‹ Les processus générauxChapitre 33 sur 45 · PARTIES CONTIENNENT · texte numérisé non relu

PARTIES CONTIENNENT

Az

Fc

Mélanine d'une tunieur eliez 1 homme

(PtiYniatorusine).

Mélanine d'une tumeur chez le cheval

Nencki, Berdez.

(Hippomélanine).

Go,o

Nadejd.^ Ziber.

— du crin de cheval

— du sarcome pig-mentaire ....

MoRNER.

— du sarcome pigmentaire chez

le cheval

MlURA.

— du sarcome pigmentaire. . .

BrandLjPfeiffer.

Abel et Davis.

— du sarcome pigmentaire. ..

SCHMIEDEBERG.

La quantité de soufre est donc toujours considérable, tandis c|uc le fer peut faire complètement défaut ou bien ne se trouver qu'en dose minime. Etant donnée la richesse extrême de certaines mélanines et de la kératine en soufre, on peut admettre que, pour la formation d une molécule de ces substances, plusieurs molécules albuminoides doivent entrer enjeu et qu'il se passe ici un jirocessus particulier de condensation moléculaire.

ScHMiEDEBEUG cst parveuu (1897) ''^ isoler expérimentalement de l'albumine une substance brunâtre, analogue à une mélanine, en soumettant l'albumine à des manipulations très complexes, au traitement par des acides minéraux énergiques; il a désigné le produit obtenu sous le nom d'acide mélanoïdiiiique.

L'analyse de cette matière, tirée d'une peptone et très voisine de la mélanine, a démontré qu'elle contenait 60, 3 de G; 4)8 de H ; 8 d'Az; 0,9 de S.

La plupart des cellules pigmentaires sont fixes chez l'homme et chez les mammifères; quelque-unes renferment des grains de pigment qui ont une mobilité singulière, tels ceux qui siègent dans la couche pigmentaire de la réline. Les cellules de cette couche sont polygonales et dessinent dans leur ensemble une mosaïcjue; leur extrémité externe est dépourvue de pigment et porte un noyau aplati transversalement, entouré d'un certain nombre de granules réfringents. L'extrémité interne est, au contraire, fortement pigmentée et se résout en une multitude de prolongements qui forment un écran aux bâtonnets et aux cônes. Quand la rétine est frappée par les rayons lumineux, les granules des parties 250Stérieures s'avancent dans les prolongements : pendant ce temps, les bâtonnets et les cônes subissent un raccourcissement (Ranvier, Axgell'cci, Kuhm).

La mobilité des granulations s'observe avec la plus grande facilité dans les chromatoblastes des batraciens et des poissons. Il suffit, pour s'en convaincre, d'examiner sous le microscope la membrane interdigitale de la grenouille. Sous la couche superficielle de cellules faiblement pigmentées, on distingue de grandes cellules noires c{ui, suivant le moment de l'examen, sont peletonnées en boule ou ramifiées avec des prolongements qui teignent toute la préparation. A côté de ces cellules noires et alternant avec elles dans ce jeu successif d'expansion et de rélraclion, on re- Chantemessk et Podwyssotsky. Processus généraux. 14^

TROUBLES ATROrilIQVES DE LA NUTRITION CELLULAIRE

connaît d'autres cellules également ramifiées, mais chargées d'un pigment clair. Dans les mouvements d'expansion ou de rétraction des chromatophores, on voit les grains de pigment gagner peu à peu les prolongements périphériques ou se rassembler vers le centre, sans qu'il soit possible de dire si le prolongement protoplasmique suit ou non les granulations pigmentaires dans leur migration.

Certains agents physiques (lumière, chaleur) déterminent le retrait des chromatoblastes; des agents cîiimiques peuvent produire les mêmes résultats: le chlorhydrate d'aniline, injecté à dose faible sous la peau des grenouilles, amène le retrait, le nitrite d'amyle l'expansion (P. Carxot). •

Les chromatoblastes observés sur le brochet et la perche (Ballowitz , EniîRTH, BtiNGii) sont actionnés par un réseau nerveux tellement riche, qu'ils peuvent être considérés comme formant avec lui une véritable plaque nerveuse terminale. Chez certains mollusques de mer (sepia officinale, argonaute), les couches superficielles du tégument présentent des cellules spéciales chargées de très fines granulations pigmentaires (chromatophores) ou simplement des fentes remplies de ces granulations (Steinmann, Fanssek). La modification de forme des cellules ou des fentes amène des changements dans la coloration de la i)eau.

L'un de nous (I'odwyssotsky) a constaté s\iv\' Ari^onaïUn argo de l'Atlantique (en Normandie) que les granulations pigmentaires dont le jeu provoque les changements de couleur rouge, violette, verte, se trouvaient, non pas à l'intérieur des chromatophores, mais dans de longues fentes dont les variations de diamètre, sous l'influence des faisceaux conjonclifs ou musculaires voisins, ne peuvent manquer d exercer une influence sur les teintes colorimétri(jues. Plongé dans le liquide de r^LEMMiNG, l'animal continue, pendant plusieurs minutes, à présenter ce jeu de couleurs pigmentaires.

L'inlluence des nerfs sur la coloration de cette origine est différente suivant les animaux et aussi suivant les tissus que l'on considère. Nous savons cjue, chez l'homme, principalement sous 1 influence de la lumière etde l obscurité, une modification brusque de la pigmentation se fait au niveau des cellules rétiniennes; on a vu aussi la décoloration des cheveux apparaître en quelques minutes à la suite d'une émotion. Raymond a émis l'hypothèse que, dans la maladie d'Addison, oîi les lésions du système nerveux sont fréquentes, la pigmentation cutanée pouvait être sous la dépendance d'une sorte de paralysie des chromatophores. Cette théorie a besoin d'une démonstration; elle n'expliquerait pas, en tout cas, la présence du pigment qui, dans cette maladie, infiltre les cellules épidermiques. Une série d'animaux (crustacés, poissons, batraciens, sauriens, etc.) présente des modiiications de plus en plus rapides des cellules pigmentaires. Beaucoup d'auteurs ont étudié ces phénomènes (Milne-Edwards, Brucke, Virchow, p. Bert, 'N'ulpiax, Pouchet); ils ont tous reconnu l'action du système nerveux et en particulier l'inHuence du i-éflexe visuel.

Cette influence nerveuse est spéciale, indépendante de la vasomotricité, bien qu'elle agisse souvent en compagnie de cette dernière. La chaleur, l'iodure de potassium, qui amènent une dilatation vasculaire chez la grenouille, provoquent, au contraire, la rétraction des chromoblastes. De nombreuses substances agissent, les unes pour contracter, les autres pour dilater les corpuscules pigmentaires. Leur mode d'action est généralement le résultat d'un réflexe. C'est encore un réflexe à point de départ oculaire qui est la cause des curieux phénomènes de mimétisme par lesquels les poissons adaptent leur teinte à la coloration du fond sur lequel ils se meuvent et deviennent incapal)les de cette adaptation (juand on leur a arraché les yeux (Pouchet).

DÉGÉNÉRESCENCE PIGMENTAIRE

Il résulte des expériences de P. Carnot sur la grenouille que deux sortes de nerfs, dilatateurs et constricteurs, entrent en jeu dans les phénomènes de la chromomotricité.

Sous riiifluencc de la kéralitiisaliou coiiliiiiielle clc répidcrine el de sa desquamation, le pigment perd son aspect grenu et su])it des modifications nature inconnue, qui transforment son aj^parence. Il quitte Torganisme avec répiderme qui desquame et il participe ])robablement à la formation de l'éléidine, parce que cette substance renferme, comme la mélanine, une proportion considérable de soirfre. Blaschko a rencontré du pigment vrai dans les couches les plus superlicielles de répiderme. Le pigment peut donc être considéré comme un déchet que la peau élimine régulièi'ement. INIais, d'antre part, ce pigment, qui est toxique pour l'organisme (Boucharij, Cauxot), mais dont la toxicité est réduite au miiaimum par son ins(jlubilil('', fournit à la peau, lors(|u'il est retenu dans ses mailles, un moyen de protection contre certaines ofl'enses. La peau se pigmente lorsqu'elle est exposée aux rayons du soleil, ou quand elle subit des irritations (frottements, action locale de la cantharide, etc.), comme si la localisation cutanée du pigment représentait, suivant l'hypothèse de Giard, la fixation, pour cause d'utilité publique, de substances toxiques primitivement excrétées par cette voie, mais dont la rétention a modifié, en les améliorant, les conditions d'existence de l'individu.

Les expériences de P. Carxot injectant dans les veines, dans le ])éritoine ou sous la peau de chiens, lapins, cobayes, du pigment pris dans la choroïde ou dans une humeur mélanique, ont établi que cette substance s'éliminait par les reins et par l'intestin, qu'elle se fixait dans le foie, la rate et le poumon, et qu'elle se détruisait par un phénomène phagocytaire dans les leucocytes, les organes lymphoïdes et les capsules surrénales. Jamais cet auteur n'a pu observer, à la suite d'injections massives de pigment sous la peau, une coloration de l'épiderme ni des phanères.

Toutes les pigmentalions pathoIogi<jiies peuvent être ramenées à trois groupes ayant des origines distinctes : i" les pigmentations qui proviennent du sang (pigments jaunes et bruns clairs); a" celles qui ont une origine autochtone, qui sont le produit direct de l'activité vitale du protoplasma ; 3" celles qui découlent de la rétention, dans les tissus, de pigments biliaires dérivés eux-mêmes du sang.

Les pigmentations du premier gi'oupe sont dues à l'imprégnation des tissus par l'hémoglobine, par l'hématine ou son dérivé dépourvu de fer, l'hématoïdine, ou par des amas de pigments ferrugineux, désignés

TROUBLES ATROPIIiqCES DE LA AITEITIO.X CELLULAIRE

SOUS le nom général cV/iémosidérines, pigments rouges, ocres, dont la ruhigine est le type. Ces pigmentations prennent naissance au niveau des foyers d'hémorragies interstitielles et, dans une grande étendue, à leur périphérie. Nous les décrirons dans les chapitres traitant des hémorragies; contentons-nous pour le moment d'indiquer qu'elles sont souvent la conséquence des stases veineuses prolongées dans les viscères et les muscles. Ceux-ci prennent alors une coloration brune caractéristique, tandis que la présence des amas d'hémosidérine constitue une source d'irritation pour le tissu connectii"; sous cette influence se produisent la prolifération du tissu conjonctif, l'atrophie hrune des organes, l'induration hrune et les cirrhoses pigmeritaires.

La connaissance de ces dernières pigmentations peut servir de transition à l'étude des pigmentations du second groupe, car, très souvent, des grains de pigment et des hématies entières sont englobés par des leucocytes et d'autres cellules mésodermiques auxquels on a donné, pour cette raison, le nom général d'érytliroj)hages. Après leur englobement, ces grains sont transformés, sous l'influence du protoplasma, en différentes sortes de pigments bruns. Ainsi, dans l'expectoration des cardiaques (en cas de stase veineuse pulmonaire ou d'induration brune des poumons) on trouve fréquemment des cellules à gros noyau, farcies de granulations pigmentaires jaunes, brunes ou même noires. Ces cellules, qui proviennent de l'endothélium alvéolaire desquamé et surtout des leucocytes, sont connues sous le nom de cellules des lésions cardiaques « Herzfehlerzellen ». Leur présence dans les crachats comporte une certaine valeur diagnostique de V induration hrune des poumons, conséquence d'une cardiopathie (Hoffmann).

Le deuxième groupe des pigmentations s'observe dans un grand nombre d'états morbides. Souvent on peut arriver, par l'examen microscopique et microchimique, à déceler l'origine hématique du pigment, mais parfois la preuve fait défaut et les faits que l'on constate plaident dans le sens de son origine autochtone. Sans revenir sur les exemples de greff'e épidermique noire que nous avons signalés plus haut, on ne peut méconnaître que certaines j)igmentations, consécutives à des intoxications exogènes ou endogènes, que l'hyperpigmentation des cellules nerveuses, de même que celle des éléments de quelques néoplasies, rentrent dans ce dernier cas.

Le durcissement, à l'état tout à fait frais, des tumeurs mélaniques et leur section en coupes très fines laissent souvent reconnaître que le pigment, disséminé dans le protoplasma cellulaire sous la forme de granulations brunes extrêmement minces (fig. i^i), est le produit d'un travail spécial de la cellule et se constitue aux dépens du protoplasma. Sur

DEGENERESCENCE PIGMENTA mE

des coupes plus épaisses, on ne voit que des globes pigmentaires d'aspect uniforme, brun foncé; sur des sections fines, on constate que les amas pigmentaires sphériques se forment par une sorte de cristallisation de granulations très menues de mélanine, constituées apparemment aux dépens du j)ignient dissous (fig. 142).

La pigmentation de la peau peut être localisée ou diffuse. Les taches pigmentaires ou c/doasma (-/Aoâi^to, j'ai l'aspect jaune verdàtre) se montrent surtout au visage, à la face dorsale des mains, à l'avant-bras, à la cuisse, à la poitrine; on les voit aussi sur la ligne blanche, chez certaines femmes brunes, pendant la grossesse ; on les rencontre enfin surtout chez les sujets en proie à une maladie cachectisante (syphilis, tuberculose, alcoolisme, cancer, affections hépatiques, lésions des capsules surrénales).

Fig. iji. — Pigmentation de cellules nerveuses (ganglion sympathique d'un vieillard).

A la limite, entre les pigmentations physiologiques et pathologiques, se placent les taches de rousseur et le hàle qui surviennent sur les parties du corps exposées à l'action de la lumière solaire et du vent. L'humidité de la peau et les phénomènes d'évaporation rapide qu'elle subit semblent favoriser l'action des rayons du soleil. D'après R. Boiler, les rayons violets, réfléchis de la surface de l'eau de mer ou de rivière sur la peau, possèdent un pouvoir de pigmentation énergique. Telle serait la cause de la pigmentation si intense des parties du corps mouillées par l'eau de mer.

Sur le mode de formation des pigmentations, à l'état pathologique comme à l'état normal, deux théories, avons-nous dit, sont en présence : l'une qui invoque la formation principale autochtone dans la peau, les mélanocytes qu'on y rencontre n'étant que des cellules de résorption du pigment; l'autre qui, s'appuyant sur les recherches de j\L\CKEXR0DTn, Demieville, Riehl, Nothnagel, V. Affanessieff, Kahldex, Tizzoni, Bon-

Chantemesse et Podwyssctsky. Processus généraux. 14*

NAT, RiBBERT, Ehrmann, Podwyssotsky, etc, prétend que le pigment provient directement de Thémoglobine du sang et que les mélanocytes le charrient des vaisseaux de la peau vers Tépiderme, où il se dépose sous forme de fines granulations brunâtres (fig. 129-1,30). Riehl a insisté sur les altérations inflammatoires des parois des vaisseaux cutanés et Podwyssotsky a constaté leur dégénérescence hyaline ; ces auteurs estiment que les modifications de calibre des capillaires entraînent le ralentissement de la circulation, la destruction de l'hémoglobine, son élaboration en granules pigmentaires dans le vaisseau ou en dehors de lui, granulations qui sont englobées par les cellules de Tadventice, puis transformées en mélanine.

Chez les addisoniens, les vaisseaux cutanés et surtout les veinules sont infiltrés de leucocytes et de mélanocytes (fig. 129). Dans le pigment péri-vasculaire englobé par les cellules de l'adventice on peut encore déceler la présence du fer (réaction du h\e\\ de Prusse), tandis que la pigmentation épidcrmique se montre dépourvue de métal. Les granulations de l'épiderme sont très finement granuleuses, tandis que le pigment périvasculaire est plus gros et en amas. 11 est donc manifeste que, sous l'influence de l'activité du protoplasma, l'hémosidérine a subi de nouvelles transformations, a peut-être perdu son fer, tandis que le nouveau pigment non ferrugineux — la mélanine — a passé de cellule en cellule et s'est logé dans l'épiderme. La peau des nègres permet aussi de constater, quoique à un degré moindre, cette infiltration des vaisseaux cutanés par des leucocytes et la multiplication des cellules de l'adventice. Dans la lumière des vaisseaux on rencontre des grains de pigment jaunâtre, entourés de cellules farcies de pigments ; le tableau est la réduction de celui qu'on observe dans la maladie d'AnoisoN (fig. i3o). On constate les mêmes apparences microscopiques dans la plupart des cas de pigmentation limitée de la peau, dans les maladies constitutionnelles et les dermatoses liées à la pigmentation (prurigo, eczéma, urticaire, xanthome, xeroderma pigmentosum, acanthosis nigricans, etc.).

En i855, un médecin anglais, Addison, publia une monographie sur une maladie inconnue jusqu'alors et qui était due à une lésion des capsules surrénales. Les individus atteints de cette affection présentent une faiblesse, une asthénie extrême, qui s'accompagne bientôt d'émaciation, de douleurs lancinantes, particulièrement vives au niveau de la région lombaire, de troubles gastro-intestinaux et d'une allération cutanée et nuiqueuse caractérisée par une pigmentation très spéciale. Celle pigmentation apparaît d'abord sur les régions exposées à l'air libre, au front, aux poignets, sur le dos du pied, à l'avant-bras et à la jambe. On la voit ensuite frapper des zones qui sont déjà, à l'état normal, riches en pigment (régions mamclonnaire, axillaire, génitale), puis se montrer dans les endroits où la peau est soumise à des compressions ou à des frottements. Au début, la teinte de la peau est d'un gris clair

DÉGÉNÉRESCENCE PIGMENTAIRE

et paraît sale; plus tard la coloration devient sond)re et le malade ressemble à un mulâtre. Les muqueuses n'échappent pas à la pigmentation : les gencives, les lèvres, la face interne des joues, la langue, la muqueuse palatine sont successivement envahies; les poils se surchargent de pigment. A côté de ces symptômes, d'autres apparaissent, qui se rattachent à une perturbation profonde du système nerveux, tels que la céphalalgie, les convulsions, le vertige, le délire, le coma et parfois la njort subite. Les palpitations et la dyspnée ne sont point rares.

Dès que les symptômes essentiels de cette maladie furent connus, la question se posa, dans l'esprit même d'ADDisoN, de savoir s'ils étaient sous la d(''pendance uniquement d'une lésion des capsules ou s'il intervenait dans leur pathogénie une altération du système nerveux. L'illustre médecin anglais, qui mettait en lumière les lésions capsulaires, écrivait : « Qui peut dire quelle influence le contact de ces organes malades peut avoir sur ces grands centres nerveux (plexus solaires et ganglions semi-lunaires] et quelle part ces effets secondaires peuvent prendre dans la production des troubles de la santé générale et des autres symplômes observés ? »

On sait aiijoiircrhiii qu'on a pu observer des dégénérescences caséeuses des capsules surrénales sans inélauodermie et des cas, que la clinique range dans la classe de la maladie d'AnnisoN, avec des capsules presque absolument intactes. En iSSg, Schmidï (de Rotterdam) décrivit des lésions du sympathique abdominal, et plus tard Jaccoud défendit sans rései ve l'origine nerveuse de la maladie. Des lésions diverse.s dégénératives et inflammatoires ont été décrites par Kahlden, Arau, Alezais et Arnaud, Fleier, Raynaud, Brault, dans les filets du système sympathique et des ganglions de la cavité thoraco-abdominale chez les addisoniens. On a observé aussi la dégénérescence de quelques-unes des fibres du splanchnique et du pneumogastrique, et même parfois des lésions en l'oyer de la moelle dorsale et des racines postérieures ; on a noté l'existence d'une pigmentation anormale des méninges, la dégénérescence hyaline des parois vasculaires, la dégénérescence de certaines fibres nerveuses, la tuméfaction de lanévroglie (Bases et Kalindero).

Ces lésions nerveuses, observées dans la maladie d'Anoiscx, portant spécialement sur le plexus solaire et le système sympathique, n'enlèvent rien au rôle important des capsules surrénales dans l'étiologie de la maladie bronzée. L'importance extrême de l'intégrité de ces organes avait été mise en lumière par les expériences de Browx- SÉQUARD (i856), confirmées par Noïii>agel, et surtoirt par Tizzom (pii, par l'extirpation expérimentale des glandes en question, provo(|ua luie hyperpigmentalion de la peau et des muqueuses et, de plus, des altérations infiammatoires et atrophiques de la moelle et des méninges (infiltration du canal central par des leucocytes, foyers de ramollissement cérébral, hémorragies, atrophies des cellules nerveuses, etc.).

Les recherches expérimentales sur les capsules surrénales ont été

29') T ROUBLES AT nO P II I Q U E S DE LA NUTRITION CELLULAIRE

repi ises par Jjeaucoup {railleurs. Après Textirpation d'une ou des deux capsules, Stilliîng (1890) a constaté Thypertrophie de cajjsules accessoires. BoI^'ET, opérant sur le rat d'égout, dont les deux capsules surrénales, séparées du rein par un petit méso-côlon, sont faciles à énucléer, a observé les faits suivants. Un certain nombre de ces animaux entièrement privés de leurs capsules surrénales peuvent vivre longtemps, sans présenter de phénomènes asthéniqiies trop accentués : quand on les sacrifie, au bout de plusieurs mois, on trouve des grains pigmentaires dans la séreuse péritonéale et dans le tissu cellulaire sous-cutané. A la suite de l'extirpation des capsules chez ces animaux, des altérations nerveuses d'ordre dégénératif se développent, en suivant la voie ascendante : la lésion atteint le plexus solaire et ensuite le sympathique.

L'examen histologique du grand sympathique abdominal de 24 rats morts de clécapsulisation a donné les résultats suivants, après coloration par l'acide osmique :

Cassure ou simplement fragmentation du grand sympalhiqiie 8 fois.

Névrite avec boules graisseuses : fragmentation (i —

Disparition du cylindre-axe, dégénérescence graisseuse 2 —

Intégrité complète du nerf 8 —

La dégénérescence du sympathique à marche ascendante est progressive et peut finir par atteindre la moelle.

Les faits expérimentaux constatés chez les animaux qui succombent rapidement ou lentement à l'extirpation des capsules surrénales, les observations cliniques et anatomo-pathologiques faites sur les cadavres d'addisoniens, imposent l'idée que la maladie d'Addisnn est sous la dépendance d'une intoxication de l'orij^anisnie par un poison^ de nature inconnue^ (jui se répand dans le sa/ii;' lorsque la fonction des capsules se trouve suspendue.

Au nombre des elTets toxiques figurent : l'irritation, l'altération dégénérative et inflammatoire des parois vasculaires, la destruction des globules rouges et enfin une série de modifications dans le système nerveux vasomoteur et central. La mélanodermie n'est que la conséquence des perturbations vasculo-sanguines.

^lalgré la pigmentation cutanée et muqueuse (pii implique une destruction globulaire assez intense, le nombre des hématies etleur richesse en hémoglobine ne sont pas notablement abaissés. Il n'y a donc pas anémie vraie, comme à la suite d'une hémorragie grave ou dans le cours de la maladie dite anémie pernicieuse. Parl'ois même, le taux d'hémoglobine atteint la normale ou même la dépasse un peu. Gueenhow a trouvé une augmentation du nombre des globules rouges, et Ekb, dans un cas grave de maladie bronzée, immédiatement avant la mort, a

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