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L'IVOIRE

Hisloiro nalurellc. — llislorique. Ori{^ac. — Commerce. — Usages.

Histoire naturelle. — L'ivoire est fourni par les deux dents incisives que l'éléphant porte à la mâchoire supiérieure et qu'on appelle les défenses. Ces dents ne se développent pas chez tous les éléphants et les mâles aussi bien que les femelles en manquent assez souvent, surtout chez l'éléphant asiatique.

Une défense d'éléphant est composée des mêmes cléments qu*une dent normale : d'une masse principale appelée dentine et qui est l'ivoire proprement dit, recouverte d'émail à la couronne, de cément à la racine et creusée d'une cavité remplie de pulpe dentaire où cheminent les nerfs et les vaisseaux.

L'industriel y distingue le creux et le cœur, ïivoire et la croate ou épiderme. Le creux se prolongeant plus ou moins haut vers le cœur, permet, en dehors de son poids, d'estimer la valeur d'une défense à l'aide d'une sonde avec laquelle on en jauge la profondeur. L'ivoire est parcouru par des canaux très fins, les fibres, dont le fin réseau donne à la masse ses dessins caractéristiques.

Les défenses étant à croissance continue, peuvent atteindre des dimensions énormes — jusqu'à 3 mètres de longueur — chez l'éléphant domestique qui n'en fait guère usage, mais demeurent plus courtes, par l'usure, chez la bète sauvage qui les fait servir à de multiples fins. L'emploi en est d'ailleurs inégal et l'une des défenses, à laquelle on donne le nom significatif de « serviteur »,

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est souvent moins longue que l'autre. Elles varient de forme et de taille suivant les régions, d'une façon sufïisammeni moyenne, pour que les trafiquants puissent souvent, d'après ces caractères, en reconnaître la provenance. Le poids moyen d'une défense de mâle de l'éléphant d'Afrique est de 20 à 22 kilogrammes et celui d'une défense de femelle de 4 à 5 kilogrammes.

Les grosses dents peuvent atteindre un poids de ^0 à 80 kilogrammes et les exceptionnelles, peser jusqu'à 90 kilogrammes.

Deux espèces d'éléphants demeurent survivantes dans la faune actuelle : Vélépkant d'Asie et Véléphant d'Afrique.

L'éléphoiit d'Asie (Elephas indicus), ou des Indes, se rencontre à Tétat sauvage depuis Tlnde jusque dans le Haut- Tonkin, à Ceylan et à Sumatra. Il se distingue par la forme de son crâne à front vertical, le dos voûte, les oreilles relativement petites et mobiles et les ongles du pied de derrière au nombre de 4 ou 5. Les lamelles d'émail de ses molaires forment des bandes étroites.

On connaît la vénération dont la superstition populaire, à laquelle des fêtes et des égards officiels doivent satisfaire, entoure les éléphants dits « blancs », qui sont des albinos, Vrais ou faux, à robe d'un gris plus ou moins sale. Au Siam, en Birmanie, au Cambodge, au Laos, la capture d'un éléphant blanc est un événement de haute importance et ce gibier, rare autant que privilégié, appartient de droit au roi ou au chef suprême du pays.

L'éléphant d'Asie est moins chassé pour ses « pointes » ou défenses, souvent absentes, qu'en vue de sa domestication et des services qu'il rend comme « main-d'œuvre ». La chasse à l'éléphant sauvage est faite à l'aide de bêles domestiques, montées par des « mahouts » ou « cornacs » fort habiles, dont la besogne la plus difficile consiste à passer un bout en un nœud coulant à l'un des pieds de derrière de leur énorme gibier. L'intelligence remarquable de l'éléphant d'Asie lui vaut de multiples charges de domesticité : il sert de monture au voyageur et au chasseur, traîne des canons, fait le service postal,

remplace le bûcheron dans la forêt, manipule des billes énormes de tecks et les empile dans les scierif;s, etc. ; il se faisait même jadis, <Jans l'Inde, employer comme exécuteur des hautes œuvres.

Aussi le prix d'une béte si utile peut-il atteindre jusqu'à 5.000 francs, suivant le dressage. Des mesures administratives diverses ont été prises pour conserver cette richesse vivante ou, du moins, en empêcher l'extermination, car il faut dire aussi ses méfaits. Si l'éléphant domestique est fort utile, les troupeaux do bêtes sauvages peuvent être redoutables pour les plantations que leur appétit énorme d'herbivores met rapidement et radicalement à mal. Us commettent aussi d'autres dégâts : en Annam, par exemple, ils défoncent souvent et démolissent ensuite, dans leur colère, les ponts de bois et les ponceaux qui les ont trompés sur leur solidité et arrachent ou tordent, comme fil de fer, les poteaux télégraphiques en fer à T, dont la sonorité vibratoire leur fait soupçonner la présence d'un nid bourdonnant d'insectes piquants.

L'éléphant femelle porte vingt moisetdemi. Ilpeutvivre cent cinquante ans et les exemples de reproduction en captivité ne sont pas rares.

Wéléphant d'Afrique (Elephas africanus) se dislingue de son congénère par une taille plus grande, atteignant, à l'état adulte, jusqu'à 4 mètres de hauteur et un poids de 6 tonnes ; par sa tète plate à front oblique, ses oreilles grandes et immobiles, ses fortes défenses, ses molaires à lamelles d'émail en losanges et ses pattes hautes avec, aux pieds de derrière, 3 ongles seulement.

Dans l'antiquité, les rois Numides, les Carthaginois, les Grecs d'Alexandre le Grand se servaient d'éléphants de combat sur le front de bataille; plus tard aussi, les Romains les employaient aux jeux sanglants du cirque.

La zone d'habitat de l'éléphant d'Afrique, qui comprenait jadis le Nord et le Sud africain et s'étendait jusqu'à la côte occidentale, s'est progressivement rétrécie à la suite de l'extermination des troupeaux du Nord et de la chasse des indigènes pourvoyeurs d'ivoire des grands

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