MADAGASCAR
D'après le Bulletin économique de Madagascar, la population bovine de Madagascar est évaluée, en i909, à 3.835.000 tètes. La consommation locale n'absorbant que
aZi PRODUITS DU RàCNI ANIMAI.
160.000 lèles environ par an, il realc donc un disponible minimum annuel (te 3 à 400.000 bœufs.
L'espèce est le zébu à forte bosse [fig. S02], Jont la viande est asuez savoureuse avec, toutefois, un léger défaut provenant de ce que le bœuf malgache est chAtrc torequ'il a déjà trois ou quatre ans, ce qui donne
FjR. iti. — H'v.Kr zÉiiu (Madagascar).
n la viande une couleur rougo foncé rappelant celle du liuircau. Le poids de ces bœufs varie entre iOO cl !iO0 kilogrammes et fournil de 57 à 63 p. iOO de viande nette. Abondants dans toute l'Ile, les zébus se rencontrent surtout en troupeaux nombreux dans les régions à lions pALuragcs du nord-ouest, du nord, de l'extrême sud-ouest et du versant oriental. Le centre, el surtout l'Èmirne. sont, sous ce rapport, moins bien partagés.
A proximité des grands centres, comme Tananarive el t'ianaranlaoa, ainsi que dans la région de Uiêgo-Suarex, on trouve des troupeaux de bœufs sans bosse provenant des croisements de zéhus indigènes avec des taureaux importés du temps do Jean I. aborde. Ces métis, moins
PRODUITS DB L*éLBVA(lB 623
résistants cl plus exigeants sous le rapport de l'alimentation donnent, par contre, deà vaches meilleures laitières et, à ce titre, leur élevage est à préconiser autour des centres urbains et des postes d'Européens. M. Prudhomme estime qu'il n'y a pas utilité à les substituer, pour la boucherie, au zébu. Il recommande également les méthodes de sélection à l'européenne, pour améliorer la race zébu.
La pléthore du cheptel a donné lieu, jusqu'en 1902, à une exportation active d'animaux vivants sur la Réunion, l'ilc Maurice et surtout sur le sud-africain; elle atteignait, à cette époque, la valeur de 4 millions de francs et demi. Ce chiffre n'a pu se maintenir en présence des entraves suscitées au commerce des bœufs par les colonies sud-africaines qui, infestées par la peste bovine, n'avaient cependant pas besoin d'invoquer le danger de son introduction d'un pays indemne. Le chiffre des exportations était ainsi descendu à 943.000 francs en 1906, et les entreprises de plusieurs de nos colons en avaient considérablement souffert.
Dans les dernières années, le projet d'exporter des boeufs vivants de Madagascar en France a reçu un commencement d'exécution qui a donné des résultats encourageants. Rustique et résistant, le bœuf malgache semble pouvoir supporter, aussi bien que celui d'Australie et d'Argentine, transportés dans l'Afrique du Sud, un voyage d'un mois, pendant la saison propice de décembre à mai, pourvu que l'aménagement du navire soit adapté au transport.
Un autre projet peut être réalisé : celui du transport de viandes abattues, par les procédés frigorifiques si usités pour les transports de viandes de bœuf et de mouton congelées d'Australie et de la République Argentine.
L'élevage du cheval ne présente, d'après M. Prudhomme, qu'un intérêt purement local. Les grands chevaux d'Europe trouvent diflicilement des conditions d'alimentation suffisantes et il est préférable de porter les efforts sur la production d'une race comme celle de l'archipel de la
624 PRODUITS DU RàGNE ANIMAL
Sonde, rustique et de petite taille, dont Tendurance est attestée par les chevaux de cette provenance, importés dans Tile.
L'élevage de Fane et du mulet est à développer. Plusieurs centaines de spécimens de la race asine de l'Afrique du Nord ont été introduits à Madagascar et ont donné de très bons résultats.
L'élevage du mouton à laine parait bien aléatoire, sauf dans certaines régions du sud-ouest. Le mouton stéatopyge se rencontre dans Tlmérina, ainsi que le porc, la chèvre et tous les animaux de basse-cour.