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LES 8AOOUTIERS

Les Afetroxylon. — Exlraclion du Sagou. — Caryotaturens. - Arcnga saccharifera, ~ Mauritia flexuosa. — Les Cycas.

Pour terminer l'examen des plantes féculentes comestibles de nos colonies, nous allons jeter un rapide coup d'œil sur les Sagontiers, qui produisent une fécule alimentaire appelée Sagou, rivale du tapioca.

PLANTES ALllIENTrtflKS : FÉCIU-BSTES 101

Cette fécule, au lieu de's'accOlflàlier'dàns'iBs l'UcitieH ou les rhizomes, s'emmagaaine dans la tige de certains arbres, principalement de la famille des Palmiers, d'où on la relire en abattant l'arbre el en débitant le tronc pour exploiter la moelle féculifére.

Les Metroxylon, — Les Sagoutierg proprement dila sont des Palmiers du genre Metroxylon. On en connaît [ieuK espèces principales, le M. Sagu Rottboell et le U.Rumphii Martius,qui croissent â l'élat sauvage au Siam, dans la presqu'île de Malacca et en Malaisîe.

Ce sont des arbres de 12 à 15 mètres de hauteur, à longues feuilles pennées, qui ressemblent un peu au dattier (fig. 38). Ils ne flenrissenl qu'une seule fois,

vers l'âge de douze à quinze pig. jg sacoittikfi.

ans, et meurent après la malurilé des fruits provenant de celte unique HoraiKim,

On distingue ces deux espèces par l'examen des feuilles dont le pétiole est lisse dans le U. Sagu, alors qu'il est épineux dans le H. Rumphii.

Extraction du Sagon. — C'est le Jlf. Sagu qui Fournit la plus grande partie du sagou que nous consommons. On l'exploite avant que se produise la floraison, c'csl-à- (lire au moment où l'arbre possède en réserve un amidon plus abondant et de qualité plus parfaite, A cet effet, on abat l'arbre au ras du sol, on enlève l'écorce, les feuilles et leurs gaines, puis on débite le tronc en tronçons de 1 à 2 mètres de longueur pour en extraire la moelle que l'on découpe en lanières. Ces lanières, broyéca ou pilonnées dans de l'eau froide, donnent un liquide trouble qui. passé sur un lam lit. est recueilli dans un rcLi-

pieht'du st'd"ép*ose*ilitô* pàrellnonienl poudreuse qu'on fail sécher après décantation : la faiine de Sagou, Comme cette farine brute craint l'humidité, on la transforme, pour l'expédition et le marché lointain, en Sagou granulé et aussi grillé. Par une succession de lavage et séchage, on agglutine la farine en petits grains arrondis (granulé) qui sont légèrement grillés sur des poêles chauffés à feu doiix. C'est sous celte forme que le sagou est exporté, principalement de Singapour qui en est le grand marché, et dont l'exportation atteint environ 30.000 tonnes.

Le sagou brut qui arrive à Singapour provient surtout de la presqu'île de Malacca, de Sumatra et de Bornéo.

On estime qu'un sagoutier peut donner 350 kilogrammes de fécule, représentant 150 kilogrammes de sagou granulé.

Dans les pays de production, le sagou sert à l'alimentation des indigènes; chez nous, on l'emploie dans la préparation de potages et quelquefois de pâtisseries.

Ajoutons que les sagoutiers donnent un Chou palmiête très apprécié, comme celui de l'aréquier, et que, de sa sève, on fait un vin palmiste et de l'eau-de-vie.

La culture des sagoutiers peut être avantageuse dans les régions favorables; le seul inconvénient, c'est qu'il faille attendre la récolle pendant une dizaine d'années.

Ils ne prospèrent qu'en sols marécageux, irrigués en cas de sécheresse prolongée. On peut les reproduire à l'aide de graines qui doivent être semées dès la récolte, car elles perdent rapidement leur aptitude à germer ; elles doivent, en outre, être semées aux lieu et place que l'arbre doit occuper, car ces Palmiers supportent très mal la transplantation.

Le meilleur mode de reproduction consiste dans l'emploi des rejets que les troncs émettent à leur base et que l'on plante en ménageant un espace de 5 mètres entre eux.

Parmi les autres plantes qui donnent une fécule analogue au sagou, on peut citer divers Palmiers, notamment :

Le Caryota urens Roxburgh, de l'Fnde, et qui croit en Indochine. La fécule que l'on tire de sa moelle est de qualité un peu inférieure à celle du sagou vrai. L'arbre est l'objet de cultures importantes dans l'Inde pour la production du vin de palme.

L'Areng {Arenga saccharifera Labiilardière) est encore un Palmier à tronc féculifère. Il croît surtout en Malaisîe où il est principalement exploité comme producteur de sucre et de vin de palme. Son sagou, d'extraction difficile, passe pour être de qualité médiocre. Cet arbre croît aussi en Indochine.

Le Mauritia flexuosa Linné fils, Palmier à vin de l'Amérique méridionale (Brésil, Guyanes, Venezuela) où il habite les régions marécageuses, contient également dans sa moelle, une sorte de sagou, Vipuruma des Indiens.

Les CycaSy arbres de la famille des Cycadées, renferment aussi une forte proportion de fécule alimentaire dans la moelle de leur tronc. Leur produit est inférieur au véritable sagou et, comme ils sont à croissance très lente, on n'exploite que ceux qui croissent à l'état sauvage. Il en existe plusieurs espèces qui habitent l'Indochine, la Nouvelle-Calédonie, les Moluques, l'Australie, le Japon, etc.

luiporlance do leur cuUurc sous les tropiques. — Les Coleus. — Le Crosne.

Importance de leur culture sous les tropiques. —

L'une des grandes préoccupations des Européens qui vont se fixer dans les pays chauds est d*y introduire et d'y cultiver les excellentes variétés déplantes potagères de la zone tempérée. Les introduire dans Talimentation, répond à un véritable besoin.

Il est en effet nécessaire, au point de vue de la santé, de donner, dans les régions tropicales, une grande prédominance aux produits alimentaires végétaux. Pour cela, la création de jardins potagers s'impose.

Malheureusement, toutes les plant<îs potagères des pays tempérés n'acceptent pas le climat tropical, il en est dont les produits sont nuls ou insuffisants dans les parties basses des régions équatoriales, où la chaleur et l'humidité régnent d'une manière constante pendant toute l'année, mais qui donnent des récoltes parfois excellentes, lorsqu'on les cultive à de grandes altitudes. C'est le cas de la pomme de terre, de Vartichaut, de loignon (bulbes), du fraisier.

D'autres, bien que prospérant surtout aux grandes et aux moyennes altitudes, peuvent donner de bons résultats dans les pays où la saison sèche et fraîche est assez longue pour leur permettre d'évoluer : asperge, betteraves, carottes, céleri, chicorée frisée, chouXy ciboule, cresson de fontaine, navets, oignon blanc, poireau, pois (pour cojisommer en vert), salsifis.

Enfin, il existe toute une catégorie de légumes que Ton peut récolter partout et en toutes saisons : auber-

PLANTES ALIUENTA)I1G^ : LERDURS lOft

gine, cerfeuil, certains choux non pommés, coticombres. diverses variétés de courge», cresson alénots, épinard, haricots {à consommer à lélat de jeunes cosses ou filets), laitues, oseille, persil, piments, pourpier, radis, scarole, tomates.

Mais, dans cerlaines de nos colonies, les ressources alimentaires que peuvent donner ces plantes seraient insunisantes si elles n'étaient complétées par celles d'espèces, mieux adaptées aux pays chauds, que consomment les indigènes et que l'on aurait grand tort de dédaigner.

Uans un chapitre précédent, nous avons passé en revue les tubercules féculents ; ignames, patates, taras qui remplacent la pumme de terre dans tes pays chauds.

LesColeni. — D'autres plantes, notamment diverses espèces du genre Coleus. de la famille des Labiées, ont des propriétés alimentaires très comparables à celles de la pomme de terre.

L'une d'elles. I'0u«sou-ni-fing {Coleui ro-' tundifolius A . Chevalier et Perrot) est une plante vivricre cuHivée surtout en Afrique tropicale (Soudan français), dont les tubercules, produits en abondance (jusqu'à IDO

par touffe) sont ar- Fig. 39. — Chosnï [Stachys af/init). rondis ou ovoïdes,

variant, comme dimensions, de la grosseur dune noisette à celle d'un œuf de pigeon, parfois même d'un œuf

Une autre espèce, le Coleus Dazo A. Chevalier, du moyen Congo, du Haut-Oubanghi et du Haut-Chari, donne des tubercules ramifiés, de la grosseur du petit doigt, dont M. A. Clievalier compare la saveur à celle du salsifis et du Crosne (Stachys af finis) (Cig. 39), que l'on mangeen friture, au gratin ou bien en ragoût avec diverses sortes de viande. Les membres de la mission Chari-Lac- Tchad en ont fait, dit-il, très fréquemment usage sans jamais s'en fatiguer.

1. - PLANTES DE Uk FABULLE DES LÊaUMINEnSES CULTIVÉES POUR LEUR QRAINE OU LEUR GOUSSE

Les Haricots. — La phaséolunaline. — L«s Doliqaes. — L*Ambrevade. ïjct Soja. — Le Pois cliiclie. — L'Arachide. — Le Voandzou.

Ces plantes, dont les principaux représentants dans nos pays sont les haricots, les pois, les fèves, les lentilles, sont précieuses en raison de la haute valeur nutritive de leurs produits ; aussi convient-il que nous signalions au moins les plus importantes d'entre elles.

Les Haricots. — Les Haricots (Phaseolus) sont légion et comptent parmi les hôtes les plus communs et les plus utiles de nos jardins.

Les variétés cultivées en France peuvent être classées, au pointde vue pratique, en deux catégories : les variétés naines, non grimpantes ou qui le sont à peine ; les variétés à rames ou grimpantes, auxquelles il est nécessaire de fournir des tuteurs. Ce sont ces dernières variétés que l'on cultive de préférence dans les colonies, à cause de la vigueur et de la rapidité de leur végétation sous un climat chaud.

Certaines variétés sont cultivées pour leur graine qui se conserve pendant des années (haricots à écosser) ; mais il en est que l'on mange surtout à l'état de très jeune gousse (filet) comme Aarico^src/'/s, alors que d'autres sont consommés dans un état plus avancé (haricots mange-tout), la goussecharnue non entièrement mùreavec son contenu.

PLANTES ALIHENTAinKS : LEGCUES 107

A pari quelques espèces originaires des pays cliauds (dont nous parlons plus loin) que l'on cultive pour la production du graiu mùr, le potager colonial n'admet ce» Légumineuses que pour la consommation â l'état de fileta ou de mango-lout, cl certaines variétés, comme les haricots if Alger (fig. 40), noir de la Chine, noir de Belgique.

etc., réussissent bien. Le haricot d'Espagne (Phaieolus multipoTus Linné), plante de l'Amérique méridionale, à végétation vif^ureuse, de grande taille, â fie

rouge cocciné, blanches ou bicolores, selon les variétés, produit de grosses graines panachées ou blanches, ces dernières plus recherchées pour la labic bien qu'encore un peu indigestes. On doit les consommer avant compiclc maturité. Ce haricot vil plusieurs années.

Le haricot le plus répandu dans les pays chauds est le haricot de Lima ou pois de sept ans {l'haseoluK lunalus Linné) (fig. 41). Il est originaire de rAmérique niérîdio-

nale, mais cultivé aujourd'hui dans toute la zone tropicale. C'est une plante vigoureuse, pouvant atteindre 3 mètres de hauteur, vivace dans les pays chauds. On le reconnaît facilement à ses fleurs nombreuses, petites, d'un blanc verdàtre; à ses gousses courtes, larges, très comprimées; à ses graines blanches ou verdàtres, aplaties, larges, en forme de rein, relevées de stries qui rayonnent de Tombilic à la périphérie. Il en existe plusieurs variétés à graines blanches ou diversement panachées de rouge violacé, ou brunâtre sur fond blanc. Dans la variété connue sous le nom de haricot de Siéva, le grain est plus petit, blanc ou panaché de rouge ou de noir. La variété désignée sous celui de haricot du Capy haricot de Madagascar, diffère du haricot de Lima par sa graine blanche, avec une grande tache rouge plus ou moins foncé qui couvre le tiers du grain, le reste étant pointillé de rouge.

Ces haricots, cultivés en bon sol, donnent des récoltes abondantes et soutenues de graines que Ton consomme fraîches ou à Tétat sec, très farineuses et d'une saveur agréable. La production est moindre pendant les grandes pluies et les sécheresses prolongées. Les grains blancs sont les plus recherchés pour la table.

La phaseolanatine. — L'attention a été attirée, dans ces dernières années, sur ce haricot dit du « Cap » parce que des envoisprovenantde Javaetde la Birmanie avaient occasionné des cas d'empoisonnements. Des travaux d'analyse ont, en effet, permis de découvrir, dans cette graine, la présence d'un glucoside, la phase olunaline qui, sous l'influence d'une diastase, se dédouble en donnant de Vacide cyanhydriqucy très toxique puisqu'il suffit d'un milligramme par kilogramme du poids d'un homme pour l'empoisonner. Or le haricot de Java, surtout les variétés de coloris très foncé, ont montré, à l'analyse, jusqu'à 0,08 p. 100 du principe toxique. Les graines pâles et surtout les blanches, probablement améliorées par la culture, au contraire, peuvent être consommées sans danger.

PLANTES ALIMENTAIRES : LÉGUMES i09

M. Guignard a signalé un procédé aussi sûr que pratique pour déceler la présence de l'acide cyanhydrique.

Ce procédé est basé sur la propriété que possède l'acide cyanhydrique, même en quantité très faible, de donner avec les alcalis et l'acide picrique une coloration rouge intense due à la formation de l'acide iso-purpurique. La réaction peut se faire avec du papier préparé de la façon suivante.

On trempe du papier buvard dans une solution aqueuse d'acide picrique à 1 p. 100 environ et on le laisse sécher. Puis, on le trempe de nouveau dans une solution de carbonate de soude à 1 p. 100. Après dessiccation, ce papier présente une coloration jaune d'or et se conserve parfaitement.

On pulvérise au moulin une vingtaine de haricots suspects (cette quantité est plus que suffisante), que Ton introduit dans un tube ou un petit flacon. On y ajoute de Teau froide ou tiède, de façon à former une pâte liquide, puis l'on y suspend, à l'aide du bouchon, une petite bande de papier picro-sodé. Du jour au lendemain ou après quelques heures, suivant la température et la quantité d'acide cyanhydrique formé, le papier prend une teinte orangée, puis rouge, sous l'influence des vapeurs d'acide cyanhydrique.

En présence des vapeurs dégagées par quelques grammes seulement de la poudre de haricots, traités par l'eau, et ne donnant, par exemple, que O^^OIS d'acide cyanhydrique p. 100, la coloration devient rouge orangé après douze heures et s'accentue encore dans la suite. Elle se manifeste même avec une solution qui ne renferme que 08%00001 d'acide cyanhydrique.

Aucune autre substance volatile ne colore le papier picro-sodé préparé comme il vient d'être indiqué ; en outre, ce papier se conserve assez longtemps avec sa coloration caractéristique.

A la Réunion, ce haricot cultivé et à graines blanches porte le nom de pois doux. On le connaît à Madagascar

SOUS le nom de Kabaro ou Kamalaka; les indigènes en consomment de grandes quantités et c*est un article d'exportation de plus en plus étendu. En 1905» la région de Tuléar a exporté 1441 tonnes de a pois du Cap » valant 478.000 francs. Il en existe plusieurs variétés aux Antilles françaises. La plante est aussi très cultivée en Basse- Cochinchine : c'est le dau rua des Annamites ou haricot de Bariay dont Loureiro a fait le Phascolus tunkinensis.

Le Phaseolus Mungo Linné {Ph. radiatus L.), trèb cultive en Asie et quelque peu en Afrique, est remarquable par la gracilité de ses gousses cylindriques, longues de 5 à 6 centimètresayant3à4 millimètres de diamètre, velues, contenant de très petites graines dépassant à peine la grosseur d'un grain de chènevis, ovales, tronquées aux deux extrémités, blanches, vertes, jaunes ou noires selon les variétés qui sont très nombreuses.

L'Indochine est celle de nos colonies où la plante est le plus cultivée; les Annamites la connaissent sous le nom de Dau Xanh.

La teneur du grain en matières azotées, qui atteint jusqu'à 24 p. 100, en fait un aliment de premier ordre. On en fait d'excellents vermicelles en Chine et il y aurait grand intérêt à développer cette fabrication en Indochine où le produit constitue un important article d'importation. La variété à graines vertes est surtout recherchée.

En Indochine et à Java, les indigènes consomment habituellement les graines du Phaseolus Mungo qui sont apportées sur les marchés après avoir subi un commencement de germination dans l'obscurité, le germe ayant de 3 à 5 centimètres de longueur. Ces germes se mangent en salade ou cuits, associés au riz, à de la viande ou du poisson.

Les Doliqaes. — A côté des Haricots se placent les DoliqueSy mieux adaptés aux régions tropicales. Ces plantes se distinguent facilement par le simple examen de leurs fleurs. Dans les Phaseolus, la carène est con-

PLANTES ALIMENTAIRES : LÉGUMES ill

tournée en spirale, alors qu'elle est non tordue, simplement recourbée à angle droit dans les Dolichos.

Le lablab (Dolichos Lablab Linné) est Tespéce la plus répandue. Elle est originaire de l'Inde, mais se trouve à Tétat cultivé dans les régions tropicales où elle donne d'abondants produits. C'est une plante grimpante de 2 à 5 mètres de hauteur, à feuilles d'un vert sombre, à fleurs disposées en longues grappes assez grandes, ornementales, blanches ou violettes, selon les variétés. La gousse, courte, aplatie, rugueuse, contient 3 ou 4 graines ovoïdes un peu déprimées, blanches, fauves, brunes ou noires selon les variétés, avec un hile très saillant, linéaire, blanc, couvrant près d'un tiers de la circonférence du grain.

Ces graines, consommées avant leur complète maturité, sont tendres et de bonne qualité, mais elles deviennent ensuite dures et peu agréables. C'est le Pois indien^ Pois d'un souy des Antilles françaises; VAntaque, de la Réunion ; le Pois BoucoiLssoUy de la Guyane ; VOssangué, du Congo.

Le lablab est peu recherché des Européens bien qu'il soit très nutritif. Il contient 60 p. 100 d'amidon et 22 à 24 p. lOO de matières azotées.

Le Dolique MongeUe [Dolichos Catiang Linné, D. sinensis Linné, D. unguiculatus Linné, D. melanophêhalmus D. C. Vigna Catiang Walpers), dont il existe de nombreuses variétés, est cultivé dans toute l'Europe méridionale et dans tous les pays tropicaux. Cotte plante est originaire de l'Amérique du Sud. C'est la Mon- .gette ou Bannetle des Provençaux, le Loiibia beledi des Arabes, le Voamba des Malgaches, le Voème de la Réunion, le Pois chique des Antilles.

L'espèce est annuelle, de taille variable (50 centimètres à 2 mètres) suivant les variétés; - elle se distingue des haricots par sa gousse presque droite, cylindrique, de 20 à 30 centimètres de longueur et par ses graines petites, en forme de rein, obtuses ou tronquées aux deux bouts, blanches avec une tache noire au hile, ou diversement colorées selon les variétés. Ces graines

servent surtout à l'alimentation des indigènes. Los jeunes cosses peuvent être mangées comme les haricots verts.

Le Dolique asperge {Dolichos sesquipedalis Linné), Dolique à longiLe cosse, D. à Vauney Haricot asperge , est une plante originaire de l'Amérique méridionale, de l™,50à 3 mètres de hauteur, qui se distingue nettement des autres doliques et des haricots par ses gousses cylindriques, très étroites, mais extrêmement longues, atteignant jusqu'à 60 centimètres, contenant un petit nombre de graines réniformes, rougeâtres ou violacées, ne dépassant guère 1 centimètre de longueur. Les gousses de cette espèce sont excellentes lorsqu'elles sont récoltées vertes et tendres et préparées à la manière des haricots verts.

L'Ambr évade. — VAmbrevade ou Pots d'Angole (Cajanus indicus Sprengel) est une Légumineuse originaire de l'Inde ou de l'Afrique, souvent cultivée dans les pays chauds où ses graines sont un important article de nourriture pour les indigènes.

C'est un petit arbrisseau rameux, de 1™,50 à 3 mètres de hauteur, qui vit habituellement trois ans. On en connaît 2 variétés principales, l'une à fleurs ayant l'étendard jaune {Cajanus flavus), l'autre à étendard strié de rouge ou de brun {Cajanus bicolor) .

Les gousses de cette plante s'ouvrent à peine; elles contiennent 4 ou 5 graines de la grosseur d'un pois, sphériques, blanches, jaunâtres, rouges, noires ou tachetées, suivant les variétés. Ces graines sont nutritives; elles renferment environ 60 p. iOO d'amidon et 20 p. 100 de matières azotées. Elles sont très agréables à consommer lorsqu'elles sont récoltées à l'état encore vert et préparées comme les petits pois; elles sont moins estimées à l'état sec.

L'ambrevade n'exige aucuns soins particuliers; elle convient surtout aux pays à pluies modérées et est d'autant plus précieuse qu'elle fournit des produits pendant plusieurs années.

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Nous aurons l'occasion de revenir sur celte plante quand nous examinerons l'origine du Stick laque qui ae forme sur ses tiges sous l'action d'une piqûre d'insecte, et aussi à propos d'une soie du pays betsileo, à Madagascar dont le ver e landibé " s'accommode do ses feuilles comme nourriture.

Le Soya. — Le Soya ou Soja {Soja hispida Moench. Glycine Soja Bentham) est une Légumineuse annuelle

Fig. *î. — Soja {Soja hispida).

dont la culture en Chine et au Japon remonte à une antiquité reculée, mais qui semble originaire de la région comprise entre la Cochinchine. Java et le Japon méridional. Elle est aujourd'hui répandue dans toute l'Asie où il en existe un Irùs grand nombre de variétés.

114 PRODUITS DU ttÈGNE VÉGÉTAL

La plante atteint de 75 centimètres à l'^jliOde hauteur et ressemble à notre haricot commun, sauf que sa tige, la face inférieure des feuilles et les gousses sont velues (fîg. 42). Les fleurs sont très petites, verdàtres ou lilacées. Les gousses contiennent 2 ou 3 graines arrondies, de la grosseur d'un petit haricot, blanchâtres, jaunes, vertes, noires, unicolores ou tachetées, selon les variétés.

Ces graines renferment de 35 à 40 p. 100 de matières azotées; 14 à 18 p. 100 de matières grasses et 10 à 16 p. 100 de matières saccharifiables.

Cette richesse en matières grasses les fait utiliser en Chine pour l'extraction de Thuile; mais leur principal usage, cependant, leur revient dans la fabrication du fromage de pois chinois, répandu partout où il y a des fils du Ciel. C'est la nourriture du pauvre par excellence, car le kilogramme se vend 1 ou 2 centimes. Ce fromage est fabriqué simplement par mouture des graines et macérations répétées après cuisson. Frais, il se conserve mal, mais salé ou avec une sauce, il peut s'expédier et se conserver pendant des années.

Le soya sert également, au Japon, à la fabrication de cette sauce ou condiment appelé Shoyou, saumure indispensable à la table japonaise comme le nuoc mâm ou le mâm Test à celle de l'Annamite.

Pour TEuropéen, le soya peut être consommé à l'état de grain vert, comme le Haricot flageolet, mais l'extraction de la cosse est alors longue et difficile. Ses graines sèches sont dures et doivent subir une longue macération dans l'eau avant la cuisson. Réduites en farine, ces graines servent à préparer un pain pour les diabétiques. Les fanes constituent un excellent fourrage vert.

La Chine et le Japon consomment des quantités énormes de graines de soya que leur fournit surtout la Mandchourie. Notre Indochine en exporte annuellement plus de 3.000 tonnes dans ces deux pays.

L'Kurope et les Etats-Unis importent également.

PLANTES AMUBNTAIHl

: LËfiUURS

depuis quelques années, de grandes quantités de graines de soya. Kn 1909, celle denrée a fourni au canal de Suez, un transit spécial de 44â.00O tonnes venant de la Mandchourie.

Wig. a. — Arachiob {Aracki) kypogtea).

Le PoiB chiche.

cunnu aussi suus les not Garbaazoï [Espagne], est ui ginaire de l'Europe méridi cultivée dans les régions ; légumineuses à graines a

Le Pois chiche {Cicer arietinum Linni'-) s noms de Pois cornu. Pois pointu, : Légumineuse annuelle ui'ilale, qui est principalement iblropicales; c'est l'une des mentaires qui résistent le

mieux â la sécheresse. Le grain aec est arrondi, un peu déprimé sur les côlés et présente l'aspect d'une tète de l>élier flanquée de ses cornes enroulées. Ce grain, produit en abondance en Algérie, constitue une précieuse ressource pour les Kabyles et les Arabes; il est nutri-

tif, mais dur. Le Pois chiche osl très culh'vé dans l'Inde et en Nouvelle-Calédonie.

L'Araobide. — V Arachide, Pistacfie de terre^ Cacahouetle (Avachis hypogœa Linné) ne figure ici que pour mention, en raison de son rôle important comme graine alimentaire; nous en parlerons plus longuement au chapitre des plantes oléagineuses (fig. 43).

LeVoandzou. — Le Voandzou , ou Pois Bambara [Yuandzeia subterranea Dupetit-ïhouars) est, pense-t-on, originaire de l'Afrique tropicale. C'est une Légumineuse annuelle qui présente, comme l'arachide, la curieuse particularité d'enterrer ses fruits dans le sol où ils se développent et mûrissent.

Il est répandu dans toute l'Afrique tropicale, à Madagascar et aussi dans l'Amérique méridionale.

Son mode de végétation rappelle celui de l'arachide. Le fruit est une gousse ovoïde globuleuse contenant 1 ou 2 graines rouge brun plus ou moins foncé, noires, blanches ou tachetées, selon les variétés.

Dans nos colonies de la c6te occidentale d'Afrique et à Madagascar, on consomme ces graines frites dans du beurre ou de l'huile, ou encore préparées comme nos pois d'Europe. Elles sont beaucoup moins oléagineuses que l'arachide et, par suite, d'une digestion plus facile: leur richesse en matières azotées les rend très nutri tives. D'après une analyse de M. Balland, elles contiennent 18 p. 100 de matières azotées, 58 p. iOO d'amidon et 6 p. 100 de matières grasses.

On sème les graines de Voandzou au commencement de la saison des pluies; la récolte a lieu quatre ou cinq mois après.

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