‹ Les produits chimiques employés en médecineChapitre 89 sur 137 · GAÏACOL · texte numérisé non relu

GAÏACOL

GAIACOL

Syn. : Méthylpyrocatéchine.

Form. : yOCH3 (4)

XOH (2)

Le gaïacol est l'éther méthylique de la pyrocatéchine.

C'est le principal constituant de la créosote. Il est retiré par distillation fractionnée de la créosote du hêtre où il se trouve en proportions élevées pouvant atteindre 90 0/0.

On recueille les parties distillant entre 200 et 205 et on les agite avec de l'ammoniaque faible. Après avoir répété plusieurs fois ce traitement, on distille de nouveau, puis on les dissout dans un volume égal d'éther, et on ajoute une solution alcoolique cencentrée de potasse jusqu'à léger excès . On lave le précipité qui se forme à l'éther; on le fait cristalliser dans l'alcool et enfin on le sature avec de l'acide sulfurique dilué. Le gaïacol se sépare sous forme d'un liquide à odeur aromatique agréable, bouillant à 201° et d'une densité de 1,117 à 13°.

Le gaïacol ainsi obtenu se présente sous forme d'un li quide oléagineux, incolore et doué d'une odeur aromatique particulière. Il se dissout dans 200 parties d'eau, il est entièrement soluble dans l'alcool et l'éther. Par addition de perchlorure de fer, la

solution alcoolique prend une teinte bleue qui devient verte. Un mélange de gaïacol avec le double de son volume de lessive de potasse, doit au bout de quelques temps, se prendre en une masse cristalline blanche. Avec l'eau bromée, le gaïacol donne un précipité orangé qui brunit rapidement. L'action de l'acide sulfurique sur le gaïacol serait digne d'intérêt et pourrait servir à reconnaître la pureté de ce corps. Par addition de quelques gouttes de cet acide, le mélange se colore en rouge pourpre. Si le produit essayé renferme des traces de créosote, on n'obtient qu'une coloration vert grisâtre.

Procédé de MM. Béhal et Choay pour préparer le gaïacol pur. — On attribue au gaïacol des points d'ébullition et des densités variables. Du peu de fixité de ces données, il en est résulté que les gaïacols du commerce sont des produits de composition variable; les uns ont un point d'ébullition de 200 à 205°, d'autres de 205 à 215°. Aucun de ces produits n'est pur. D'après les analyses de MM. Béhal et Choay, les gaïacols du commerce ne renferment même pas 50 0/0 de gaïacol chimiquement défini ; le reste est formé engrande partie de crésylol et de créosol.

On dissout en refroidissant 58 grammes de sodium dans 600 grammes d'alcool méthylique. La dissolution se fait rapidement; on ajoute alors 270 grammes de pyrocatéchine, dissoute dans l'ai-

P-NAPHTOL 283

cool méthylique ; le mélange se prend rapidement en masse ; on chauffe dans un autoclave à 120-1 30% avec un léger excès d'iodure de mélhyle.

On laisse refroidir; on distille pour retirer l'alcool, puis on entraîne le résidu par la vapeur d'eau.

Le gaïacol est décanté, puis dissous dans la soude et la solution sodique est agitée avec de l'éther pour enlever le vératrol. On met le gaïacol en liberté par l'acide chlorhydrique et on l'entraîne de nouveau par la vapeur d'eau ; enfin, on le distille dans un tube Le Bel-Henninger.

Dans ces conditions, il ne passe pas encore à température constante.

Si on recueille la portion bouillant de 205 à 207°, et qu'on la refroidisse au moyen du chlorure de méthyle, le produit cristallise : c'est du gaïacol pur.

Le gaïacol ainsi obtenu est un corps solide blanc, bien cristallisé, fusible à 28°, 5 etbouillant à 20K°,1 .

p - NAPHTOL Form.: C10H7OH

Les naphtalines sulfonées par Faction des hydrates alcalins en fusion donnent les deux combinaisons isomères des napthols :

CiOH7S03Nà + 2NaOH = CiOfFONa + S03Na2 + H20

La préparation du (3-napthol fait l'objet d'une

284 HOMOLOGUES ET F.THERS DES PHÉNOLS

importante fabrication dans le domaine des matières colorantes. Le lecteur en trouvera la description dans les principaux traités de couleur.

La préparation du P-naphtol médicinal consiste dans la purification du (3-naphtol commercial qui est toujours souillé d'impuretés. Cette purification comporte une distillation et une sublimation.

Lorsqu'il s'agit d'obtenir de petites quantités de [3-naphtol, on peut procéder de la manière suivante.

Procédé de préparation du $-napthol en petites quantités. — Pour obtenir le P-naphtol, on fond 300grammes de soude caustique sèche avec30 grammes d'eau dans un creuset métallique, et on porte la masse à 280°. On y mélange alors, en agitant continuellement, 100 grammes de (3-naphtalosulfate de soude, bien sec et finement pulvérisé. On se règle pour accélérer ou ralentir les additions de sel sur les indications du thermomètre qui ne doit pas baisser au-dessous de 260°. On continue ensuite à chauffer en agitant, jusqu'à ce que la température ait atteint 320°. Le sel a d'abord épaissi beaucoup la masse en fusion, sans cependant que celle-ci soit devenue trop solide pour ne pouvoir être agitée. Vers 300°, de l'hydrogène commence à se dégager ; il est engendré par l'oxydation du sulfite alcalin aux dépens de l'eau de l'hydrate alcalin ; il augmente le volume du mélange qui prend une teinte jaune claire.

A partir de ce moment, des vapeurs se dégagent

(3-NAPHTOL 285

en abondance, le produit mousse et la réaction s'accélérant prend fin en quelques minutes. Dès qu'elle est achevée, la matière reste en fusion tranquille; en l'agitant, on s'aperçoit qu'elle est formée de deux liquides superposés. Le plus léger, jaune brun, transparent, est formé surtout de naphtol sodé impur ; on laisse refroidir et on le sépare mécaniquement de la soude caustique fondue, qui est plus dense et s'est déposée. On dissout le naphtol sodé dans l'eau chaude, additionnée de 15 0/0 d'acide chlorhydrique ; on porte aussitôt à l'ébullition et on laisse refroidir. On recueille sur un filtre de coton le naphtol qui s'est séparé et on le lave à l'eau. On le purifie par des cristallisations répétées dans l'eau chaude , ou mieux encore, on le dessèche et on le rectifie à température fixe (1).

Le P-naphtol cristallise en petites paillettes blanches : lorsqu'il est obtenu à l'état de pureté, il a un aspect blanc; exposé à l'air, il rougit peu à peu. Il fond à 122° et bout à 286°. Le perchlorurc de fer donne, en présence du (3-naphtol, une coloration vcrdâtre.

(1) Jungfleisch; Manipulations de chimie, 1893.

286 COMBINAISONS DES PHÉNOLS

Page 1