PLOMES D'AIORETTES
Parmi les plumes de parure très recherchées el cotées A des prix élevés, sont les plumes d'aigrettca. L'aigretic est un échaseier voisin du héron, du genre Ardea et de la Tamille des Ardéidés [Rg. 190].
On trouve ses diverses espèces dans preequetoiites les régions non-arctiques où elles fréquenlenL les parties marécageuses et les voisinagesd'eaux à la recherche de leur nourriture d'animaux aquatiques.
Deux espèce»
intéressent surtout nos colonies et le commerce ; la grande aigrette ou aigrette blanche Fig. luO. — AiuFvETTE. {Ardea. ou Egrelta
alba), cl la garzette [Ardea garzelta). Ces deux espèces ont le plumage blanc. La première mesure 1 mètre de longueur. Ses plumes dorsales, droites et à barbes décomposées, se prolon^çent en toufTe caudale tombante. La garzette a une taille de moitié plus petite. Elle porte un chignon occipital, sur le devant du poitrail des plumes flexibles qui se prolongent, du dos, en plumes caudales recourbées en crosse, d'où le nom de héron-crosse donné à l'oiseau et de
« brins crosses », par les plumassiers, à ces plumes très recherchées.
Ces deux espèces sont cosmopolites. Nos colonies ont plusieurs espèces locales voisines, telles que ïaigrette grise et Vaigrette ardoisée de Madagascar, et la garzette nègre du Sénégal. L'Amérique du Sud, et notamment le Venezuela et la Colombie, fournissent au commerce les plus belles plumes. Quelques envois sont faits de nos colonies : la Guyane, le Sénégal, Madagascar et l'Indochine. Le commerce en est très lucratif lorsque la mode raréfie le produit. Les chasseursprofessionnelsdétruisentdes quantités énormes de ces oiseaux et en ont dépeuplé des régions entières. Aussi a-t-on pu songer à en faire l'élevage méthodique dans des pays qui s'y prêtent, comme le Cambodge et, d'autre part, essayer d'enrayer les progrès de la destruction par des mesures de protection policière. C'est ainsi qu'en 1908, le Gouverneur général de l'Afrique occidentale française a interdit la chasse à l'aigrette sur tout le territoire du Haut-Sénégal et Niger, pendant une période de deux années.
Nous ne citons que pour mémoire, l'existence de nombreuses espèces de Tornithologie coloniale dont le plumage aux teintes colorées, les dimensions des plumes ou leur finesse, pourraient donner au commerce un article, sinon permanent, du moins lucratif en temps de mode spéculative et tyrannique. Le Sénégal a exporté, en 1907, des dépouilles d'oiseaux pour une valeur de 40.298 francs et l'Indochine, en 1909, des plumes de parure brutes, pour 137.900 francs. Mais, comme le chasseur indigène n'est pas entraîné généralement à ce genre de cueillette, faute d'armes appropriées, l'Européen ne saurait, à lui seul, en faire une exploitation suffisamment rémunératrice, parce que solitaire et rapidement exténuante.