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CHAPITRE VI SULFONAL ET DÉRIVÉS

Sulfonal. — Tricmal. — Tétronal.

SULFONAL.

Syn. : Diéthylsulfoue-diméthylméthane.

Form. : ^C^

CH3/ XS02C2H5

En combinant les sulfhydrates alcoylés (mercaptanes) avec les acétones, on obtient une série de composés que Baumann a décrit sous le nom de 77iercaptoh{\).\\s se forment d'après l'équation :

CH3X Cm/ XSC2H5

Par oxydation, ces mercaptols sont transformés en produits disulfonés qui sont doués de propriétés hypnotiques extrêmement remarquables. Les trois principaux dérivés de cette série sont :

(1) Les mercaptanes ou éthers sulfhydriques se combinent aux aldéhydes avec élimination d'eau. Par analogie avec la formation des acétals, Baumann a désigné ces combinaisons sous .le nom de mercaptals. Elles se forment d'après l'équation :

R.CHO + 2RSH = RCH(RS)2 + H2Q

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Le sulfonal :

CW ^S02C2H5

Dif'thylsulfone-diméthylméthane

Le trional :

G2H5^ XS02C2H5 Diéthylsulfone-m6thyl6thyIm(''thane

Et le tétronal :

C2H5// XS02C2H5 Di('thylsulfone-diéthylméthane

Dans la série des homologues du sulfonal on a remarqué que les propriétés hypnotiques augmentaient avec le nombre de groupes éthyliques. Nous avons mentionné plus haut les relations qui existent entre la constitution chimique de ces composés et la propriété hypnotique.

D'après ce qui précède, on voit que la préparation du sulfonal comporte deux phases :

1° Préparation du mercaptol ;

2° Oxydation du mercaptol.

Préparation du mercaptol. — Pour obtenir le mercaptol :

cm .SC2H5

CH3/ 'XSC2H5

on fait passer un courant de gaz chlorhydrique desséché dans un mélange composé de 1 partie

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d'acétone et 2 parties d'éthyl-mercaptane. Le liquide s'échauffe et se trouble par suite de la formation d'eau : on le lave à l'aau et on le dessèche sur le chlorure de calcium. On obtient ainsi un liquide peu odorant et très mobile ; il bout à 80°, mais le point de distillation n'est pas fixe, le thermomètre monte jusqu'à 192°.

Les acétones donnant sous l'influence de l'acide chlorhydrique sec des produits de condensation non susceptibles de se combiner avec le mercaptane, le mercaptol formé est accompagné de ces produits secondaires ; on atténue leur formation en ajoutant peu à peu l'acétone dans l'excès de mercaptane que l'on a soin de refroidir.

Oxydation du mercaptol. — Pour oxyder le mercaptol obtenu de manière à le transformer en sul-

fonal :

cm .SQ2C2H5

CH3/ XS02C2H5

on l'agite avec une solution à 5 0/0 de permanganate de potasse et on ajoute de temps en temps quelques gouttes d'acide sulfurique jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de coloration. Il se forme des cristaux qui viennent surnager à la surface du liquide ; on chauffe la masse au bain-marie et on filtre. Après avoir concentré le liquide de moitié, la plus grande partie du produit oxydé se met à cristalliser (1). Les

(1) Pendant l'oxydation avec le permangaûate, il se forme

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cristaux sont purifiés par plusieurs dissolutions dans l'eau ou l'alcool. Le rendement en sulfonal est assez bon : 6«r,5 de mercaptol donnent 4sr,8 de sulfonal pur. Les eaux-mères contiennent encore 1/2 gramme de sulfonal.

Propriétés et caractères analytiques. — Le sulfonal cristallise en prismes épais difficilement solubles dans l'eau et même dans l'alcool à froid, mais solubles à chaud. Il fond 130-131° et bout à 300°. Il est inattaquable par les acides comme par les alcalis les plus énergiques; il n'a ni saveur ni odeur.

Chauffé avec de la limaille de fer dans un tube à essais, le sulfonal se décompose et dégage une odeur d'ail. Si, après refroidissement, on ajoute de l'acide chlorhydrique étendu, il se dégage de l'hydrogène sulfuré reconnaissable par un papier imbibé d'une solution d'acétate de plomb.

D'après Vulpius, le sulfonal chauffé avec le cyanure de potassium dégage du mercaptane . La masse fondue, reprise par l'eau donne avec les persels de fer une coloration rouge due à la formation d'un sulfocyanate alcalin.

Procédés divers. — A la place de l'acide chlorhydrique employé par Baumann,Riedel a essayé d'effectuer la condensation en présence de l'acide sulfurique plus ou moins étendu. Mais ce procédé,

probablement une petite quantité d'acide sulfurique qui est transformé en acide sulfoéthylique.

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ainsi que le fait remarquer M. Friedlaender (1), n'est pas pratique, attendu que l'acide sulfurique décompose le mercaptane.

D'autre part, Bayer a fait breveter un procédé dans lequel le dégagement de l'odeur très désagréable du mercaptane devait être supprimé. Dans ce but on fait agir l'acide chlorhydrique sur un hyposulfite alcoylé en présence de l'acétone : le mercaptane qui se forme serait, d'après l'auteur, immédiatement condensé.

Les expériences n'ont pas confirmé ce résultat(2).

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