C6H* (SH
On purifie la résorcine par distillation et sublimation : ces opérations doivent se faire avec le plus grand soin et à l'abri de tout corps étranger.
La résorcine a été quelque peu employée comme antithermique , mais son principal emploi est comme putride, antifermentescible (1).
La créosote n'est pas un principe unique et les chimistes qui se sont occupés de sa composition ont des opinions divergentes sur sa constitution. Suivant Hlasiwetz et Barth, la créosote serait le résultat de la combinaison du créosol avec un hydrogène carboné. D'après Frisch, ce ne serait qu'une combinaison phénylée du créosol.
Marasse a démontré que la créosote du goudron de hêtre provenant des fabriques du Rhin était constituée par un mélange de phénols et d'éthers méthyliques acides de diphénols. D'après ce chimiste, la créosote contiendrait les corps suivants :
Phénol C6H50H Point d'ébullition 184<>
OH
Crésol CWK — • 203°
XCH3
(1) Pour les applications de la résorcine, voy. Bocquillon-Limousin, Formulaire des médicaments nouveaux, 5e édition.
,OH Phlorol C6H3-CH3 220<>
OH
Gaïacol CW^ 201 <>
xOCH3
/OH Créosol C6H3-CH3 217°
XOCH3
Les fractions supérieures contiendraient en outre les éthers méthyliques du gaïacol, du phlorol, etc.
Enfin dans les fractions les moins volatiles de la créosote, Hofmann a retiré les éthers diméthyliques de pyrogallol.
Préparation de la créosote. — La distillation du bois est poussée jusqu'au moment où le résidu prend une consistance poisseuse. Après avoir rectifié plusieurs fois le produit distillé en séparant chaque fois les parties lourdes, on dissout celles-ci dans une solution de potasse caustique. En chauffant à air libre cette solution, on résinifie des substances étrangères qui accompagnent la créosote. Par un traitement à l'acide sulfurique étendu, on met la créosote en liberté; elle est ensuite soumise à une série de distillations en présence de l'eau alcalinisée. La créosote est dissoute de nouveau dans une solution de potasse, puis précipitée par un acide; on répète cette opération jusqu'à ce que la dissolution dans la potasse s'effectue sans laisser de
matières huileuses* A. ce moment, on dessèche la créosote et on la rectifie une dernière fois.
La créosote se présente sous forme d'une huile incolore mais brunissant rapidement à la lumière; sa saveur est brûlante et caustique, son odeur forte et différente de celle du phénol. Elle se dissout peu dans l'eau, mais elle est très soluble dans les alcools et les éthersj elle est elle-même douée d'un pouvoir dissolvant remarquable. Elle se dissout dans l'acide sulfurique concentré avec une coloration rouge qui passe au violet. Elle est violemment attaquée par l'acide azotique.
M. Hermann Rust donne les caractères suivants qui servent à distinguer le phénol de la créosote du goudron de hêtre. 15 parties de phénol et 10 de collodion donnent une masse gélatineuse, tandis que la créosote se mélange au collodion en donnant une solution claire.
En ajoutant de l'ammoniaque à du perchlorure de fer jusqu'à ce que le précipité soit persistant, on obtient une liqueur qui donne avec le phénol une coloration bleue ou violette, et avec la créosote du goudron de hêtre, une coloration d'abord verte puis brune.
Pour déceler la présence du phénol dans la créosote, M. Clark fait bouillir quelques grammes de 1 huile suspecte avec un excès d'acide azotique jusqu'à ce qu'il ne se dégage plusde vapeurs rouges. On décompose ensuite la solution obtenue parla
potasse. La formation d'an précipité jaune cristallisé provient du picrate de potassium, dérivé du phénol; dans les mêmes conditions, la créosote donne de l'acide oxalique.
D'après Flûckiger, il est préférable d'opérer ainsi : l'huile à essayer est chauffée avec le quart de son volume d'ammoniaque, et versée dans une grande capsule. Après avoir étendu la couche liquide, l'excès de la solution est versé et la capsule est tenue renversée au-dessus d'un flacon de brome. En présence du phénol, il se forme une coloration bleue au point de contact du brome et de la mince couche de liquide qui recouvre la capsule.
CRÉSYLOL
Syn : Crésol, acide crésylique.
XLI3 Forrn : CMK
Le crésylol est contenu dans les goudrons de houille et aussi dans les goudrons de bois. Le crésol ainsi obtenu est surtout constitué par le paracrésol. On peut l'extraire des huiles lourdes de goudron de houille. On l'obtient de la même manière que le phénol et mélangé avec celui-ci, au moyen d'un traitement par une lessive de soude. La séparation des deux corps, préalablement entièrement dépouillés d'eau, s'effectue par distillation fractionnée. On peut abréger cette opération en
CRÉSYLOL 275
procédant par précipitation fractionnée, comme il est indiqué plus loin. Le crésylol ne se combine pas aussi facilement avec les alcalis que le phénol; il est par conséquent absorbé en dernier lieu dans un mélange de ces deux corps. Par contre, il est séparé le premier par un acide d'un mélange des deux combinaisons alcalines. Après qu'on a éliminé de celte manière une grande partie du phénol, on procède à la distillation fractionnée pour obtenir la séparation complète.
Procédé de séparation des crésols et des phénols. — Les composés à fonctions phénoliques préalablement purifiés fautant que possible par la distillation, sont traités par la quantité nécessaire d'hydrate de baryte pour leur saturation. Les composésphénoliquessedissolventtandis que les matières étrangères se déposent. On enlève les parties huileuses et les impuretés par les procédés connus.
La solution est évaporée : à un certain degré on fait cristalliser. Le selbarytique duphénol(l) ainsi que ceux de l'ortho et du paracrésol cristallisent, tandis que celui du metacrésol reste en solution. La masse cristalline est pressée et purifiée par une nouvelle cristallisation dans l'eau : elle est ensuite broyée et mélangée avec une quantité d'eau repré-
(1) Le sel barytique du phénol se dissout dans 40 parties d'eau bouillante, tandis que les sels de l'orthocrésol et du paracrésol demandent 150 et 325 parties d'eau.
276 HOxMOLOGUES ET ÉTHERS DES PHÉNOLS
sentant la moitié du poids présupposé du sel phénolique contenu ; on la chauffe et on filtre à chaud.
Les eaux filtrées contiennent la plus grande partie du sel barytique du phénol. Le résidu est repris avec une quantité d'eau représentant une fois et demie le poids supposé de l'orthocrésol. Comme précédemment, on filtre à chaud : les eaux contiennent le sel barytique de l'orthocrésol. Enfin pour obtenir le sel du paracrésol, on reprend une dernière fois le résidu avec trois parties et demie d'eau bouillante et on filtre à chaud.
Pour obtenir les phénols à l'état libre, on décompose les sels par l'acide chlorhydrique.
On peut encore séparer le phénol et les crésols par des neutralisations fractionnées : pour cela, on ajoute en plusieurs fois une solution chaude d'hydrate de baryte et on fait cristalliser après chaque addition. On obtient successivement le phénol, l'orthocrésol et le paracrésol sous forme de sels barytiques. Le métacrésol reste en solution.
Ces procédés peuvent être appliqués non seulement aux goudrons provenant de la distillation du bois, mais aussi à ceux provenant de la houille * dans ce cas, les résultats sont légèrement différents.
Ces méthodes ne peuvent être mises en pratique qu'à la condition de régénérer aussi complètement que possible l'hydrate de baryte qui est d'un prix relativement assez élevé.
CRÉSYLOL 277
Procédé synthétique pour la préparation des crésylols. — Le sulfate d'orthotoluidine est transformé par l'acide azoteux en sulfate de diazo-orthotoluidine; celui-ci, n'étant pas stable, est décomposé en orthocrésylol. Ces réactions permettent de se procurer facilementrorthocrésylol et ses deux isomères lorsqu'on emploie à la place de Porthotoluidine, la paratoluidine et la métatoluidine.
Dans unballon de 5 litres, on dissout 1 00 gram mes d'orthotoluidine dans 3500 grammes d'eau additionnée de 100 grammes d'acide sulfurique concentré, puis on ajoute peu à peu au mélange, en agitant avec soin, une solution aqueuse concentrée contenant 80 grammes d'azotite de soude. On abandonne ensuite le produit à lui-même pendant quelque temps. L'azote se dégage lentement, la liqueur se trouble et finit par se colorer en rouge brun. La réaction est alors terminée. Pour séparer l'orthocrésylol formé, on dispose le ballon dans un bain-marie et on le munit d'un bouchon portant deux tubes : l'un de ces tubes met le haut du col en communication avec un réfrigérant de Liebig; l'autre, pénétrant jusqu'au fond du ballon, y amène un courant de vapeur d'eau, fourni par un ballon contenant de l'eau en ébullition. On commence par chauffer au bain-marie le mélange qui a réagi, puis, lorsque son contenu est au voisinage de t00o, on y fait passer rapidement la vapeur d'eau. Le crésylol distille entraîné par la vapeur.
Trillat. Produits chimiques. 15
On continue tant que le liquide condensé, additionné d'eau bromée, se trouble par la formation d'un précipité d'orthocrésylol bibromé ; une matière résineuse reste dans le ballon. Un ajoute au produit distillé de la lessive de soude, qui dissout le crésylol en suspension ; on filtre, on acidulé par l'acide sulfurique et on enlève le crésylol remis en liberté par des agitations répétées avec de l'éther. Cette dernière opération se pratique aisément au moyen des ampoules à décanter. On réunit les liqueurs éthérées dans un ballon et on les distille en les chauffant par un courant de vapeur d'eau, en prenant toutes les précautions nécessaires pour éviter la combustion de la vapeur d'éther. On obtient un résidu huileux et coloré, qui est constitué par l'orthocrésylol impur. On purifie ce composé en le rectifiant dans un petit appareil distillatoire, muni d'un thermomètre, et en recueillant à part le produit bouillant entre 180° et 190°. Le rendement atteint 70 0/0 de la toluidine traitée.
La paratoluidine et la métatoluidine donnent de même les deux isomères de forthocrésylol. L'orthocrésylol fond à 31° et bout à 188°.
Le paracrésylol fond à 36° et bout à 198°. 11 est peu soluble dans l'eau, mais se dissout facilement dans l'alcool et l'éther.
CRÉOSOL 279
SOLUTOL ET SOLVÉOL
On désigne sous ces deux noms des produits désinfectants dont la base est le crésylol et qui sont solubles dans l'eau.
Le solutol est composé d'un mélange de crésylol et de crésylate de soude. Il renferme pour I00ee 60 p. 4 de crésylol dont le quart se trouve à l'état libre.
Le solvéol est composé par un mélange de crésylol et de crésotinate de soude.
Contrairement au solutol qui a une réaction alcaline prononcée, le solvéol peut être employé en chirurgie par suite de son caractère neutre.
CRÉOSOL
Form. : ,CH3
CGH3-OCH3 XOII
Le créosol est contenu dans la créosote du goudron de hêtre ; il existe aussi dans le produit de la distillation de la résine de gaïac. La constitution du créosol a été établie définitivement par les travaux de Tiemann et Mendelsohn : c'est une méthylpyrocatéchine méthylée ou un homogaïacol appartenant à la série protocatéchique.
On peut le préparer en traitant par l'acide sulfu-
rique étendu, ou par l'acide oxalique le créosolate de potassium.
Le créosolate de potassium est obtenu par l'action du potassium sur la créosote.
On opère dans une cornue en communication avec un flacon à deux tubulures renfermant de l'éther et se rattachant d'autre part à un réfrigérant de Liebig disposé en sens inverse. Le potassium étant dissous dans la créosote, on fait tomber le produit chaud et liquide dans Téther; celui-ci entre en ébullition, se condense dans le réfrigérant de Liebig et reflue dans le flacon; le créosolate de potassium s'y dissout; par refroidissement, il se prend en une bouillie cristalline.
Par Faction de l'acidesulfurique étendu, il se sépare une' huile, le créosol, qui est lavée et rectifiée.
Pour obtenir le créosolate de potassium, on peut aussi procéder de la manière suivante :
La fraction de la créosote du goudron de hêtre bouillant à 222° est formée principalement de deux corps : le créosol et le phlorol. On les sépare en dissolvant un volume de cette huile dans son volume d'éther et en ajoutant 1 1/2 à 2 volumes d'une solution alcoolique saturée de potasse. La plus grande partie du créosol se sépare sous forme de créosolate de potasse.
Le créosol est un liquide incolore, d'une odeur agréable, qui bout à 219". Il est insoluble dans l'eau, et très soluble dans l'alcool et les éthers.