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CHAPITRE VII

• TROUBLES ATROPIIIQUES DE LA NUTRITION CELLULAIRE (Suite) DÉGÉNÉRESCENCE PIGMENTAIRE

Dans la grande majorité des cas, les pigmentations physiologique et pathologique des cellules sont dues aux transformations du pigment des glohules rouges du sang arrivé dans la cellule, transformations qui s'exécutent sous l'inlluence de l'activité vitale du protoplasme. Plus rarement, la formation des granules jjigmentaires se fait aux dépens de la molécule d'alhumine, sans aucune participation du pigment sanguin ou de ses dérivés. Le premier mode mérite la dénomination de pii^menlalion lièinatoiiène et le second celle de ])igincntation autochtone ou alùii/iii/ioi^ène. A mesui'e que l'histologie line de la formation des pigments devient mieux connue, le groupe des pigmentations autochtones diminue au profit des pigmentations hématogénes, car on arrive à démontrer l'origine hématique de pigments qu'on considérait autrefois comme des exemples typiques de granidations nées sur place. Ce serait cependant commettre une erreur que de nier la possihilité de la formation i/i situ du pigment, aux dépens du protoplasme cellulaire, en dehors de toute participation de l'hémoglobine du sang.

Cette hémoglobine elle-même, qu'est-elle, sinon le produit synthétique du protoplasme vivant, formé aux dépens de l albumine et du lér ? La liitèiiie et les diverses variétés de lipovhromc que l'on trouve dans le jaune d'œuf, dans diverses plantes, dans les graisses, sont également des produits synthétiques ; de même aussi les pigments de diverses couleurs (punicine, pelagéine, etc.) que l'on rencontre chez des mollusques et des êtres inférieurs dépourvus de matière colorante sanguine. Enfin, chez les embryons des oiseaux, le pigment apparaît fréquemment dans l'œil avant que les vaisseaux n'y arrivent ; dans la peau et la queue du têtard, les cellules pigmentaires se développent avant l'apparition de la circulation sanguine. Les recherches récentes de Schmiedeberc; (1897) sur la chimie des pigments foncés, ou mélanines, nous permettent de nous rendre compte, au moins approximativement, du processus de formation de la mélanine aux dépens de l'albumine.

Chantrmesse et PoDWYssoTSKY. Proccssus gonoraux. 14*

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Les modes de pigmentations pathologiques ont leurs représentants dans les phénomènes de la vie normale. La faculté de contenir des granulations pigmentaires, que possèdent certaines pai'ties de l'organisme, est développée chez tous les représentants du règne animal, mais surtout chez les vertébrés inférieurs. On ol^serve, chez eux, des pigments de toutes les couleurs : rouge, bleu, vert, etc. ; tandis que, chez les mammifères et chez Thomme, on ne rencontre que les nuances du jaune au Ijrun foncé ou au noir.

Les lipochromes, ou pigments clairs, se décolorent progressivement à la lumière ; ils sont solubles dans l'éther, Falcool, le chloroforme, la benzine, les matières grasses (solutions jaunes), dans le sulfure de carbone (solutions rouges).

Les a{ùdes minéraux forts font virer le ton vers le bleu ou le vert.

Le pigment que Ton trouve dans certaines graisses, dans les capsules surrénales, dans les corps jaunes, peut-èlre dans le sérum sanguin (HoppE Seyler), appartient à la famille des li[)Ochromes. Un caractère essentiel de ces pigments est leur dicroïsme habituel : sous certaines influences, la couleur passe du jaune au bleu, ou du bleu au rouge, par l'effet de la chaleur (écrevisse, homard, etc.).

La classe des pigments foncés est au contraire remarquable par son caractère d'inaltérabilité. L'analyse spectrale ne peut donner aucun renseignement, pas plus que la constatation de la présence du fer, cà laquelle on a voulu, à tort, attribuer un caractère générique.

Le pigment cutané et oculaire de l'homme et d'un grand nombre d'animaux est la mélanine^ qui produit, suivant sa dose d'accumulation, plusieurs colorations (roux, châtain, brun, noir).

Les granulations pigmentaires sont, pour la plupart, contenues dans l'intérieur des cellules, et ce n'est qu'exceptionnellement qu'on les rencontre dans les espaces intercellulaires. Chez les êtres infél'ieurs, la pi-ofusion de pigment empêche d'apercevoir les rapports c[ue les graïudations afl^ectent avec les diverses variétés de cellules ; il n'en est pas de même chez les vertébrés supérieurs et surtout chez l'homme. On trouve sans doute des grains de pigment dans certaines cellules connectives, mais en ces points les granulations sont modifiées, élaborées par l'activité cellulaire, tandis que, dans les cellules épilhéliales et leurs dérivés (cheveux, ongles, plumes), de même que dans les cellules nerveuses, le pigment se dépose et se conserve à |)eu près sans altération.

Chez l'hoiumt^ habitant les cbmats tempérés, on ne trouve qu'une très petite (|uaiitil(" de pigment dans la peau et dans les viscères (reins,

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myocarde, capsules surrénales, testicules, etc.). Dans les organes, sa quantité varie suivant l'âge des individus. Dans les testicules et leurs annexes, les vésicules séminales, dans les capsules surrénales, le pigment ne fait son apparition que vers l'âge de vingt ans ; dans le myocarde, on ne le trouve que chez les sujets ayant dépassé dix ans, et sa proportion s'accroît progressivement avec l'âge du sujet (Maas). Le pigment s'accumule, en quantité appréciable à l'œil nu, dans la peau de l'aréole du mamelon, dans celle des organes génitaux externes, dans celle du creux de l'aisselle, et en général dans les régions où le tégument est coloré. On le rencontre aussi dans les cheveux, la choroïde, la rétine, les plexus choroïdes, l'iris, et enfin dans toutes les cellules nerveuses. Ici la dose de pigment est en rapport étroit et presque en proportion directe avec l'âge du sujet. Dans les régions normalement pigmentées, on trouve toujours phis de pigment chez les bruns que chez les blonds.

Dans les j-aces de couleur, le pigment se rencontre en abondance dans toute l'étendue du tégument cutané. Il siège dans l'épithélium de la couche de ]Malpiglii et dans le tissu connectif sous-jacent, autour des vaisseaux de la peau, comme chez les amphibies. L'un de nous a pu constater, à l'autopsie d'un nègre, la pigmentation des viscères. Cette pigmentation viscérale (cœur, foie, rate, mésentère, ganglions lymphatiques, poumons, séreuses, méninges, utérus, etc.) s'observe parfois chez les bètes à cornes, les brelîis, les porcs, etc. Bollingek, Bonnet, etc., ont fait une description anatomique minutieuse de ces pigmentations. Le lieu d'élection du pigment est l'adventice et la périphérie des vaisseaux sanguins.

La majeure partie des pigments de l'économie tire son origine de l'hémoglobine mise en liberté par la destruction des globules rouges. Celle-ci se transforme pour une part en pigment biliaire (bilirubine) et urinaire (urobiline) et est éliminée sous cette forme, de sorte que la dose de ces pigments peut jusqu'à un -certain point servir de mesure à la quantité d'hémoglobine détruite. L'autre partie de la matière colorante du sang reste dans l'économie. Emmagasinée dans la rate et la moelle osseuse, elle sert à la formation de nouvelles hématies, ou bien elle quitte le torrent circulatoire et subit diverses métamorphoses, sous l'influence de l'activité vitale des cellules conjonctives. Elle est charriée, sous la forme de divers pigments granuleux, par les cellules migratrices ou simplement par les sucs de l'organisme, vers les cellules de l'ectoderme et surtout vers l'épithélium de revêtement, les cheveux, etc., où elle se dépose pour longtemps. Les hématies mortes sont souvent englobées par des leucocytes (érythrophages) et transportées au foie,

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à la rate, oii leurs débris se retrouvent dans les cellules de Fendotliélium et de la pulpe splénique et y subissent des transformations ultérieures. Dans tous ces cas, le pigment est un déchet, un produit excrèluentitiel de l'économie. Lorsque la mort des hématies a lieu dans les conditions normales, la quantité de pigment déposé dans les cellules de Tectoderme est minime. Elle peut cependant présenter de grandes oscillations, atteignant ici un degré très élevé et se traduisant par l'apparition d'une couleur entièrement noire de la peau et des cheveux (c'est ce qu'on désigne sous le nom de nii^riiic), ou bien, au contraire, tombant au-dessous du niveau normal (c'est ce qui constitue V albinisme ou le i>ifiligo]. Ces oscillations de la quantité de pigment élaboré aux dépens du sang tiennent à une foule de conditions, parmi lesquelles l'hérédité, le climat et l'intensité des rayons solaires d'une pai't, l'ai^c, la race, les différences indii'idtielles et re.rcita l/ilité du sj/stème nen'eu.v, d'autre part, occupent la première place.

Le pigment de l'homme normal possède un degré marqué d'inaltérabilité ; il n'offre, traité par le ferrocyanure de potassium ou le sulfhydrate d'ammoniaque, aucune des réactions des sels de fer. Parmi les pigments prenant naissance au cours d'états pathologif|ues, il en est qui, par leurs caractères, se rapprochent ])eaucoup tie celui qu'on trouve chez les gens bien portants : tel le pigment des tumeurs mélaniques ou celui de la maladie d'Addison. 11 est d'autres pigments pathologiques qui paraissent en diiïérer profondément, parce qu'ils donnent les réactions du fer; mais les travaux récents ont bien montré qu'on ne pouvait trouver dans cette réaction chimique un moyen de dilïérenciation profonde, et que la présence ou l'absence des réactions apparentes du fer dépendaient simplement du stade d'évolution du pigment, h'hén/osidérine est un pigment ferrugineux ; la nudanine est ce même pigment dépourvu de fer. B. Schmiut, introchiisant dans le sac lymphatique de la grenouille des fragments de moelle de sureau imbibés du sang du nu>me animal, a vu que les globules rouges se transformaient en pigment ferreux, lequel, à un moment donné, perdait tout le fer qu'il renfermait. P. Carxot, étudiant dans le tube digestif de la sangsue la transformation du globule l'ouge en graluiles pigmentai res, a constaté que, pendant la [)iemière péi-iode de la digestion, la plupart des granules traités par le ferrocyanure de potassium et l'acide chlorhydrique donnaient la réaction ferrique du bleu de Prusse, tandis que la recher(die i'aite à une période plus tardive ne laissait plus reconnaître dans les grains pigmentaires la présence^ du ici-.

Parmi les pigments ])athologiques de l'homme, |)lusieui's méritent d'être signalés. Chez les paludéens, à côté d'un pigment noir se montre

DÉGÉNÉRESCENCE PIGMENTAIRE

un pigment ocre, qui présente, comme un certain nombre de pigments d'origine manilestement sanguine, les réactions des sels de fer et une insolubilité complète dans la potasse. On trouve ce môme pigment ocre dans une série d'affections toutes caractérisées par une cachexie pigmentaire. Auscher et Lapicque ont établi que ce dernier pigment était un hydrate ferrique Fe-0% 2H-O, bien que ses réactions ne permettent pas de l'identifier avec le sesquioxyde de fer chimiquement pur. Par exemple, le pigment ocre du diabète bronzé, traité par le sulfhydrate d'ammo-

Fig. 128. — Foie dans un cas de diabète bronzé. Infarcissemont des cellules bépatiques el des travées de sclérose par du pigment ocre (Gross. i5o diani. Colorât, éosine et bématoxyline),

niaque, au lieu de donner immédiatement la réaction noire du sulfure de fer, demande pour la réaliser 20 à 3o minutes; traité par les acides, ce pigment ocre, au lieu de se dissoudre, se précipite. Il est probable que, dans les organes, il est associé à une masse de matière organique qui en masque et retarde les réactions.

Quelle que soit son origine (mélanine, pigment hématique du foie des paludéens, pigment ocre du diabète bronzé), le pigment se présente dans la grande majorité des cas sous la forme d'une granulation ronde —

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les iKitoiinets allongés et effilés du pigment rétinien font seuls exception. — Les dimensions des granules sont variables, ainsi que la coloration, en ce sens qu'on peut voir, côte à côte, des granulations qui paraissent claires, d'autres qui sont foncées et même noires. Cette constatation a fait émettre à P. Garnot l'hypothèse que le granule pigmentaire était constitué par une sul^stance fondamentale de nature inconnue, et par une matière colorante dissoute dans la première, ou combinée et surajoutée en proportions variables. Ce corps organisé est-il vivant? Etudiés par le procédé de la goutte pendante, ces granules jouissent d'une mobilité extrême que fait cesser l'addition de chloroforme. On pourrait déduire de cette constatation qu'ils sont vivants; mais le passage à l'autoclave à I^(o" laisse subsister cetle mo])ilité : elle doit donc être rattachée à la classe des mouvements Jjrowniens.

Le granule pigmentaire, qui offre une résistance si marquée aux

Fig'. 129. — Coupe de la peau d un Addisonien. Mélanocytes chargés de pigment, nioltant en oommunication les cellules opidermiques avec le contenu d'une veinule.

agents chimiques les plus énergiques (le chlore, l'acide sulfurique, l'eau oxygénée en viennent difficilement à bout), est rapidement détruit par certaines cellules (leucocytes, cellules du tissu conjonctif), par le fait d'un acte de digestion intracellulaire.

Pour expliquer l'apparilion <bi pigment dans l'épiderme et dans le derme, deux théories se sont fait jour, l'une qui admet le transport des granules au revêtement cutané par des cellules migratrices (nu^lanophores), l'autre qui reconnaît au pigment une origine autochtone dans l'épiderme et dans le derme. Il est certain que parfois le premier mode de genèse s'exerce, mais le second procédé entre en ligne de compte d'une manière certaine, comme il ressort des expériences récentes de P. Carnot.

DEGENERESCENCE PIGMEN TAIRE

La difficulté qu'ont rencontrée les auteurs à prendre parti en faveur de l'une ou l'autre théorie s'explique par l'existence de certaines constatations anatomiques. A côté des cellules épidermiques pigmentées, on voit, en effet, des figures pigmentées étoilées, rameuses, signalées depuis longtemps, qui semblent être des cellules conjonctives envoyant des prolongements intercellulaires dans l'épiderme. Les uns ont considéré que ces cellules apportaient du pigment, les autres qu'elles servaient à sa résorption. La première opiuion avait été émise par Rieiil et en même temps par Aeby (1884 -i885); elle l'ut adoptée par Quiacke, Karg, Ehrmaxn, Mackexrodt, Nothnagel, Kahldex, R. Krause,V. Affa- NASsiEFF, Boi^NET. On appela mélanocytes ou chromatophores les cellules qui transportaient et transformaient en partie le pigment sanguin, pour le livrer, par leurs prolongements protoplasmiques, aux cellules épithéliales. Ces mélanocytes se voient principalement autour des vaisseaux (capillaires et fines veinules).

Leur présence est facile à constater chez les amphibies ; elle apparaît aussi très nettement dans la peau du nègre (fig. i3o), ou encore, chez l'homme blanc, clans les régions c[ui portent des éphélides ou d'autres taches pigmentaires, et enfin dans les pigmentations pathologiques qui se développent sur le terrain des stases veineuses.

Il est cependant des formations de pigment indépendantes qui apparaissent d'une manière autochtone dans l'épiderme et clans le derme. Recklinghausen, Neelsen, Waldeyer, Audry, Retterer (chez un petit fœtus d'âne) ont constaté la présence de pigment dans l'épiderme, sans pigmentation dermique. Greffant sur la peau blanche d'un cobaye un mince lambeau d'épiderme de cobaye noir, Garnot a obtenu une greffe

Fig. IjO.

Coupe de la peau d'un nègre. — On reconnaît la présence du pigment dans les cellules de la couche de Malpighi et celle des mélanocytes dans le tissu des papilles cutanées.

TROUBLES ATIîOPIIiqUES DE LA NUTRITION CELLULAIRE

noire en extension rapide, c'est-à-dire que le fait de la transplantation d'une cellule épiderniique noire a suffi pour assurer la sécrétion pignientaire. L'examen microscopique de la pièce permet de suivre pas à pas révolution des phénomènes. Au début, la pigmentation est uniquement épiderniique, localisée à la couche génératrice; une greffe plus âgée présente une infiltration du côté des cellules épidermiques superficielles et, dans le derme, l'apparition de cellules pigmentées ; les poils deviennent noirs. Si les greffes restent en extension, la double pigmentation se développe et persiste; si elles rétrocèdent, on ne trouve au bout d'un certain temps qu'une pigmentation dermique qui finalement disparaît elle aussi. En greffant des cellules clioroïdiennes, dont le pigment est renfermé dans des éléments ramifiés de nature conjonctive, P. Carnot a obtenu d'emblée une pigmentation uniquement dermique. Il est donc certain qu'à côté des pigments hématiques, il existe des pigments cellulaires, fabriqués directement par le métabolisme des protoplasmes.

Certains pigments sont cristalHsés (hémoglobine, hématine, liématoïdine et son proche parent, la bilirubine), d'autres ne se présentent que sous la forme de granulations dans lesquelles entre vraisemblablement, à côté de la matière colorante, une substance fondamentale.

Quelques-uns renferment du fer, d'autres du soufre; d'autres sont dépourvus de l'une et l'autre substance. Pour affirmer l'absence du fer dans un pigment, il ne faut pas se contenter de l'examen microchimique ordinaire (ferrocyanui'e et acide chlorhydriquc, sulfhydrate d anunoniaque), car ce métal peut être en combinaison organique telle, cpie seule rél)uliili()n préalable du tissu avec de l'eau régale permette de le mettre en liberté et d'obtenir la réaction du bleu de Prusse (procédé de Wallach). Le fer doit donc être recherché dans la pièce pigmcntc'c et aussi dans l'equ de lavage qui a servi aux manipulations chimiques.

Quelcfues pigments contiennent une quantité considérable de soufre (pigments des sarcomes mélanic|ues). Nencki a isolé d'une tumeur pigmentaire du foie chez l'homme un pigment brun qu'il a décrit sous le nom de pliymatoriisiiic (xb tumeur; ioû'Tto;, rouge brun). Ce iiigment ne contenait pas de fer, mais par contre II p. loo de soufre. Des mélanines analogues, isolées et analysées par divers auteurs, renfermaient i à 7 p. 100 de soufre. La 23lupart des mélanines sont dépourvues d'oxygène et plus pauvres en azote et en hydrogène, plus riches au contraire en carbone que les matières albuminoïdes. Elles se distinguent toutes par leur résistance aux réactifs, leur insolubilité dans l'eau, l'alcool, l'éther et les acides.

Les variétés les plus foncées des niéla/ii/ies sonl parlicnlicrcmeiit résisla/Hcs ; elles ne se dissolvent pas même dans la potasse caustique bouillante et l'acide azotique : seul l'acide azotique fumant les attaque. Les pigments jaunes et fauves se dissolvent dans la potasse bouillante. Conlraireinent aux particules chai-bonneuses, tous les pigments se décolorent sous l'inOuence de l'action simultanée des alcalis caustiques et des vapeurs de chlore.

DEGENERESCENCE PIGMENTAIRE

Les analyses suivantes donnent une idée des différences constatées dans la composition des mélanines.

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