sans douleurs vives, sans fièvre violente. Leur marche est entrecoupée parfois d'aggravations avec poussées fébriles et autres manifestations des formes aiguës; c'est ce qu'on voit souvent dans les néphrites, gastrites, bronchites chroniques.

HISTOIRE NATURELLE DE LA MALADIE

Certaines maladies infectieuses affectent souvent et (rune manière impertiirbaljle une marche chronique, telles la lèpre, la syphilis, la morve, Tactinomycose, la tuberculose, le rhinosclérome, etc. Le microbe spécifique ne sécrète pas dans ces maladies une quantité de toxine capable d'amener rapidement la moi't, mais il végète, il pullule, créant les uns après les autres de nouveaux foyers. Il donne naissance ainsi aux maladies vraiment infectieuses qu'il faut distinguer dans le groupe des affections microbiennes des maladies toxi-infectieuses.

Lorsque les lésions chroni([ues frappent les voies digestives et respiratoires et entravent l'assimilation, lorsqu'elles occasionnent une abondante déperdition de matériaux albuminoïdes (diarrhée, exsudats, etc.), elles entraînent un épuisement rapide de l'organisme et l'affaiblissement de toutes les fonctions. On voit alors apparaître la cachexie [y.7.yz\'.x^ mauvais état) ou le marasme ([j.apaîvw, j'épuise).

Tenuiiiaisuns. — Les mahulies se lerminejil par la guérison complète ou incomplète, ou bien par la mort. Après la guérison peut survenir une récidive totale ou limitée à la réapparition de quelques symptômes.

Le retour des propriétés ])hysiques et chimiques des éléments figurés et des sucs de l'organisme à l'état d'intégrité parfaite, ou tout au moins à un état compatible avec la santé, constitue le caractère essentiel de la guérison. Celle-ci a pour raison d'être la j)ropriété de la matière vivante de tendre, par inertie, à la conservation de l'existence une fois commencée. Les procédés par les(piels elle s'exécute sont nudtiples. On observe :

1° La régénération des lissus moi liliés par la maladie et leur remplacement par du tissu nouveau normalement constitué. Si la perte de substance est grande ou si le tissu est trop spécifié pour avoir conservé une énergie histogénicjue vigoureuse, le remplacement se fait par la nudtiplication et la néoformation du tissu conjonctif. Quand la mortification a frappé un oi-gane pair ou encore des portions de lissu, en laissant des parties morph()l()gi(pu'menl el fond ionnellenieni iiilacles, la guérison s'obtient par une hypertrophie coni[)ensatrice et vicariante de l'organe ou des segments respectés. La destruction d'une partie ou tie la lolalit('' d'un rein provo(pie rhyper(ro|)hie c()ni|)ensatrice de ce rein ou de son congénère. La suppression fonclionnelle d'une |)orli()n du [jounion entraîne la sui'activilé du reste de l'organe; l'exlirpalion d'un lobe hépati(pie donne naissance à un développement exagéré tk>s autres lobes. Les dihUalions vari(pieuses qui font suite aux [)hlébites oblitérantes sont connues de lous les ni(''d(M-ins. Le princi|)e delà sup[)léance et la plaslicil('' de celle fonclion r('|)i'(''S('n[('nl un des phcMitjinènes l)i()l(>gi(pi(>s les plus j'rappanis de la nialière Ai\anle.

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