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LE CAMPHRIER

Orij;inc. — Kxlractioa. — Emplois. — I* Celluloïd. — I^ Boruéol. —

La Camphrée.

Le Camphrier [Laurus Camphora, Linné, Cinnamomum Camphora Nées) (famille des Lauracées) est originaire de la Chine méridionale et du Japon, mais il abonde suKout

Pig. lis. — Brincui de CAHTBRiEii [LaunixlCamphora] .

n'est pas rare dans les jardins de la Provence et de l'Alpérir.

Il fournil le camphre, composé aronialique dont la for-

mule de constitution n'est pas encore fixée d'une manière définitive par les chimistes. Cette substance, inconnue aux Grecs et aux Romains, était connue des Arabes qui la désignaient sous le nom de Kaphur, Kamphur.

C'est un bel arbre de 8 à 15 mètres de hauteur, à tronc rugueux, mais à jeunes rameaux lisses, verdàtres. Les feuilles sont alternes, de la grandeur et de la forme de celles du poirier, triplinerviées, glabres, luisantes el d'un vert gai, un peu glauques à la face inférieure, exhalant une odeur de camphre très prononcée lorsqu'on les froisse. Les fleurs, de couleur blanc jaunâtre, sont très petites. Le fruit est une baie noirâtre, de la grosseur d'un pois (fig. 178).

Extraction. — Le camphre est obtenu par distillation du bois divisé en copeaux, principalement du tronc, des branches et même des feuilles, depuis que la matière se raréfie à la suite d'exploitations excessives et inconsidérées.

Les arbres sont, en effet, abattus en choisissant de préférence les plus vieux et les plus beaux, de cinquante ans d'âge et plus, et ne sont pas toujours remplacés.

On fait bouillir les copeaux avec de l'eau, dans une chaudière, et la chaleur volatilise le camphre qui vient se déposer dans un chapiteau garni de paille dont on recouvre le récipient. Le produit brut ainsi obtenu est grisâtre et doit être raffiné avant d'être livré à la droguerie. On le raffine en le mélangeant de chaux et de limaille de fer et en chauffant le mélange. Le camphre se sublime et se condense dans des moules, en pains qui prennent la forme d'une calotte percée. Ainsi purifié, le camphre est blanc, demi transparent, léger. 11 fond à il^^ et bout à 204^. Il se volatilise peu à peu à l'air, à la température ordinaire.

Emplois. — Le camphre est un de nos médicaments les plus populaires, très employé en thérapeutique, sur-

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tout depuis Raspail; c'est un antiseptique puissant et, en même temps, un analgésique et un résolutif; il entre dans la préparation de l'alcool camphré, de l'eau sédative, de l'élixir parégorique, etc. Son importance comme article d'exportation est devenue considérable pour la préparation industrielle du celluloïd, substance dont l'invention

Pig. 179. — Vieux citHPHHTcn dans la haute rïgion du Tonkin.

estdue à des Américains, les frères Smilh (1869) et dont la fabrication en Europe remonte à l'année 1876.

Le celtuloid remplace, on le sait, l'ivoire et l'écaillé dans la fabrication d'un très grand nombre d'objels usuels. Il est formé par un mélange de pyronyline (nitrocellulose, fulmicoton), de camphre, A'akool et de toluène.

D'après le Bulletin de la maison Sdânimel et C'^ (avril 1910), le Japon et Formose auraient exporte, en 1909, 7.337.482 kins (un peu plus de 4.300 tonnes) de camphre d'une valeur de 6.312.24S yena (prés de 16 millions et demi de francs).

Le Tonkin fut aussi, naguère, un pays producteur

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de camphre. On y trouvait de belles forêts dont témoignent encore aujourd'hui quelques survivants, vétérans nuiltiséculaires, dans la haute région {^g. 179). Il y aurait là une reviviscence à stimuler.

L'avenir de la culture du camphrier a semblé compromise par la menace du camphre de synthèse. Mais il en est de cette menace comme de celle de l'indigo, du caoutchouc et de la gutta-percha artificiels. La fabrication industrielle synthétique n'est dangereuse pour le produit naturel que le jour seulement où, devenue une réalité, elle donne un produit artificiel, non seulement de plus bas prix, mais encore de qualité supérieure, ce qui est loin d'être le cas.

En Extrême-Orient, Tébénisterie fait, du bois de camphrier, des meubles et des malles d'un prix assez élevé, réputés éloigner les insectes déprédateurs des vêtements et des fourrures. Inutile de dire que les falsifications sont fréquentes, et le résultat souvent illusoire.

Bornéo possède dans ses forêts un arbre très différent du camphrier, le Dryobalanops aromatica Gaîrtner, de la famille des Diptérocarpées, qui donne un produit connu sous les noms de Camphre de Bornéo et de Bornéol lequel, chauffé avec de l'acide azotique, se convertit en camphre ordinaire. Le Bornéol peut donc être la source du camphre de synthèse; mais c'est surtout la térébenthine qui constitue la matière première préférée. Aussi, en raison du prix de revient élevé de ces produits de l'industrie chimique, l'exploitation du camphre naturel semble devoir donner encore, pendant un certain temps, des bénéfices appréciables.

L'Indochine possède en abondance une espèce végétale dont on peut extraire facilement du camphre.

Cette plante est la Camphrée (Blumea balsamifera De Candolle), de la famille des Composées. Les indigènes l'appellent daibi et désignent son produit sous le nom de bang-phien. Ils emploient celui-ci en pharmacopée et le considèrent un peu comme une panacée. Etant donné

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rinlérêl de la plante et du produit, la Direction de l'Agriculture et des Forêts de Tlndochine a fait faire une série d enquêtes et d'études sur place et elle est arrivée à des conclusions dont nos colons, industriels et commerçants, auraient intérêt à tenir compte.

Le Blumea est, en effet, une plante qui foisonne comme une mauvaise herbe. C'est un sous-arbrisseau qui peut atteindre 3 mètres de hauteur, à grandes feuilles. Il envahit rapidement les terrains d'anciennes cultures en colline et particulièrement les rizières abandonnées, à proximité de la forêt. Il s'accommode de sols peu fertiles ou épuisés.

La vigueur de sa végétation permet des coupes abondantes et répétées.

11 faut, en moyenne, 400 kilogrammes de feuilles pour obtenir \ kilogramme de camphrée ; mais il est vrai que les modes de distillation des indigènes sont tout à fait primitifs, et qu'avec un outillage plus perfectionné, on retirerait un pourcentage beaucoup plus élevé.

La camphrée croît en abondance depuis le Nord-Annam jusque dans les hautes régions du Tonkin. Les Chinois seuls profitenl jusqu'à ce jour des petites quantités préparées par les indigènes et leur paient le prix qu'ils leur imposent sans concurrence. Il s'agit donc là d'un produit d'avenir, sur lequel l'attention mérite d'être appelée. La camphrée est également très abondante dans les provinces orientales de l'Inde, les îles de Haï-nan et de Formose.

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