‹ Les processus générauxChapitre 34 sur 45 · DÉ G K A ÉRESCE A CE PI G M E A TA 1 H E · texte numérisé non relu

DÉ G K A ÉRESCE A CE PI G M E A TA 1 H E

reconnu que la quantité criiénioglobine était normale. A l'aide d'une recherche spectro-pliotométrique précise, Tchirkoff a démontré que, dans les formes intenses de cette maladie, la teneur en hémoglobine était relativement élevée et qu'au début elle dépassait parfois le chiffre ordinaire. Mais, en revanche, elle subissait des modifications qualitatives; la dose de l'hémoglobine réduite était augnu^iitée et le sang renfermait une notable proportion de metliémoglohinc.

Pour expliquer ce désaccord entre le faible abaissement du nombre des hématies et du chiffre de l'hémoglobine et la pigmentation intensive qu'on peut rattacher à la destruction des hématies, on est conduit à penser que, dans la maladie d'AnoisoN, ou bien la fonction hématopoétique n'est pas enrayée, que son activité est même exaltée et que l'intensité de la régénération des globules rouges et de l'hémoglobine dépasse les limites ordinaires, ou bien que le pigment est fabriqué de toutes pièces aux dépens de l'albumine cellulaire.

Dans l'année qui suivit le travail d'AnnisoN, Bhown-Séquard publia le résultat de ses nombreuses expériences sur les lésions des capsules surrénales (i856). Il aboutit aux conclusions suivantes. L'aca])sulation totale tue les animaux plus rapidement que la néphrectomie double, le délai de la mort ne dépassant guère quinze heures (chien et chat) et étant même plus court pour certaines espèces (cobaye et surtout lapin). Les symptômes qui précèdent la mort se caractérisent par une prostration complète, des troubles cardiaques, des vomissements et des accès convulsiCs le plus souvent mortels. Ces constatations conchiisaient Brown-Séql akd à la découverte du rôle des glandes vasculaires sanguines : les organes surrénaux élaboraient, d'après lui, une sécrétion indispensable au bon fonctionnement de l'organisme et leur suppression était l'origine d'accidents rapidement mortels.

Battue en brèche par Philippkaux, Gratioleï (i858), Schmidt, Jaccouu, etc., la théorie de Brow^-Séquaru ne fut solidement établie que par des expériences toutes récentes qui ont commencé avec les travaux d'AsELous et Langlois (iBgu). Expérimentant sur la grenouille, ces auteurs ont constaté que l'acapsulation unilatérale ne produisait aucun phénomène sérieux, que l'ablation partielle des deux glandes était suivie d'une émaciation appréciable, mais n'entraînait pas la mort; enfin, qu'après la destruction complète, on voyait se dérouler une série d'accidents semblables à ceux qu'avait signalés Brown-Séquârd. Ils ont de plus constaté un fait d'une grande importance, c'est que le sang des animaux privés de leurs capsules sui-rénales acquérait une toxicité spéciale. L'extrait alcoolique de nuiscles de grenouilles acapsulées est beaucoup plus toxique que celui de nuiscles de grenouilles saines :

GlIANTEMESSK Ct PonWYSSOTSKY. l'rOlTSSUS S('n('TnU\ . ti)

298 TROVBLES ATROPIIIQIKS DE LA MTRITIOX CELLULAIRE

inoculé aux animaux, il provoque Tapparition de la paralysie, de la dyspnée, et un coma mortel. Ce poison, à la façon du curare, porte son action principale sur les plaques nerveuses terminales.

Suivant les procédés employés par ScHiFi', Heger, etc., pour étudier Faction antitoxique des tissus hépatiques, Abelous, L.vnglois et Charrin ont reconnu que la macération de tissu ca])sulaii"e avec la nicotine diminuait la toxicité de cet alcaloïde.

Tandis que les expériences de Brown-Séquard, (I'Abelous et Laa- GLOis mettaient en relief le rôle antitoxique des capsules surrénales, des recherches antérieures de Pellacaxi et Foa (187g) signalaient l'action toxique de l'extrait aqueux de capsules surrénales. Guar- ^ivAW et Marino-Zucco a])outirent à ce résultat, que le principe actif de l'organe était un glycéro-phosphate de neurine. A l'aide d'extraits glycérinés de capsules surrénales, Arelous et Laxglois, Brown- SÉQUARn purent faire cesser les phénomènes convulsifs qui se produisaient chez les animaux acapsulés, sans obtenir d'une manière évidente une survie des animaux traités par cette méthode opothérapique. Gour- FEiiV (1895) tenta, sans grand succès, de distinguer les diverses substances renfermées dans le suc capsulaire et de les soumettre à une classification pharmacodynami([ue, a(in de faire entrer dans le domaine de la thérapeutique celles qui pourraient être utilisées. A ce moment (1895), des travaux intéressants et simultanés parurent en Angleterre (Oliver et Schafer) et à Cracovie (Cvbulski et Scvmoxowic/), signalant l'action toute spéciale de l'extrait capsulaire sur la pression sanguine. Ils furent confirmés bientôt par Velich, Bieul, Fh.enkel, Gottlieb, Mankovski, Langlois. Si l'on injecte, non pas sous la peau, mais dans le système veineux, une faible dose d'extrait a(jueux de capsules surrénales, on voit la pression s'élever rapidement, se maintenir pendant un temps fort court à une grande hauteur, puis retomber ensuite. Le cœur se ralentit, pendant que la pression s'élève; chacjue injection détermine une élévation du manomètre. L'extrait capsulaire peut être porté à 100° en solution, et à 1120" à l'état de dessiccation, sans perdre son activité.

Quelles sont la ou les substances chimiques qui donnent au suc capsulaire son activité ? En i856, Yulpian constata ce fait, confirmé l'année suivante par Virchow, que la section d'une capsule surrénale, traitée par le j)erchloruie de fer dilué, prenait une coloration brun verdàtre qui s'accentuait lentement. La teinte développée sous l'influence de la solution aqueuse d'iode est au contraire rose carmin. Or cette réaction du tissu ou de la solution aqueuse d'extrait capsulaire, en présence de l'iode, rappelle celle de la pyrocatéchine. Aussi quelques auteurs (Arnold, Krukenberg, Brunner) aboutirent à cette conclu-

DEGKMinESCENCE PIGMEMA IRE

sion, que la matière active du suc capsulaire n'était pas constituée par la neurine, comme l'avaient dit Guarnieri et ^Iarino-Zucco, mais par la pyrocatéchine. D'après Muhlmann, la pyrocatéchine se trouverait, dans les capsules surrénales, en combinaison avec une suljstance jouant le rrôle d'acide. Cependant, comme l'a démontré La>'GLois, la solution de suc capsulaire qui provoque la contraction vasculaire (sphygmogenine) est plus active qu'une solution à la même dose de pyrocatéchine utilisée à l'état de pureté; il est possible cependant que la substance active

Fig. ij2. — Injection intra- veineuse d'extrait de capsule surrénale de mouton { lo cenlim''.). L'injection, commencée en A. a été terminée en B, c'est-à-dire qu'elle a duré à peu près secondes. La pression au début de l'expérience était de 21 cm de nier('ure (en A). Elle est moulée en quelques secondes à 26-27 cm où elle s'est maintenue. Le rein a diminué de volume très rapidement, au point que le style inscripteur s'est abaissé jusqu'au contact du tambour et que le tracé, à partir de ce moment, est représenté par une ligne droile borizontalc, jusqu à ce que le rein se dilate de nouveau. A noter aussi le ralentissement du co'ur qui devient évident à i)arlir de B sur le Iracé correspondant au pouls. L injection a été faite dans une veine du pied.

contenue dans le suc capsulaire ne soit ((u'un isomère d<> la pyrocatéchine, jouissant de propriétés physiologicjues très puissantes.

L'extrait capsulaire, utilisé dans un but thérapeutique, chez les addisoniens, a, dans un certain nom])re de cas (Beclèrk, Dupaigne, etc.), rendu des services. Toutefois, les bénéfices ont été beaucouj) moins évidents que ceux qu'on observe chez les inyxœdémateux traités par le suc thyroïdien.

En 1889, dans leurs belles recherches sur l'intoxication diphtérique, Roux et Yersix ont étudié avec soin les altérations congestives et

3oo TROUBLES AT lî O P !I I QV E $ DE LA NUTRITION CELLULAIRE

hypei'trophiques que présentent les capsules surrénales, dans le cours de l'intoxication diphtérique. Leurs observations furent confirmées, à Fégard de diverses maladies infectieuses, par Charrin et L.vnglois,

Secondes,

Volume du Kein .

Fig. i33.- — • Suite de la même expérience. Elévation secondaire de la pression de la i° à la 3' minute. Après s'être maintenue à 26-27 cm. pendant une minute, elle atteint alors 28 à 29 cm. Le rein continue à rester contracté. .Au bout de 7 minutes, la pression et le rein reviennent à l'état initial.

Pettit, etc. Oliver et Schai feh montrèrent que le suc d'une capsule surrénale d'addisonien perdait presque complètement le pouvoir d'éle-

Fig. 134. — Suite de la même expérience. Nouvelle injection, semblable à la première. Le tracé ci-joint est pris de la 3° à la 4" minute. On voit que le rein < on)men<'e à augmenter de volume de nouveau, à un moment où la pression reste toujours élevée, ce qui di'moiitre l'indépendance des deux phénomènes.

ver la pression du sang. Dans ses études sur la variation de toxicité des extraits capsulaires, l)i bois a sigiud('' la disparition de la toxicité dans les capsules très altéi'ées de col)ayes diphtéi'i(pu's. L.vn(;lois a ('onstaté aussi (pie les capsules, ayanl ac(piis ])atliologiquement un volume ti-iple et <piadi-u|)lo de l^'tal nocmal, avaient pei-du leur action

DÉGÉNÉRESCENCE PIGMENTA IRE

3oi

tonique sur le système vasculaire ; run de nous (Chantemesse) a fait la même observation pour les capsules, sans lésions apparentes à Toeil nu, d'un malade ayant succombé à une méningite tuberculeuse, tandis qu'il constatait que le suc capsulaire tl'indixidus morts de fièvre typhoïde paraissait avoir conseivé sa puissance.

La substance active de l'organe se retrouve dans le sang de la veine capsulaire. En i8r)6, Yulpian avait reconnu dans le sang qui s'écoulait de cette veine la présence de la réaction brun verdàtre avec le sesquichlorure de ièr. Ainsi, disait-il, « serait piouvée pour la première l'ois, et d'une façon décisive, l'hypothèse qui regarde les capsules surrénales comme des gdandes dites sanguines, c'est-à-dire versant directement dans le sang leur produit de sécrétion ». Les idées émises par Vulpian ont été confirmées expc'riuientaiement par Cyp.olski et par Laxglois, qui ont reconnu que le sang défibriné de la veine caj)sulaire élevait la pression et ralentissait le pouls.

Des recherches nondjreuses entreprises dans ces dernières années il résulte que les fonctions actuellement connues des capsules surrénales sont multiples. D'une part, ces organes modifient, neutralisent ou détruisent des poisons fabriqués très probablement au cours du travail musculaire, et qui, s'accumulant dans l'organisme après la desti-uction des glandes surrénales, agissent sur les teiniinaisons nerveuses motrices à la façon du curare (Abelous et Laisglois); d'autre part, les capsules sécrètent une su])stance dont l'action s'(^xerce particulièrement sur l'appareil circulatoire.

Les recherches de Jacoby offrent de l'intérêt au point de vue de la pathogénie des accidents de la maladie d'Addison ; elles visent les rapports anatomiques et fonctionnels qui existent entre les capsules surrénales et le péristaltisme intestinal, entre ces mêmes capsules et le fonctionnement du rein. L'anatomie montre la présence des fibres nerveuses qui, du nerf splanchnique et du plexus solaire, vont aux reins et aux capsules. L'extirpation de ces dernières, lorsque l'animal est en période de digestion, ])r()V()(|ue une vive exagération (bi péristaltisme intestinal; la simple irritation (h' l'oi-gane i-alentit, au conli'aire, les mouvements de l'intestin et diminue la sécrétion et l'élimination urinaire. Ces résultats expérimentaux doivent être rapprochés de certains'symptômes de la maladie bronzée : la constipation, le météorisme, les troubles dyspeptiques du début de la maladie et, dans une période tardive, la diarrhée ; au point de vue des fonctions rénales, l'oligurie du début et la polyurie de la période terminale. Il semble que le début clinique de la maladie coïncide avec des phénomènes d'irritation, le plus souvent tubercideuse , des capsules surrénales, tandis qu'aux

3o9. TROVTiLES AT It OP II I QC E S DE LA NVTRITION CELLULAIRE

stades ultimes de la vie du malade correspondent les altérations destructives des glandes.

Cependant, en dépit des progrès réalisés dans la connaissance de la physiologie pathologique des capsules surrénales, il est évident que les recherches expérimentales n'ont pas encore donné le secret de tous les symptômes de la maladie d'Addison, ni de leur enchaînement ; mais l'anatomie est venue fournir de nouveaux renseignements. 11 sul'fit de considérer la finesse de structure du vrai corps jaune, surtout chez la lapine, pour être saisi de la i-essciiiblance extraordinaire des grosses eellules plas- /i/ati(j/ies du corps jaune avec les cellules de la substance corticale des capsules surrénales. Cette ressemblance, signalée déjà par Gheighton, est encore mise en relief par les données embryologiques (Jaxosik, Gottschau, jMichalkowicz), car les cellules spécifiques des glandes surrénales sont des dérivés de l'épithélium péritonéal, au même titre que les cellules de l'ovaire et du testicule. La proche parenté entre les glandes génitales et les capsules surrénales s'affirme par la présence de capsules surrénales accessoires dans le ligament large, au voisinage des vaisseaux et des plexus spermatiques, et aussi près de l'épididyme (Chiari, Dagonet, ^Iichael, etc.). Des vestiges aberrants de capsules surrénales se trouvent aussi parfois dans les reins.

Étant donnée cette analogie morphologique, on pourrait s'attendre à une corrélation fonctionnelle entre les deux organes, capable de se traduire, par exemple, souâ forme à' hypertrophie vicariante des cellules de la capsule surrénale dans l'atrophie de l'ovaire. On trouve, en effet, dans la littérature médicale des observations qui confirment cette manière de voir. En i86j, Crecchio a fait connaître un cas de pseudo-hermaphrodisme féminin, avec atrophie des ovaires, dans lequel les capsules surrénales étaient tellement hypertrophiées qu'elles avaient le même volume que les reins. En 1891, Marchaxd, dans un cas d'hermaphrodisme féminin, a constaté ([ue les ovaires étaient a])solunient atrophiés et que des capsules surrénales su|)j)lémentaires existaient dans les ligaments larges. Sans affirmei- (pi'il s'agissait d'hypertrophie vicariante, l'auteur rappela la remarcpie (ju'il avait faite à l'autojjsie d'un nègre atteint d'un saicocèle sy[)hilitique, chez lequel les ca|)sules surrénales avaient subi une hyperhopiiie très manifeste. L'importance de tous ces faits, en ce (pii concerne la connaissance des fondions des capsules surrénales et des vrais corps jaunes, ne peut être passée sous silence : ils ouvrent un champ de recherches à l'expérimentation et nu'me à la clinique. Nous ignorons le degré de fréquence relative de la maladie d'Addison chez l'homme et chez la femme, el personne n'a chercln'', parmi les animaux cpii survivent à l'ablation des capsules (Bojnet, Poi,, etc.), si les iémelles

DICGIC .Y E R E S C E X CE PI G M E .XTAIBE

n'étaient pas pins résistantes que les niàles. L^'elaiicissement de ce point pouri'ait jeter une certaine lumière sur la cause des résultats contradictoires des expérimentateurs. Il n'y a |)as, en tout cas, d'idenlilé entre les corps jaunes ovariens et la substance corticale de la capsule, car le suc ovarien ne modifie pas la pression vasculaire (Ma>kovsky).

Les relations entre le développement des capsules surrénales et celui du cerveau ont été signalées. L'absence ou l'atrophie de ces glandes ont été observées sur des monstres atteints d'un arrêt de développement du cerveau (Lohmer, Weighert, etc.l. 11 l'ésulle des miiuitieuses recherches de Zaxder que le développement capsulaire ne s'efiectue normalement que chez l'embryon dont le cerveau est intact. Ce dernier est-il lésé à vme période oîi le développement des capsules n'est pas encore parachevé, ce développement s'arrête.

L'influence du système nerveux sur la production des diverses pigmentations de la peau est démontrée aussi par l'apparition de taches pigmentaires, parfois symétriquement disposées sur les deux moitiés du corps, au cours de certaines affections du système nerveux central ou périphérique. Il n'est pas rare d'observer, chez les individus porteurs de plaques hyperpigmentées, le phénomène inverse : la disparition de la pigmentation normale de la peau dans certaines régions.

Les rappoi-ts constatés entre l'apparition du pigment eutané et la modification de certains territoires \>asciilaires permettent de rattacher, dans la grande majorité des cas, la mélanose ou nigritie locale au transport intensif de pigment par les mélanocytes, pigment provenant d'une destruction d'hématies dans les territoires cutanés, grâce à l'altération locale des parois vasculaires. L'albinisme ou vitiligo résulterait d'un défaut contraire, qui tiendrait, soit à l'oblitération de vaisseaux, soit à l'arrêt de l'activité des mélanocytes (Beigel, Krause, Leloir, Macken- RODT, Vidal, Mark, Ehrmann, etc.). Les cas de canitie rapide, survenant parfois en l'espace de quelques heures, sous l'influence d'une commotion morale, ne trouvent encore aucune explication plausible dans les faits connus.

Dans le second groupe de pigmentations dont nous avons parlé entrent aussi les granulations jaunes brunâtres qu'on ohser^>e dans les muscles, surtout dans le myocarde, chez des sujets aff'aiblis, soumis au jeune ou frappés de maladies cachectisantes. Cette pigmentation donne aux muscles une coloration brunâtre spéciale et fait naître l'atrophie particulière qu'on décrit sous le nom d'atrophie brune des muscles. La nature chimique de ces granulations est mal connue. Cependant, comme la coloration normale des fibres musculaires est due à la présence, dans

TROUBLES ATROVIIiqUES DE LA M'TRITION CELLULAIRE

leur tissu, à Télat dissous, d'un pigment spécial dérivé de Fhémoglobiiie [jnyohèmatine de Mu?y^' ou hèmochromogene de Levy, Goebel), on peut supposer que, dans l'atrophie brune, les granulations représentent des dérivés du pigment normal des muscles modifié par la vie du protoplasme qui eirtoure les noyaux nutsculaires. Ces granulations sont, en effet, non pas disséminées dans tous les muscles, mais disposées dans le çoisinage des /jo/es des noijaitx Diiisculaires, c'est-à-dire dans la portion de la cellide qui n'a pas subi la différenciation en substance striée. Dans certains cas, cette atrophie bi une s'accompagne de l'ragmentation et de dégénérescence graisseuse du myocarde et aussi de vacuolisation des noyaux musculaires. Le pigment de l'atrophie brune se rapproche beaucoup du pigment qui infiltre les cellules profondes du corps mu(|ueux de ÎNIalpighi, puisqu'il en présente les caractères histochimiques ; il olfre aussi une analogie avec le pigment mélanique des sarcomes. Il se dissout dans une solution alcaline, en lui donnant une couleur semblable à celle du café. Lorsqu'on abandonne cette solution à elle-même, elle devient plus claire et même presque rouge; elle reprend sa teinte primitive dès (pi'on l'agite à l'air. On constate un phénomène analogue dans l'urine des malades atteints de sarcome mélanique. Le pigment de l'atrophie brune présente une grande résistance à l'alcool, à l'éther et au chloroforme. Traité par les réactifs du pigment ocre (sulfhydrate d'ammoniaque, ferrocyanure de potassium et acide chlorhydrique), il ne donne pas la réaction ferrugineuse; il se dissout facilement dans les solutions alcalines. Il se rapproche donc beaucoup du pigment qu'on observe dans les organes des vieillards et dans les cellules nerveuses, au cours d'un grand nombre de maladies cérébrospinales. La pigmentation de ces derniers éléments |)ouvant aller jusqu'à l'atrophie a été étudiée par Duchenxe de Bol'LOG^'E, Chaucot, l'École de la Salpètrière et par les auteurs russes (Lioubimoff, Sud.v- KEwiTCH, Levine, Beliakoff, Merjeyewsky, Popoff, etc.). On l'observe dans les maladies à marche lente du système nerveux et surtout dans les maladies infectieuses, oïi elle est très souvent associée à la dégénérescence graisseuse. La pigmentation a probablement une double origine, à la fois hématique et autochtone, car la lésion est fréquente dans les régions frappées d'une stase veineuse intense et où l'on constate une accumulation de pigment granuleux au voisinage des vaisseaux (fig.

Une pigmentai ion rare est celle qui frappe les cartilages du squelette : elle a été décrite pour la première fois par VntCHOW, sous le nom d'oc/ironosis. — La coloration noire n'atteint pas seulement les cartilages, mais aussi l'endocarde, la membrane interne des artères et les ganglions mésentériques. Elle a pour origine apparente des li(''morragies antéi'ieures, mais ces hémorragies existent souvent sans

DÉGÉNÉRESCENCE PIGMENTA IHE

provoquer l'ochronose. lin réalité, la cause intime du phénomène nous échappe.

Aux pigmentations exceptionnelles se rattachent encore les taches noires congénitales qui se montrent dans tous les organes et qui ont été décrites sous le nom de rhromatose (Sackiî, Hahtkinsteix, Knoll, GzOKOii, etc.). Disséminées sur tout le corps, ces taches s'observent de préférence chez les veaux et les porcs.

Dans cette dernière espèce animale, la coloration do la graisse peul même prendre une teinte brun noirâtre. Les cellules pigmentaires, cause de cette coloration, sont disposées le long des vaisseaux, dans les espaces périvasculaires.

Fig. lî). — Globules rouges envahis par les liémalozoaires de Laverax. Les parasites, dont la plupart sont chargés de pigment noir, se présentent sous la Cornie d'amibes, de rosaces ou de croissants (D'après Ianczo).

Dans la inèlanèmie par fièvre palustre^ Torigine hématiqiie du pigment est très nette. Dans les formes graves, on découvre dans la rate, les gan-

Fig. i3f). — Leucocytes chargés de pigment mélanique, dans un eus de malaria

(D'après Ianczo).

glions lymphatiques, la moelle osseuse, le Ibie, le cerveau, et en général dans les parois des capillaires de tous les organes, des sphères amorphes

Chaktemesse et Podwyssotsky. Processus généraux. 15'

TliOinr.ES ATROPllIQrFS DE LA MTniTIOK C E K L L A J R E

t;-. i !;. — LcilciicN le (diiiis un (■:is de ninliu-ia) iivoiil englobe un liéninlozoaiie en rosace, i liargé (le pignierit, et un glo- Imle riiiige. envahi Ini-nième par line pelile amibe.

de pigmenl toul ;i (ail noii-; eelui-ri se t lom e soit à riutéi-ieu)' des leucocytes et des cellules cndolliéliales, soit à rëtatlihi'c, iiag-eaiit dans le sang et oblitéiani parfois complètement des anses capillaires, sous la l'orme d'embolies pigmenlaii-es. L'accumiilatioji de pigment dans tous les organes, et surtout dans les ganglions lynipliatiques et la j'ate, peut, dans les formes prolongées de malaria maligne, atteindre un degré tel, rpie ces oiganes ])rennenl une colorai ion brun fonce'' ou noire, justifianl ainsi raiicienne (léiioini)iation de mélanémie. Il est possible de suivre dans tous ses détails le processus de formation de la mélanine el de constater <|u'e]le est créée, aux dépens de rbenioglobine des liémalies, par

riiémato/oaire de Layehan. l\Mit-étre Taddilion de la substance nucléinique du parasite à riiénH)gl()l)ine du globule esl-elle nécessaire pour

la l'ai re a|)|)arait re SAKUARorF).

Le pariisile, pelile amibe iiicolore, de fornu' s|)liéri- (pu' ou ii r(''guliére , apparaît dans rhémalie, y vit, s'\ (l('"\ ('lo|)|)e, s'\' meut et en élabore FluMnoglobine, de telle sorte qu'au bout rie (pielfjues lieures (ipf)nraissr/if dans rinlèi-iein- ilii parasilc de //■('S /i/ics <ii-iu)iil(ili()ns hrii/i itfiinilres de nichiniiu'. tandis (|ue le coi-[)s de TluMiialie, dépouillé de son l)énu)globine, se décolore ])eu à ])eu (lig. .3;).

La découverte du ]iarasil(^ el du mode de foi-mation (lu pigmenl apparlieni sans coniesie à Lwkhxx i(S8n), donl les travaux furent conlirmés par l{i(.n\nn et ensuite par M arcih \ r \\ \ el (Iki.i.i ; iS84. (^es derniers ont montré que le pigment iTc'Iail (pu' le i('>sidu de la digestion de riiémoglobine par le parasite. Le pignicnl s'accu niule, sous forme d'amas de granulations noires, dans l'intérieur du parasite

Kig-. i38. — Coiipc du cerveau dans iiu cas de fièvic pernicieuse. Le capillaire renferme des parasites en rosace chargés de grains pignientaires (mélanine). { D ' n p r è s C o u N ( : 1 1 . M .\ ?< N ) .

DÉGÈKÉRESCENCE PlGMEXTAtRE 307

((iii continue h se développer dans sa loge inti-aglobiilaire tout à fait décolorée, ou qui nage lihi-enient dans le sang. Lorsque le parasite se multiplie," l'amas de granulations pigmentaires persiste au milieu des jeunes coi puscules ('alcilornjes (fig. ii').V), et, lorsque ces corpuscules se séparent, il est mis en lihcrtc', circule et est al)sori)é pai- rendothéliuni des capillaires. Souvent aussi le païasite chargé de pigment est englobé par les leucocytes : il est tué et digéré par le protoplasme et ne laisse bientôt plus d'aulres traces de sa ])réseiu'e anléi-ieure (pic le pigment (fig. i36) clian ic le tori eiil ciiculaloire. iW pigmenl liiiil par s(.^ déposer, le plus souvent, dans le l'oie (dans les cel/n/cs l'ioilécs.^ dans la rate, les ganglions I vni|)l)al i([ues, les capillaii(^s du cerveau, etc. '(ig. lijSj.

L'oblitération des capillaires de di\ers organes, l'iri-itation des tissus |)ar la présence d'amas pigmentaires, aboutissent à provoquer l'apparition des altérations dégénéi'atives et inlhimmatoiics (pii caractérisent les l'ormes graves de la malaria, notamment cii i-ho.scs plgnicnUiires du foie et des reins^ la dégé/uh-esce/ice amiiloïdc cl in'i^niciilnire de la rate, les lésions du système nerveux, etc.

Il faut remai-quer tijuleibis cpu' le pigment constaté cbe/. les imlividus lra|)pés par la malaria iTesl pas seulement du pigment noir l'abricpu' par le parasite. Il y a aussi, dans l'infection palustre, une quantité plus ou moins grande d'un autre pigment, pigment jaune^ pigment ocre, qui, contrairement au pigment noir, donne les réactions caractéristiques de la présence du fer et t(''moigne ainsi de son origine liémoglobinique. Ce dernier pigment se i-approcbe beaucoup des autres |)igmenls oci-es constatés dans un certain nombre de cachexies [jignu-ntaii-es, si même il ne s'identilic pas avec eux. Les tra\aux de Kklsch el Kie>eh sur la malaria ont bien ('labli la Jiature ferrugi ihmisc de ce pigment ocre et montré sa [U'csence dans les divers organes des palucb'cns, et en particulier tlans les é|)ithéliums des tuhes contournés du rein (1889).

Les cas les plus typiques de ])igmentation hématogèiu' s'obsei Nciit ilans les in^lanomes (pii appartiennent au Ivpe conjonctif (sarcun/e). Parfois on constate, dans ces lununirs, raccuinulal ion de plusieurs centaijies de grammes de pigmenl biiin el noir. Les granulations infarcissent les cellules de la tranu' conjoiu'tive el surtout les cellules de la tumeur elle-UM'une, de sorte que celte dernière pi-end une teinte brun noiiàlre. Nkxcki a isolé de quelques tumeurs nu'lanitpu-s le pignuuit en (piestiou et l'a désigné une fois sous le ju)m de ijln/nui lornsine et une autie fois (sarcome du chevaly sous celui iV liippoiiièldiiiiic. (]es pigments, surtout le premiei-, se scuit montrés i-iches en soufre ■' à 11 |). 100) et dépoui-vus de fer, et c'est pour cette raison cpie heaucoup d'auteurs leur ont attribué une origine aulo<-hlone.

3o8 TROUBLES ATROrHIQlES DE LA ^'UTRITION CELLLLAIRE

Cependant, d'autres observateurs (Oppenheimer, M. Schmidt, Môrner, VVallad) ne dénient pas à ces mélanines une origine héniatique.

La démonstration que ces pigments dérivent de Thémoglobine des hématies lut-elle inattaquable, il n'en serait pas moins certain que le protoplasma vivant des cellules prend une part très active à leur formation et que la teneur en soufre du pigment a nécessité l'utilisation d'un nombre considérable de molécules d'albumine pour édifier une seule molécule de pigment. Ce pigment des tumeurs se rapproche surtout des

Fig. i3(). — Cellule de sarcome mélanique. Forma- Fig. 140. — Cellule de sarcome mélanique. tion dans le protoplasma d'un clément piginentaire Formation intra-protoplasmique de pigrappelnnt un peu l'aspect d'un parasite. ment.

pigmenis de la choroïde, de ceux des cheveux et de la peau. Les mélanomes prennent d'ordinaire naissance dans les régions déjà pigmentées normalement (choroïdes, taches pigmentaires cutanées, etc.). Leur évolution clinique est particulièrement maligne; les foyers métastatiques engendrés par le transport de cellules néoplasiques en d'autres organes s'accroissent très rapidement et sont capables de fabriquer une quantité de pigment supérieure à celle des foyers primitifs.

Si la présence de sporozoaires ou autres parasites dans ces tumeurs était démontrée, la prodm lion de jjignienls dans les Diélanunies serait facilement ratttichèe an eijcle vital des parasites. L'analogie avec la production des pigments d'origine malarienne serait évidente, mais la cause immédiate de la pigmentation des cellules néoplasiqaes nouH est encore inconnue. Bien que cette mélanine soit ordinairement dépourvue de fer, on a cité des cas oîi la présence du métal a ])u (Mre décelée (Oppenheimer). L'/tistogenèse des tumeurs melaniques est loin d'être complètement étudiée et ce domaine pathologiiiue offre encore aux in\'estigateurs de riclies matériaux d'étude.

Nous avons pu constater, dans un cas de tumeur pigmentaire du corps vitré (ostéosarcomc iiiélanoïde), la présence de pigment dans les corpuscules osseux (fig. i4i)- L'absence de granulations pigmentaires dans les canalicules osseux ne permettait pas de supposer qu'au moment de la formation du tissu osseux dans le néoplasme, les ostéoblastes, di'jà chargés de pigment, fussent devenus des corpuscules osseux. La présence de la mélanine dans les ostéoblastes a été signalée aussi

DÉGEyERESCENCE PIGMENTAI RE

Fig-. 141 . — Ostéo-sarcome luélanique de l oeil. Grains de pigment mélanique dans les corpuscules osseux.

par BoLLixGER, dans un cas de pigmentation des organes internes ()l)servé chez une poule noire.

Les anciennes observations d'Ei-

SELT, IVLEXCKE, LeBERT et WySS,

LiouviLLE, et les travaux' récents de MoRAU et de Queyrat, cjui ont obtenu des résultats positifs en inoculant des tumeurs, semblent plaider en faveur de l'hypothèse parasitaire des tumeurs mélaniques. Parmi les auteurs récents , Bard émet I hypothèse que les granulations mélaniques elles-mêmes ne sont que des parasites. Il est impossible jusqu'ici d'accepter cette manière de voir. L'étude la plus détaillée des cellules pigmentaires des mélanomes et la recherche du parasite n'ont donné aucun résultat. Il est vrai que le durcissement des pièces absolument fraîches permet parfois d'observer, dans quelcpies cellules mélanicjues , des inclusions protoplasmiques sphériques, avec un ou plusieurs noyaux (fig. i'3g-i43) rappelant l'aspect des amœbosporidies et contenant dans leur intérieur une poudre pigmentaire très line. Mais ces formations n'ont pas un caractère de spécificité suffisant et ne sont peut-être cjue les vestiges de la cellule néoplasique englobée par la cellule mélanique, avec désagrégation chromatolitique de la substance nucléaire. Les plus fines granulations brunes remplissent, sous forme de corpuscules spliéricjues, de dimensions variables, des cellules du mésoderme (fig. 140-1 '(3) qui sont, semble-t il, mobiles et transportent le pigment, par les fentes lyniphalicjues, à la périphérie du foyer primitif.

Dans d'autres cas, les granulations mélanoîdes offrent la forme cristalline ou en bâtonnets, remplissent des vacuoles cellulaires

(fig. 139), augmentent de volume, et les cellules se chargent petit à petit de pigment.

Kig-. 142. — Sarcome mélaniqu

Fig. i4 j. — Cellules de sarcome mélanique. .■\pparirition dans le protoplasma de grains pigmentaires et formation de productions rondes ou ovalaires simulant la présence de parasites.

3io TROUBLES ATROPIIIQVES DE LA AUTRITIOX CELLULAIRE

En nous basant sur l'histogenèse des mélanonies que nous avons étudiés, nous ci-oyons ])()uvoir affîrnier que, dans la grande majorité des cas, le pigment n'est pas d'origine iH'Muatogèiic. mais se forme grâce à une activité vitale, d'essence encore inconnue, du proto|)lasme. Une substance mélanogène spéciale, incolore, distribuée en poudre extrêmement fine, couvre comme d une poussière le protoplasme de la cellule (fig. i4o)> et les grains ténus se fusionnent pour former des cenlres pigmenlaires sphi'ricjues.

Soiiveiil le pigment des iiK'laMoiues passe dans riirine el donne le s\ in|)tùnie connu sous le nom de mélanurie : l'urine fraîche, de teinte l)i-un sale, fonce à l'air et sous rinlluence d'agents oxydants, ou bien, conservant sa coloration normale, elle ne subit de changement que sous l'action des oxydants. J^a mélanine sonble donc être le produit de l'oxydation d'un mélanogène, et la mélanurie parait résulter de la destruction de cellules de la tumeur et de la mise en liberté, dans le sang, des grains pigmentaires que ces cellules contenaient. Chez les individus atteints de néoplasie inélanique, on observe en effet dans les organes, dans l'endothélium des capillaires, dans les leucocytes, la présence de grains de pigment. Par\enus dans la ciicidalion , ceux-ci subissent un processus de réduction ; leur o.xygène dis])arait, et ils se transforment en un mélanogène, corps incolore, éliminé par l'urine, qui plus tard sera de nouveau élaboré et refera la mélatiine, sous rinlluence d'une oxydation nouvelle extra-organique.

MiLR\ a obtenu expérimentalement Ir mélanogène dans les urines en injectant dans la cavité abdominale d'un Uipin de la mélanine suspendue dans une solution physiologique de chlorure de sodium. La présence de mélanogène ou de mélanine dans les urines constitue un facteur im fjortant du didi^nostic des tumeurs jji<^///e/itai/'es.

\jicterc foinu' |)ar remmagasinement de pigment biliaii'e dans les tissus représeide le troisième groupe de pigmentations (pie nous avons admis. Il s'iiililirc' dans les lissus [)ar diffusion ou (pielquefois les pénètre sous la forme de pelils grains- ou de menus ci islaux , ictère des nouveau-nés^. Dans ce derniei- cas, les préci|)ilés formés de bilirubine sont identiques aux cristaux d'iiénialoïdine (pii intiltrent les anciens foyei s licmori agi(pies.

Les pigmentations épidermiques d'origine liémalogène prennent ordinairenxMil leur source dans la destruction des globules rouges sous rinlluence d'un (xiison pigmentation par into.rication . La plus i-emar- (piable d'enti-e (dies est la méla/iose arsenicale. Les ci taches arsenicales )>,

J) K a K JS !■: H E s ( -KN C K PIC M K \ T. i I IlE

déci-ites en i8H >. par Devkhgie et Ba/tx, se l eiicoiil l eiil clic/, des malades atteints d'afleclious diverses 'psoriasis, eczéma, etc. (pic Ton a soumis à l'absorption intensive et |)rolongée (Tarsenic. l-'llcs peuvent se montrer parfois, d'une manière très précoce Uicn viiniKHi: , Sciilesixger , Smetaîsx, etc.), chez des malatles cpii, en trois semaines, ont al)sorbé une dose d'acide arsénieux ne dépassant [)as \'>.a inilli*i,ianimes ou une cpiantité d'arséniate de soude intérieure à ar^o milligiammes. La sensil)ilite particulière du [)alient et son idiosyncrasie jouent ici un rôle essentiel, car certaines |)ersonnes supportent impuncMneiit pendant huit ou dix ans la nu-dication arsenicale, sans être aucunejnent [)igmeJitées. l'iie aussi prodigieuse tolérance peut cesser en quehpies joui-s et les taches arsenicales apparaître, si la dose habituelle du poison subit tout à coup une augmentation (cas de Mathieu).

L'interruption du traitement amène la disparition progressive des taches arsenicales et même une diminution notable, l'arl'ois la pigmentation atteint une très grande intensité et la peau du malade ressemble à celle d'un mulâtre. Les nuupieuses jie sont jamais pigmentées (signe impoilani pour le diagnostic différentiel avec la maladie tl'Anmsox . i^'histogejièse du pigment (pii infiltre par places l'épiderme n'est pas encore bien étudiée. Certains laits paraisseiil indiquer <pie ce |)ignient est le résultat de la destruction exagérée des gb)bules rouges dans certains vaisseaux de la peau (V\ts, Stieblixc, Mullkr'; toutefois, le problème n'est pas résolu (Spiegler, Smetaxa, etc.) et la lumière doit être demandée à l'expérimentation.

\yA la/igiic noire (nigi'ilie linguale) est une allrdioii cai'acti'riséc par nue pigiueiilaliou et une hypertrophie du revêtement ('pilhélial des |)apilles tllifonnes de hi langue. Entrevue par Rayeii (i8'i5) et par Lulexbeiu; (!SVj),elle ne fut éludiée complètement que par Guiîlkh et par Maurice IXaynaud (18G9).

GunLEn en donnait la dcsi riptioii siihaulc. « Chez queitpies personnes, spi'cialrment chez des malades el des vieillards, 011 i'eiiiai'([ue sur la lare dorsale de la langue un enduit noir, ayant manifeslenient son siège dans la couche d'épilhclimn ([iii es! alors très ('-paisse. Les gaines épithéliales des papilles forment eu ce cas de longues villosilés, couchées en sens difTéreiits, à peu près comme de rherl)e versée. La couleur noire, plus profonde auiuilieude la langue où répilhéliuiii est plus haul, s'aMi'nnc vers les bords et à la pointe où la cuticule épidermiquc est plus rare. Il est impossible de détacher la couleur noire sans enlever les coiffes épilh(''liales el l'opération est difficile à exécuter. I^a durée de cette affeclion est très variable, de quelques semaines à quelques mois. Chez un de mes amis qui sonlTi-it lougtenqis d'une grave affection des voies digestives, cette couleur noire de la langue apparut eu même icunps que les symptômes abiloininaux et ne commença à s'atténuer cjue lors([u'ils fnrenl am»''liorés. Elle dura plus d'une année entière. On a dû songer à la pi'ésence d un parasite, mais jusqu'ici l observation microscopique n'a pasjustith' cette hypolhèsi' ».

La queslion de l'origine parasitaire de celte affeclion fut agilée loiit d'al)ni d |)ai-

312 rnOVBLES ATROPHIQUES DE LA NUTRIT ION CELLULAIRE

GviîLKit, par M. Rayn.vi d, |)ar Diîssois, par Sicll qui invoqua l exislence d'une mycose; mais plus lard Scheech, Rossbach, Brosix, Dinkler, Rostouzeff, Pod- WYSsoTSKi, Alb. Mathieu, etc., rejetèrent l'opinion qui invoquait la présence d un germe spécifique.

L'un de nous, témoin en 1892 d'une petite épidémie de langue noire à l'hospice dos vieillai'ds d'issy, a lente'' à plusieurs reprises l'inoculation de papilles teintées sur des langues saines soumises préalablement à diverses injures (cautéi'isations, etc.) : les inoculations sont toujours resti-es infructueuses.

En raclant énergiquement le dos de la langue avec une spatule, il est facile de se procurer les productions liliformes qui caractérisent la mélanotrichie. Après dissociation, elles apparaissent sous forme de iilaments allongés, à surface irrégulière, rugueuse, comparables à un épi de blé barbu, dans lesc^uels on constate une zone périphérique foncée et une zone centrale plus claire. Après dégraissement des poils par la potasse, l'éther, l'alcool, et coloration, on reconnaît que les productions filiformes sont formées de cellules épithéliales soudées les unes avec les autres et ayant subi la transformation épidcrinique .

Le revêtement épiihélial des papilles filiformes s'est hypertrophii' : au lieu de son évolution normale, il a subi la kératinisation épidermique à laquelle il doit sa cohésion et la résistance cpii lui permet, avant de se desquamei-, d'atteindre la longueur de un à deux centimètres. Ce processus de kératinisation épidermique a été suivi par lÎROSix qui a vu dans les couches profondes de l'épithélium des rangées cellulaires contenant de grosses gouttes d'éléidine.

La couleur de la langue a été attribuée à la graisse (A. Mathieu) qui infiltre les cellules épithéliales et surtout à l'hyperkeralinisation; mais la nature du pigment reste inconnue. Indépendannuent do la coloration foncée autonome des villosités kératinisées, la couleur brune ou noir(> de la langue peut être due à la prolifération de bactéries et de champignons du genre mucor entre les villosités.

Les cas de Rayer (i88'i), de Ciaglixsky et Hewelke, et celui plus récent de ScHMiGELOW (1896), permettent d'accepter l'existence d'une forme particulière de nigritie linguale iiiucorine.

La cause essentielle de rhyperke'raliuisalion des villosités de la langue n'est pas encore connue. Cette maladie se rencontre, dans l'immense majorité des cas, chez les vieillards et chez les personnes qui souffrent de phénomènes dyspeptiques.

On a pu observer la langue noire chez des enfants et chez des individus jouissant d'une santé parfaite; elle est susceptible de guérison et de récidive. Dans un cas que nous avons observé chez une dame âgée, la langue noire, qui était fort prononcée, avait disparu complètement après la guérison du catarrhe de l'estomac par une cure d'eau minérale. Cette teinte n'a rien k faire, bien entendu, avec les colorations brunes ou noires de la langue, d'origine médicamenteuse, qui se montrent après l'usage de l'oxyde de fer ou de l'argent.

Les diverses pigmentations que nous venons de passer en revue ont ce caractère particulier d'apparaître pendant la vie du malade; elles ne peuvent donc être confondues avec les fausses pigmentations (pseudo-mélanoses) d'origine cadavérique. Cellesci se manifestent le plus souvent dans les organes internes, dans l'estomac, dans le foie, au point où ce dernier organe se trouve en contacl avec l'estomac, etc. ; en général, dansles régions gorgées de sang, soumises àlaputréfaclion et àl'aclion de l'hydro-

INDEX niBLIOGRAPIIiqUE

gène sulfuré. Le sulfure de fer, résultat de la combinaison de l'hydrogène sulfuré avec le fer de l'hémoglobine décomposée, donne naissance à une coloration vert noirâtre caractéristique.

Toutes les colorations cadavériques ne peuvent être cependant rattachées, comme le croyaient Vogel, Perls, Guohe, etc., à la présence d'un sulfure de fer précédée de la formation d'hydrogène sulfuré. Les tissus portent souvent en eux-mêmes une prédisposition à la production de la pseudo-mélanose, prédisposition due à l'existence, pendant la vie, d'hémorragies punctiformes et de décomposition de l'hémoglobine des hématies exsudées des vaisseaux. NE^JMA^'N a montré, en effet, que dans les pigmentations cadavériques les granulations de sulfure de fer ne se trouvent souvent ni dans le tissu, ni dans les vaisseaux sanguins, mais à l'intérieur des cellules. On est donc obligé d'admettre, dans ces cas, que la décomposition de l'hémoglobine s'est faite pendant la vie et qu'elle a été accompagnée de l'absorption des grains de pigment ocre parles cellules.

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE

On trouvera dans la pathologie générale de Paschoutine des indications bibliographiques très complètes dos travaux parus sur les pigmentations jusqu'en i885. Consulter en outre sur ce point : Cruveii.hier : Anat. pathologique.

R. ViRCHOw : Die path. Pigmente. (Virch. Arch., Bd. I, 1847) ; Idem : Bd. 12, 1807. — AvERBECK : Die Addison'sche Krankheit, Erlangen, 1869 (toute la bibliographie y est réunie, depuis le travail d'AnDisoN lui-même, c'est-à-dire depuis l'année i855). — VulpiAN : Leçons sur les vasomoteurs. — Perls : Nachweis von Eisenoxjd im Pigment, Bd. 39, 1867. — Beigel : Nigrismus und Albinismus. CVirch. Ar., Bd. 43.) — Cornil et Ranvier : Manuel d'histologie pathologique. — Langhans : Resorpt. d. Extrav. und Pigmenthild. [Ibidem, Bd. 49, 1870.) — Pouchet : Journal de l'anatomie, 1874-1887. — Rossbach : Addison'sche Kr. und Sclerodermie. [Ibid., Bd. 5o.) — Orth : Braune Indurat. d. Lunge. (Ibid., Bd. 58, 1873.) — P. Bert: Compt. rendu, 1873. — Gussenbauer : Ueb. Pigmentbild. in melanit. Sarcom. [Ibid., Bd. 63, 1875.) — Quincke : Deutsche Arch. f. klin. Med., Bd. 25, 27 u. 33 (désagrégation des globules rouges). — Laveran : Hématozoaire du paludisme. Compt. r., 1881 et Traité du paludisme, 1898. — Eiselt : Prag. Vierteljahrsch., Bd. 70 et 76. (Melanurie). — Fi.nkler : Ccntr. f. kl. Med., 1880. (Melanurie u. Melanogen.) — Demieville: Ueb. d. Pigmenthild . d. Haut. [Ibid., Bd. 81, 1880) ; aussi Revue méd. de la Suisse rom. — R. Blanchard : Peau des lézards. Soc. zoolog., 1880. — Kaposi : Xeroderma pigment. (Med. Jahrbùch., 1882.) — Hanot et Chauffard : Cirrhose pigmentaire hypertrophique dans le diabète bronzé. Rcv. de Médcc, Mai, 1882. — Affanassiew : Ueb. Icterus und Hœmoglobinurie durch Toluylendiamin. (Zeils. f. klin. Med., i883.) — Pick : Melanosis lentic. prog. (Viert. f. Dermat., i884-) — A. Dostoïevsky : Histologie des capsules surrénales. Thèse de St-Pétcrsbourg, 1884. — V. Tchige : Kùnstliche Bild . von Farhstoff im Nervengewehe. (Virch. Arch., Bd. 97, 1884.) (Apparition des grains pigmentaires dans le tissu cérébral à la suite d'un long séjour dans le liquide d'ERLiTZKY.) — Krukenberg : Grundziige einer vergl. Phys. d. Farbstofs und der Farben, Heidelberg, 1884 (pigments des animaux inférieurs). — Mackenrodt : Ueb. Chlosma utérin.., Diss., Halle, i885. — Aeby : Herkunft d. Pigm. im. Epith. (Centr. f. med. Wiss., i885.) — Nothnagel : Zï/r Path. d. Morbi Addisoni. (Zeitschr. f. klin. Med., i885.) — Elsaesser : Pigmentfleck. d . Haut, D'iss., Berlin, 188G. — Villejean : Pigments et matières colorantes de l'économie animale, Paris, 1886. — Bard : De la nature parasitaire de la mélanose et de certaines tumeurs mélaniques. (Lyon Méd., i885.) — Engel et Kiener : Sur les altérations d'ordre hématique produites par l'action du sulfure de carbone sur l'économie. Compt. r., août, Chantemesse ot P0DWYS.SOT.SKY. Processus g-i'iiéraux. 1^^

3i4 TROIBLES ATROPIIIOIES DE LA MTRITION CELLULAIRE

— E.\c;];i, cl Kiknhr : Sur la formation cl l éliminalion du pigment ferrugineux par la loluylencliamine. (]ompt. r., septembre 1886. — Ehrmamn- : Physiol. und Path. d. Hautjiigm. (Yiertelj. f. Dormat., i88j.) — Vossius : Mikrochem . Unters. ûb. d. Urspr. d. Pigm. in melan. Tumorcn d. Auges. (Graefe Arch., Bd. ji, 188). — Oppenhei.mer : Pigmenthild . Il) melan. (iesrlnv. (V'ircli. Arcli., Bd. 106, 1884.) — H.\not el Sch.vchm.\^nn : Sur les cirrhoses piginentaires dans le diabète sucré. (Arch. do physiol., t886.) — Miura : Melanin und Melanogen. (Virch, Arch., Bd. 107.) — ^'ariot : Lésions de la peau dans la mélanodermie congénitale. (Arcli. de phys., 1887.) — Riehl : Path. d. Morlii Addisoni. (Zeitschr. f. kl. Med., i885); et Viertelj. f. Dcrmal., 1887. — Morner : Zeitschr. f. phys. Chemie, Bd. ai, 1887. (Démonstr. de la présence du l'er dans les tumeurs niolaiiiques, contrairement à l'avis de Nenoki.) — KoEi.LiKER : Zeit. f. wiss. Zoologie, Btl. 47. 1887. — Stilling : Zur Anat. d. Nebennieren. (Virch. Arch., 1887, t. 109.) — Berdez et Nencki : (Arch. f. exper. Path., Bd. 20.) — Nencki et Nad. Zieber : Ibidem, ^à. 24. 1888.) — X. Zieber : Ibidem, Bd 20.

— NEu^IA^^■ : Pathologie Pigmente. (Virch. Arch., Bd. [II, 1888.) — • W. Affakassieff : De la pathologie de la maladie d'Addison. (\A"ratch, 1888.) — Karg : Studien liber transplant. Haut. (Arch. f. Anal, und Phys., 1888.) — Kaiii.dex : Addison Kranlilteit. (Virch. Aicli., Bd. I I j, 18H8 ; l)ibliographie étendue.) — Leydig : Pigmente d. Hautdecke undd. Iris, \\iir/.h., 1888 (des j)igments chez les animaux inférieurs). — R. Krause : Die Haut d. Affén. ÏYiss., Yiri-Wn, 1888. — Ray.vio.nd: L'urticaire pigmentée, Paris, 1888. — Giard : Mimétisme. (Bullel. scieulif., 1888). — Roux et Ykrsix : Mémoire sui' la diphtérie (Auu. lusiii. Pasleur, 1888.) — C Backmann : Ueher Xeroderma pigment. Diss., Kiel, 1888. — lÎARTH : Cirrhose hyperirophicjiic chez an diabétif/ae. (Soc. anal., mai 1888.) — Braulï et Gaillard : Sur un cas de cirrhose hypertrophiijue pigmentaire dans le diabète sucré. (Arch. génér. de médic. , janvier, 1888.) — AN'ii.d : lunwanderung \'on Pigment in das Lpithel bei Melanosarcom. Diss., Sirassburg, 1888. — Fr. Maas : Arch. f. niilir. Anat., 1889, Bd. 34.

— M. Mu>x : Myohdmatin. (Zeitschr. f. phys. Cliem., 1889.) — Kelscii el Kienkr : Maladies des pays chauds, 1889. — Bal.mel : Capsules surrénales et mélanodermie , Paris, 1889. ~ F. Hoffmann: Ilerzfehlerzellen. (D. Arch. f. kl. Med., 1889, Bd. 45.) — P. I'nxa : Das Pigment d. Haut. (Monaisch. f. Dermal., 1889, Bd. 8.) — M. Schmidt : Vertvandsch. hdniaiog. und autochton . Pigmente. (Virch. Arch., Bd. ii^, 1889.) — S. Meiersohx : Ibid., Bd. 118, 1889. — Brandt und L. Pfeiffer : Zeit. f. BioL, Bd. ïti, 1889 (analyses chimiques quantitatives de la mélanine des sarcomes). — G. Tizzom : Ziegler's Beitr., Bd. VI, i88g ; (bibliographie détaillée touchant l'étude de l'ablation des capsules surrénales el de la maladie d'Addison expérimentale.) — I. Maïeff : Syphilide pigmentaire, Vralch, 1889. — V. KoLTipiNE : Des rapports entre la malad . des capsules surrénales et la pigment, ciitan. dans la tuberculose. Thèse de Saint-Pétersbourg, 1889. — M. \Valla(:ii : Wirchow Arch., Bd. 119, 1890. — Abel : Bemerk. iib. d. thier. Mélanine und Hamosidcrine. [Ibid., Bd. 120, 1890; l'auteur défend rojiinion de Nencki sur l'origine albumiuogène des mélanines des tumeurs.) — A. Philippson : Ueb. Haiitpigment . (Forlschr. d. Medicin, 1890, n° 6.) — Zaïsder : Beziehung d. Nebennieren zu and. Organ. (Ziegler's Beitr., Bd. 7, 1890 ; bibliograjjhie très étendue sur ce sujet.) — Doutrelepont : Urticaria pigmentosa. (Arch. f. Dermatologie, 1890. — Bonnet : Ueb. Eingeweidemelanose , Wiirzb., 1890. — II. Stillinc : A propos de quelques e.rpér. sur la mal. d'Addison. (Rev. de méd., 1890.) — • Y. Babes et N. Kalindero : Un cas de mal. d'Addison as'ec lésions des centres ners'cu.r, Paris, 1890. — Kaulden ; Ueb. Addis. Krankh. (Ziegler's Beitr., 1891, Bd. X.) — Rolloff:

Fall von Morb. Addis. [Ibid., Bd. XI.) — C. Alexander : Unters. iib. die Nebennicre und ihre Bcz. z. A''ervens. (Ibid., Bd. XI; bibliographie étendue.) — V. Tcuirkoff : Ueb. d. Blutverander. bei d . Addison schen Krankh. [Yje'ii^chr. f kl. Med., 1891, Bd. XIX.) — BosTROEM : Ucbcr die Ochronose d. Knorpel. (Virch. inlern. Fesischr., Bd. II, 1891.) — Abelous et Lanclois : Soc. de Biologie, 1891-189G. — F. Marchand: Zur Kennlniss der iiormalen und pathologischen Anatomie d. Glandula carot. und der Nebennieren (Ibidem.) — Caspary : Ort. d. Bild ang d . Ilautpigm . (Arch. f. Dermat., 1891.) — Jariscii : Bild d. Oberhautpigm. des Frosrhes. (Ibidem.) — Raymond : Chromoblastes et maladie d'Addison. (Arch. l^hys., 1892.) — S. Mark : De la pathogenèse du vitiligo (russe), 1892. — F.. VON Di NGERN : Beitrugc zuv Histologic d . Nebennier. bei Morb. Addisoni, Diss., Frei boui-g, 1892. — Gonzalez IIernandez : La cache.rie bronzée dans le diabète, Thèse de

Page 1