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CORPS HYALINS

parcelle de poussière de charbon (dans le poumon, par exemple), ou simplement par une cellule desquaniée et morte, ces lamelles sont infiltrées par Talbumine circulante et l'ornient progressivoment des corl)uscules stratifiés de tlimensions varia])les. On voit aussi les coipuscules hyalins et amyloïdes

prendre naissance aux de- » ■ ■ ^ — • ■ c i) ^ s ''■ -'^^

pens des fibres nerveuses, ^ \ . ^ . ks^^

lentement tuméfiées, dans ^ *

la moelle et le cerveau ; \ iStroebe). ' ^

A Télat de santé, les sièges de prédilection des \ corpuscules concentriques ' sont la prostate lig-. ()7, ^ ^ ^ ^ . V

surtout chez le vieillard,

répendyme des A CnlriCU- Fig. 97. — Corpuscules iunyloïdcs fuiiués dans la

les cérébraux, etc. Dans i j

Xvii cond liions p a lli 0 loguj n es ,

les corpuscules stratifiés se rencontrent le plus souvent dans le tissu cérébral atteint de sclérose et dans toutes sortes d'altérations chroniques du svstème nerveux central, dans les troncs nerveux dégénérés, dans les vésicules de la glande thvroïdc, les canal icules uiiiuiircs dilatés en kvsles, dans les points oii se sont pi oduites des héutorrhagies anciennes, dans les foyers du tissu pulmonaire chroni([uement enflammé (fig. qj^, dans les tumeurs, et particulièrement dans les endothéliomes connus sous le nom de ciiliiitlnniics^ etc.

L'origine des cDrpuscuh'S co.nceiilriqiirs a ('lé sm lmil rliidii'-c dans la proslatc, le

poiimoil (l'iUEDlUÎICH, I^AOULITZKY, l'CKBItINGlill, /kM Ll.V.X n'ZIN li , ZaHN , P'AVRJi, StIL-

i.ixc, PosMîiî, Su'fiEUT, I^uiîviiscif, l'iASïMwi pl aussl dans le système nerveux ccn- Iral (iliîDLicn. Stiiokiîk* . Les Iravaiix: de Zi; mliamtzixe, de STH.i,rx(; et de PosM:ii ont dénionli'(' qu'an cenlri' des corps aniyla( ('s glandulaires de la prostate se trouvent des éléments épithéliaux nc'crosés et que les eorpuseules se foi'inent par accumulation progressive de nouvelles cellules déposées coiirenl l'icpu incnl aiilour di; la niasse centrale primitive ; ces cellules sui)issent le g(nillriiiiMil Irnuldc, suivi de m'crose, et ])crdent leurs conloni's en se fusiouiiaiil a\cc le-: crllides Noisines (îg. 97). 11 csl li-ès pi'obalde ([u à la niasse de cellules In sioinii'cs s ajuiilr la siilislancc albuminoïtle (|ui inlilli'c loule la locmalion eu se ])i'(''i i[)iiaul progrcssi vcnirni i-l sr (l'ansformanl eu un l)U)c livalin homogène. Un grand ninnlii'c des c()r|inscnii's anivinïdes préseulcut une stiMiclurt' cDiicentricpic cl aussi nue sli-ialioii l'adii'e: a ee point de vin-, ils l'esseuiljlent aux: c(uu;r('tions calcaires. Dans un cei-lain nonibi'c de cor|)uscult's amyloïdes il se produit d ailleurs vin dé[)(')l de sels calcairi^s. C Csl ainsi (pie se lorment les cor- [)nscnles du svsli'ine nerveux ajqxdi's psini/ii/oiiics .

TROIBLES ATBOPf/rçrES D F. LA yVTniTIOy CELLULAIRE

Comme le luontreiil les i-eclierches de Pos.nkiî, le corpuscule peut o'inliltrcr plus ou moins de lécilliinc, qui apparaît sous la forme de crislaux cl qui détermine la strialion radi(''e.

Les corps amylacés se créent ainsi d'après le type des conci'étions et des calculs. Les corps amylacés du cerveau contiennenl une grande qnantité de lécilhine qui provient du tissu nei'veux dégénéré; ceux des foyers inflammatoires reçoivent leur lécitliinc du sang. Parfois les corps aiuyloides donnent la réaction du f^/i/co^c/ic : nous avons pu nous en c(invaincre sur les poumons d'un chien.

Le lei-me de corps amylacé ne correspond pas à la nature de la substance qu'il désigne; c'est ce qui justifie la critique de Siecert. ipii veut rcm])lacer celte expression par une autre plus exacte. Les corpuscules qui sr lormcnl dans l'économie aux dépens du protoplasma cellulaire et qui se distinguenl par leur réiraction et leuii-ésistance aux agents chimiques, sont désignés par Siegert sous le uoiw de corps colloïdes- il les divise en coi'ps versicolores et corps jaunes. Les premiers correspondent aux corpuscules amyloïdes proprement dits de Virchoav : ils donnent, avec les couleurs d'aniline, la réaction de l'amylo'ide et ne subissent jamais la calcilication . Les seconds se l'approchenl en partie des corpuscules hyalins cl en partie des concrétions calcaii'cs : ils se composent d'amas de cellules ayant subi la dégén(''l'escence hvaline ; ils ne donnent pas la l'éaclion aniyloïde cl se coloreul par l'iode en jaune comme les autres tissus.

La présence des corpuscules amyloïdes dans le système nerveux central peut être considérée comme une des expressions de sa vieillesse. Ainsi, d'après les observations de RiîDLicii, avanl l'âge de 3o ans la moelle ne contient pas de ces corpuscules : ils apparaissent chez tout individu entre 'io el \o ans ei l'eprésentent un phénomène physiologique indépendant de loute niodilical ion vi'aimeut pathologique du système nerveux. L'auteur pense que les corpuscules se forment aux dépens des cellules dégénérées de la névroglic, landis que Stroeije les fait dériver des fibres nerveuses tuméfiées. Cette question mérite des reclierches plus conqjlètes.

La présence de la lécilhine dans les corps amyloïdes est aussi très discutée. Dans ces derniers temps, Siegert et Luiiarscu se sont prononcés j)our la négative.

Avanl la formation de la masse hyalino'ide proprement dile, les lihunents de fibrine et les exsudais albLiniinoïdes eulermés dans des cavil(''s closes, vaisseaux, bourses muqueuses ou canaux glandulaires, peuvent déjà revêtir un carai tèrc d'hoinogénéité. On les voit donner naissance soit à des tractus, des globes de matière albuminoïde homogène hvaliiu', oli'rani parfois une disposition slratiliée, soit simplement à des niasses hyalines qui prenru'ut la forme du canal enchâssant le coagulum.

T^es cylindres hyalins tpii iniai'cissenl les canalicules urinaires dans certaines formes de n('phrile consliknnil un ly|)e de cette pi'oduclion. Parfois l'exsudat lironchicjue subit aussi la li'auslormalioii hyaline ; rejeté dans les efforts de toux, il appal'ait sous forme de bouchons pseudo-membraneux, hyalins, homogènes, sorte de nmulage de la lumière des bronches.

Dans les inflannualions flbrineuses chroniques développées dans les cavités séreuses du jjéritoine, de la]ilèvi'e. du pi'ricarde el des articulations, la fibrine épanchée devient souvent hyaline. Ici. la présence de conditions anatomiques particulièi-es. les frottements continus ci la pression réciproque que subissent les petits amas de fibrine leur donnent une struclure stratifiée concentrique et les transforment en petites masses sphéroïdes, cpi on d(''signc dans les arlieulalions sous \c nom de grains rizif ormes.

DEGÉyÉRESCEyCES AVEC LiqUÉFACTIOX DV PROTOPLASMA 169

La iiièrue Ivuiisfonnalion pcul (Hrc siiljie par la librine des coagulalioiis ^^aiiguiiies à l'intérieur des jointiu-es. .\. N'olkovitsch a consacré récenimenl une longue élude aux altérations de la fibrine épanchée dans les cavités articulaires.

Les a/olniles rouiict: morts en se fusionnani deviennent aussi Inalins el fornienl de

oc»

véritables globes; ceux-ci apparaissent le plus souvent dans les vaisseaux et le tissu cérébral, chez les individus atteints de rliorée, de rage el aussi de certaines maladies infectieuses (fièvi-e lyphoïde, érysipèle, pneumonie, etc.;. Ainsi se l'ormeni parfois des throndjus hyalins remplissanl entièrement la lumière des vaisseaux îKlehs, Ma- NASSE, etc.). On suppose tpu' des liémalies accumulées en un même point peuvent se Iransformer en de véritables corpuscules aujyloïdes stratifiés. Romanoi-f a révélé dans les corpuscules stratifiés amyloïdes et calcaires la l'éaction du fer (bleu de F-*russe). ce qui ne laisse ])as que de donner une base solide à cette hypothèse.

Dégénérescences avec liquéfaction du protoplasma.

Par opposition aux luoditicalioiis tlii [)rotoplasma que nous avons étudiées jusqu'à présent, et cpii sont caraclérisées par la solidification et même la coagidation de la substance, nous avons réuni dans ce chapitre les Ibrmes de troubles atrophiques de la cellule et de ses dérivés qui présentent une même propriété générale : la liquéfaction ou la fonte du protoplasma, avec conservation des qualités chimiques fondamentales de Talbumine. Le terme de dégénérescence colli([i(aliv(' [coUiqtKti-e — faire fondre) correspond bien à l'état physique du processus qui se déroule, à un degré plus ou moins marqué, dans la substance albuminoïde cellulaire.

Le protoplasma peut se montrer plus liquide qu'à l'état normal dans trois conditions : quand une grande quantité d'eau sesl accuimtlée entr(^ ses molécules en les disjoignant; quand les molécules séparées se sont fondues et que, dans chaque cellule, la (|uantité de l'albumine circulante a augmenté; enlin, lorsque les molécules albiiminoides isolées se sont transformées en une nouvelle variété d'albumine, le mucus. Parfois ces trois conditions de dilution j)rotoplasmique s(> combinent, pour donner naissance à la transformation niaquciisr.

La dilution du protoplasma, avec accumulation d'une ([uantité d'eau ou de liquide plus grande qu'à l'état normal, formant des bulles plus ou moins volumineuses, mérite le nom de dégénérescence iKjueus.' el vésicidaij-e ou vaciinlaire . La particularité in()rphologi(jue de ce groupe pathologique réside dans l'augmentation de volume et l'apparition de la foi-me ronde sous laquelle se présentent les cellides. .\ cette modification de l'état physique s'ajoutent la diminution de la consistance^ du protoplasma et l'accroissement de sa transparence, qui lui impriment un caractère de distinction tranché à l'égard des celhdes voisines normales, liorsque les

TROIBLES ATROPHIQUES DE LA M'TRITION CELLULAIRE

vésicules sont remplies de mucus, on constate la rèaclion mclachromalicjue spéciale (|ue donne le mucu?; avec certaines substances colorantes.

Dègénêfescencc arjKeiisc et vacnolairc.

La j)roi)orli(jn d'eau contenue dans le protoplasma est soumise à de grandes variations, même à l'état normal; on ne peut juger de l'existence d'une dilulion pathologique (jue dans les cas où elle se manifeste pai' des signes morphologiques évidents, lorsque apparaissent dans la cellule des césici//es rejn\)\ic?, de liquide. Ces vésicules peuvent rester isolées ou se fondre les unes avec les autres, augmenter de volume, occuper la [dus grande partie de la cellule el accroître le volume de celle-ci au delà des dimensions normales (hg. ioi-io,'5).

Suivant la cause qui détej mine une telle modification du proloplasma. on peut distinguer deux espèces de dégénérescence vésiculeuse : la dégénérescence aqueuse proprement dite ou non paraiiiidirc et la dégénérescence iHirasitaire .

La \>ncuolisatio?i aqueuae se rencontre de préférence dans les cellules épithéliales et nerveuses. Dans les épithéliums et les glandes, elle a été déjà décrite parO. \^"^:BEuen i865, sous le nom de dégénérescence aqueuse (hydropische degenerationi ; elle a été constatée ensuite par tous les observateurs dans les cl((ls Inflaniinaloircs ou liydroijujucs des oi-ganes parenchymateux, (huis les ('pithéliums de revélenu'iil culanés cl muqueux, dans loulcs sortes d'airedions exsudatives de la peau, inicclieuses ou non (variole^ pe/it/j/iigi/s. suiUiniina . hrniitrcs, elc. . La cellule épithéliale se remplil de bulles de litpiide acpieux; le spongioplasme se distingue encore, sous l'orme de (doisoiis très minces, entre les bulles (fig. io6'!. L(> noyau esl dimiiiiu' de volume, i-alaliné, el se colore nutl. En même leni|)s cpie se foiMneiil des bulles aux dépens du |)rotoplasnui , il se produit soiinciiI nue dègénéreseeiice graisseuse (|iii |)erniel l rai I de décrire un l\ pe parliculier : la tiégénérescence (idipo-tiqiicii.sc.

TjCs vacuoles se lornieiil en (liirérenls poinis du corps ('(dlulaire ou seulemeni dans les r(''gions cenlrab^s de la cellule, aniour du iiovau. Pail'ois la (lég(''iiéresceiiee vésiculo-acpuMise se coin lii ne a\ec ladc'gènerescenee ininpieuse ; lel esl le cas dans \c myx(e(lème.

An milieu du lissii iioi-nial, les eellides en dégénérescence acpu'use el \ésicnlaii-e sauleni nellenuMil an\ veux par leur Noluine el leur aspeci clair, (hiand la lésion esl très prononcée;, elle aboulil à la /icc/osc ctdli- (liKiiis'c (|(> hi c(dlule, comme on le \ oil dans les |)uslnles de la xariole

n K G É X r: n e s cence AQfE u s e

et aussi dans les plilyetènes des ])i'ùliires, du vésicatoire. etc. Dans ces cas, quelques-unes des cellules ainsi modifiées se fusionnent en une seule, visible à l'œil nu, remplie d'un exsudât séreux ou fibrineux.

La dèuènèresycence vacnolnive des cellules iiers'etises. décrite maintes l'ois dans divers processus pathologiques du système nerveux g-ano-]ionnaire

Fig. 98. — Corpuscules de Nissi..

a, cellule normale, b, e, d, divers stades de dégénérescence chromatolytique dans l'inloxicntion nioi'phinée (Oross. 700 diamètres).

et central, présente une variété particulière de vacuolisation non parasitaire Elle constitue un des phénomènes dégènératifs satellites de la tuméfaction, qui accompagne les troubles circulatoires locaux et les inflammations; on la constate notamment dans la méningite Utberciileuse en plaques (Chantemesse), dans les intoxications, le jeûne, Y éclampsie des femmes enceintes, dans Vurèmie, dans quelques maladies infectieuses , sur-

THOIBI.KS ATHOl'HiqUES DE LA NUTRITION CELLULAIRE

tout dans la flè<t're typhoïde^ la rage^ le tétn/io,s, la liiherciilose, le clwléia asiatique ^ la diphtérie^ etc.

Dans ces derniers temps, grâce aux li avaux de Golgi, Ramon y Gajal, Bexda, de Lknhossek, Mari>esco, Yan Ciehuchte>, Nissl, Held, etc., d'immenses progrès ont été faits dans la connaissance de la morphologie du système nerveux central. La technique d'examen du tissu nerveux est arrivée à un haut degré de perfection; le chapitre de la dégénérescence colliquative du protoplasma cellulaire s'est enrichi de nouvelles acquisitions, el l'on sait aujourd'iuii que les cellules nerfréquemment des phénomènes de dilution et de fonte de la substance protoplasmique, se manifestant par l'ajjparitioii tle vacuoles plus ou moins volumineuses.

L'application de la méthode de NissL à la coloration des cellules nerveuses montre cpie même les influences de l'aible énergie agissant sur les cellules nerveuses amènent la dilution de la partie du prutoplasma avitle de coideurs, laquelle^ dilution se manifeste par réclaircissemenl de la couche périphérique, par un certain gondcment et un œdème de toute la cellule fig. 98 . Les modifications ultérieures sont représentées par la vacuolisation, ([ui l'ail a[)|)araître im étal cellulaiie spongieux, cr-ihié de trous et bords lig. ()() . l ani (|uc le noyau n'est pas mort , ces cellules, en apparence mort i liées, peuxenl se régénérer el revenir cl la vie normale (voir les détails dans le chapitre sur la régénération .

(léo-éneresrpni'p vpsiriilpu^^f narticulierf el très accentuée s'observe dans la tumeur épithéiiale assez rare cju'on appelle moUuscuin contagiosum. La cellule de répilhéliuni cutané se transforme en une grande vésicule remplie de corpuscules ronds. La cause de celle dégénérescence n'es! pas encore connue jusqu'à présent . Plusieurs auteurs pensent que ces corpuscules sont d'origine infectieuse (Neisser. .loLTON, Vinoghadoff, etc.). D'autres, tels que Ivro.mayeu, IvisNrrzKV. etc., considèrent celte moditicalion épithéiiale connue une dégénérescence spéciale, non parasitaire.

La dcgénvresccnce i'aruolairc d'origine parasi/airc consiste dans la lorniation intra-cellulaire de vacuoles de Aolume variable auloiu" des microbes ([ui ont été absorbés par la cellule elle-même ou (pii ont pénétré dans son intérieur flig. 101. lo'), \oV. L'origine de ces [)r()(luctions vacuolaires est nudtiple : elles sont le résidtat lanlôl d'un phénonièiu^ //wV/'/c.

veuses subissent

Fig. 99. — Cellule nerveuse ; chromatolyse des corpuscules de NissL sous l'influence de la toxine diplitérique.

comme rongé aux

DÉGÉNÉRESCENCE AQUEUSE 173

expression de la ctjiilraclioii du ])roloplasina, de son écartenient d'un corps étranger vivant ou mort, tantôt d'un acte de fennenlation lié aux processus de la dii^cstion inlra-cclluhdie tlu microbe parasite de la cellule. Ce dernier mode de i'ormation des vacuoles est le plus fréquent, bien qu'on ne puisse perdre [àe vue que dans l'apparition de la

Fig. 100. — Chromatolyse des cellules de la moelle de cobaje ayant succombé en Uois jours à l'inoculation d un millième de centimètre cube de toxine tétanique. Les lésions consistent dans la tuméfaction du corps cellulaire, la coloration diffuse de la substance achromatique, la destruction des cléments cliromatopbilcs qui sont réduits de nombre et de volume et ont perdu leur orientation régulière. Les mailles du réseau achromatique sont élargies et détruites partiellement. Dans certaines cellules, la membrane d'enveloppe du noyau a perdu la netteté de son contour et le nucléole est réduit de volume (d'après Ciiantemesse et Marikesco).

vésicule péri-microbienne intervient toujours, jusqu'à un certain point, le phénomène physique, c'est-à-dire l'écartement et la contraction du protoplasma qui entoure le parasite. Metchnikoff a le premier étudié la formation de ces vésicules, au fur et à mesure de la digestion des hactéridies du charbon^ dans le corps cellulaire, et il a donné à ce processus digestif le nom de phagocytose. Après lui, tous les auteurs qui étiuliaient la mort des bactéries dans les cellules ont pu constater cette

Gh.\ntemesse et PoDwvssoT.sKY. Processus généraux. lO'*

TROUni.F.S. ATHOPlIiqiES DE LA M'THITIOy CELLULAIRE

l ig. iiM. — Vai'iiolisnlioii parasitaire produite par des bacilles de la lèpre Griis. I (i(ii) diani.).

vacuolisatioli païasilaiic Elle se rencontre le plus souvent dans certaines cellules conjonctives et d'une manière très générale dans les cellules niésodermiques, les{|uelles possèdent un pouvoir presque spécifique de cette digestion intra-cellulaire. Il est vrai ([ue cette propriété se manilesle aussi dans les ccdliiles nerveuses dès (prelles renCernient des bactéries. La vaeuolisalion peut être tellement accentuée, que toute la cellule se li a iisCoi me en une sorte de tamis, de tissu de gaze (fig. ICI . Dans certaines vésicules on distingue encore ties bactéries; dans d'autres, altérées ])ar les sucs digestifs intra-cellulaires , elles ne sont plus reconnaissables. Les cloisons (|ui séparent les vacuoles isolées sont constituées |)ar les (ibrilles du réseau protoplasmique.

Les acquisitions récentes touchant le pai'asitisme intra-cellulaire d(>s sporozoaires laissent supposer que le chapitre concernant la dégénérescence vacuolaire doit être considérablement élargi. Les spoi-ozonircs cl les ?)iij.ionnjceles (^id vivent à

L'intérieur de la tr^////^ provoquent ' ^

autour d'eux une contraction et même une dilution du proloplasma cellulaire, de sorte qu'au bout de peu de temps le parasite se douve logé au milieu d'une éiu)rnie vacuole.

Souvent une partie (bi proloplasma subit la cb'générescence iiiinpieuse, connue on peut s'en convaincre l'acilenieiil à l'aide de la rc'aciiou micr()-cliiiiii(|ue du nuu'us. L(>s cellules cancéreuses, ainsi (jue l'épilhélium des canaux biliaires atteints de coceidiose,

l'()uriiiss(Mit un exemple lypi(pie de dégénéresceiu'(> muco-vésiculeuse des cellules épithéliales (fig. loo., lo!^, io4). Cependant répithélium, datis sa multiplicalioii pathologique, subit très souvent, et cela sans l'iiiterveiilioii (l(> parasites, la dégénérescence aqueus(> cl niiKpKMisc ; il laiil donc us(>r d'une grande circonspcMiion i>(>in- ne /jus confomlrc In (U'i;cncrcscenco vaciiolaire /)tn-usit<iirr avec lu dègènèrescenco iioti-pinuisitaire. Plus (l'une l'ois des erreurs de celle iialure ont été commises, cpii faisaient

j;. lo-}.. — Vaeuolisalion de cellules cancéreuses. Au ceuire des va< uoles ([ui prenueut une teinte niétacliioniatique, on disling-ue de petits corpuscules munis d un point rou^^e. Ces corpuscules et le |)oiiil rouffc (pi'ils renrei'uienl ont été considérés par Saytchenko coniuie des parasites (Gros, i ooo diamètres. I'"ixation dans le liipiide de Fi.im.\iin(. el coloration par la safranine,.

DÉGÉNÉRESCENCE AQUEUSE

prendre la vésicule de Tintérieur de la cellule, rem|)lie de mucus

Fig. io3. — Cellules cancéreuses, vacuolisalioiis prenant

par les matières colorantes une teinte niétachroma- ^ig• 104. — Vaouolisalion parasi-

tique et considérées par certains auteurs comme des taire. Cellule d un conduit biliaire

parasites (coccidies). (lapin) ayant englobé une coccidie.

Fig. loï. — Dégénérescences vacuolaires des noyaux. a. b. cellules hépatiques; c, cellule d'un sarcome.

rasites des taaieurs cancéreuses a l'ait naître ((uantité d'opinions et de travaux entachés d'erreur.

Dc^é/iéi'esce/ice çacuolaire des noyaux cellulaires. — Nous ne saurions terminer la description précédente sans mentionner la vacuolisalion des noyaux eux-mêmes, lésion qui n'est jîoinl rare dans beaucoup de processus pathologiques. Elle s'observe surtout dans les affections de l'épithéliuni cutané. L"uu de nous (Pouwyssotsky) l a signalée dans les noyaux des cellules hépatiques, dans /(• diabète, dans certaines cirrhoses du foie (M aussi dans les noyaux de nondjreuses tumeurs, sarcomes et ca/tccrs (fig. lO'j). Des observations analogues ont été faites par Steinhaus, Levine, JramlîUSTi, PiAM'SK, (ÎALEOTTi, Fabre-Domergue, ctc. D'ordiuaire, à l'intérieur du noyau,

Fig. iiiG. — Cellules hépatiques en dégénérescences aqueuse et graisseuse. Fixai, par le F^i-em-ming (Colorât, par la safranine. Gross. :)()0 diam ).

17(3 TROUBLES ATROPHIQIES DE LA yVTRITIOy CELLULAIRE

près du nucléole, apparaît une vésicule ronde, remplie de substance homogène (après fixation), qui ne se teint que faiblement par les colorants nucléaires communs; parfois, le nucléole lui-même se transforme en vésicule. On a considéré récemment ces nucléoles gonflés comme dé jeunes sporozoaires ; c'est une illusion. Les dimensions de ces vacuoles sont varialdes. Elles peuvent distendre le noyau en le transformant presque tout entier en une grande vésicule; il ne reste alors à sa périphérie qu'une mince couche de substance nucléaire (fig. io6). Dans ces cas, les vésicules sont vides ou bien contiennent des globules d'albumine. La ressemblance de ces noyaux en , dégénérescence vésiculeuse avec certaines coccidies à siège intra-nucléairc est tellement grande, cju'il est parfois fort difficile de faire la distinction. Dans cpielc^ues cas, la formation de la vacuole dans le noyau prépare sa décomposition en deux ou trois parties (fig. io6) et sa division, comme Podwyssotsky l'a décrit en 1888 et comme aussi l'a vu plus tard Flemming.

Dégénérescence niuqiteiise.

Dans la dégénérescence muqueuse il se produit non seulement un gonflement et une liquéfaction de l'albumine, mais encore une modification chimique de sa composition. L'altération consiste essentiellement dans la transformation de l'albumine en une substance donnant du mucus et contenant de la mucine. Cette mucine, bien qu'elle se rattache aux corps all)iiminoïdes, ne présente pas une composition chimique constante, car elle varie suivant ses origines (glandes salivaires, bile, tendons, etc.). Le tableau suivant en fournit la preuve.

AZ

Mucine du cordon

Jernstko.n.

— du leudou. .

Lœbisciu.

Landvehk.

— de hi glaiidt' sous-niaxil-

lairc

ii,i->

IlAM.MAliSTL.N.

— de 1 ovaii'c de fijrcnouillc .

GlACCOSA.

HAMiMAKSTliN.

\a\ mucine est une substance albunii iu)i(l(.' juodiliéc |)ar la présence d'un liydrate de carbone.

DÉGÉ^'ÉRESCENCE MUQUEUSE

EiCHWALD lo premier, et après lui Landvehr, ont découvert la présence de cet hydrate de carbone dans la mucine.

Par l'ébuUition en présence de l'acide sulfurique dilué, ou encore par d'autres procédés, ou peut extraire de la mucine un corps non azoté qui réduit les sels d'oxyde de cuivre et de bismuth et qui prend une coloration brune lorsqu'on le fait bouillir avec des alcalis caustiques. Laxdvehiî a appelé ce corps ac/iroogli/cogc/ie, parce qu'il ne se colore pas par l'iode. Le corps qu'il a extrait de la mucine, et qu'il a nommé « gomme animale », contient — 4<>i 9» de carbone, 7.37 d'hydrogène, V2,73 "/o d'oxygène et correspond à l'hydrate de carbone de la formule G^H'^O''. 11 ne réduit pas par lui-même les sels d'oxyde de cuivre, mais acquiei't cette propriété après avoir été soumis à l'ébuUition avec de l'acide sulfurique à 10 %; il se transforme alors en o-ommose. Après l'action prolongée d'acides minéraux, la gomme animale donne l'acide métvi-propionique [i, qu'on désigne ordinairement sous le nom d'acide lévulinique, et C{ui constitue le produit caractéristique de décomposition des hydrates de carbone. En outre, dans ces derniers temps, Muller a constaté que la décomposition de la mucine donne, à part la gomme animale et l'acide lévulinique, une hexose qui fond à 198° et qu'il a appelée mucose.

Parmi les glyco-protéides, c'est-à-dire les substances albuiuinoïdes quidonnenten se décomposant de l'hydrate de carbone, quelques corps nucléiniques , à part la mucine déjà connue depuis longtemps, méritent l'attention. Ainsi l'acide adénilique, découvert en 1894 par Kossel et Neumann dans le thymus, donne, par l'ébuUition avec des acides, l'acide lévulinique. Lilienfeld a montré en 189-2 que, parmi les produits de décomposition du iiucléo-histone tiré de la même glande, se trouve une substance hydro-carbonée.

Hammarsten, et après lui Salkowski, ont reconnu dans le pancréas la présence d'une nucléoprotéide analogue, qui, soumise à l'ébuUition avec des acides, donne un corps hydro-carboné.

F. BnjMENTHAL a étudié dernièrement (1897) avec plus de détails les nucléoglycoprotéides de différents organes (pancréas, thymus, foie, glande thyroïde, rate, cerveau). D'après ses recherches, l'hydrate de carbone qui se forme pendant la décomposition de ces corps appartient aux pentoses.

Les résultats obtenus par l'analyse chimique de la nuicine et la découverte de la substance hydro-carbonée qu'elle contient correspondent aux apparences histologiques c{ue l'on constate dans la formation du mucus. Dans les glandes salivaires de quelques mollusques, à une certaine période d'activité de la cellule mucinogène, Bar- FURTH a pu constater, à l'aide de la réaction iodée, la présence de très fines granulations de glycogène. Il est certain que, dans la transformation de la substance mucinogène en mucine, le glycogène entre en combinaison intime avec l'albuminoide de la mucine et subit déjà une certaine modification, car, pour découvrir l'hydrate de carbone dans cette substance, il faut la soumettre à l'action de l'acide sulfurique, etc.

Les propriétés physiques de la mucine sont caractéristiques et correspondent à la notion vulgaire d'une substance muqueuse, c'est-à-dire d'une matière semi-liquide, visqueuse, filante, qui se gonlle fortement dans l'eau sans s'y dissoudre. Elle entre en solution dans les alcalis caustiques et les carjjonates alcalins, se transformant progressivement (surtout sous l'influence de la chaleur) en albiiininates alcalins. En

178 THOUHLES AT RO f U I QU E S DE LA MTliITIO.\ CELLULAIRE

présence de l'acide acétique, la mucine laisse apparaître un précipité réticulé de filaments délicats et de granulations (ce qui la distingue de la substance colloïde) ; sous l'influence de l'alcool, elle donne de fins réseaux et filaments. L'ébullition avec des acides minéraux dilués la transforme en acide-albumine et en hydrate de carbone réduisant les sels d'oxyde de cuivre. L'eau de chaux ou de baryte est le meilleur dissolvant de la mucine et ne modifie pas ses propriétés chimiques. Pour extraire la nuicine des tissus, on les coupe en tout petits fragments, on les fait infuser avec l'eau de baryte et on |)r('( ipile j)ar l'acide acétique.

L'apparition du mucus clans le contenu cellulaire a fait l'oUjel de nombreuses recherches (Lwdowski, Sciiii;iii:iiDKCKEi(, L\n(;ley, List, Barfurth, Loukianoff, Sïeiîs'iiaus, Paneth, Stoiir, PiAxviEn, IIoYEH, Lais- KOWSKI, PiANESE, Laxdel, Pod wyssotsky, ctc.) La juucine se forme, à pro- [)rement parler, aux dépens du paraplasme cellulaire et des corpuscules albuminoïdes brillants particuliers contenus dans ce paraplasme (corpuscules inucinogènes). L'escargot et, d'une manière générale, le tégument externe de tous les invertébrés, fournissent, après fixation du tissu dans le liquide de Flemming et coloration par la safranine, d'excellents matériaux d'étude de ces granulations et de leur transformation en mucus. La réaction métachromatique des granulations nuupieuses, (pTon obtient par ce procédé de coloration, donne un exemple très net de l'apparition des granulations dans le corps de la cellule et de leur dissolution progressive pour la formation du mucus (fig. 107). La base réticulée du corps cellulaire, c'est-à-dire le spongioplasme ou protoplasme [)i-oprement dit, ne se transforme pas en mucus; il l'ouruit sculcnuMit les mat('riaux albuminoïdes nécessaires à la réparation des perles (pie subit le protoplasma pendant la formation de la mucine. La cellule, débarrassée de ces granulations mucinogènes, se ratatine, diminue de volume et subit en ((uelque sorte un re|)()s momentané comparez les deux cellules lig. loj). L'application des colorants ((ui donnent la réactioji métachromatique avec; le mucus (safranine, thionine, magenta, etc.) permet de mettre en évidence la pièsence de la substance nnupieuse dans les cellules, même lorscpic celte substance s'y liouve en (|uantil(' très minime.

La formation de la mucine peut être considérée comnu' le rc'sullat d'une dégénérescence de la nu)lécule alhuminoïde à la fois pliysicpie et cliimicpie. La présence de l'hvdrate de ('arhone dans la nnu ine |)ermet, dans une certaine mesure, de regarder cette forme de dègcMUM-eseence comme un chaînon de hansilion enti-e le groupe des (b-gènei-escences albuminoïdes et ccdui des liydro-cai'honées.

D /■; G K N K nESCE A C E MUQ V EU SE

Le cafcnière Diorphologiqiie principal de la clégénéi-escence /ini(f/ie/ise co//sis/e dans l'itugnienlation de volume^ le gonfenieni et la Ira nsjia icia-c de In cellule. Cette dernière prend la forme ovalaire.

A l'état pliysialogique, la mélaniorphosc muqueuse est un processus très répandu dans le règne animal; on l'observe che/ les invertébrés, où sa présence prend le caractère d'une adaptation défensive, et aussi chez les mammifères et chez l'homme.

Sa production aux dépens de la molécule albuminoïde est un phénomène de sécrétion ou d'excrétion par la cellule ectodermique, lequel ré[)ond à une nécessité |)lus ou moins impérieuse. L'analogie csl évidente entre la fonction de l'épithélium (|ui produit le mucus et celle de ré{)ithélium qui sécrète les ferjuents. Ici et là, il y a formalion, aux dépens du protoplasme, d'éléments qui se séparent sous la forme de granules : dans un cas ce sont des granulations miicinogènes^ dans l'avitre des granulations zjjmogènes. Au point de vue pliilogénique, on peut donc considérer la sécrétion nuujueuse épithéliale comme un stade précurseur du phénomène où l'épithélium jdus différencié élal)()i-era cl sécrétera les véritables ferments solubles.

La transformation de l'albumine en mucine, chez tous les vertébrés et chez l'homme, s'effectue constamment dans les glandes salivaires, dans les glandes muqueuses des voies respiratoires et digestives, et aussi dans certaines cellules épithéh'ales ^^dlules caliciformes) de la tunique muqueuse de ces canaux. En ouUe, les substances hbro-conjonctives peuvent subir cette transformation lorsque la plus grande parlie du corps cellulaire présente la métamorphose muqueuse.

L'état muqueux des formations fibro-conjonctives est parliculièrement prononcé chez l'embryon.

Chez les inverlétji'és, surloul, chez l escargot et eerlaiiis coquillages iiiai'iiis, les cellules ectoderniiques inucipures sont séparées du revèlenient ectodermique généi'al et se trouvent enfoncées parfois assez profondément entre les fibres conjonctives et les muscles. Ce fait anatoniiipie curieux, noté par l'un de nous (Podwyssotsky], laisse saisir le mécanisme par lequel le moindre mouvement de l'animal amène l'expression du mucus ; le fait ne pourrait se produire si les cellules mucipares restaient, comme chez les vertébrés, au milieu de l'ectoderme (fig. lo^).

Au point de vue pathologique, la dégénérescence muqueuse se rencontre souvent; les cas ou où l'observe peuvent être rangés dans les trois catégories suivantes.

10 Augmentation de F activité du processus p/i i/siologique de formation du mucus, résultant d'une irritation plus forte de l'épitliélium ;

i8o TROUBLES ATROPUIQVES DE LA NUTRITION CELLULAIRE

■A" D('i>énérescence muqueuse localisée créléments qui ne subissent pas normalement cette métamoi'phose ;

3° Dégénérescence muqueuse diffuse généralisée à toute l'économie.

Les exemples du premier gj-oupe se constatent clans les muqueuses des voies respiratoires, génito-urinaires et surtout digestives, au cours du processus pathologique désigné sous le nom de catarrhe des muqueuses

FiG. 107. — Cellule chargée de corpuscules mucinoïdes, intercalée entre des fibres musculaires (colimaçon). Coupe colorée par la safranino ; les corpuscules ont pris une teinte métachromatiquc (Gross. i ooo diam.).

(cory/a, catai-rhe muqueitx de l'estomac, de l'intestin, etc.). La muqueuse des voies respiratoires présente, à l'état normal, un nombre relativement laible de cellules (cellules calicil'ormes) cjui sécrètent du mucus. Dans les catarrhes miiqueux on trouve une énorme quantité de cellules qui sont (U'venucs gonflées, transparentes, et qui ont sul)i la dégénérescence iiui(pieus(;. (]es cellides dégénérées se séparent parfois de la m(Mid)i ane et nagent dans l'exsudat liquide f|ui la recouvre.

Tjorsque les pliénomènes inflammatoires j)roj)remenl dits sont |)eu pioiioiicés, l'exsudat ne i-enlerme qu'une laible quantité de li(|ui(le; il est é|)ais cl s(> compose entièrement d'un mucus vis(|iieii\ et ti'ansparent, dans le(|iu'l nagent un pclil nondjre deglobules blancs. Ladégénc-i'csccMice

DÉGÉNÉRESCENCE MUQUEUSE

muqueuse est parliculièrement prononcée dans le catarrhe de Fesloniac et de l'intestin, surtout à la suite de l'abus des Ijoissons alcooliques et des aliments indigestes; les catarrhes muqueux gastriques des alcooliques fournissent les pituites matutinales. La muqueuse stomacale est couverte de couches épaisses de mucus, comnu' on ])eul s'en convaincre expérimentalement en introduisant pendant quel([ues jours de l'alcool dans l'estomac d'un aninud. Les sensations subjectives nauséeuses sont en rapport avec cette accumulation de mucus dans l'estomac.

Quand la lésion frappe l'épithéliiim des glandes, à la suite de ro])struction des canaux excréteurs, le mucus dilate les vésicules glandulaires et provoque la formation des kijslcs miujuoux par rèlention (œufs de Naboth, etc.).

Le second groupe des dégénérescences mu(|ueuscs pathologiques comprend les cas dans lesquels le nuicus apparaît au sein des tissus et cellules qui en sont dépourvus à l'état normal, par exemple dans les cartilages, les os, le tissu conjonctif, la moelle osseuse, le tissu adipeux, les muscles, les nerfs et aussi dans difix'rcnles liinieitrs. Il se montre alors comme une forme parliculière de métamorphose régressive du tissu de la tumeur (sarcome, cancer, chondrome, etc.), ou comme une véritable néoformation de tissu (niyxome).

Récemment la dégénérescence naujuciisc^ a attiré l'attention à un point de vue spécial, celui de la présence de parasites dans les litnieiirs malignes (cancers et sarcomes). On a vu que le protoplasma des cellules de cancers glandulaires et de certains sarcomes (surtout l'endolhéliome) pouvait subir une dégénérescence muqueuse partielle. Celle-ci a été attribuée le plus souvent à la métamorphose régressive de l'épithélium des muqueuses, parfois à la présence hypothétique de sjiorozoaires inclus dans la cellule. Dans l'un et l'autre cas, on voit dans la cellule une vacuole remplie de nuicus : celle-ci affecte une iorme ovoïde ou sphérique ; elle peut augmenter de volume, et alors le noyau cellulaire refoulé cède à la pression, tandis que la cellule accroît ses diamètres et se transforme en une grande vésicule. En appliquant certaines colorations, on peut obtenir la mètaehromasie typique de ces vésicules (sous l'action du magenta et de la safranine, par exemple, apparaît la teinte violette, tandis que le fond est coloré en rouge), mètaehromasie qui dénonce la présence d'une substance muqueuse dans le contenu cellulaire. A l'époque de l'engouenu^nt géiu'ral provoqué par la constatation de ces sortes de corps sphèri([ues à l'intérieur des cellules cancéreuses, ces vacuoles nuiqueuses étaient prises à tort |)our le parasite lui-même : une coccidie. En effet, si dans certaines de ces vacuoles se distinguent

ClIANTEMESSE Ct PODW YSSOTSKY. Pl'OCOSSUS gCIU'raUX. 10 '

i8a TROUnLES ATROPIIIQUES DE LA NUTRITIOX CELLULAIRE

des corps considérés par quelques-uns comme des sporozoaires , les images qu'ils forment, indice de parasites très hypothétiques, sont petites et n'occupent qu'une minime partie de la vacuole (tout le reste étant rempli de substance muqueuse), laquelle, en se coagulant sous l'action de liquides fixateurs, apparaît tantôt sous forme de filaments délicats et de rayons, tantôt sous celle de fines granulations, tantôt sous rap{)arence de cercles concentriques, etc. (fig. io4, io5).

La gélatine de Warton et les bourses séreuses peuvent servir de protoljipe plijisiolog'Kiiic de la dégi'nôre.scence /)/iu//u'i/sc' du /issu conjonctif. Dans celui-ci, le processus s'accomplit par un mécanisme tout différent de celui qui donne naissance au mucus à l'intérieur des cellules épithéliales. En effet, la dégénérescence présente un caractère de désorganisation, de décomposition immédiate de l'albumine des cellules conjonctives. Elle n'est pas précédée de l'apparition de granulations mucinogènes. Il s'agit en somme de la transformation d'une partie du corps cellulaire ou de la fibre en une masse homogène, fibrillaire ou finement granuleuse, contenant de la nuicine. Il n'est pas douteux que la chimie ne finisse par établir une différence entre les compositions élémentaires de ces deux variétés de substances muqueuses.

Souvent la dégénérescence muqueuse, qui se montre dans les os, les cartilages et les muscles, est précédée d'un processus de décomposition de la substance fondamentale en fibres séparées; la fibrillation du cartilage est le premier acte du phénomène pathologique.

La nature intime du processus de la dégénérescence muqueuse des tissus fil)ro-conjonctifs est encore loin d'être élucidée. La même obscurité règne au sujet de la dégénérescence muqueuse du tissu adipeux, qui se rencontre dans certaines affections de la moelle jaune des os et, en général, dans V alropliie du tissu adifetix. Dans tous ces cas, la cause de la dégénérescence nuiqueuse réside dans des troubles de nutrition purement locaux de telle ou telle région du corps, troubles dont l'origine et le mécanisme ne sont pas sul'fisamment coniuis.

Nous avons passé en revue jusqu'ici des exemples de dégénérescence muqueuse localisée. Il nous faut étudier maintenant des faits de dégénérescence muqueuse d'un tout autre caractère, constituant un gi'oupe nouveau. Ce groupe pathologique est caractérisé par un trouble de la nutrition, dans lequel la mucine envahit le tissu conjonctif de divers organes et, en pai ticulier, le tissu cellulaire sous-cutané. L'infiltration muqueuse s'accompagne d'une dépression spéciale du système nerveux. C'est la cdchcxio pdclnidenniiiuo (l(>s auteurs français, ou myxœdeme . L(>s tb'tails dans les(ju('ls nous allons entrer ne fourniront pas les élé-

DÉGÉNÉRESCENCE M U QUE USE

ments d'une lumière complète dans cette obscure question, mais ils apporteront cependant, par des emprunts faits à la clinique et à la j)athologie expérimentale de Fhomme et des animaux, des renseignements qui intéressent au plus haut j)oint la physiologie, la pathologie et la thérapeutique.

En octobre 1878, W. Gull signalait à la Société clinique de Londres quelques cas d'une maladie caractérisée par un gonflement de la peau et un état d'indifférence complète des malades.

Il la désignait sous le nom d'état crétinoïde survenant chez les femmes à l'état adulte. Quatre ans plus tard, Ord publiait six observations de cette nouvelle maladie, et, ayant constaté dans une autopsie l'infiltration muqueuse du tissu cellulaire sous-cutané, l'œdème muqueux, il proposa le nom de myxœdème, qui a fait fortune.

Depuis plusieurs années, Charcot avait observé quelques cas de cet état pathologique et comptait en donner la description sous le nom de cachexie pachydermiquc.

En 1880, Ballet puljlia la première observation française recueillie dans la clientèle de Charcot. Cependant, la maladie avait été observée en France, en 1875, par Morvan (lettre à Charcot), et cet auteur, en 1881, en fit connaître cinq nouveaux cas.

Voici quels étaient les caractères cliniques qui avaient frappé l'attention de William Gull, de Ord, de jMorvan, de Charcot. L'affection débute d'ordinaire lentement et progressivement ; parfois le début en est rapide, à la suite d'hémorrhagies, de rhumatisme articulaire aigu, après luie période de tuméfaction passagère du corps tlnjroïde (Ord). On voit déjà poindre dans cette première remarque de Ord l'intervention d'un facteur étiologique infectieux capable de modifier Tétat anatomique du corps thyroïde.

TIÎOUDLES ATROPIIIQUES DE LA SUTRITION CELLULAIRE

Trois symptômes principaux occupent la scène morbide : Faspect extérieur, qui est sous la dépendance de Tétat du tissu cellulaire souscutané; les troubles intellectuels; la modification de volume du corps tbyroïde. D'autres viennent s'y joindre, mais moins importants. La face est large, arrondie, en pleine lune (W. Gull), les yeux rapetissés par rinfiltration œdémateuse des paupières, le nez épaté, les lèvres bouffies, un peu cyanosées (fig. io8). Les téguments de la face sont d'un blanc jaunâtre sur lequel se détaclient des zones rosées. Les traits ont une immobilité remarquable qui leur donne un air de stupidité (élat crétinoïde de Gull). Sur le reste du corps, les téguments sont jaunâtres, épaissis, infiltrés, mais résistants au doigt qui les presse, ne laissant pas former de godets, comme la peau œdémateuse des brigbtiques ou des cardiaques. Les sécrétions sudorales et sébacées sont supprimées. La peau est sècbe et se couvre d'une desquamation pytiriasique sur le tronc, squammeusc et parfois écailleuse aux extrémités (Thibiekge).

Les poils tombent, les sourcils et les cils manquent presque complètement, et les cheveux deviennent secs et cassants. Les extrémités des membres, mains et pieds, se gonflent et s'élargissent. Les doigts forment de gros boudins arrondis qui se meuvent difficilement; les ongles sont petits, cassants, fendillés et striés.

T/infiltration nuiqueuse du tissu cellulaire sous-cutané rend le tronc dilfornu'; on voit des saillies (pseudo-lipomes) dans les creux sus-claviculaires. Comme la peau, les muqueuses des gencives, de la langue, du voile du palais, du larynx, sont tuméfiées.

Les troubles intellectuels consistent dans la défaillance de la mémoire et la lenteur de l'idéation. Les malades répondent lentement et comme à regret aux questions; ils s'irritent dès qu'on leur témoigne de l'intérêt et qu'on les presse de questions; somnolents et hébétés pendant le jour, ils sont tourmentés la nuit par des insomnies et des cauchemars. Les mouvements sont lents, torpides, inhabiles, la démarche peu sûre, et l'inclinaison de la tète en avant achève de leur donner l'aspect crétinoïde.

Dans l'immense majorité des cas, le corps thyroïde est diminué de volum(>, autant que permet d'en juger l'épaississement des téguments. Parfois, cependant, ratro])hie a été précédée d'une période de tuméfaction de l'organe (Ord).

Les [)hénonu'Mies de moindre iinporlance (|ui accompagnent les trois symptômes cardinaux du myxœdème sont : l'abaissement thermique, les irrégularités du pouls, la carie des dents, des troubles divers de la sensibilité cutanée.

La inai'che de la maladie^ est lente et il se lait parfois des rémissions a|)rès une grossesse, la(|uclle a pour ell'et, comme on sait, de provoquer

DÉGÉNÉRESCENCE MIQCEVSE

quelquefois une hypertrophie partielle de la glande thyroïde. Ord a observé qu'aux périodes terminales de la maladie, l'infiltration muqueuse du tissu cellulaire sous-cutané pouvait disparaître. Lorsque les symptômes du myxœdème acquièrent un tel développement, les caractères en sont frappants. Parfois on n'observe que des formes frustes, dont le diagnostic n'est pas toujours facile à porter. L'un de nous (GiiANTEMESSE, 1894) a attiré l'attention sur les cas de myxœdème fruste ayant débuté chez des femmes au moment de la ménopause, lorscjue l'utérus et le corps thyroïde subissent un mouvement simultané de régression. Plusieurs malades obsei*vées à l'hospice des Ménages présentaient une infiltration modérée et dure du tissu cellulaire souscutané, en particulier des régions antérieures du cou, de la poitrine et de la partie inférieure de la face, du lobe inférieur des oreilles. La peau du front était lisse, indurée, couverte d'une teinte rosée. Les poils des cils et des sourcils étaient aljsents, les cheveux rares et secs. Le corps thyroïde n'était plus apprécia])le à la palpation. Le caractère de ces malades se faisait remarquer par un état de torpeur, d'indifférence et aussi d'irritabilité.

JjCS causes du myxœdème ont été longtemps très obscures. Dans trois autopsies, Ord et Lloyd avaient signalé la présence, dans diflerents tissus, d'une matière mucoïde très riche en mucine; Ord, en 1880, avait remarqué sur un cadavre l'atrophie du corps thyroïde, sans y attacher grande importance. Des données nouvelles, qui allaient jeter une vive lumière sur ce sujet, furent tout à coup ap})ortées par un chirurgien de Genève, J. Reverdin (1882), et, l'année suivante, par Kocher (de Berne).

A la suite de la thyroïdectomie pratiquée pour guérir le goitre, J. ReverdijN avait observé chez plusieurs de ses opérés des symptômes singuliers : il avait vu se développer chez eux des phénomènes nerveux précoces et, plus tard, des œdèmes bizarres qu'il désigna sous le nom de mijxœdème opèvaloire . Parmi les phénomènes précoces ([ui surviennent assez fréquemment, mais non toujours, après la thyroïdectomie, il faut citer la tétanie. Les spasmes cloniques et toniques, qui caractérisent cette complication, se manifestent généralement du troisième au huitième jour (pii suit l'opération, rarement plus tard, quelquefois plus tôt, puis- (pi'on les a vus apparaître le jour même de l'intervention. Ils peuvent intéresser toute l'étendue du corps et sont d'ordinaire localisés aux mendjres, principalement aux deux bras; quelquefois même un seul groupe musculaire est atteint. Le signe de Trousseau y est fréquemment observé. Le spasme du diaphgrame peut entraîner la mort. Une autre complication moins redoutable, mais aussi fréquente que la précédente.

iSO TROUBLES ATROPIIIQVES DE LA NUTRITION CELLULAIRE

est Tapparition de crises hystériformes (paralysies, contractures, anesthésies). D'autres fois, ce sont des troubles psychiques qui ouvrent la scène, lypémanie, délire de persécution, manie des grandeurs, manie aiguë accompagnée d'agitation, d'hallucinations. Les accidents tardifs surviennent troj^s ou quatre mois après la thyroïdectomie. Le malade se plaint d'une faiblesse générale extrême, qui l'amène peu à peu à un degré d'asthénie complet ; il devient apathique et se résigne à un repos absolu. Les mendjres sont alourdis, sillonnés de douleurs vagues, et le corps ne tarde pas à revêtir un aspect caractérisli(pie. Un œdème dur infiltre tous les tissus. Le visage déformé, bouffi, pâle, est devenu méconnaissable. Les paupières tuméfiées, demi-translucides, recouvrent les yeux à la façon d'énormes bourrelets. Le nez est élargi, les lèvres énormes; la langue même participe à l'infiltration et à l'induration des tissus. Les membres ressemblent à des cylindres tuméfiés appendus au corps. Cette infiltration offre à la pression une élasticité spéciale. Les téguments, d'une pâleur terreuse, sont secs, rugueux au toucher; ils prennent les caractères de l'ichthyose. Les poils sont rares et cassants, les cheveux épaissis et clairsemés, les ongles striés et friables. Les troubles de la sensibilité générale et sensorielle ne sont pas rares. Parallèlement aux désordres somatiques, à l'anémie générale, des phénomènes psychiques graves se manifestent : affaiblissement des facultés, paresse des conceptions et des actes de mémoire, tristesse, mélancolie, sensation d'un élat d'infériorité dont parfois les petits opérés ont conscience. yVulrefois, avairt l'application d'un traitement convenable, ces formes progressives étaient incurables et aboutissaient à la mort, après des rémissions plus ou moins prolongées. J. Reverdin et P. Beugeh ont vu des cas atténués s'amenckn' s[)ontanément. J. Reverdin a observé des faits de myxo'dème opératoire léger, fruste, capables d'amélioration et qui, à la période d'état, par leur symptonuitologie, ressendjlaient aux formes frustes spontanées que l'un de nous a décrites avec René Marie. L'âge des opérés, comme l'a fait remarquer Kocher, joue un grand rôle dans la gravité du myxœdème opératoire : chez les sujets qui sont encore dans la période d'accroissement actif, le développement du corps en longueur s'arrête et les troubles intellectuels sont particulièrement accusés. Les opérés arrivent à un état qui les rapproche un peu des idiols myxœdémateux. La thyroïdectomie pax'tielle expose moins que l'opération totale à la cachexie pachvdermique, et si cet accident sui'vieni, il revêt toujours une forme incomplète.

Nous venons d'étudier deux types cliniques de myxœdème, l'un (pii survient sponlan('Mn(Mil , dans l'âge adulte; l'autre (pii diffère un peu tlu

DÉGÉNÉRESCENCE MUQUEUSE

précédent par ses allures et surtout par son étiologie chirurgicale, l'extirpation totale ou partielle du corps thyroïde. A côté de ces deux tableaux pathologiques, il faut en placer un troisième, celui de certains idiots qui sont nains et qui présentent une dégénérescence mucoïde du tissu conjonctit sous-cutané. Ils constituent le type de Vidiolie myxœdèmateuse et de myxœd'eme infanlile, remarquablement déci-it par Bouu- NEViLLE (fig. 109). Cette maladie débute peu après le sevrage et se déroule, si la médication n'intervient pas, avec une uniformité parfaite. La taille des idiots myx<cclémateux est petite; la tète est volumineuse en arrière, rétrécie en avant ; le front est bas, étroit. La physionomie exprime rhébétude. Les paupières sont bouffies, bleuâtres, le nez camus, les joues tombantes; la bouche est grande, entr'ouverte, et laisse écouler la salive. La langue, volumineuse, fait saillie hors de la bouche; les dents sont cariées, irrégulièrement implantées. Le menton est petit, les oreilles sont épaisses, blafardes, les cheveux rudes, bruns ou roux, semblables à des crins. La fontanelle antérieure persiste, nu'iue chez les sujets ayant dépassé la trentaine ; on constate facilement sa présence t'c. loy. — idiniie inyxod. uiuteuse

. - , . (Coll. A. Londe).

au-dessous du cuir chevelu, qui est atteint d'éruption eczémateuse. Le cou

est gros, court; dans les creux susclaviculaires et axillaires, on trouve des masses mal délimitées, de consistance lipomateuse. Le rachis est plus ou moins dévié, le ventre gros et large ; la peau glabre, sèche, jaunâtre, se montre parsemée de taches de lentigo. La barbe et les poils font défaut. Les organes génitaux sont arrêtés dans leur développement. La température centrale est alîaissée. Les idiots myxœdémateux ont une grande répugnance pour le mouvement ; leur état intellectuel est sus ceptible d'une certaine amélioration; ils peuvent atteindre un âge relativement avancé. L'autopsie montre deux lésions caractéristiques : l'infiltration mucoïde du tissu cellulaire sous-cutané et l'absence complète du corps thyroïde.

Dans les trois formes cliniques que nous venons de passer en revue, myxœdeme spontané^ myxœdème opératoire, idiotie inyxœdémnteuse , l'analyse fait ressortir la présence de traits communs : l'état de l'appa-

iS8 TROUBLES A T R O P II I QC E S DE LA NUTRITION CELLULAIRE

reil légumentaire, les trouilles intellectuels, la lenteur de Fidéation, la perte de la mémoire, le refroidissement central et périphérique, la cyanose des extrémités, et surtout, comme lésion anatomique essentielle, l'absence congénitale, l'extirpation ou encore l'altération, aijoutissant à la suppression fonctionnelle, du corps thyroïde.

La suppression, matérielle ou ibnctionnelle, de cette glande est, en effet, le phénomène capital qui domine toute l'histoire du myxœdème. Dans les autopsies de myxœdème spontané, on a toujours trouvé l'organe diminué de volume, de coloration pâle, ])lanche ou jaunâtre, d'apparence fibreuse. L'enquête entreprise par la Société clinique de Londres a recueilli, à des sources diverses, 109 observations de myxœdème, où i3 fois l'examen histologique de la glande avait été pratiqué. Les lésions du corps thyroïde portaient sur le parenchyme et sur le tissu interstitiel; elles avaient un caractère inllammatoire et avaient abouti à la sclérose. Dans le myxœdème, la peau, le tissu cellulaire, les viscères présentent souvent une infiltration de nuicine. On a fait jouer un grand rôle à la présence de cette substance, pour expliquer la pathogénie de la maladie. Horsley a montré (|ue, cliez le singe atteint de myxœdème, après la résection de la thyroïde, il se faisait dans le tissu cellulaire souscutané une augmentation de mucine; il a aussi signalé l'accunudation de cette su])stance dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans un cas de cachexie strumipiive j)ostopérat()ire. Cependant, Hallibuuton, Muxk, qui ont obtenu chez des animaux, après l'extirpation de la glande, un état d'indolence, d'apathie, de contractures, n'ont pas retrouvé la nuu-ine (huis les tissus. iJiiuxs, Ghûxdleu, B\umgai!Txkr ont vainement cherché trace de mucine dans le tissu cellulaire d'iiuli\ i(his morts de cachexie strumiprive.

Les résultats de l'étude des modifications histologicjues de la peau dans le myxœdème sont loin d'être suffisants. Les cui'ieuses observations de ViHCiiow, Caspary, Baumgarten ne concordent j)as les unes avec les autres. Tandis que ViRcriow et Baumgarteim signalent un développement exagéré et une multiplication des cellides du tissu cellulaire sous-cutané, Caspary n'a pu constater ces lésions. Ce dernier auteur attire au contraii-e l'attention sur l'augmentation des fibres élastiques. Ord, Campa>'a, Strass ont remarqué (|ue les libriUes du lissu conjonctif avaient en partie disparu ou étaient rempla<-ées par une jnasse honiogène (pii rappelait l'aspect de la gélatine refroidie. Dans ces derniers temps, I^ivna a décrit avec plus de détails les modilicalions (hi lissu conjonctif de la peau chez les myxo'démateux ; il considère les lésions anatomi(iues (H)mm(' le lait d'une dégénérescence particulière ra|)|)elanl l;i dégénérescence hyaline.

DÉGÉNÉRESCENCE MUQUEUSE

D'après lui, les fibres élastiques disparaissent et dans les fentes lymphatiques s'accumule une substance homogène d'apparence mucoïde.

Sur des lapins, sacrifiés quelques mois après la thyroïdectomie , RoGowiTCH, I. Wagner, Colzi ont constaté l'hypertrophie compensatrice de la portion glandulaire de l'hypophyse. Hofmeister a signalé, en outre, l'existence d'altérations vacuolaires dans les cellules épithéliales des tubes contournés, l'atrophie des ovaires et parfois leur hypertrophie, la déchéance fonctionnelle des testicules, enfin et surtout un ralentissement considérable dans l'accroissement en longueur des os, ralentissement qu'il i^attache à la dégénérescence des cartilages épiphysaires. Cette dégénérescence se manifeste par la destruction partielle des cellules et par l'épaississement, la fibrillation et la dilatation vésiculaire de la substance fondamentale. La peau est simplement amincie et atrophiée. Les expériences récentes de Goldberg (1897) ont mis en évidence l'influence qu'exerce la glande thyroïde sur la croissance des os du squelette.

Chez des individus ayant succombé à des accidents tétaniques, consécutifs à l'extirpation de la thyroïde, Weiss a décrit des altérations cellulaires au niveau des cornes antérieures de la moelle. Expérimentant sur le lapin, Rogowitch a constaté des lésions d'inflammation subaiguë portant sur les cellules du cerveau et de la moelle. Autokra.toff a montré que les renflements lombaires et cervicaux de la moelle présentent les premières modifications pathologiques. Lâa'ghaxs et son élève Kxopp, après l'extirpation de la glande thyroïde (chez le chien), ont constaté, sur le trajet des fibres nerveuses, dans différentes régions du corps, une altération de la zone externe du tronc nerveux correspondant à l'espace du périnèvre. Sur une coupe du muscle et des faisceaux de fibres nerveuses qui le traversent, cette modification est déjcà visible à la loupe, sous la forme d'un éclair(ussement ou d'une dilatation de l'espace périiieiiral. Dans cette zone claire se trouvent des cellules gonflées, transformées en vésicules tantôt uniloculaires, tantôt multiloculaires. Ces vésicules représentent les cellules de l'endothélium endo et périneural qui ont subi la dégénérescence vésicnleuse.

Des modifications analogues ont été trouvées par Laxghans sur le trajet des nerfs chez les individus atteints de cachexie strumiprive et de crétinisme. Ici encore, l'état œdémateux des fentes lymphatiques péri et endoneurales et la dégénérescence vésiculeuse des cellules endothéliales attirent tout d'abord l'attention. Par places, une partie du faisceau nerveux apparaît œdématié et il ne reste des filn'illes nerveuses que les tractus fibro-conjonctifs. La modification du tissu conjonctif, si caractéristique dans le tégument cutané, peut se rencontrer également en d'autres régions du corps.

Chanti;messr pt Podwyssotsky. Proccss;is g'i'ncraux. 10^

HJO

TROUBLES ATROPIIIQUES DE LA NUTRITIOy CELLULAIRE

Nous avons passé en revue les principaux symptômes et les lésions qui s'observent dans le myxœdème. La pathologie expérimentale et comparée a jeté la lumière sur quelcjues-uns des phénomènes qui font suite à la disparition de la glande.

La physiologie du corps thyroïde a été longtemps méconnue. On accordait à cet organe depuis Maignien (1842) vm rôle de régulation sur la circulation cérébrale : les uns voyaient en lui une sorte de réservoir pouvant emmagasiner un trop-plein de sang, d'autres lui reconnaissaient le pouvoir de comprimer les carotides pendant le phénomène de Teffort et d'empêcher ralïlux sanguin au cerveau. Sciiirr, en iSSg, avait bien montré que la thyroïdectomie déterminait la mort chez le chien, mais son observation n'avait pas attiré l'attention. Ce ne fut qu'après la publication des travaux des deux Reverdix et de Kocher que Schii f rappela les recherches qu'il avait faites autrefois et cju'il en entreprit de nouvelles. Il fit voir (1884) que, tandis que les rongeurs supportent assez bien la thyroïdectomie, les carnassiers y succombent le plus souvent. Sur soixante chiens opérés par lui, un seul survécut, bien qu'ayant présenté d'abord les mêmes troubles que les autres. Trois ou quatre jours après l'opération, les animaux devenaient apathiques; bientôt survenaient des tremblements, des convulsions cloniques et tétaniques, et enfin de la dsypnée; la mort apparaissait du sixième au neuvième jour. ScHiFF signala ([ue la mise à nu de la glande et la section des nerfs qui s'y rendent ne déterminaient pas les accidents ; il montra surtout que l'introduction préalable, dans la cavité abdominale, de glandes thyroïdes de la même espèce animale supprimait les dangers de la thyroïdectomie. Il en conclut que la glande élaborait une substance chimique qui, emportée par le torrent circulatoire, jouait un rôle dans la nutrition du système nerveux.

La netteté des expcM'iences de Sciiiff et la logique de ses déductions frappèrent les esprits. De tous côtés, les expériences se multiplièrent. RoGowiTcn, CoLzi, Wagxer, Sanguirico et Caîs'alis, Horsley, Ughetti et Di Mattei, Albektoxi et Tizzom, Gibson, Fuhr, IIerzen, Ewald confirmèrent les observations de Sciiiff sur le chien et le chat, Horsley sur le singe, Rogowitcii sur le lapin, Sanguirico et Orecchia sur l'agneau, Allara sur le poulet, Ewald sur le pigeon. Dans cette nomenclature, les expériences d'HoRSLEY, par leur nombre, leur importance et leur précision, méritent une place à part. Dans ses expériences de thyroïdectomie chez le singe, IIorsley obtint tantôt des phénomènes qui rappelaient entièrement ceux qui coiislitueiil la pliysiononiie du myxœdème opératoire aigu et tantôt Ic^s symptôiiu^s (Ui myxonlèinc spontané chronique.

DÉGÉNÉRESCENCE MUQUEUSE

Dans ce cas, les animaux survivaient plusieurs mois et on trouvait de la mucine dans le tissu cellulaire et même dans le sang-. En faisant connaître ses recherches (i885), Horsley admit que le corps thyroïde possédait une action hématopoétique et, en outre, une influence régulatrice sur le métaholisme des corps protéiques ; il affirma qu'après l'extirpation de la thyroïde les tissus subissaient une dégénérescence mucinoïde.

Les faits expérimentaux ([ui s'accumulaient montraient avec une netteté de plus en plus grande le rôle de la suppression de la glande thyroïde dans l'apparition du myxœclème. Arthaud, Magon , jNIunck, Drobxick ont cependant soulevé des protestations. Ils ont soutenu que les convulsions et la cachexie étaient tl'ordre réflexe et dues à l'irritation des nerfs résultant du processus inflammatoire qui se développe à la suite de l'opération. Les expériences de von Eiselsberg ont mis fin à ces controverses. Ce savant enleva sur des chats un des lol)es de la glande et le greff'a dans la paroi abdominale : quand il supposa que la greffe avait réussi, il extirpa le second lobe et l'animal resta bien portant ; puis, quatre mois après la transplantation, il enleva le lobe greffé. Dès le lendemain, l'animal fut pris de convulsions et mourut le troisième jour.

Cependant, la question du rôle de la glande thyroïde allait prendre encore de l'ampleur avec les travaux de Bourneville. Dans un mémoire (Associât, franc, pour l'avancement des sciences, 1889), cet auteur s'exprimait ainsi, à propos de l'idiotie myxœdémateuse :

« Le fait qui domine la situation c'est l'absence de la glande thyroïde ; (' c'est à lui c|ue nous rattachons non seulement l'idiotie, mais encore les « modifications de la voix, les manifestations scrofuleuses, les déforma- « tions rachitiques, la persistance de la fontanelle antérieure, le na- « nisme, etc. D'où il résulte que la glande thyroïde exercerait une « action très importante sur la nutrition générale et en particulier sur u celle du cerveau, dont les circonvolutions ont un aspect gélatiniforme « rappelant celui du cerveau des nouveau-nés. Le défaut d'action de la i( glande thyroïde se traduit, pour le système osseux, par la persistance « de la fontanelle antérieure, le nanisme et les déformations rachitiques « (rachis, thorax, os des membres). En ce qui concerne la peau et le « tissu cellulo-adipeux, elle se manifeste par des éruptions diverses, une « coloration toute particulière, le relâchement des anneaux ombilicaux « et inguinaux, une diminution de la fonction sudorale, un état de molli lesse spéciale et une hypertrophie du tissu adipeux, surtout dans « certaines régions.

« Le rôle capital que nous faisons jouer à l'absence de la glande

i<)i TROUBLES ATROPII IQCES DE LA MTRITION CELLULAIRE

« thyroïde trouve un appui dans la constatation, à Tautopsie des adultes « atteints de cachexie pachydermique, de lésions sérieuses de la glande « thyroïde et dans l'apparition de tous les symptômes de la cachexie « paciiydermique chez les sujets auxquels on a pratiqué la thyroïdec- (c tomie complète (myxœdème opératoire). Si, dans le niyxœdème des « adultes et le myxœdème opératoire, on n'observe pas de symptômes « physiques et intellectuels aussi accusés que ceux qu'offrent les idiots « myxœdémateux, c'est que la lésion pathologique (cachexie pachyder- « mique des adult(>s) ou l'opération chirurgicale (myxœdème opératoire) « interviennent alors que le corps s'est développé, que les circonvolu- « tions cérébrales ont atteint leur volume normal et leur conlbrmalion « régulière. »

Les observations recueillies depuis celte époque n'ont fait ([ue confirmer la justesse des vues de Bourxeville. La glande tlujvoide agit sur la nulrilion en sécrétant une substance indispensable au bon fonctionnement des centres trophiques \ chez le myxœdémateux, la fatigue est insurmontable, la torpeur intellectuelle grande, le pouls ralenti, la température abaissée, les échanges réduits au mininutm : l'être est comme en sommeil. ()uand cet état survient dans le tout jeune âge, on assiste à l'arrêt de la croissance ; l'idiotie myxœdénuUeuse se développe. Si le myxaHlème apparaît à un âge plus recuh', on obtient ces êtres difformes, à la physionomie bestiale, qui, sous le nom de cr('tins, peuplent certaines vallées des Alpes, ('.es derniers n'oll'reiil pas, comme l'idiot myxœdémateux, une a])sence matérielle du corps thyroïde, mais chez eux l'organe est kystique et a perdu tout attribut fonctionnel.

A un degré moins éloigné de dégradation apparaît l'imbécile, puis l'ari-iéré, enfin l'infantile (Brissaud). Il reste ici assez de tissu glandulaire pour que la fonction trophique générale ne soit pas gravement endommagée, juste assez pour que l'intelligence suffise à certains emplois. Les expériences d'Iloi'MEisTEU que nous avons citées ])lus haut sur la thyroïdectomie des jeunes la[)ins, [)ermettent de se rendre compte de ces arrêts de croissance. Ces observations par la constatation de l'hypertrophie compensatrice de rhypo|)hyse sont encore du plus grand intérêt, l^es ingénieuses expériences de Lan/, méritent une mention particulière. « De deux poules provenant d'une même couvée l'une fut éthyroïdée: elle jîondit un a-uf ayant les dimensions d'un anif de j)igeon et ne pesant que 5 grammes, puis elle devint stérile. L'autre reçut avec sa nourriture d'abord lo grammes, puis jusqu'à .'io grammes de glande thyroïde fraîche: elle pondit trois fois plus que les autres j)oules et ses auifs augmentèrent graduellement de poids, les derniers pesant lo à \->. grammes de plus que les premiers » (Guiart).

DÉGÉMiRESCEhCE MUQUEUSE

Mais comment la glande thyroïde agit-elle à la fois sur la croissance, sur rintelligence et sur la reproduction ? Sans doute par l'effet d'une substance chimique dont l'existence avait déjà été invoquée par Schiff. Quelle est cette substance et quel est son mécanisme d'action ? Agitelle en détruisant une matière toxique qui, après la thyroïdectomie ou l'atrophie spontanée de l'organe, s'accumule dans r(jrganisme et exerce une action nocive sur le système nerveux (Schiff, IIogowitch, Hoits- LEY, etc.)? ou bien fournit-elle, elle-même, la matière indispensable au fonctionnement régulier des mêmes centi-es troplii(|ues ? Ces deux hypothèses ne sont pas inconciliables.

Pour démontrer que la sécrétion du corps thyroïde détruit, à l'état normal, un principe toxique qui se trouve dans le sang et dont l'accumulation produit le myxœdème, on a étudié tour à tour, après l'extirpation de la glande, la toxicité des tissus, du sang et de l'urine. Les extraits des tissus ont été analysés par Sgobbo et Lamari et ne se sont pas montrés particulièrejuent toxiques. Uguetti et di ^Iattei, Rogowitch reconnurent que l'injection du sang tl'uu chien thyroïdectomisé ne produit rien chez un chien normal, mais amène un tremblement continuel, suivi des autres accidents, chez un animal dont on vient d'extirper la glande thyroïde. Gley vit que le sang, après la thyroïdectomie, possède la propriété de produire des contractions fibrillaires. Les expériences de Laulaîs'IÉ, de ^Lvsoin montrèrent aussi que l'urine des chiens opérés était plus toxique qu'à l'état normal. Restait à préciser la nature du poison. En i88j, Horsley avait émis l'idée, adoptée par von Eiselsbehg, que cette substance était la mucine. Plus tard, on invoqua l'influence d'autres corps toxiques ; le problème n'est pas encore résolu à l'heure actuelle.

On n'avait jusque-là étudié qu'un côté de la question : l'empoisonnement du corps résultant du défaut d'action du corps thyroïde. Il fallait se demander si ce suc thyroïdien, qui jouait un rôle de contrepoison, n'était pas lui-même, à une dose minime, toxique pour les organismes bien portants. Chaxtemesse et René ]\L\rie ont fait voir les premiers que ce suc thyroïdien, inoculé à des animaux sains et à l'homme, provoquait à une certaine dose l'apparition de phénomènes graves. Un mouton jeune et vigoureux était soumis à des injections de suc thyroïdien : à faibles doses, ces injections étaient bien tolérées ; à dose forte, elles déterminaient chez l'animal une agitation vive, l'accélération du pouls, l'augmentation de la température, un amaigrissement notable et une excitation qui le faisait se jeter avec violence sur les personnes qui s'approchaient de lui et sur les parois de sa cage. La suspension du traitement amenait un retour complet et rapide à la santé ; sa reprise faisait

CiiANTEMiissE ct PoDWYSsoTSKY. Pl'Occssus giméraux. 1 I

TROC BLES ATHOl'IIiqUES DE LA NUTRITION CELLULAIRE

recommencer le cycle des accidents. L'étude expérimentale de la toxicité du suc thyroïdien a été faite par BECLÈnE qui, ajoutant à la nourriture d'un singe macaque des glandes fraîches de moutons récemment égorgés, le lit mourir en dix jours. Les recherches de Ballet et Enriquez sur le chien les ont conduits aux mêmes conclusions. Nous reviendrons plus loin sur ces oxpcM icnces , à propos de la pathogénie du goitre

exophtalmique.

Pour connaître la nature du poison dont Taccumulation dans l'organisme provoque le myxœdènie , des travaux récents ont été entrepris. Au début de Tannée 1890, Notkin réussit à retirer de la glande thyroïde du bœuf, du mouton, du cochon, du chien, une suljstance albuminoïde, la thijroprotèide ^ dont l'inoculation aux animaux fait apparaître les symptômes de la cachexie strumiprive.

D'après Notkin, cette thyroprotéide, qui représente la plus grande partie de la su])stance dite colloïde, se- F,c. iio. rait non pas un résultat de

Goitre exophtaiinlqno (Coll. A. Londe). sécrétiou de la glande, mais

un produit d'emmagasinement d'une substance circulant dans l'organisme à l'état normal et représentant un déclu't des échanges organiques.

Le vérita])le produit de sécrétion de la glande renfermerait un ferment (enzyme) : à l'état normal, ce poison organi<pie serait détruit par le ferment; après la suppression de la fonction thyroïdienne, le poison s'accunuderait dans l'organisme et prothiirait les accichMils de la cachexie strumiprive. L'en/yme en excès donnerait naissance à hi maladie de Basedow.

Dans un travail récent, Morkotoune dit avoir retiré de la glande thyroïde un corps albumineux phoftpliorè^ qui correspondrait à la thyronuch'o-albumine de [Iammarsten. D'aj)rès cet autcui-, le corps thyroïde recueillerait la nuu'iue contenue dans le sang et la Iransformei-ait, par

DÉGÉSÉRESCENCE MUQUEUSE

une sorte de synthèse, en thyro-niicléo-albiunine , laquelle, déversée ensuite dans l'appareil circulatoire, irait servir à la nutrition de la substance grise du cerveau. En opérant avec une méthode ditïérente, Frankel a retiré de la glande thyroïde, indépendamment des malières albumineiises qu'il éliminait par précipitation et par filtralion, un |)roduit cristallin donnant les réactions alcah/idicpu-s. L'injcclion de ce produit provoque l'accélération du pouls et l'ait disparaître les convulsions chez les animaux thyroïdectomisés, sans toutefois les empêcher de mourir. Là encore, dans ces expériences, on voit apparaître la dualité, ou mieux la nudtiplicité des substances extraites de la glande ihyroïde : à côté de corps albumineux et phosphores exerçant un rôle dans la nutrition (thyro-nucléo-albumine ) , on distingue l'action concomitante d'une substance agissant comme un élément antitoxique (enzyme de Notkin, thyroantitoxine de Frankel). — Bâumaînn a poussé plus loin cette étude. Traitant les glandes fraîches par l'acide sulfurique, à ébidlition prolongée, il a o])tenu une poudre brune, soluble seulement dans les alcalis, et dont la teneur en iode est de lo p. loo : c'est l'iodothyrine.

Pour Baumânn et Roos, l'iodothyrine est combinée à une matière albuminoïde et c'est à peine si l'on en rio. i,,.

trouve quelques traces à l'état libre. Goitre exophtalmique (Coll. A. Londe). Parmi ses combinaisons albuminoïdes,

deux surtout sont bien connues: la thyro-iodaibniniiie et la thyro-iodoglohulitie, celle-ci en faible proportion. Baumann et Roos ont tenté le dosage de la quantité d'iode renfermée dans le tissu thyroïdien chez divers animaux ; leurs conclusions signalent des variations suivant les espèces, les individus, la race, et même suivant le régime alimentaire et médicamenteux. Pour Baumann, l'iode manque dans le corps thyroïde des goitreux, et, dans les cas rares oii il s'y rencontre, on ne peut en extraire qu'une quantité infinitésimale. Si l'on prescrit la médication iodurée, le métalloïde fait son apparition ou augmente de quantité dans toute l'étendue de la glande. Ainsi se trouve fondée une des théories pathogéniques du goitre et son traitement par l'iode.

iqO troubles ATROPIllQUES DE LA MTRITIOy CELLILAIRE

Ce n'est plus à la chimie pure, mais aux réaclioiis cellulaires hislochiiniques, que Rénaux (de Lyon) a demandé des éclaircissements au sujet des propriétés des sécrétions thyroïdiennes. Par la coloration à l'éosine héinatoxy]i(pie ce savant a constaté (pie l'épithélium thyroïdien sécrète, lorsqu'il est jeune, une sii])slance parlicuh'éi"e, la thyi'O-miicoïne, qui ne se colore pas ])ai' Téosine, tandis qu'à l'âge atlulte, il en i'ournit une autre, la thyro-colloïne, répondant comme constitution liisto-chimique à la suhstance colloïde. C'est la thyro-mucoïne qui serait le produit direct de l'activité sécrétoire de la glande. La thyro-colloïne ne constituerait que le résultat de réactions secondaires ayant lieu dans la cavité de chaque vésicule ; elle répondrait à l'état de maturité de la sécrétion thyroïdienne.

La thyro-mucoïiie, d'après le professeur lyonnais, rej)résente le vrai ])oison thyroïdien, celui qui, labriqué ou absorbé en trop grande quantité, provoque le goitre exophtalmique. En effet, chez les Basedowiens, d'après Rkx.vut, les lymphatiques n'existent (pi'à la j)ériphérie du lobule; or, comme ceux-ci sont les excréteurs normaux de la thyi'o-colloïne, il en l'ésulte que les vésicules péi'iphériques seules produisent cette substance, tandis que les vésicules centrales ne Ibui-nissent que de la thyro-mucoïne, laquelle, entraînée directement j)ar les veines, va intoxiquer les centres nerveux. D'après la théorie de Rexaut, Brissaud donne du goitre exophtalmique une explication pathogénique. De inème que la l'onction glycogénique du l'oie, la l'onction de la glande thyroïde est sous la régulation d'un centre nerveux (bulbo-protubérantiel). Le signal de rhyperl'onction glandulaire est donné par le système nerveux central. Un primum moyens quelconque, mettant le corps thyroïde en hyperaclivité, l'ail apparaître dans la glande un mouvement subinllammatoire, d'oii sortira uu i-elour à l'état l'œtal des éléments sécréteurs, un effacement des lymj)athiques par la sclérose et une élimination dans le sang d'un |)roduit de sécrétion l'œtal, toxique pour le système nerveux et ciX'ateur du syiulrome de (jIiaves. — Reprenant les expériences que l'un de nous et Rexé Maiue avaient faites sur le mouton, Ballet et ExRiQUEZ ont prali(pié, chez le chien, des injections sous-cutanées d'extrait thyioïdien. Ils oui pu l'aire apparaiti'e les i)rincipaux symptômes de la maladie de (Ihaves, le goitre, l'exophtalmie , le trendîlenuMil. Chez les animaux soumis aux injections ils ont (M)nstalé que les lobes thyioïdiens devenaient plus volumineux, plus vascularisés, (]u'ils subissaient une certaine transformation scléreuse et que les voies lymphatiques étaient moins perméables. Or ce sont Là })récisémenl les basions décrites par Renaut dans la glande thyroïde des Basetlowiens.

DÉGÉNÉRESCENCE MUQUEUSE

Innervation du corps tln/roïcle. — La glande thyroïde a une innervation ti'ès riche qui lui vient de deux sources : le paeumo-gaslrique, qui fournit le nerf ihyi'oïdien supérieur et le nerf thyroïdien inférieur (ce dernier par l interniédiaire du récurrent) — et le grand sympathique, dont les filets thyroïdiens accompagnent les artères thyroïdiennes, supérieure et inférieui'e. La sécrétion thyroïdienne, comme toutes les sécrétions glandulaires, est influencée par le système nerveux; et il y aurait grand intérêt à déterminer de quelle façon s'exerce cette influence. Il est malheureusement inqiossible d'étudier directement les modifications sécr(''toires provoquées par les excitations nerveuses dans une glande dépourvue de canal excréteur. On pourrait, il est vrai, l'echei'cher les modifications histologi(pies de la glande à la suite de telle ou telle excitation, en prenant soin de fixer les éléments de façon à les surpendre, en quelque sorte, en pleine activité- sécrétoire. INLiis ces « signes hislologi<|ues de l'activité cellulaii'e » (RiixAur) ont-ils une valeur assez certaine pour que nous puissions en tirer des conclusions au point de vue physiologique; il est permis d'en douter.

Si l'on n'a pu jusqu'ici aborder directement l'étude des nerfs excito-sécrétoires de la thyroïde, l'expérimentation a permis de déterminer le rôle du système nerveux dans les changements de calibre des vaisseaux de la glande (Cyon, Mohat, F. Franck). Or nous savons que, dans tout organe qui entre en fonction, le sang afflue plus abondamment, autrement dit cjue tout effet excilo-sécrétoire est en même temps vaso-dilatateur. II est donc logique de penser que, inversement, toute excitation produisant la vaso-dilatalion dans une glande aura pour effet d en exciter la sécrétion.

Si l'on interroge, au point de vue des réactions vasculaires, tour à toui' les nerfs qui se rendent à la thyroïde, voici les résultats que l'on obtient, d après F. Franck.

i" L'excitation du grand sympalhi<pie, depuis la (1* [laire doi'sale jusqu'au ganglidu cervical siqiérieur, produit toujours la ^'aso-co/isiriciion dans le h)be thyroïdien du côté correspondant;

1° L'excitation du nerf laryngé supérieur produit coiislanuuciil une vasodilatation très nette et très niarc[uée, (pii survit longtemps à l'excitation provocatrice.

Si les nerfs excito-sécrétoires se confondent avec les nerfs vaso-dilatateurs, comme il est permis de le penser, c'est dans le nerf lari///gv supérieur [pneumogniitique) qu'il faut les localiseï*.

D'autres excitations expéi'imentales pernieltenl aussi de produire un(^ vaso-dila(ation active dans le corps thyroïde: celles du cerveau, du cœur et surtout de faorte. Ces résultats offrent un intérêt tout particulier, car ils nous amènent à comprendre certains faits jDathologiques. Ainsi, l'excitation du gyrus sigmoïde, chez le chien, a pour conséquence une vaso-dilatalion des plus actives du corps thyroïde : il semble rpi'il y ait là une action vraiment élective de l'excitation céréljrale sur la glande. N'est-il pas intéressant de rappeler, à ce propos, que le syndrome basedowien peut se constituer d'emblée chez l'honnne, à la suite de grands chocs nerveux? L'irritation des plexus aorliques, principalement vers la Ijase du cœur, est suivie du même effet vaso-dilatateur prolongé, et la clini(pie a montré la coexistence fréquente de l'aortite et du syndrome cle Basedow.

Le trajet suivi par ces excitations éloignées nous est connu : elles mettent en jeu la sensibilité du synqiathique dans le sens centrifuge et arrivent à l'organe ihyi'oïdien

igS TROUBLES ATROPHIQUES DE LA NUTRITION CELLULAIRE

par le pneumogastrique et le laryngé supérieur. Quand le chirurgien sectionne le symjiathique dans un but thérapeutique, il ne supprime nullement les vaso-dilatateurs thyroïdiens, comme on l'a dit, puisque le nerf est exclusivement constricteur; mais, pour expliquer certains succès obtenus par la sympathectomie dans le goitre exophtalmiriue, on peut admettre que la section arrête la transmission des irritations pathologiques ayant leur point de départ dans la région cardio-aortique, et refrène ainsi l'excitalion thyroïdienne permanente.

Nous avons vil précédeitinient ({irà la suite tle rextirpatioii des glandes tliyroïdes chez de jeunes lapins, Hofmeister avait constaté rhypei'trophie compensatrice de l'hypophyse. Il est d'autres organes auxquels on a voulu faire jouer un rôle de suppléance possilile de la grande glande thyroïde et qu'on a gratifiés du nom de glandes thyroïdes accessoires. Leur présence a d'aliord été signalée par Remak chez le poulet. Une description très complète en a été donnée, en 1880, par un anatomiste suédois, Saa'dstrôm. Celui-ci les a décrites chez l'homme (cinq cas), chez le chat, chez le chien, le cheval, le bœuf, le lapin. L'exactitude de sa description fut vérifiée par Krauss (anatomie du lapin) et plus tard par Gley chez le lapin, par Nicolas, Hofmeister, Kohn, Rouxeau, par Rejné jNIarie et l'un de nous chez l'homme. Sa^dstrôm avait eu la prudence de ne rien préjuger de leur action et de les nommer glandes parathyroïdes.

Chez l'homme, d'après nos recherches personnelles, ces dernières glandes forment, au niveau du bord postérieur de chaque lobe, deux groupes accompagnant chacun une des artères thyroïdiennes. Le groupe supérieur est le plus inconstant. Ces glandes sont situées très près du corps thyroïde, dans sa capsule ou dans le tissu cellulo-adipeux environnant. Leur couleur se rapproche Ijeaucoup de celle de la glande principale et elles sont réunies à une des branches des vaisseaux thyroïdiens j)ar un petit pédicule vasciilaire. Leur grosseur varie du volume d'un grain de blé à celui d'une lentille. Leur structure histologicpie les rapproche des glandes thyroïdes embryonnaires. Ce sont des tubes pleins : en de très rares points seulement l'on voit quelques vésicules se former et se remplir de matière colloïde.

Chez le rat (Ciiristiani), chez le chien (Glev, Phisalix), elles sont enchâssées dans la glande thyroïde, mais cependanL leur fusion avec elle est loin d'èire complète.

L'existence de ces glandules étant connue depuis longtemps, on a pensé que c'était à elles qu'on devait attribuer l'absence ou la guéi ison des accidents de cachexie pachydermique, après la thyroïdectomie totale. A cette explication s'était rallaché 'riiiiuERdE (1891). Cejiendanl, le lôle de ces organes, envisagé au point de vue de la suppléance qu'ils exer-

DÉGÉNÉRESCENCE MUQUEUSE

cent à l'égard des fonctions de la glande thyroïde, a été surtout exj)osé par Gley. Ce savant enlève le corps thyroïde à des lapins : les animaux survivent ; il extirpe, en même temps ou peu après, les glandes thyroïdes accessoires (glandes parathyroïdes), et les animaux succom])ent. Donc, conclut-il, les glandes thyroïdes accessoires suppléent l'action de la glande principale. A ces expériences et à ces conclusions Moussu est venu opposer récemment des laits et des conclusions contraires. Dans une longue série d'expériences faites sur les porcs, les chèvres, les chiens, les chats, les lapins et les gallinacés, Moussu a extii-pé le corps thyroïde de ces animaux, en laissant intactes les glandes parathyroïdes (en laissant deux glandules tout au moins intactes). A la suite de ces opérations il s'est toujours produit des trouhles trophiques (retard de croissance, crétinisme), d'autant plus développés que le sujet était ])lus jeune au moment de l'intervention. Chez le chien et le cochon, le crétinisme s'est montré sous la forme myxœdémateuse, tandis qu'il révélait la forme atrophique chez les chevreaux, les chats, les lapins, les oiseaux. Dans une autre série d'expériences faites sur le chien et le chat, JMoussu n'a enlevé que les glandes parathyroïdes, en laissant intactes les thyroïdes. La suppression des parathyroïdes, lorsqu'elle était totale, a toujours entraîné la mort à lîref délai; lorsqu'elle était partielle, elle provoquait l'apparition de troubles alarmants : appétit capricieux, élévation légère et permanente de la température, tachycardie, dyspnée et polypnée, crampes, secousses fibrillaires, albuminurie légère et inconstante, etc., c'est-à-dire la venue de symptômes qui se rapprochent beaucoup de ceux du goitre exophtalmique. ^loussu conclut qu'il existe une fonction thyroïdienne et une fonction parathyi'oïdienne distinctes l'une de l'autre; qu'ils n'y a pas de suppléance entre elles; que les accidents aigus, tétanie, tachycardie, polypnée, etc., consécutifs à l'opération du goitre, sont des accidents parathyroïdiens ; que les accidents chroniques, abaissement thermique, troubles de croissance, affaiblissement des facultés intellectuelles, myxœdènie, etc., sont des a(>cidents exclusivement thyroïdiens.

Brissaud a tenté le premier de dégager dans la clinique humaine des types qui correspondraient aux lésions isolées de la thyroïde et des parathyroïdes. Les hypothèses qu'il conçoit sont conformes à l'esprit des expériences de Moussu, mais non pas tout cà fait à la lettre. Brissaud, ayant observé des cas frustes de myxœdème où toutes les apparences morphologiques de cette maladie existaient, sans qu'il y eût le moins du monde torpeur de l'intelligence et de la mémoire, sans que « la lame fût assortie au fourreau », émit l'hypothèse que, chez ces malades, les j)arathyroïdes étaient restées intactes, tandis que le corps de la glande princi-

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pale, comme la palpation permettait de le reconnaître, s'était atrophié. Pour cet auteur, on le voit, les troubles psychiques seraient sous la dépendance d'une lésion des parathyroïdes, tandis que le grand niyxœdème spontané ou opératoire serait basé sur la suppression fonctionnelle ou matérielle plus ou moins complète des deux espèces de glandes.

Gley n'accepte pas la différence radicale établie par INIoussu entre les fonctions thyroïdiennes et parathyroïdiennes. Ayant constaté, dans les parathyroïdes comme dans les thyroïdes, la substance iodée de Bau- MAAX, il maintient qu'il existe une association fonctionnelle entre la glande et les glandules, ces dernières préparant le produit de sécrétion qui se déposerait ensuite dans les glandes pour être utilisé selon les besoins de l'organisme. Cette hypothèse s'éloigne de l'idée de suppléance possible des deux appareils, pour se rapprocher de l'idée de synergie fonctionnelle établie entre eux.

L'expérience de Schiff ( 1884), montrant que la greffe thyroïdienne empêchait les accidents immédiatement consécutifs à l'opération, contenait en germe toutes les découvertes thérapeutiques qui ont si heureusement modifié l'évolution du myxœdème et d'autres états pathologiques. Lannelongue tenta la première greffe sur l'homme; Birchkr, Kocheu, Beïtancouht et Serbaxo, Merklen et Walther l'imitèrent et obtinrent des résultats encourageants. En 1890, Vassale établit que les injections intraveineuses de suc thyroïdien pratiquées aux chiens thyroïdectomisés prévenaient ou faisaient cesser les manifestations convulsives ; l'année suivante, MuRRAY utilisa cette méthode, en injection sous-cutanée, pour le traitement du myx(Edème par le suc thyroïdien; une année plus tard encore, IIorwitz recommanda l'ingestion de lobes de la glande, méthode thérapeutique qui allait donner des résultats surprenants.

Situés obliquement sur le cartilage thyroïde du mouton, ou trouve deux corps allongés, du volume et de la foi'ine d'une grosse amande, rouges comme la chair musculaire, et que les bouchers nomment ror/icts. Ces corps sont ordinairement coupés à l'union de leurs deux tiers postérieurs et du tiers antérieur par le couteau qui sectionne le cou; ils constituent le corps thyroïde du mouton. Pour le traitement du myxa-dème, après s'être assuré de la natiu^e et de la (raîcheur du corps thyroïde de mouton, on donne au malade, dans du l)()uillon ou dans un cachet, un lobe chaque jour, pendant trois ou quatre jours, en surveillant l'apparition des phénomènes d'intoxication (c(''phalalgie, agitation, palpitations), puis un loi)e tous les deux jours, ensuite tous les quatre jours. L'ingestion de glandes en nature est toujours préférable aux jiréparations des diverses sul)slances dessécliées. Chez les myxœdémateux ainsi traités, dès le second jour la température centrale s'élève, la polyurie s'établit, l'infiltration des téguments se résorbe. En quelques semaines, la métamorphose est complète : les ongles et les poils ont repoussé ; le gonflement des téguments a disparu; l'intelligence est sortie de sa torpeur; l'amaigrissement a fait de notables progrès.

Cet amaigrissement a tellement frappé les observateurs que, dès i8y1, LEicirrEX- STERN et AN'jiXDELSïADï Utilisaient la médication thyroïdienne pour la cure de l'obésité simple et obtenaient des résultais favorabh^s, au moins momcnlaui'ment , qui ont

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