LES TAROS
Variétés. — Cullurc. — Chou cakaïbk.
Le Taro (Colocasia antiquorum Scholt, C. esculenta Schotl, Caladium esculentum Ventenat) de la famille des Aroidées, est une plante herbacée, vivace par sa partie souterraine qui est tubéreuse ; il est souvent cultivé en France, comme plante ornementale en raison de ses Jurandes et belles feuilles peltées, cordiformes, d'un vert gai (fig. 33). Il est originaire de l'Inde, mais on le trouve aujourd'hui cultivé dans toutes les parties humides de la région tropicale, pour le renflement en gros tubercule do la partie inférieure de sa tige (rhizome), qui se charge de la fécule comestible. Le nom de taro lui vient de Polynésie où il forme une des bases de l'alimentation des indigènes; aussi cette plante possède-t-elle de nombreuses variétés locales dans cette partie du monde. Elle est désignée sous le nom de madère dans les Antilles françaises ; sous celui de Songe, à Madagascar et à la Réunion. C'est le Khoai nuoc, Khoai mon {Khoai^ tubercule) des Annamites; le lengué du Bas-Congo.
PLANTBS ALIHBNTAIRES : KÉGULBNTBS S9
TariétéB. — Les variétés de taras sont caraclérisées, non seulement par la coloralion des Teuiltea, mais par ta forme des tubercules, arrondis, diversementirréguliers, parfois en forme de navet [fig. 3i) ; la couleur de leur chair qui renferme, en proportion plus ou moins grande, un principe acre, toxique, voisin de celui qui existe chez le
Fig. 33. — Tabo [Colocasia etculenla).
Phaseolus lunatus (haricot de Java) et qui donne de l'acide cvanhydrique, mais que le lavage et la cuisson font complclcment disparaître. Il est enfin des variétés qui donnent des recolles dans un temps plus ou moins lonfi;; d'autres qu'il faut cultiver en sol très humide, comme des plantes aquatiques, alors que certaines prospèrent en sol relativement sec. Il n'existe pas moins de treize variétés différentes à Tahiti, une vingtaine en Nouvelle- Calédonie, une dizaine en Indochine.
Le principe acre est. plus abondant dans les variétés à tubercules teintés (gris, bruns, violets), que dans les
blancs qui sont préférés des Européens. Les indigènes de rOcéanie, au contraire, affectionnent les variétés teintées à cause de leur saveur pimentée, provenant du glucoside, mal éliminé.
Les tubercules de certains taros peuvent atteindre jusqu'à 5 kilogrammes; les plus riches en fécule en contiennent jusqu'à 33 p. 400.
Les taros sont consommés cuits à l'eau et assaisonnés. Un voyageur gourmet préconise, comme mets délicieux, de jeunes pousses de taro cuites à l'intérieur d*un cochon de lait!
Culture. — La culture des Taros doit se faire en terre humide, noire, riche en humus, quelquefois même, pour certaines variétés, en sol marécageux plus ou moins inondé.
La plantation s'établit au commencement de la saison des pluies et, si celles-ci sont insuffisantes, la nécessité s'impose d'amener de l'eau par des canaux. Pour planter, on se sert de fragments de tubercules munis de bourgeons que l'on enterre à une profondeur de 20 à 30 centimètres et à une distance de 1 mètre les uns des autres.
On peut récolter déjà au bout de huit mois et pendant longtemps, en s'arrangeant de manière à ce que la « taro- ■dière » produise indéfiniment.
En Nouvelle-Calédonie, les Canaques établissent très intelligemment leurs tarodières dans des canaux d'irrigation, avec un aménagement qui permet d'associer plusieurs cultures et de tirer le meilleur parti du terrain. L'eau est amenée dans des fossés séparés par des terre-pleins disposés symétriquement : parallèlement, en lignes concentriques ou en spirale. Les fossés servent à la culture du taro; les terre-pleins à celle de la canne à sucre, du bananier, etc..
Les taros se conservent mal hors du sol et doivent être récoltés au fur et à mesure des besoins. On peut les garder pendant un mois, au maximum, en les enterrant dans du sable, dans un endroit sec.
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