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AFRIQUE OCCIDENTALE

Les conditions de l'élevage et l'importance de son développement sont fort variables dans nos diverses possessions de l'Afrique occidentale. Depuis la zone sahélienne et la Mauritanie au Nord, en passant, par les zones soudanienne et guinéenne, à la zone forestière du littoral gabonais au Sud, les conditions climatériques et lelluriques offrent une diversité telle, qu'elles créent des centres prospères d'élevage dans certaines régions, comme le Fouta-Djalon et le Macina, et l'excluent totalement dans d'autres. Les pays de la boucle du Niger sont des régions d'élevage particulièrement riches.

Tandis que le Maure et le Touareg du Nord sont surtout pasteurs et nomades, les grandes tribus des Toucouleurs, Sérères, Bambaras, Mossis, etc., pratiquent à la fois rélevage et la culture, et le Peulh devient l'éleveur par excellence, intelligent et pratique. Soumis à des influences locales si diverses, les animaux domestiques se sont adaptés à leurs conditions d'existence, en formant des races nombreuses qui, en dépit de leurs différences, se distinguent par une sobriété et une rusticité inconnues de nos races d'Europe. Un rapide examen nous permettra d'en indiquer les principales et les plus intéressantes au point de vue économique.

Au Sénég^^ Télevage a produit de riches cheptels et les Pculhs, les Toueouleurs et les Sérères estiment leur richesse à celle de leurs troupeaux. Les bœufs à bosse, employés comme bètes de charge, sont de grande taille, sobres et dociles. La race sans bosse est de petite taille et rappelle la race bretonne. Le Sénégal expédie des bœufs au Gabon et au Congo.

Le mouton du Sénégal, de fortes dimensions, est haut sur pattes et dépourvu de laine. La chèvre, petite, donne très peu de lait. Les chevaux sont nombreux, sauf en Casamance dont le climat leur est fort difficile. On y trouve deux races : l'une, dite race « du Fleuve », est de grande taille; Tautre, celle de « M'Bayar », est plus petite, robuste, nerveuse et bien résistante au climat chaud et humide. Les troupeaux de chameaux (dromadaires) sont nombreux en saison sèche; les Maures, leurs propriétaires, les retirent pendant la saison des pluies, à cause de la forte mortalité en cette saison.

Les dromadaires acclimatés dits a ouoloffs d se paient beaucoup plus cher (500-600 francs). Us peuvent porter des charges de 400-500 kilogrammes par étapes de 50 kilomètres.

En Guinée, l'élevage et Texportation du bétail ont pris un développement important. On exporte des bœufs, des moutons et, dans les dernières années, delà volaille. Les exportations se dirigent sur Sierra-Leone, la Guinée portugaise et le Libéria. Le Gabon et le Congo s'y approvisionnent en partie.

Elles ont atteint, en 1908, le chiffre de 0795 bœufs d'une valeur de 1.587.000 francs. La quantité de peaux brutes à l'exportation (370 tonnes, valant 649.000 francs) correspond à l'abattage de 74.142 animaux qui, ajoutés à ceux de l'exportation sur pied, permet d'évaluer à 400.000 tètes le cheptel bovin de la colonie. Les régions les plus productives sont le Fouta et le Labé.

L'exportation des vaches est prohibée. Elles donnent, à la c6te, un lait de bonne qualité, mais en quantités de 1 à 2 litres seulement par jour.

Le Fouta-Djalon est particulièrement propre à l'élevage à cause de son relief et de ses cours d'eau. L'indigène foullah fait d'ailleurs lui-même une bonne consommation de viande et de laitage. On distingue 3 races de bovidés. Le premier type est d*assez petite taille, 1™,20 au plus, avec des jambes courtes, les cornes longues en forme de lyre, donnant un poids sur pied de 250 kilogrammes pour Fadulte.

Le second type diffère du premier par la taille plus élevée ; il donne un poids moyen de 400-500 kilogrammes. Il est moins résistant au travail. On le trouve surtout au Fouta-Djalon.

Une troisième race, sans cornes, serait intéressante à propajçer parce que les vaches sont bonnes laitières. On cite également la race de KourankOy apparentée à celle du Fouta et qui serait précieuse, parce que réfractaire à- la piqûre du tsé-tséy qui remonte sporadiquement jusque dans le Soudan. Le mouton, mieux soigné que le bœuf par les indigènes qui lui donnent du miel et du riz, est à poil ras et donne une bonne viande qui se vend à Conakry jusqu'à 3 francs le kilogramme.

La Côte dlvoire est pauvre en animaux d'élevage. Les chevaux et les ânes s'y acclimatent très difficilement.

Le Dahomey possède de beaux troupeaux de bétail dans le Haut-Dahomey, dont le climat, tout en gardant le caractère tropical, présente néanmoins des amplitudes saisonnières plus propices à l'élevage.

On y trouve le bœuf à bosse et surtout le bœuf de moyenne taille, du poids moyen de 250 kilogrammes. Le mouton est à poil ras et de petite taille, ainsi que la chèvre dont un commerce assez actif s'est établi avec Lagos. Il y a des chevaux du Mossi, de petite taille, mais robustes, et des chevaux du Niger, plus grands, mais moins résistants.

Le Haut-Sénégal'Niger est une région d'élevage particulièrement riche. Un dénombrement approximatif récent y accuse 2 millions et demi de tètes de bovidés. D'après M. Vuillet, on y élève le bœuf mandingue et le bœuf du

Mossi, tous deux sans bosse, bonne race de boucherie, mauvaise laitière, contrairement au métis des deux qui produit de bonnes vaches à lait chez les Bambaras. Le zébu du Sahel, haut sur pattes, étroit, médiocre race laitière et de boucherie, est surtout animal de bat. Le zébu Peulh constitue, par contré, une bonne race laitière et de boucherie.

Les races de chevaux comprennent : le cheval du SaheL bète de selle élégante, de taille assez souvent supérieure à 1"*, 50; le cheval du Mossij de même taille, plus lourd ; le cheval du Macina, rustique, résistant ; le cheval du Haoussa, grand, à Cormes élégantes ; le cheval bambara, beaucoup plus petit, très rustique et résistant.

L'àne commun d'Afrique sert pour le bât, aux indigènes.

Le dromadaire est de la race du Sahel, porteuse et laitière.

Le mouton existe en plusieurs races : mouton du Sahel, haut sur pattes, à poil court, facile à engraisser ; le mouton mandinguey petit, à formes courtes et à poil, bonne viande ; le mouton du Macina^ formant de grands troupeaux sur les pâturages de bourgou, après le retrait des eaux du Niger, race laitière et à laine, de médiocre qualité pour la boucherie ; enfin, une race métis Sahelmandingue du pays bambara, bonne viande de boucherie.

La chèvre du Sahel, haute sur pattes, laitière et de boucherie, y existe avec le cabri d'Afrique^ de petite taille, bète de boucherie.

L'autruche est élevée par beaucoup de villages dans la partie Nord de la boucle du Niger, et les indigènes en consomment la viande. La volaille est représentée par la poule commune, les pintades sauvage et domestique, le canard de Barbarie et le pigeon. Le mulet et le porc ont été introduits en petit nombre par les Européens. Le lait de la vache soudanaise est très riche en beurre que les Peulhs savent parfaitement préparer, en agitant le lait dans une calebasse de forme spéciale.

En Mauritanie, l'élevage est la principale source du

commerce et de l'aisance des Maures, qui le pratiquent d'ailleurs intelligemment en ne trafiquant que des mâles et en gardant soigneusement les bêtes femelles pour la reproduction. C'est, en premier lieu, l'élevage du dromadaire qui est vendu à l'âge de deux à quatre ans, sur la rive gauche du Sénégal. Certains propriétaires y possèdent des troupeaux de 500 à 600 chamelles, d'une valeur de 200 francs par tête. Les Trarzas ont de nombreux troupeaux de bœufs de la race zébu et d'une race sans bosse du Haut-Fleuve.

1/élevage du mouton est surtout pratiqué chez les Zenagas ; le mouton est à laine courte qui sert principalement au tissage des couvertures de tentes. Les chevaux sont élevés dans les tribus guerrières ; ils sont d'une race de petite taille et très résistants.

L'Afrique occidentale française a exporté, en 1908, pour 2.062.000 francs d'animaux vivants. Un courant d'exportation se dessine à l'heure actuelle sur quelques pays d'Europe, et notamment la France.

V Afrique équatoriale, Gabon et Congo, ne saurait devenir un pays d'élevage. Si, dans la région du cap Lopez, on peut rencontrer chez l'indigène quelques beaux spécimens de bétail, l'ensemble du territoire, du moins jusqu'au 7® degré de latitude nord, où commence la région brousseuse soudanienne ou région « fétichiste », est régi par des conditions climatériques tropicales trop défavorables pour que le bétail puisse y prospérer. De plus, ces pays se prouvent dans la zone du nagana où toute tentative d'élève du bœuf, du cheval, de l'âne demeure vaine. Nous avons vu plus haut que le nagana est une maladie parasitaire du sang, transmise par la piqûre du tsé-tsé ou Olossina palpabris.

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