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NÉCROSE. MOR TIFICA TIO

GANGRESE

laires anormaux, tapissés criiii tissu de granulations qui l'ont communiquer les parties j)rolbndes avec la surface de la peau ou des muqueuses; la voie ainsi tracée permet l'élimination, par le pus, des Iragmenls de la région nécrosée, (hiand le tissu mortifié est de consistance trop duie (os, etc.) pour être résorbé, il se forme dans la zone (pii Tentoure une enveloppe conjonctive c|ui revêt les caractères du tissu cicatriciel ou même une capsule osseuse. Les fragments de Tos nécrosé, ou le scqueslre^ [sequestrare^ séparer) ainsi incarcérés, peuvent rester toute la vie sans subir de modifications ultérieures; il en est de même de certains corps étrangers aseptiques (grains de j)lomb, balles, etc.).

La gangrène se présente parfois sous des formes assez caractérisées pour que la dénomination sous laquelle on range les types cliniques permette sans trop d'erreur d'en prédire l'évolution et la gravité. La gangrène traumati(|ue arrive à la suite de chocs considérables, de broiements par des engrenages. La peau qui recouvre la région vouée à la mortification peut être intacte en apparence, ne présenter qu'une légère teinte Ijleuâtre, mais le froid et l'insensibilité se montrent (stupeur des tissus blessés). Bientôt les traînées veineuses, les phlyctènes annoncent que la gangrène est réalisée. Les douleurs, les fusées gangreneuses, la prostration, font prévoir la gangrène humide septique mortelle à brève échéance. Parfois la marche de l aOection est encore plus rapide, et le malade est emporté en quelques heures (gangrène foudroyante, gangrène gazeuse, pyohémie putride (Maisonxeuve), érysipèle bronzé (Velpeau), emphysème gangreneux (Ch.vssâignac), œdème aigu purulent (Pirogoff). La marche rapide des accidents est duc, non au traumatisme en luimême, mais au développement de certains microbes, surtout du vibrion septique de Pasteur, microbe anaérobie dont les spores sont répandues avec une extrême profusion dans la nature. Il faut signaler immédiatement que la gangrène traumatique n'allecte pas toujours une marche envahissante ; elle ])eut se limiter, donner lieu à une escarre plus ou moins étendue, qui se sépare par le procédé ordinaire.

La i^angrèiie sénile ou ga/ii>rè/ie spontanée des e.vlréinitès frappe plus particulièrement les membres inférieurs. Produite par une embolie, plus souvent par une thrombose d'origine athéromateuse (Dupuytren- Gruveilhier), elle débute d'ordinaire par une tache brune siégeant sur un orteil, au voisinage de la matrice de l'ongle, et s'accompagnant d'une insensibilité plus ou moins complète de la peau. On constate dès le début que les battements de l'artère principale du membre ont beaucoup diminué de force ; plus tard, la mortification gagne du terrain, pendant (pie se poursuit la momification des [)arties atteintes. <)uand la

i: VOLI TIOS

gangrène s'est limitée, le sillon crëliniination apparaît, se creuse, et, par le mécanisme indiqué plus haut, amène la chute de l'escarre. La marche est donc très lente, à moins ([ue ne surviennent, à un certain moment, des phcnfjiiu'nes de gangrène^ liumide et le dc'veloppcmcnt d'une infection septico-pyohémi(pie.

Les DioJadies i?ifec/ieiises donnent souvent lieu à des gangrènes fièvre typhoïde, typhus, infection puerpérale, érysipèle, dysenterie, choléra, fièvres éruptives, etc., etc.). Ces gangrènes reconnaissent des origines diverses, compressions, décubitus, embolies, thromboses, mais elles sont surtout la consécpience du faillie degré de résistance des tissus. Quand le corps est vigoureux, la réaction provoquée par un agent microbien se traduit par de la suppuration; quand l'organisme est all'aibli et incapable d'une réaction suffisante, la gangrène se développe. Les expériences de ViNCEXT sur son hacillus nosoconiiaUs ont bien montré l'inipcn'tance, dans les procès de mortification septique, de toutes les causes qui diminuent la résistance du tissu. Les gangrènes si fréquentes chez les diabétiques reconnaissent une influence analogue. Le staphylocoque, agent de suppuration, détermine de la gangrène quand on introduit en même temps que lui du sucre dans l'organisme des animaux (Bujwid).

gangrène syniêlri(jue des e.vlrèniités^ décrite par Maurice Raynaud, est le résultat d'une anémie locale avec stase du sang veineux dans les capillaires, anémie due aux contractions des muscles vasculaires. La sensibilité des régions atteintes disparait, en même temps que des douleurs très vives se manifestent. Les doigts deviennent noirs et à leur extrémité se forme une petite phlyctène qui crève, laissant le derme à nu. Le spasme vasculaire ayant cessé, il ne reste qu'une petite ulcération ([ui se termine par une cicatrice plus ou moins visible. La gangrène siège symétriquement aux pieds, aux mains, aux oreilles, au nez. Elle peut se manifester sous forme d'attaques périodiques pendant un certain nomJjre d'années. Récemment, Widal et Nobecourt (1898) ont signalé un cas intéressant de gangrène symétrique des deux jambes, consécutive à la présence d'une seule embolie arrêtée dans l'iliaque primitive gauche : le caillot s'était prolongé en aval et en amont du caillot embolique.

La gangrène qui envahit les muqueuses se présente sous des formes cliniques un peu spéciales. Au niveau de la bouche, elle survient quelquefois au déclin des maladies infectieuses, surtout de la rougeole. On la désigne sous le nom de noma. Nous avons signalé plus haut le bacille que Rares a trouvé dans ces cas. La gangrène frappe encore le larynx, surtout dans le cours de la fièvre typhoïde. Dans le poumon, elle se présente avec un cortège de symptômes très variables. La bronchite

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