‹ Les produits coloniauxChapitre 142 sur 199 · NOUVELLE-CALÉDONIE · texte numérisé non relu

NOUVELLE-CALÉDONIE

L'élevage a traversé, en Nouvelle-Calédonie, des vicissitudes instructives. A l'époque de l'occupation, Tîle ne possédait pas de bétail et les premières souches de son cheptel futur lui vinrent de l'Australie voisine. Les races anglaises introduites se mélangèrent ensuite avec des apports occasionnels divers, et ainsi se forma une race de bovidés bâtarde qu'on a pu qualifier de race calédonienne. Elle est caractérisée, d'après M. Etesse. par une charpente osseuse très développée, acquise à la nécessité de longs cheminenionts à la recherche d'abreuvoirs, et par le développement des cornes, armes de combat de ranimai vivant à l'état demi-sauvage. Aussi, le rendement en viande nette n'est-il que de 40 à 50 p. 100 de son poids vif

En 1908, le cheptel bovin était évalué à 100.000 tètes de gros bétail et la reproduction annuelle au tiers, soit 33.000 têtes représentant, à 300 kilogrammes en moyenne, une masse de viande disponible de près de 10 millions de kilogramme^. Jusqu'en 1901, la colonie tirait profit de ces disponibilités, grâce à l'établissement de la fabrique de conserves de viandes de Ouaco, qui expédiait une partie de ses produits en Europe et en fournissait une autre, importante, au département de la Guerre. Mais, à cette époque, la qualité des produits laissant à désirer, les commandes de l'État cessèrent et l'usine fut amenée à

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fermer ses portes, de sorte que, de <900 à 1907, les exportations de conserves furent arrêtées. La pléthore du bétail fit baisser le prix de la viande de bœuf, en 1907, à 30 centimes. Depuis, une usine plus petite a été ouverte, les commandes de l'administration ont été reprises et nous trouvons, dans les exportations de 1909, des envois de boîtes de viande de conserve en France pour une valeur de 295.000 francs.

La région la plus propre à l'élevage serait la côte ouest, si lespàturagesavaientétéentretenusetdéfenduscontrel'envahissement du Lantana et de V Acacia. D'après M. Étesse, le gros bétail est le seul qui puisse donner lieu à une exportation sérieuse. La colonie possède cependant une race de chevaux de petite taille, nerveux, endurants, sobres, poneys à long poil, dont l'introduction en Indochine aurait pu être tentée si les disponibilités avaient pu dépasser un très petit nombre de reproducteurs à exporter. L'élevage du mouton paraît donner de bons résultats.

Il se trouve aussi que l'élevage, à l'époque de son grand développement, devint la cause de la sécheresse progressive de l'île et du déboisement. Les canaux d'irrigation, autrefois entretenus par les Canaques, furent détruits par le bétail; les pâturages, envahis par les mauvaises herbes, furent incendiés et la forêt n'a pas cessé, depuis, d'en être la victime.

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