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LE CORAIL

En 1723, un jeune médecin, Peyssonnel, fit connaître à la curiosité, d'abord incrédule, la nature animale du corail. Jusque-là, ces superbes floraisons marines avaient été considérées comme des plantes. Depuis, les travaux de Lacaze-Duthiers nous ont révélé dans leurs moindres détails la structure de ces êtres et les particularités de leur existence.

On sait que le corail vivant, tel qu'on le voit fixé contre les rochers de la mer, n'est pas un individu, mais une réunion d'unités constituant une colonie animale, attachée à un support commun. Sur une tige ramifiée, d'un rouge plus ou moins vif, se trouvent groupés des fleurons, fermés ou épanouis, en pseudocorolle à huit branches finement barbelées : chacun constitue un polype, unité de la colonie et tous sont réunis, englobés dans une gangue vivante, molle, appelée sarcosome. Cette

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substance vivante est parcourue de nombreux canaux dans lesquels circule un liquide nourricier commun— le n lait de corail » des pêcheurs — et contient de nombreuses petites cristallisations colorées en rouge, appelées gpicuUs. Le support, la partie centrale, est formée d'une matière calcaire «lure : c'est le polypier (^ui constitue le corail du commerce (fig. 197).

Le corail se reproduit par bourgeonnement et par des larves.

La larve, d'abord errante, se fixe sur un rocher où elle Torme un petit dépôt de calcaire qui se développe en-, suite par couches concentriques formant, sur une • racine u irrégulière, des branches ramifiées plus ou moins cylindriques et s'accroissant lentement avec les progrès de la colonie bourgeonnante.

Parmi le grand nombre d'espèces coralliaires, la plus importante, au point de vue de la pèche industrielle, est le corail rouge ou Corallium rubrum de la Méditerranée et de l'océan Atlantique, d'ailleurs répandu dans d'autres parages. Dans celte espèce, les polypes au fleurons sont répartis tout autour de la tige du polypier. Les c6tes du Japon et les lies Sandwich possèdent d'autres espèces du genre Pleurocorallium, où les polypes sont rangés latéralement à leur support.

La pèche au corail était jadis beaucoup plus active quelle ne l'est aujourd'hui, sur nos côtes nord-africaines. Il est vrai que les caprices de la mode en conditionnent le bénéfice dans une grande mesure.

De nos jours, les « coraillcurs 9 sont à peu près tous des pécheurs italiens ; leurs barques, ou s coralines 0, sont gréées pour la petite on pour la grande pèche. L'engin de pèche classique est la croix do Saint-André, d'usage fort

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ancien, dont les paquets de cordes ou a fauberts • sont traînés sur les bancs coralliières et ramènent, par la manœuvre du cabestan, les pieds de corail déracinés de leurs fonds, ou cassés à leur passage. L*emploi du scaphandre est limité à une trentaine de mètres.

L'histoire de la pèche du corail sur les côtes algériennes et tunisiennes, du xvi® au xix« siècle, rappelle Texistence de manufactures prospères à Marseille et la Galle et la richesse des régions coralligènes des côtes d'Oran, de Hônc et de Tile de Tabarka, où les Génois pratiquaient la pèche sur une grande échelle. En 1887 encore, 30 tonnes de corail furent pèchées sur les côtes algériennes; mais ce chiffre, représentant 2 millions en valeur, ne fut plus jamais atteint. Afin d'éviter le dépeuplement menaçant, les côtes d'Algérie sont divisées en 3 zones dans lesquelles la pèche est autorisée, à tour de rôle, pendant cinq ans.

Le commerce du corail est à peu près complètement localisé aux marchés et dans les manufactures d'Italie, à Naples, Gènes, Livourne, etc., et la pèche la plus fructueuse se fait dans les eaux de Sciacca, en Sicile.

Le commerce dislingue les variétés par la teinte, en corail ronge; rouge sang (avec taches blanches), du Japon ; rose ei peau dange; blanCj modification du rouge; aoir, corail de fonds vaseux ; gris, pourri, mort ou piqué, qualités de rebut provenant de branches cassées, ou diversement détériorées.

Les plus forts consommateurs de corail sont restés les Hindous et les populations africaines qui continuent à apprécier cette parure. La Chine et le Japon demandent surtout le corail en boule ou perle.

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