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NOTIONS DE CHIMIE ET DE PHYSIOLOGIE CELLULAIRES

Pvistiiirus, peniietlenl de se i-enclre compte des modifications qui surgissent au cours de la période de croissance de l'œuf. Pendant le stage de repos les chromosomes sont petits et se colorent avec intensité sous Tinfluence des agents teignant la chromatine. Pendant la période de croissance de l'œuf, les chromosomes- augmentent beaucoup de volume et perdent leur capacité tinctoriale. Quand l'œuf approche de son plein développement, les chromosomes diminuent rapidement et reprennent leur pouvoir de coloration. Cette observation montre qu'à un certain moment les chromosomes absorbent une grande quantité de matière avec laquelle ils forment une combinaison douée d'un faible pouvoir tinctorial et qu'en fin de compte ils éliminent cette substance pour retrouver leur état ancien. Leur augmentation de volume ne facilite pas seulement les échanges entre la chi'omatine et la substance environnante, elle a un autre effet qui se constate par le changement des affinités de coloration. Il survient en effet une combinaison de la matière chromatique avec une grande quantité de substance albumineuse, lacjuelle aboutit à la création d'un corps de la série nucléique, peutêtre à la nucléo-albumine. Le retour à l'état normal se fait par l'élimination dans le cytoplasme de cette matière albuminoïde de nouvelle formation. Lorsque les chromosomes sont revenus à l'état ordinaire de volume et de couleur, toute activité de construction cesse dans le cytoplasme.

Ces faits confirment l'hypothèse émise il y a vingt ans par Cl. Bernard, qui plaçait dans le cytoplasme le siège l^ig. 3;. — Cellules hépatiques dans un cas de diades phénomènes de dépense vitale et ^""'«^ "^arclie rapide. Les noyaux ont subi une

division directe (amitosique) par bourgeonnement.

qui réservait au noyau le pouvoir de synthèse organique. Il semble, disaitil, « que la cellule qui a perdu son noyau soit stérilisée au point de vue de la génération, c'est-à-dire de la synthèse morphologique, et qu'elle le soit aussi au point de vue de la synthèse chimique, car elle cesse de produire des principes immédiats et ne peut guère qu'oxyder et détruire ceux qui s'y étaient accumulés par une élaboration antérieure du noyau. II semble donc que le noyau soit le germe de nutrition de la cellule ; il attire autour de lui et élabore les matériaux nutritifs. » Quelques années plus tard, des observations faites sur les infusoires allaient donner une éclatante confirmation de la justesse de cette hypothèse. Nussbaum, en 1884, chez les oxytrichées, Gruber, en i885, chez le Sientor, ont montré que le sort des fragments de l'animal sectionné en deux parties dépendait de la présence ou de l'absence du noyau. Le fragment qui ne renfermait que le cytoplasme mourait plus ou moins vite; le fragment nucléé guérissait ses blessures et continuait à vivre. Ver- WORN a indiqué récemment que des fragments de certains rhizopodes, non nucléés.

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pouvaienl vivre longlcmps, garder leurs luonvements caraclérisliques, al)sorbcr même de la uourrilure, mais qu'ils avaieni perdu le pouvoir de digérei" el de sécréter.

Quelques-uns des prol)lèmes qui se rallachenl à la biologie et à 1 éuergétique cellulaire générale peuvent être abordés par l'étude des greffes (P. Cahnot). Si l'on choisit des cellules pigmentées dont les projiriétés coloriniétriques permettent de retrouver la descendance de la cellule greffée et d'en suivre à l'o'!! nu le développement, on pourra étudier les conditions cjui assurent la réussite, l'évolution et la prolifération de cellules lransi)lantées d'un organisme dans un autre où elles vivent à l'état de parasites. Certaines variétés de cellules (cellules de l'épiderme noir prises sur des cobayes bigari"és et transplantées sur l'épiderme blanc d'un autre cobaye Ijigarré) prospèrent, coustiluent des greffes qui s'accroissent et cjui persistent pendant très longtemps. Dans les premières périodes de l'évolution de la greffe, on voit les cellules noires s'accroître rapidement de nombre et prendre la place des cellules de l'épiderme blanc qui disparaissent devant elles. Au bout d'un certain temps, la résistance est pour ainsi dire organisée dans le camp des cellules blanches et la greffe noire ne s'étend plus. Il suffit de brûler légèrement les zones-frontières du côté des cellules blanches, c'est-à-dire d'affaiblir la vitalité de celles-ci, pour qu'aussitôt la greffe noire reprenne son extension.

Cette méthode des greffes permet encore de constater une série de phéninnènes intéressants. Les cellules épidermiques prises sur un cobaye vieux constituent une greffe qui évolue lentement et se résorbe si le porte-greffe est jeune. Uue greffe prise sur un cobaye jeune, et faite sur l'animal le même jour qu'une greffe de cellule vieille, évolue bien plus vite que cette dernière et persiste. Inversement, une greffe jeune sur un porte-greffe vieux se développe rapidement (P. Carnot). Ce u est pas seulement l'âge, mais encore l'état général de la santé du porte-greffe et du sujet fournisseur d épidémie dont l'influence se manifeste d'une manière évidente. Les greffes prises sur un animal atteint d'une maladie infectieuse grave (tuberculose) ou intoxiqué par le plonil), transplantées en même temps qu une grefl'e prise sur un cobaye normal, évoluent Ix'aucoup moins activement que cette dernière el sont rapidement résorbées.

A côté des influences qui atténuent la vitalité cellulaire, on en constate d aul res qui l'exaltent (jeune âge, excitations mécaniques, cirniii(|ues, |)liysi([ues, etc.l. Il est donc permis de penser r[uc la connaissance d(,'s variations d évolution d'une cellule permettra de préciser les conditions qui déterminent l'augnuintation de sa vitalité au point d en faire un élément qui prenne la place des cellules normales à la façon d'un parasite. La genèse des tumeurs mélauiques, ([ui partent des cellules pigmentaires de la choroïde, ou celle des épilhéliomcs, qui se montrent si fréquennuent chez le vieillard, trouvent dans les rechei'ches de P. Caiî-Not de curieux eiisciguemenls.

La IV'dci alioii cellii lai rc (|iii coiLstiliie rorganisiiic \ il cl ne pont vivre (|iie |)ar raclioii des iiilliiences extérieures (|iit })rovoqiieiil ses jn-aclioiis. Sou é(|iiilil)re est donc Ibrcénient inslal)le et provient de l'acconiinodalion plus on moins parfaite qui existe entre les unes et les antres. C'est dire (pie ihéoricpieinent la santé absolue ne peut pas exister. Tant <pn' les réa(;lions internes conlrebalaneenl exacleineiit les actions externes, riiariHonic des diverses parties de réconoinie n'es! pas sensiblement modifiée, el roij^aiiisme peut être considéi'i' comme sain. N'ienne un

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trou])le léger et de courte durée dans cette accommodation, la vie des cellules et des organes ne sera pas profondément modifiée, et ce que nous appelons la santé persistera. Vienne encore Faction d'une ou plusieurs causes externes agissant avec une certaine puissance et une certaine lenteur, les réactions internes pourront ne pas les compenser immédiatement, l'harmonie préalable se trouvera affaiblie et avec elle le degré d'énergie que tout organisme a la faculté de manifester extérieurement. Quand le trouble fonctionnel persiste, s'accompagnant d'un phénomène inconnu à l'état de santé, la sensation de malaise, de souffrance, de douleur, l'état de maladie (viaoç) existe. Le tableau qui se déroule n'appartient plus au domaine de la physiologie normale, il entre dans celui de la physiologie pathologique. Entre ces deux domaines une limite précise ne peut être tracée. Nous avons dit plus haut qu'un des attributs de la matière vivante était l'éternité; cette faculté implique le pouvoir de tendre par inertie à continuer la vie une fois commencée et de s'adapter dans ce but aux conditions extérieures. L'adaptation imparfaite avec diminution de l'énergie manifestée au dehors et sensation subjective de malaise traduisent la maladie. L'adaptation peut être imparfaite sans qu'il y ait d'une manière évidente une diminution de l'énergie dégagée, c'est-à-dire sans qu'on reconnaisse la présence de symptômes ayant une physionomie clinique nette et tranchée. On ne prononce pas alors le mot de maladie, mais d'indisposition, pour désigner la réaction constatable cliniquement.

Les auteurs français du commencement du siècle, saisis d'admiration pour les découvertes anatomo-pathologiques, ne voyaient dans les maladies que des états organopathiques ; quelques-uns y ajoutaient l'idée de troubles fonctionnels; mais il est bien évident que des lésions anatomiques et des perturbations de fonctions ne suffisent pas à i'aire des malades. L'homme qui porte un cal d'une fracture consolidée n'a qu'une lésion; l'aveugle n'est pas un malade, mais un infirme.

La maladie est avant tout l'apanage de l'être vivant; sa définition doit correspondre à celle de la vie, qui est l'accommodation de réactions internes à des actions externes. Nous la définirons donc, en visant non seulement la lutte des forces de l'organisme contre les agents nocifs extérieurs, mais aussi les altérations de fonctions et de structure dues à l'hérédité : l'ensemble des actions et des réactions p/-of>of/i(ées dans les fonctions, la structure et l'harmonie de l'organisme par une cause morbide.

Les cellules et leurs dérivés constituent le substratum matériel des fonctions des tissus et des organes. Une organisation trouljlée a pour conséquence une fonction troublée et inversement à une fonction mo-

GiiANTEMESSE ot PoDWYSsoTSKY. Proccssus gcucraux. t*

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difiée doit correspondre une modification organique. Nulle étude ne permet mieux de se rendre compte de la justesse de cette proposition que celle des glandes en fonctionnement, où Ton voit les modifications morpliologicpies des celhdes correspondre aux phénomènes de la sécrétion. Les recherches de l'histologie pathologique permettent d'affirmer que dans la plupart des cas les altérations des fonctions, des cellules et des tissus, sont adéquates aux changements de leurs états physiques ou chimiques. La plupart des maladies montrent des altérations histologiques déterminées. A la lumière de Fanatomie pathologique et de l'histochimie, les rapports de cause à effet se dégagent d'une manière de plus en plus précise entre les altérations cellulaires physico-chimiques et les trouhles fonctionnels. Telle est la source de l'ardeur des pathologistes à chercher dans un groupe déterminé d'éléments cellulaires les modifications matérielles qui correspondent à telles ou telles manifestations morbides. Les découvertes laites pendant ces dernières années dans les maladies du système nerveux n'ont-elles pas eu pour point de départ ce que CnARCOT appelait Fanatomie médicale? Il existe cependant dans le domaine du système nerveux une série de maladies pour lesquelles il n'a pas été possible encore d'appli(pier ce principe dans toute son intégralité, oii les troubles fonctionnels n'ont pas encore trouvé leur substratum histologique. La solution de ce problème a été reculée par des difficultés techniques. Cependant, même dans le domaine de la pathologie mentale, ce principe anatomique a tracé sa voie. Les recherches histologiques poursuivies avec succès par Chaslin, Voisin, Mauinesco et SÉiUEUX (1895), RoucoRONi (1896), et surtout Popoff (1891-1896), ont signalé chez les individus qui présentent un fonctionnement cérébral imparfait l'existence de déviations dans la structure et le développement du cerveau, déviations appréciables au microscope (développement anormal du tissu conjonctif et des libres à myéline siu- le trajet de quehjues troncs nerveux, sclérose des vaisseaux, pigmentation excessive des cellules pyramidales, accumulation dans le lissu cérébral de globules hyaloïdes le long des vaisseaux, etc.).

Deux mots dans la nosographie médicale reviennent fréqueiiiiiuMil, surtout dans la littérature française; ce sont les sul)slaul ifs Affection cl Diathèse. Ils ont été employés par les Écoles dans des sens si divcis, (ju'nne confusion profonde en est résultée.

Affection et Maladie sont deux expressions (ju'il sera toujours difficile d'imposer au langage médical ordinaire sous le couvert d'une détermination précise. IIallopk.vu donne les ch'linitions suivantes : « les affections r(q)r(''sentent les troubles de la santé, considérés dans leurs rapports

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avec les processus morbides ; les maladies sont des troubles de la santé considérés dans l'ensemble de leur évolution et par conséquent dans leurs rapports avec la cause qui domine cette évolution. » Cette manière de voir n'est pas celle de l'École de INIontpellier, ni celle de Bouchut, ni celle de Maurice Reynaud ; elle est celle de Bazin, celle de jNI. G. -H. Roger. Pour s'y conformer, il faut dire maladie rhumatismale du cœur et affection cardiaque d'origine indéterminée. S'il en est ainsi, nous ne pourrons plus parler de maladie du foie sans être tenu de spécifier quelle est la cause de cette maladie et nous ne pourrons plus envisager l'évolution d'une affection cardiaque, parce qu'il n'y a que la maladie qui évolue. Ce sont là en réalité des querelles de mots, qui n'apportent pas de grands avantages aux descriptions ni à l'intelligence de la nosographie.

La Diathèse a une signification plus précise (o'.âOsa'.c, disposition). Elle implique une manière de la nutrition, un tempérament mor])ide. Si l'on se tient au sens étymologique du mot, on ne peut en bonne conscience refuser le nom de diathésique au syphilitique qui, guéri en apparence de ses accidents spécifiques, voit survenir au bout de quelques années, avec une si fâcheuse fréquence — au moins en Europe — les phénomènes du tabès ou de la paralysie générale. Ce syphilitique a donc acquis de par son infection antérieure un tempérament morbide spécial, une disposition à de certaines altérations du système nerveux. Ce que l'on sait pour le tempérament du syphilitique, on le sait moins pour d'autres tempéraments créés par diverses maladies infectieuses antécédentes. On connaît mieux en revanche, au point de vue clinique, les relations qui existent entre plusieurs maladies appartenant à la diathèse dite arthritique (Bazin, N. Guéneau de Mussy, Beneke, Bouchard, etc.), diathèse qui est transmise souvent par hérédité. La cause première et profonde de cette disposition morbide n'est pas encore définitivement connue.

Pour plus de détails, nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit à ce sujet dans la préface de ce livre.

L'étude de l'histoire naturelle d'une maladie se compose d'investigations multiples portant sur la cause de la maladie (étiologie), sur les altérations histologiques et chimiques des parties malades, sur les symptômes locaux et généraux qui en découlent (clinique). La connaissance des causes, des processus, des symptômes, des lois qui régissent les phénomènes morbides est l'œuvre et le but de la pathologie générale. Celle-ci représente la synthèse des sciences médicales. Son domaine, s'étend non seulement à l'étude de l'homme malade, mais à celle des processus morbides observés chez les animaux supérieurs et chez tous les êtres vivants, animaux et végétaux. Le problème obscur de l'hérédité

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pathologique, hérédité du germe, hérédité de la fonction, a été résolu par Pasteur dans ses recherches sur les vers à soie ; le secret d'une des manifestations les plus fréquentes de la pathologie humaine, rinflammation, a été demandé aux protozoaires et aux crustacés par Metchnikoff.

Pour pénétrer l'évolution des maladies spontanées, il faut pouvoir créer des maladies, des trou])les, des lésions. La pathologie générale doit s'appuyer sur l'ohservation et sur l'expérience; c'est dire que la pathologie expérimentale et la pathologie comparée sont ses compléments.

La pathologie expérimentale ne peut donner la solution de tous les prohlèmes. Une constatation faite sur un animal, soumis à une cause morbide, ne peut s'appliquer toujours étroitement, obstinément, à la pathologie humaine. Cependant un regard jeté sur les découvertes qui ont illustré la médecine dans la seconde moitié de ce siècle montre combien le rôle de la pathologie expérimentale a été prodigieusement fécond. La connaissance des causes des maladies infectieuses appartient à cette science d'investigation; l'étude de la pathogénie des lésions, du développement des altérations anatomiques, des troubles des fonctions, du mécanisme des symptômes, de l'action des médicaments, est de son domaine.

Modifiées par la maladie, quel qu'en soit le mécanisme, les manifestations de la vie portent le nom de symptômes, de signes [Q^ii-J.rrM, je coïncide, je corresponds). Leur étude est la symptomatologie ou la séméiotique (ib c;r,iJ.ôtov, le signe). Dans la plupart des maladies, malgré les particularités propres à chaque individu, ces symptômes offrent un caractère général de constance et d'uniformité. Avant les enseignements de l'anatomie pathologique et de l'étiologie, les analogies et les dilférences symjitomatiques servaient seules aux classifications de la nosologie; elles servent encore aujourd'hui quand les autopsies sont muettes et les causes ignorées; le progrès consiste précisément à faire cesser sur ce point ro])scurité.

Quand un symptôme, chose rare, est particulièrement caractéristique d'un état morbide défini, il porte le nom de pathognomoni([ue (yr^w^v^w, j'imiique). Tels sont, par exemple, les crachats rouilles de la pneumonie, la crépitation gazeuse de l'empliysènie soiis-ciitané, etc. Ileconnaît le d'après les symptômes l'existence d'un processus palh()l()gi<|uç constiliu^ l'art du diagnostic.

jNIodificalions dans la (juanlilc- on (hins hi (|ualil(', et parfois dans l'une et dans l'autre, des actions du monde e\l(M i(Mi !■ et <h's r('>actions de l'organisme, voilà h^s causes des maladies (pii comjji-eniuMit un noni])r(» infini (res])èc('s et de foi-nies m()rl)i(les.

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