Partie médiane
— centrale 5.6
Les chiffres de ces analyses indiquent des constantes pour diverses variétés mises en expérience dans les plantations normales de France. H est permis, a priori, d'en faire état pour des cultures dans des régions où les mêmes travaux d'analyse n'ont pas encore pu être effectués pour en confirmer ou infirmer le sens général.
Conditions de culture. — L'existence de la culture du tabac dans nos régions tempérées, France, Allemagne, Hollande, Hongrie aussi bien que dans les régions intertropicales, Cuba, Manille, Sumatra, Indochine, en démontre la plasticité au point de vue climat. Les produits les plus fins sont cependant ceux des régions chaudes.
Le sol doit être frais, léger, riche, et contenir une assez forte proportion de potasse, élément de la combustibilité des tabacs.
La chaux importe peu. Une certaine teneur en sel marin ou chlorures est nuisible. La culture est très épuisante et nécessite de la fumure et des engrais en bonnes quantités.
Les engrais nécessaires doivent correspondre à la teneur du sol en éléments fertiles, et notamment en sels de potasse. L'engrais azoté doit être surveillé : il développe la feuille, mais aussi la teneur en nicotine et Tarome grossier ou de terroir.
La graine de tabac est extrêmement ténue : un dé à coudre, soit 1 gramme, en contient de 17 à 18.000 et suffit à 1 mètre carré de planche de semis, qui donnera plus de 500 pieds pour le repiquage (fig. 165). On mélange la graine avec du sable fin. La graine, semée sur planche en pépinière, n'est pas enterrée, mais simplement aplatie avec une latte. Elle lève après 15 ou 20 jours et on repique après 6 semaines ou 2 mois (en France 3 mois), lorsque les jeunes plants ont de 5 à 8 feuilles. On repique sur lignes, distancées de 0"",66 à 1 mètre età42 à 60 centimètres d'intervalle sur terrain bien labouré, à l'abri du vent ou sous la protection de brise-vents aménagés.
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La culture demande des soins incessants, sarclage, binage, buttage. L'arrosage et Tirrigation trop abondants sont à éviter.
Dès que l'inflorescence s'apprête à se développer, environ 6 à 7 semaines après le repiquage, il faut écimer. Vécimage consiste à supprimer, avec les doigts et l'ongle du pouce, l'extrémité de la tige, pour empêcher la plante de fleurir. A la suite de cette opération se forment à l'aisselle des feuilles des bourgeons latéraux qu'il faut également enlever, de façon à ne laisser se développer qu'une dizaine de feuilles sur la tige.
Uépamprement consiste à supprimer les feuilles de la base, de qualité inférieure. On laisse à chaque pied un nombre de feuilles variable (10-16). Le degré de développement des feuilles est reconnu à point, lorsque les bords du limbe repliés se déchirent sous la poussée du doigt, avec un léger craquement.
La durée de la végétation du tabac, depuis le repiquage, est de trois mois à trois mois et demi, suivant climat et conditions, car il y a des variétés plus ou moins précoces ou tardives. La graine de tabac garde sa faculté germinative au delà d'une année.
Les modes de culture diffèrent de pays à pays. A Déli (Sumatra) on défriche les terres vierges pour en faire une première culture, sans fumure. L'année suivante, souvent, on y fait une culture de riz et on laisse ensuite le sol en jachère pendant plusieurs années, pour défricher à nouveau et recommencer la rotation. Ce système de culture n'est évidemment admissible que dans des pays où les terrains disponibles sont abondants, et où les frais de défrichement demeurent au-dessous des dépenses de fumure, alors que la qualité des tabacs y gagne.
A Cuba, ou dans la plupart des pays producteurs, on cultive le tabac pendant plusieurs années sur le même sol, en ayant soin de lui assurer d'abondantes fumures.
L'île de Cuba produit deux groupes de tabac, en de nombreuses variétés et qualités : les tabacs clairs [claro] et les tabacs foncés (colorado) [maduro) , dont les différences
relèvent surtout de la nature du soi et de l'exposition. Le tabac clair, qui a la feuille mince, légère, à nervures fines, donnant une combustion rapide et une cendre blanc grisâtre, moins chargé en nicotine aussi, est un produit des terres sablonneuses (ayant 75 p. iOOde sable) et des cultures exposées à l'ouest, où l'action solaire est moins intense. Le tabac foncé, par contre, à feuille plus épaisse, lourde, de couleur acajou sale, avec de grosses nervures, une combustion lente et des cendres gris foncé, est obtenu sur des sols argilo-calcaires couleur chocolat et des terrains exposés à Test. La culture des uns et des autres est faite de préférence sous irrigation. D'après M. Paul Serre, le veguero de Cuba néglige beaucoup trop les améliorations qu'il lui serait facile dlntroduire dans la culture.
Cuba imite à présent Sumatra, en pratiquant la culture sous abri ou cheese cloth. Le checse cloth est une toile, claire suffisamment pour tamiser la lumière, tendue à 2 mètres ou 2™,50 au-dessus des plants de tabac qu'elle enveloppe également sur les côtés. Les pieds sont rapprochés à 30 centimètres sur lignes distancées de 50 centimètres. On obtient de la sorte une chaleur plus constante et un degré hygrométrique plus uniforme. Mais le système, assez coûteux, peut avoir les défauts de ses qualités, par Texagératien de l'humidité et le manque d'éclaimge.
On pratique encore à la Havane la culture associée du tabac et du bananier, l'un protégeant l'autre, mais lui enlevant également une partie de sa nourriture, de sorte que la méthode n'est pas à recommander, pas plus que celle de la culture intensive en rapprochant outre mesure les pieds de tabac.
Récolte et préparation. — La récolte des feuilles peut se faire en coupant le pied en entier, au ras du sol — méthode souvent employée dans les pays chauds pour éviter une dessiccation trop rapide — ou bien en enlevant les feuilles une à une, au fur et à mesure de leur matu-
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rite, ce qui se fait à plusieurs reprises. Les feuilles récoltées sont déposées par paquets de tO à 13 sur le sol, pendant plusieurs heures, à l'abri de la rosée, de la pluie et du soleil ardent. Ainsi assouplies, elles sont portées au séchoir.
Les séchoirs sont des constructions (fiff. 166) géncrale-
Fig. 1(16. — SÉcHoin A T*Bic (Java),
ment légères, en bambou, pourvues sur les colés de voleta uu de paillassons mobiles, de façon à pouvoir établir une ventilation au gré des circonstances atmosphériques et d'empêcher en même temps la pénétration d'une trop g;rande humidité. Parfois, les séchoirs, dans nos pays, sont munis de calorifères. Les pieds entiers sont disposés sur des gaules horizontales, en rangées superposées; les reuillcs séparées sont enfilées en guirlandes sur une ficelle par l'extrémité de leur grosso nervure et suapendues en pente [fig. 167). Parfois, afin de maturation à point, elles sont mises dans de la paille.
La dessiccation est terminée au bout de trois à six semaines; elle se reconnaît suflisante lorsque la feuille est
DU RÈGNB TÉr.ËTAL
brunie, et la nervure principale ridée. On procède ensuite au triage par catégorieB détaille (les plus hautes sur tige étant les ptue petites), de couleur et de deg^ré de finesse. Cette opération a une grande importance pour ia valeur finale du produit. Les trieurs de Sumatra, qui ont une parfaite habileté et appliquent beaucoup d'attention, arrivent
Pif;. 167. — [ntSriedr h'itn sfcCHoiK n tabac (Java).
à différencier jusqu'à 60 sortes parmi les feuilles récolt<'es dans une même culture.
Les feuilles ainsi triées sont réunies en paquets de 20 H 50, appelées manoques, ou niatowb [Cuba). L'opération suivante est la fermentation, la plus importante et la plus délicate. Elle a pi.ur but de diminuer la teneur on nicutiiie du labac, de développer larome, et pour effet aussi de modifier la teinte de la feuille qui en devient plus uniforme. Les méthodes varient suivant les paya. Les grandes plantations l'opèrent cllea-mùmes: les petites et les indigènes se contentent du séchage des feuilles car, pour obtenir une bonne fermentation des tabacs, il est nécessaire d'opérer surde fortes quantités. En France, la régie
PLANTB.-i KT PHOCDITS STUpéPIANTS B05
fait fermenter elle-même ses tabacs du pays elceux qu'elle reçoit d'Algérie.
Les manoques sont mises en tas, la pointe des feuilles
Fig. Ifia. — Phéhhation n (ll.prè,Collel.)
[oiirnée vers Tintéricur {Rg. 168). Ces las, appelés masses, pilons (Cuba) ou bancs, sont de forme rectangulaire el doivent avoir un certain volume — de I à 3 moires de hauteur — afin que la température, développée par la fcrmenlation, se maintienne autant que possible uniTorme entre 35 et 40" C. La température doit s'élever t;raduellemenl et ne pas dépasser 50" C. Il faut donc surveiller celle température de façon à ce qu'elle ne dépasse pas celle limite el afin d'éviter que, par des coups de chaleur.
les feuilles soient a brûlées ». A cet eiïet, on laisse dans la masse des tubes de bambou, contenant à leur extrémité enfoncée un thermomètre dont la lecture permet de suivre les progrès de la fermentation. Lorsque la température menace d'être trop élevée, on défait le tas et on le reconstitue, en ayant soin de placer les manoques de la périphérie à l'intérieur et inversement. II est d'ailleurs utile de faire cette même opération de retournement un certain nombre de fois, même pour des fermentations normales, si on veut avoir un produit homogène.
Cotle opération dure environ six semaines. Elle donne au labac sa couleur et ses qualités définitives.
Les feuilles do tabac corsées^ c'est-à-dire épaisses et gommeuscs, fermentent plus lentement, plus régulièrement et en s'échauffant moins que les feuilles à tissu fin et léger.
Dans certains pays, on pratique lesauçageou hétanemenl : il consiste à arroser les tas d'une sauce, ou betoun, qui est, soit une infusion de tabac dans de l'eau, soit un liquide préparé avec du miel, de la mélasse, etc. Les fumeurs connaissent le goût « mielleux » de certains tabacs anglais ou américains, tels que les Old juge, Capslan hrand, Navy Cuty etc., ou les arômes spécifiques de certaines marques européennes. Nous pensons qu'il serait fort intéressant d'étudier à fond le chimisme de cette fermentation, sans doute bactérienne, peut-être due à une diastase, afin d'en déterminer les agents spécifiques. L'industrie des tabacs retirerait de cette connaissance les plus grands bénéfices.
Nombreuses sont les variétés et les qualités des tabacs préparés et les différences qui les caractérisent au goût, aux yeux et à l'accoutumance du consommateur, à qui est bien applicable le proverbe : de guslibus non est disputandum. Hemarquons, cependant, que le Cubain estime surtout le tabac frais, qu'il paie d'ailleurs assez cher, et que l'habitude de choisir le « Havane » le plus sec, qui craque sous la pression du doigt ou de réclamer du c/aro.
est, à son point de vue, une aberration de snob indigne de « personas de gusto ».
Les tabacs les plus cotés de Cuba sont ceux dits « de Rio », provenant de plantations riveraines de cours d'eau à inondations temporaires. Les meilleurs sont ceux de la vueltade abajo, c'est-à-dire des versants de l'ouest, de la province de Pinar del Rio, sur les flancs de la Sierra de Los Organos. Ils contiennent 4 p. 100 de nicotine. Ces tabacs se vendaient, sur place, il y a quelques années, depuis 40 jusqu*à 500 dollars le Cercio de 46 kilogrammes pour la confection des capes de cigare. Mais les prix sont sujets à de très grandes fluctuations et tendent à diminuer par suite des négligences dans la culture.
Le second type est celui des tabacs dit des Villas, de la région de Santa-Clara qui se vend, pour le même usage, de 70-iOO dollars le tcrcio pour les marques supérieures, et de 8 à 50 dollars pour les autres. D'après M.Paul Serre, les qualités se suivent dans cet ordre (en 1910) : Vueltaabajo ; Partido ; Semi-Vuella ; Remedios; lUayari, etc.
Dans les dernières années, la feuille de Sumatra, remarquable par sa finesse, fait concurrence à tous les tabacs de fabrication cigarière parce qu'elle donne une parfaite couverture ou cape. (Le cigare est fait d'une cape, d'une soiiS'Cape et d'une bourre ou tripe.)
Partout, d'ailleurs, les tabacs les plus rémunérateurs sont ceux dont la feuille, par sa finesse, sa résistance, l'absence de grosses nervures, la combustibilité, la forme, etc., permet de découper des capes de cigare et c'est vers la production de ces tabacs que nous devons tendre dans nos colonies.
Les tabacs récoltés en France ont une combustibilité médiocre et une absence d'arôme qui nécessite leur mélangeavec des tabacs exotiques, de pays chauds, pour leur donner les qualités nécessaires. Ceux-ci y entrent dans la proportion de plus d'un tiers pour les tabacs ordinaires.
Le tabac est consommé sous forme de cigares, cigarettes, tabac de coupe, tabac à chiquer ou « carotte »,
tabac à priser et jus de tabac. Certaines tribus primitives Je fument par le nez ; ailleurs, comme en Asie centrale chez les Kirghizes, on « chique » du tabac en poudre {noss). Les Chinois aiment le tabac opiacé qu'ils fument dans de petites pipes à eau, etc.
Le jus de tabac provenant de la macération des feuilles de tabac vulgaire et des déchets est aujourd'hui très demandé pour la destruction des insectes parasites des plantes, notamment pour détruire les Cochilis et Eademis qui s'attaquent à la vigne. Le jus pur marque i5<* Baume et il est employé, plus ou moins étendu d'eau, en vaporisations ou fumigations. La médecine vétérinaire l'utilise également, en quantités notables, pour la destruction des parasites des animaux domestiques.
Les tabacs dils « d'Orient » contiennent en général moins de nicotine que les autres, et les tabacs à priser, moins que les tabacs à fumer.
Ennemis du tabac. — De nombreux insectes s'attaquent à la famille du tabac : coléoptères, pentatomes, larves de sphingides, noctuèles, qu'il faut combattre par la cueillette et une surveillance incessante, sans compter diverses maladies cryptogamiques.
Commerce et production. — La consommation des tabacs dans le monde va en augmentant. On évalue la production mondiale à 1 million de tonnes de feuilles .sèches. A l'état brut, cette quantité aurait une Valeur d'environ 800 millions de francs, et, à l'état manufacturé, une valeur représentative de près de 4 milliards, en raison des impôts considérables du fisc dans les divers États.
En dehors de l'Kurope, c'est l'Asie qui produit les plus lortes quantités de tabac, dont la majeure partie est consommée dans le pays même. Java et Sumatra, Bornéo, les Philippines fournissent à l'exportation des tabacs de qualité en quantités importantes et qui ne suffisent pas à la demande. Sumatra exporte annuellement pour plus
de 100 millions de feuilles qui sont surtout recherchées dans la fabrication des capes de cigares. La culture du tabac y remonte à 1865 seulement.
Les États-Unis récoltent pour environ 200 millions de francs de tabac par an dont la majeure partie est fournie par les États de Kentucky et de Virginie. Les États-Unis fabriquent maintenant 8.000 millionsde cigares par an. L'Amérique centrale et méridionale en exportent également. En 1909, Cuba a produit 494.358 tercios de feuilles d'une valeur de plus de 220 millions de francs (Paul Serre). On y fabrique 317 millions de cigares dont la moitié est consommée dans le pays.
L'exportation, qui était de 300 millions il y a quinze ans, est tombée à 181 millions de cigares, à la suite d'une crise qui dure encore. Les 5/6 du tabac exporté vont aux États-Unis qui paient les plus fortes cotes. Le meilleur tabac en feuilles était acheté, il y a quelques années, par la France, à raison de 8 francs le kilogramme en moyenne, et le plus mauvais par l'Espagne qui le paie en moyenne 1"',60 le kilogramme. Mais si la France paie cher, elle achète peu. En 1908, elle a pris à Cuba pour 300.000 francs de tabacs en feuilles et pour 3 millions de cigares. Par contre, l'Espagne achète à Cuba les meilleurs cigares pour l'Europe, puis viennent l'Allemagne,* la France et l'Angleterre, celle-ci en achetant 12 fois plus que la France. Le prix moyen du cigare variait à Cuba (1903) de 0'^3i8 à 0'%260, avec un prix moyen de 0^314. Il y avait à cette époque 55 fabriques de cigares et de cigarettes à Cuba. En 1909, la Havane possède 75 fabriques de cigares et 38 de cigarettes ; on comptait 50 fabriques de cigares dans l'intérieur de l'île.
En ce qui concerne la France, la production annuelle y est estimée en moyenne à 23.000 tonnes. La culture, soumise au régime de la régie, est autorisée dans 25 départements et toute la récolte doit être livrée aux manufactures de l'État, aux prix fixés chaque année par arrêté préfectoral.
Les départements où cette culture est la plus impor-
tante sont : le Lot-et-Garonne, la Dordognc. l'Isère, le Pas-de-Calais, la Gironde. A celte production nationale il faut ajouter de 25 à 30.000 tonnes de tabac d'importation en feuilles ou en côtes, d'une valeur de 26 à 31 millions de francs, destinées à entrer dans le mélange des tabacs de coupe.
On estime à 800 grammes par tête d'habitant la consommation annuelle du tabac pour toute la France. Dans le département du Nord, on en trouve 2*^,055 par habitant, et 432 grammes seulement par tête dans le département de la Lozère. La moyenne de la consommation du tabac à priser est estimée, en France, à 119 grammes par habitant. L'industrie tabatière y fait vivre 85.000 personnes et on compte 36.604 bureaux et débits de tabacs. En 1908, la consommation des tabacs, en France, était de 40.300 tonnes valant 514.352.000 francs. Ce chiffre comprend 2.325 tonnes pour une quantité de 579 millions de cigares; 4.756 tonnes de tabac à priser; 1.157 tonnes de tabac à mâcher ; 2.906 tonnes de cigarettes et 29.156 tonnes de scaferlati et de tabac « de zone ».
De toutes nos colonies, l'Algérie est la seule qui participe à la consommation métropolitaine, l'État lui achetant des quantités de plus en plus fortes et qui atteignent plusieurs millions. Aussi le débouché étant ainsi assuré dans des conditions acceptables, la culture du tabac y prend-elle un développement grandissant. Cependant, plusieurs de nos colonies, et notamment rindochinc, les Antilles, l'Afrique occidentale pourraient produire dos quantités notables de tabac, si les mêmes conditions leurs étaient offertes, et il n'est pas douteux qu'un stimulant de ce genre ne tarderait pas à amener l'amélioration du produit, avec l'extension des cultures. Il est à souhaiter que la Commission inter-ministérielle, chargée de l'étude de cette question, aboutisse à un résultat favorable à la fois aux intérêts de la régie et du producteur colonial.
La nicotine est, on le sait, un poison violent. L'abus du tabac conduit au ni^otinisme, empoisonnement lent
qui retentit sur le cerveau, le cœur, les poumons, la vue et prédispose au cancer dit « des fumeurs ». Mais conseillez donc à un fumeur esclave d'abandonner en deçà de la limite de Tabus! Aussi le tabac « dénicotinise », Veucalyptus et le cigare à la créosote n'ont-ils qu'un succès éphémère devant la tyrannie d'un produit stupéfiant, qui a conquis les faveurs des tribus les plus primitives.