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OLÊO-RÉSINES

Les oléo-résines sont des matières résineuses auxquelles sont mélangées, en proportions plus ou moins fortes, des huiles essentielles odorantes.

Celles qui sont fournies par les familles des Burséracées et des Anacardiacées sont ordinairement désignées sous le nom d'élémis. Elles sont utilisées, mais en petites quantités, dans la préparation des vernis et des encres lithographiques.

Le principal arbre producteur d^élémi vrai, en Asie, est

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le Canarium luzonkum A. Gray, qui donne Vélémî de Manille. Sa résine est molle, visqueuse, jaune pâle, à parfum agréable; elle sert à fabriquer des torches; elle durcit à l'air. Le Canarium commune Linné, donne Télémi utilisé dans Tarchipel Malais. C'est cette même espèce qui croit au Tonkin et que les Annamites emploient, en grande partie, sous le nom de Cay tram trang^ pour la préparation des bâtonnets rituels qui sont allumés devant les autels, dans les pagodes {jossticks).

Les élémis d'Afrique sont également produits par des arbres du genre Canarium, notamment par le C. Schweinfurthii Engler, qui donnerait une résine blanc verdàtre à odeur agréable, utilisée au Gabon ; les C. Chevalieri Guillaumin ei occidentalis A. Chevalier, de la Côte d'Ivoire; le C. muHi/lorum Engler, de Madagascar, dont la résine, ramy des indigènes, est jaune verdàtre, à odeur de citron.

Les élémis d'Amérique sont fournis par des arbres de la famille des Burséracées.

Le Protium guianense Marchand donne l'encens de Cayenne, oléo-résine à parfum agréable. Il croît à la Guyane. Une autre espèce, le P. heptaphyllum Marchand, de la Guyane et des Antilles, produit. l'encens blanc. Le P. decandrum Marchand, de la Guyane ; le P. Aracouchiniy du même pays, donnent des produits similaires.

Le Bursera gummifera Jacquin, ou Gommier rouge, croît dans les Antilles françaises ; son tronc incisé laisse écouler une oléo-résine blanche, aromatique, qui se concrète à l'air et qui est connue sous le nom à'Èlémi des Aîiêilles ou résine gommart. Le Dacryodes hexandra Grisebach, Gommier blanc, donne un produit qui a les mêmes emplois que le précédent. On le brûle comme encens et il entre dans la composition des vernis.

Oléo-résines fluides. — Nous avons vu que certains arbres de la famille des Diptérocarpées donnent des oléorésines plus ou moins concrètes {Hopea, Anisoptera), qui se rattachent aux Damars par leurs propriétés générales.

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Le genre Dipierocarpus, qui appartient à cette même famille, possède des espèces qui produisent, au contraire, des oléo-résincs Huidea, connues sous le nom d'HuUe dt boii OU Wood oil, qu'il ne faut pas confondre avec le Wood oil of China que nous avons déjà appris à connaître comme étant l'huile à'Abrasin ou de Bancoulier {Aleurites).

P\g. 16Ï. — Dipterocarpus alalua <tndo-Chine).

L'Indochine possède plusieurs espèces de Dipterocarpus qui croissent en grand nombre en Cochinchine, au Cambodge, dans le sud de l'Annam el au Laos. Leur produit est généralement mélangé et constitue un très important article de commerce local.

L'espèce la plus exploitée est le D. alatus Boxburgh, Dau con ray des Annamites (fig. 102). C'est un grand arbre, au Iconc très élancé et droit. Pour l'exploiter, on pratique dans son tronc, à quelque hauteur du sol, un trou oblique ou une niche asse» prufonde, dans laquelle on allume du

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feu qui a pour effet de provoquer Fécoulement rapide de rhuile que Ton récolte dans des jarres. Un arbre adulte exploité de la sorte, pendant les six mois de la saison sèche, peut donner jusqu'à 80 litres d'huile, et cela pendant six années de suite.

La couleur de Thuile de bois varie, suivant Tespèce de Dipterocarpus qui l'a produite, du jaune clair au brun foncé. Cette huile, d'un usage général en Cochinchine et au Cambodge, sert comme vernis pour la peinture des bateaux, jonques et sampangs. On Tutilise aussi en peinture au même titre que l'huile de lin, mais elle est moins siccative. Elle possède encore des propriétés médicinales analogues à celles du copahu et sert en thérapeutique sous le nom de Baume de Gurjum ou de Gurgum. Mélangée à la résine Chaïy tirée du Shorea vulgaris Pierre, autre Diptérocarpée qui habite les mêmes régions, Thuile de bois donne une substance employée au calfatage des barques et à la confection des torches.

Nous citons seulement pour mémoire le Myroxylon Pereirae Klotzsch, le M. toluiferum H. Bâillon et le Copaifera officinalis Jacquin, arbres de la famille des Légumineuses qui produisent des oléo-résines utilisées en médecine. Le premier donne le Baume du Pérou ; le second le Baume de Tolu; le troisième le Baume de Copahu. Ce sont des arbres de l'Amérique Centrale et du Brésil.

La Gomme-gutte. — Les plantes à laque.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, les produits désignés sous ce nom sont constitués à la fois par des gommes et des résines associées en proportions variables, auxquelles s'ajoute, dans certains cas, une huile essentielle odorante. Lorsque la gomme est soluble dans l'eau, on peut la séparer aisément de la résine; lorsqu'elle est insoluble, la séparation s*obtient en traitant le produit par un solvant de la résine : alcool, éther, chloroforme, toluène, etc.

Les gommes-résines s'écoulent des plantes productrices soit naturellement, soit à la suite d'incisions. D*abord fluides, elles se concrètent à l'air pour constituer une substance plus ou moinn dure.

Parmi les principaux produits de cette catégorie, on peut citer la Gomme-gutte.

La Gomme-gutte est fournie par des arbres de diverses espèces appartenant au genre GarcUiia, de la famille des Guttifères. La sorte la plus estimée est produite par le Garcinia Hanburyi Hooker fils, qui croît surtout au Siam et au Cambodge et qui est désigné par les Annamites sous le nom de Vang-nhua.

La récolte s'obtient en pratiquant des incisions sur récorce des arbres, pendant la saison sèche. Le liquide suinte et on le recueille dans des entre-nœuds de bambous dans lesquels il se concrète en prenant la forme du moule. Il constitue alors la Gomme-gutte en cylindres. homogène et très pure. La Gomme-gutte en gâteaux, ou en pains, est le produit formé par le suc qui s'écoule goutte à goutte des rameaux et des feuilles lorsqu'on les brise. On la fait sécher au soleil dans des vases d'argile, puis on la réunit en masses agglomérées qu'on entoure de feuilles.

Les meilleures qualités de gomme-gutte renferment jusqu'à 74 p. 100 de résine et 21 p. 100 de gomme soluble. Cette matière estcassante, à cassure conchoîdale luisante ; elle est de couleur jaune orange foncé et devient jaune clair, lorsqu'on la frotte avec le doigt mouillé.

La principale propriété de la gomme-gutte est de former avec l'eau une émulsion employée dans la peinture à l'eau. La résine sert en peinture et dans la préparation de vernis à l'alcool et à l'essence.

L'Indochine a exporté, en d908, 48.759 kilogrammes de gomme-gutte, mais une partie importante de la récolte du Cambodge va au Siam et ne figure pas dans les chiffres d'exportation.

La Laque. — Une autre gomme-résine très intéressante est la Laque. Elle est fournie par des arbres de la famille

des Anacardiacées, localisés en ExtrêmeOrienl. et particulièrement dans notre colonie de l'Indochine.

\[ ne faut pas confondre ce produit avec la Gomme laque, résine d'origine animale, ainsi que nous le verrons dans un autre chapitre, et dont les propriétés sont totalement différentes.

La laque de l'Indochine est surtout produite par deux arbres de genres différents : le Rhus succedanea Linné, var. DumoiUieri Pierre, du Tonkin, où les Annamites le désignent sous le nom de Cay-son; et le Melanorrhœa laccifera Pierre, qui existe en Cochinchine et dans le sud de l'Annam, mais qui est surtout fréquent et exploité au Cambodge où il porte le nom de Dom Kreul.

Pour obtenir le produit, on incise les arbres et le latex est recueilli dans des vases clos hermétiquement, de manière à le soustraire à l'action de l'air.

M. Bertrand a établi que c'est sous l'action d'une diastase spéciale, la laccaset que ce latex se transforme en laque proprement dite.

En flacons bien bouchés, le latex a l'aspect d'une crème épaisse de couleur presque blanche. Au contact de l'air, il brunit, se couvre immédiatement d'une pellicule d'un noir intense, insoluble dans les dissolvants usuels. Grâce à cette propriété précieuse on en obtient un enduit noir brillant et inaltérable. Pour rendre la laque utilisable, on la mélange avec de V huile de bois ou de V huile d'Abrasin et le produit ainsi obtenu constitue les vernis si réputés employés en Chine et au Japon pour laquer les meubles, les pagodes, etc.

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