LES PATATES
La Patate a une valeur économique égale, sinon supérieure, à celle de l'igname. Elle appartient à une famille tout à fait différente, celle des Convolvulacées, représentée dans nos champs par les liserons et dans nos jardins par les volubilis.
Botatiiquemenl. la Palak esl Vlpomea Batata» Piiirct {CoRvoivuliis Batalas Linné, Batatas edulù Chotay). On
suppose qu'elle est onginair Elle est aujourd'hui culliv chaudes et même subtro-
e l'Amérique méridio dans (ouïes les
Son tubercule n'est pas
ciiie rendée qui se gorj^e de fécule et acquierl du sucre ; il a le goût de la pomme de terre sucrée et les Anglais l'appellent gweet Potalo.
Les navigateurs ' du xvi* siècle la confondaient si bien avec la pomme de terre, qu'ils donnèrent aux deux tubercules le même nom ; Balaie, qui est devenu Patate par transposition erronée.
C'est une herbe vivace.
à tiges rampantes ou couchées sur le sol. puis dressées, portant des feuilleR corditormes, entières ou Iriloboes, glabres ou un peu velues. Les Heurs, dont la forme rappelle celle du grand liseron de nos haies, sont disposées en grappes; elles sont purpurines, violettes ou blanches.
Chaque planle donne naissance à un ou plusieurs tubercules de forme, de grosseur et de couleur variables, pesant de t à 3 kilogrammes (lîg. 36). On a même récolté, en Tunisie, des patates de 6 kilogrammes. La couleur blanche, jaune, violette ou rouge des racines, ainsi que la forme des feuilles, servent h distinguer les variétés. La chair entamée laisse écouler un liquide laiteux employé pour le tatuuage en Nouvelle-Calédonie.
La composition chimique de la palate varie, naturellement, suivant les variétés et aussi selon l'époque de la récolte; elle donne en moyenne 25 à 30 p. 100 d'amidon et 4 p. 100 de sucre (glucose). La teneur en sucre est parfois plus élevée, puisqu'il y a des variétés dont on peut faire du sirop et des confitures (patate confite).
Culture — La patate est une plante précieuse pour la qualité de son tubercule, sa production abondante et rapide. Elle est peu exigeante quant à la qualité du terrain, à la condition qu'il soit meuble et frais; une bonne fumure favorise son développement.
Dans les pays chauds et pluvieux, on peut la planter en toute saison partout où la température ne s'abaisse pas au-dessous de 12 à 15<* C. Elle exige beaucoup d'eau et demande des arrosages soutenus ou des irrigations, en saison sèche. Elle prospère surtout pendant la saison pluvieuse. En Algérie, c'est une culture estivale avec fumure abondante et arrosages fréquents.
La multiplication de la patate se fait par le bouturage. On se sert, à cet effet, de fragments de tiges de 20 à 30 centimètres de longueur que l'on enterre obliquement dans des sillons, de manière à laisser émerger leur extrémité de 3 à 4 centimètres. Les boutures doivent être placées à une distance de 40 à 60 centimètres les unes des autres. L'enracinement est très rapide et la récolte peut se faire au bout de quatre à six mois, suivant les pays et les variétés.
Dans les sols favorables, le rendement peut atteindre 20 tonnes à l'hectare, malheureusement le tubercule se conserve difficilement après l'arrachage; il faut le mettre en lieu sec pour éviter la pourriture.
La patate se consomme bouillie ou frite, après avoir été coupée en tranches ; on peut aussi la faire cuire à l'étuvée. Sa saveur sucrée est difficilement acceptée des Européens qui l'utilisent surtout pour la préparation d'entremets sucrés, mais elle remplace la pomme de terre dans beaucoup de pays.
Les fouilles sont un excellent fourrage pour le bélaîL elles peuvent même, lorsqu'elles sont jeunes, être consommées par l'homme comme succédané do l'cpinard. Un hectare peut donner jusqu'à 60 tonnes de fourrage. La patate esl. en somme, une plante à laquelle on doit donner toute son attenlion aux colonies.
e. - LE DOLIOUB BULBEUX
Les Doirques sont des plantes de la famille des Lc|;u mineuses, voisines des haricots et qui, comme
Fig. 37. — DaLiai'E It'achtjrhisus angulalua Rjcli.). Kamolu norifère, Uvits cl Inbireule.
eux, sont cultivés pour leur gousse ou leur foraine comestible. L'espèce dont nous nous occupons ici est, au contraire, recherchée pour son tubercule. Elle a été d'ailleurs détachée du genre Dolkhoi.
C'csl le PachyrhizuH angidatus Richard {Dolichos butbosus Linné). On le dit originaire des Philippines, mais on le trouve à l'état cultivé dans un grand nombre de pays chauds. On le désigne sous les noms de Bangkoang, à Java; Cusafiy en Indochine; Pois-Cockon, à la Réunion; Patate-Cochon^ à la Martinique.
La plante a l'aspect d'un haricot grimpant, mais à folioles larges, deltoïdes et grossièrement dentées (fig. 37). Ses gousses ne sont pas comestibles et ses graines sont vénéneuses. Le tubercule a la forme d'un énorme navet arrondi, bosselé, jaunâtre ; son poids dépasse souvent un kilogramme ; il contient 22 p. 100 d'amidon, il p. 100 de saccharose et 11p. 100 de matières azotées. On peut le consommer cru ou bouilli, à la condition qu'il soit récolté avant d'être devenu filandreux. Sa culture est des plus recommandable pour Falimentation du bétail, en raison de ses qualités nutritives.
11 donne rapidement (en trois ou quatre mois) une abondante récolte de tubercules qui atteint jusqu'à 190 kilogrammes à Tare.
Comme toutes les plantes tubéreuses, qui épuisent rapidement le sol, le Dolique bulbeux doit être cultivé en terre fertile, meuble; des irrigations lui sont nécessaires en cas de sécheresse. On le reproduit à l'aide des graines que Ton récolte sur des plantes cultivées spécialement comme porte-graines. Les plantes dont on veut consommer les tubercules doivent être arrachées avant la floraison; ils deviennent durs et filandreux en vieillissant.