COUPS HYALINS
granulations et la nature même du |)hén()iiiène de leur apparition sont mal connus.
Les sphères; /ii/nlines, (pii apparaissent dans des conditions pn/fuiloi^iqiies, le plus souvent dans les cellules nouvellement formées du mésoderme, se rencontrent dans un grand nombre de nèo-forinaliuns i^i-anuleiises in/Janiniafoires chroniques et surtout dans les lésions infectieuses
Fig. 9^. — Globes hyalinf; dans un granulome de la paupirre (Colorât, carmin et gram).
du rhinosclérome, de la syphilis, de la tuberculose, de raclinomycose et aussi dans quelques sarcomes de la peau, dans les inflammations nécrosantes chroniques de Fantre d'HYGMORE, dans quelques lymphomes malins. Elles ont été décrites pour la première fois dans le rhinosclérome par CoRisiL et Alvarkz. Au même type de sécrétion intracellulaire de la substance hyaline se rapportent les sphères considérées indûment comme des cellules de levure par Russel, dans un cas de cancer corpuscules de Russel), et étudiées d'une façon très détaillée par ^^ Fox. NiEiius, GoLDAiANN, Klie^, Toutox, Lubxrsch dans les polypes du ne/,, dans diverses formes de cancer cutané, dans Tinfiltration inflammatoire des tumeurs cancéreuses, dans les lvmphom(>s malins, etc., etc. Parfois le nombre de ces globes hyalins est si considérable, que le champ
visuel en esl rempli (fig. 1)5). Des sphères hyalines peu volumineuses se rencontrent à l'état normal, surtout clans la muqueuse de l'estomac et de l'intestin, dans la cavité nasale, dans les follicules lymphatiques, dans le cerveau, la moelle, etc.
Sur des préparations lixées dans l'alcool et non colorées, les formalions hyalines se présentent sous l'aspect de granulalions sphériques brillantes, légèrement jaunâtres ; les plus petites infarcissent les cellules granuleuses, les remplissent parfois complètement et se fusionnent les unes avec les autres, pour former de grosses gouttes. Les granulalions plus volumineuses, ordinairement de forme sphérique, irréguliére ou ovalaire, sont situées librement dans les tissus, entre les cellules et les fibres. Ces globules témoignent de la même résistance aux réactifs ((ue les fibres qui ont subi la dégénérescence hyaline. Sur des préparations non colorées, les sphères et les globes hyalins ressemblent beaucoup à des gouttes de graisse» et ne s'en distinguent que par leur solidité et bnir é(dat. Sur des prèpdvalions colorées^ les sphi'rcs In/dlincs a/)/)ti /-a isse/i/ plus nelU'iuriil : les granulalions et les globes se teignent d'une façon très intense par la plupart des couleurs d'aniline, et, après l'usage de décolorants, retiennent la matière colorante plus longtemps que les autres tissus (fig. 93), d'où le nom qui leur a été donné de corpuscules fucJisinophiles. Tout récemment, on a confondu plusieurs fois ces corpuscules avec des C(dlul(>s de levure.
Dans un cas de lupus phagédriiique de la niucjucusc de la ( avih' uasalc cl de l'antre d'IIygmorc, l'un de nous (Podwyssotsky) a vu un exeMij)lc reiHai'(jua!)Ic de corpuscules ['oriU('s de la sultstance dont se coniposeul les sphères hyalines et il a pu suivre en f|uek|uc sorte le lien génc'sique incontestable qui h^s relie (fig. 94).
L histogenèse de loules les espèces de globes iiyalins n'(»sl pas définitivcmeul ('•tablie. ( )n peut lontefois affiruier (pi'ils se fornienl à l'inh'i'ienr des cellules du inésodeiMue, grâce à la s(''ci'(''lion iuliM-c(dlulaire d'une sul)Slance de nature colloïdale à laquelle s'ajouleni; la nialière nueh'inique précipitée du noyau, les granulations d'Ai.T- MANN et aussi les produits de décomposition des globules rouges sortis des vaisseaux. On peut supposer (ju(» l appacilion des splièr(>s hyalines se trouve eu l'apport a\ec la luoi t physi()logi(jue ou palhologicpu' îles ('■lénienls cellulaires cl principalement de leurs noyaux. Dans la l'ormalion des globes hyalins intervient prohahlemeni un |)hénomènc cjui rappelle la production de certaines espèces de nudaiiiiu' dans les m('lanocytes et dans les ht'malozoaires de la malai'ia, aux dépens du pigmenl sanguin soluhlc. Dans les deux cas, la cellule assimile la matière aud)iante et la Umusforme, en y ajoulanl <[uelques substances <|ui lui apparliennenl en propre. Sous l'influence des nu'iamorplioses inilrilives, les matières étrangères assimilées se comhineni inlimemeut ave<: (iuel(|in's-uns des éléments composants du proloplasma cellulaire. Il en r<'sulte ici la formation de grains de nudanine, là celle de granulations acidophiles, qui se fusionnent en formant des sphères hyalines. J)ans les cellules, c'esl la substance nucléaire (pii prend une part ach've à ces néoformalions.
COUPS IIVALIXS
11 serait cepeadanL prématuré de aier loiite participalion des globules rouges décomposés à l'apport des matériaux fournis aux cellules granuleuses pour la création des globes hvaliiis. C'est dans ce sens que pourrait se soutenir l'opinion de Toutox sur la part prise, par les hématies, à la formation de ces sphères. Il est difficile d'admettre la transformation immédiate d'un ihrombus capillaire hyalin en globe hyalin intracellulaire, comme le font certains auteurs; les coiislalations microscopiques n'autorisent pas une semblable déduction.
Entre les globes hyalins pathologiques et les diverses substances chromatophiles qui se montrent à l'état normal dans l'intérieur du protoplasma, substances qu on
Fig'. 1)0. — (ioi'ps amylacés ^coloi'atlon iLu''hicliroiu;ili(£ii(> ) formés ;mx dépens de l'épithéliiiin rlfsquamé dans de petites bronrlios chien Colorât, par ]a thionine. Oross. r9.n dinm.").
désigne sous le nom de granulations arido[)hiles ou (■osinopliilos, il exisie une certaine analogie. La différence qui les sépare réside peut-être uniquement dans l'inégalité de leur volume. Il s'agit dans les deux cas de la sécrétion, à l'intérieur même de la cellule, de gouttelettes qui fixent d'une manière à peu près identique les substances colorantes. Dans les conditions normales, la granulation est plus uniforme [cellules éosinophiles et Mnstzellcit) ; dans les états pathologiques, les granules se fusionnent et forment des gouttes plus volumineuses, des sphères, des globes hyalins.
Klien a signalé les analogies entre les granulations d'ÂLT.M.xxA et les globes hyalins. Prus (i8ç)t!), dans un cas d'infiltration inflammatoire développée autour d'un foyer hémorrhagique de la paroi intestinale, a vu les corpuscules fuclisinophiles ou les sphères InjaUiies se constituer progressivement à l'intérieur des cellules (Mastzellen) dégénérées : les particules issues de la sécrétion se fusionnaient et sortaient des cellules sous forme de grosses gouttes.
Ghantrmessr et Podwyrsotsky. Processus généraux. 10 ^
iM mou BLE S ATROrniQVES DE LÀ NlimiTIOA CELLULAIRE
()iiaii(l le pi-occssus (riioiiiogénisatioii on (riiyaliiiisalion Trappe des cellules déjà mortes, accumulées dans un espace éli'oil ou dans une cavité close, il se forme des corpiisndes coitcciUviqucfi ou sti'atificn^ qui i-appellenl par leur structure les grains d'amidon (fig. 96). En réalité, ces corpuscules jfont rieii de commun avec ramidoii ; ils wv se transforment jamais en dextrine Jii en glucose, bien que (|uelques-uns d'entre eux donnent, dans telle ou telle de leurs couches, la réaction de l'amidon avec l'iode '^coloration bleuâtre), fait qui avait amené Viiicitow à les rattaclieià cette substance, d'où le nom de corps ,1 nnilo'idcs (pii Iciii' lui ijuposc' par cet auteur.
('es corpuscules appartiennent numifestemenl à deux gr-oupes : les uns (pii (lonjieiit la réaction de l'amyloïde avec l'iode cl le \ iolet de méllivle et méritent, pour cette raison, le jioni de corjjs (//////lucrs ou nnn/lo/V/rs, et les autres qui ne donnent pas la réaction de l'anivloïde et (pii, paiconsé(|uent, l'cprésejitent les corpuscules lupdins conccnlri(juc.s proprement dits. Les recherches de KiiAVKOFF ayant établi (|ue la réaction métachromatique proprement dite de la substance aniyloïde avec le violet de méthvle est déterminée par la présence de l'acide choiidrotino-sulfurique en combinaison avec l'albumine de\ enue hyaline, on a le droit de suppos(M- que les corpuscules amyloïdes, eux aussi, ne sont (pie des corps liyalins stratifiés, inlilirés, soit en totalité, soit v\\ partie, par- le même açid(\ Cette hypothèse trouve un ap|)ui dans la constalation de la présence, à coté d'éléments qui donnent la l'éaction amyloïde, de cor[)s identiques morphologiquenient aux |)r(Mniers, mais qui se distinguent d'eux par leur défaut de l éaction. 11 existerait doiic des stades intermédiaires entre les uns et les autres. Quelques-uns, les corps stratifiés, donnent avec le violet de méthyle la métachromasie franchement caractéristique de l'amyloïde; mais tous ont la propriété de posséder un certain pouvoir de lucldchroDiasic a l' pourri des couleurs d aniline. Le fait est particulièrement remarquable (piaiid ou utilise la thionine surtout après décoloration de la préparation fortement colorée avec de l'alcool légèrement acidulé : cette matière colorante teint toutes les régions normales v\\ viole!, tandis que les cor|)us( idcs concen I ricpies prenneni une coloration \ ei"dàlre ffig. 96).
Les corpuscules concentriques, ainsi (pie les corpuscules amyloïdes, se reiiconi icnl d'ordinaire dans les régions oi'i e\ist(Mil de petites ca\ ilés closes tapissées d'épithélium ; celui-ci, des(piamanl pr()gressi\('menl el reslaiit dans la cavité, subit la transformation hyaline en méiiic temps (pi il s'aplatil pour donner (l(>s lamelles lin(>s. Disposées (mi couches, autoiii' d'un ccuilrc (pii est constitué lui-même par un globe de pigment sanguin, par un amas de coaguliim albiiniinoïde. (Mi [);ir une