LA TÈTE CONTRE UN MUR
L'an 1750, le jeudi 2 avril, sur les cinq heures de relevée, en l'hôtel de nous Pierre Vial de Machurin, commissaire au Ghâtelet, est comparue Marguerite Barré, fille majeure, domestique de la dame veuve Tarterau
(1) Archives nationales, Y, 371.
de Berthemont chez laquelle elle demeure sur la place de la Vieille Estrapade près la rue Sainte-Geneviève, paroisse Saint-Etienne du Mont chez la dame veuve Getelle : laquelle nous a rendu plainte à rencontre de la dame femme du sieur Diderot, demeurante même maison que la plaignante et dit qu'il y a environ une heure et demie ayant été de la part de sa maitresse chez ladite dame Getelle, ladite femme Diderot, qui s'y est trouvée, lui aurait cherché dispute à l'occasion de quelques raisonnements faits entre elle plaignante et la domestique de ladite femme Diderot, quoiqu'ils n'eussent rien de commun avec cette dernière, et avant que la plaignante ait eu le temps de rien répondre, ladite femme Diderot l'aurait traitée d'impertinente et d'insolente avec menaces de lui faire donner cent coups de pied, ajoutant qu'elle étoit mauvais sujet; que la plaignante étant sortie de chez ladite dame Getelle et s'en retournant ladite femme Diderot aurait couru après elle et l'ayant jointe sur la montée elle lui aurait porté plusieurs coups de pied et de poing; que non contente de cela elle l'aurait prise aux cheveux, lui aurait cogné la tète contre le mur avec tant de violence qu'elle lui aurait fait un trou considérable au front dont elle a perdu beaucoup de sang; qu'ayant ensuite été se faire panser par le sieur Delamotte, chirurgien, elle s'est trouvée mal entre ses mains et elle a été saignée sur le champ. Et attendu qu'elle est dangereusement blessée et qu'elle ressent de vives douleurs qui peuvent avoir
des Suites fâcheuses et que le procédé de ladite femme Diderot est des plus violens elle est venue de ce que dessus nous rendre la présente plainte.
Signé : vial de machurin (i).
ni — T7Ô4, 5 octobre
DONATION FAITE PAR MADAME d'ÉPINAY A MADEMOISELLE MARIE DRINV1LLÉ GOUVERNANTE DE SA FILLE.
Par-devant les conseillers du Roi, notaires au Châtelet de Paris soussignés, fut présente dame Louise- Florence- Pétronille Tardieu d'Esclavelles , épouse séparée quant aux biens de Denis-Joseph La Live, écuyer, seigneur d'Epinay, Deuil, la Chevrette, la Briche et autres lieux, etc., demeurant lesdits sieur et dame de La Live d'Epinay, savoir ladite dame d'Epinay, rue Neuve-des-Petits-Champs, paroisse Saint-Roch, et ledit sieur d'Epinay, Grande rue du Faubourg-Saint- Honoré, paroisse Sainte-Marie-Madeleine de la Villel'Évêque, laquelle, pour l'amitié, l'estime et la considération qu'elle porte à demoiselle Marie Drinvillé,
(i) Archives nationales, Y, 12,394.