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LE DATTIER

Historique. — Descriplion. — Culture. — Fécondation artificiollc. — Variétés.

Commerce.

Historique. — Le dattier, Phœnix dactylifera Linné, de la famille des Palmiers, existe, depuis les temps préhistoriques, dans la zone sèche et chaude qui s'étend du Sénégal au bassin de Tlndus, principalement entre les 15® et 30« degrés de latitude (A. de Candolle). Son nom générique grec Phœnix se rapporte aux Phéniciens, qui le possédaient ; le nom spécifique est tiré du mot hébreu DacheL'

Les anciens Ghaldéens en tiraient nourriture, boisson et vêtements : aussi l'appelaient-ils arbre de vie comme symbole de fécondité. Ses noms, dans toutes les langues, sont innombrables.

Son origine exacte est encore inconnue, car on n'a jamais trouvé sa forme sauvage, bien que certains botanistes aient cru la reconnaître dans le Phœnix sHvestris, plante qui croît à l'état spontané dans diverses régions de l'Afrique occidentale.

Quoi qu'il en soit, le dattier peut être considéré comme la plante la plus utile des régions chaudes désertiques. Il est la véritable richesse des oasis et rend le désert habitable. Par ses produits, il suffit à presque tous les besoins de l'homme et son fruit, la datte^ constitue un aliment précieux pour nombre de peuplades de l'Afrique et de l'Asie.

Hors des régions arides, cet ^rbre n'est, nulle part, un objet important de culture. Il aurait de bonnes conditions d'existence au Cap et en Australie, mais, dit malicieusement de Candolle : c Les Européens qui ont

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coluniso ces pays ne se contentent pas. comme les Arabes, de figues et de dattes pour leur nourriture, »

DeBoription. — Arbre de haute taille (15 à 20 mètres), dont les Tormes elassiquescl déeoratives font la joie des yeux dans les oasis (Kg. 52). C'est une plante dioîqiie, c'est-à-dire à sexes séparés sur des arbres mâles et des arbres femelles, qu'il importe de réunir dans les palmeraie».

Le tronc ou itipe est droit, cylindrique, rarement bifurqué, revêtu en partie de la base des feuilles tombées et couronné d'un panache de feuilles (palmes) pen- ■■-■-,, nées qui, à l'état FIr. 52.— DAirrii» (PAteiiir dactyli feraiadulte, peuvent

atteindre 5 à 6 mètres de longueur. La base des feuilles est garnie d'une filasse fibreuse abondante [Hff des Arabes) servant en sparterie et dans lu fabrication des

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cordages. Les folioles des feuilles, plus ou moins dures suivant les variétés, ont parfois l'extrémité en pointe si acérée, que les Arabes en font des aiguilles. Les premières feuilles émises à la germination sont simples et non divisées en folioles.

La base du tronc émet des rejets vers VèLge de quinze ans; on les appelle djobards et ils servent à la multiplication des pieds.

Les inflorescences mâles ou femelles sont entourées d'une vaste gaine coriace [spathe) qui s'ouvre pour les mettre en liberté au moment de leur épanouissement. Les fruits, abondants, forment une grosse et longue grappe composée [régime) au nombre de 5 ou 6 sur un arbre très fertile. Ces fruits, baie charnue ou sèche, sont acerbes dans le jeune âge, puis deviennent sucrés à la maturité; ils sont variables de forme, de dimensions, de couleur et de saveur, selon les variétés qui sont extrêmement nombreuses, ils ont, en général, la forme d'une grosse olive contenant une seule graine allongée, de consistance cornée (un seul carpelle se développe sur les trois qui figurent dans la fleur; les deux autres avortent).

Culture. — La multiplication du dattier peut se faire par semis de graines, mais ce mode a le désavantage de ne pas reproduire sûrement la variété mère et de ne donner des pieds qui ne commencent ù fructifier que vers leur dixième année d'existence.

A moins de poursuivre l'obtention de variétés nouvelles par le moyen du semis, on doit opérer la multiplication du dattier par le bouturage des djobards, qui sont les repousses de la base du tronc adulte.

Les djohardSy très soigneusement détachés à l'aide d'une serpe ou d'une cognée, sont d'abord mis en pépinière pendant une année et demie. Après ce temps, ils sont munis de bonnes racines et on peut les arracher pour les planter à la place qu'ils doivent occuper définitivemenl, c'est-à-dire en ligne, à des distances de 7 à

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8 mètres les uns des autres. On abrite les jeunes pieds avec des feuilles de palmiers, jusqu'à ce que la reprise soii bien assurée.

L*arrosage est de rigueur, d'abord tous les jours, ensuite en diminuant jusqu'à la dose, normale dans les oasis, d'un arrosage tous les quinze jours. Dans le nord du Sahara, les oasis sont généralement établies au voisinage des cours d'eau qui débouchent dans le désert; Dans rintérieur de la région saharienne, où les oueds sont à sec pendant la plus grande partie de Tannée et même pendant plusieurs années consécutives, ce sont les puits ou les citernes qui fournissent les eaux nécessaires aux cultures. L'eau est ramenée au niveau du sol à l'aide de norias, de puits à bascule ou de puits artésiens. L'eau ainsi obtenue est partagée avec soin, les jours d'arrosage, et les quantités à employer sont parfois réglées par un syndicat.

Les conditions les plus essentielles pour la culture du dattier sont : une grande somme de chaleur, au moins pendant l'été (6.000<> C. depuis sa floraison jusqu'à la maturité de ses fruits) ; la pureté du ciel; la rareté des pluies et une humidité suffisante du sol. Aussi, les Arabes, dans leur langage imagé, disent-ils : « Ce roi des oasis doit plonger son pied dans l'eau et sa tête dans le feu du ciel. » On comprend dès lors l'immense portée économique du creusement des puits artésiens qui ont permis de créer de grandes oasis nouvelles en Algérie (comme celles de rOuedRhir).

La conduite des cultures est facile, il convient toutefois de donner de l'engrais si Ton veut obtenir de bonnes récoltes.

Mais le dattier n'est pas seulement précieux par l'abondance et la valeur de ses produits. Grâce à son ombrage, il permet la culture d'autres plantes utiles aux habitants des oasis : orge, luzerne, coton ou légumes qui prélèvent, il est vrai, sur la fertilité de la palmeraie, leur part de principes nutritifs.

Le dattier fleurit au bout de trois à six ans après sa

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plantation, suivant les variétés {hfuirs ou Deglet-nour) ; mais les premiers régimes, petits et sans valeur, sont enlevés, jusqu'à ceux de huit-dix ans ou dix-douze ans qui produisent désormais, grâce à la fécondation artificielle à laquelle on soumet les régimes femelles.

Fécondation artificielle. — On estime qu'un arbre mâle suffit. pour assurer la fertilisation de 25 pieds femelles.

Naturellement, la fécondation pourrait se faire au hasard des circonstances, par transport du pollen des régimes mâles sur les fleurs femelles; mais alors un grand nombre de -fleurs resteraient inferliles'. Pour assurer la pollinisation, les Arabes récoltent les inflorescences mâles (ou les achètent au marché) et les gardent au sec pendant toute l'année. Lorsqu'un arbre femelle fleurit, ils l'escaladent et attachent un fragment de l'inflorescence mâle dans le spathe qui ccmtient le régime femelle, et ils continuent cette opération successivement, au fur et à mv^sure que les régimes femelles apparaissent. Les Arabes ont l'habitude de féconder ainsi tous les régimes de Tannée, sans en supprimer. Il en résulte que la récolte est moindre l'année suivante et nulle la troisième, rotation triennale que l'Européen a intérêt à modifier en répart issant mieux l'effort de l'arbre.

Au moment de la récolte, les dattiers sont escaladés à nouveau, et les régimes, coupés à la faucille, sont descendus à terre â l'aide de cordes. La maturation incomplète peut être terminée dans une chambre chauffée modérément (25 à 30*^).

Les dattes ne subissent aucune préparation ultérieure; celles (jui sont fraîches sont les meilleures car, en vrae ou en emballage, leur masse subit peu à peu une fermentation qui en modifie la saveur.

Variétés. — Les innombrables variétés de dattes peuvent se classer en deux grands groupes, dont les carae-

tores sont suffisamment désig-nés par leurs noms : les Dattes molles et les Dattes sèches.

Les Dattes molles sont les plus imporlanles pour Texportation et la consommation européenne. Bîen mures, translucides, sirupeuses (miel de datte), elles donnent les dattes de table les plus appréciées. Bien que les Arabes consomment surtout couramment les dattes sèches, sous forme de farine, ils utilisent également les dattes molles pressées en masse, les pains de dattes que les caravanes emportent dans des peaux de bouc.

La meilleure datte est le Deglet nour, « Datte de Tunis » ou « Datte d'Alger », des oasis de toute la région saharienne. C'est celle que nous recevons à Marseille en caisse, sacs ou couffins. On y distingue celles, meilleures, du Djérib et de Tozeur et celles de l'Oued Rhir, exportées par Biskra où elles sont l'objet de soins spéciaux.

La datte molle de la variété Rhars sert principalement à la confection du pain de datte pour les caravanes, et les indigènes en tirent également un sirop qu'ils consomment en nature, ou dont ils font de l'alcool par fermentation et distillation.

Les Dattes sèches ont une valeur considérable pour l'alimentation indigène qui, seule, les consomme. Les grandes caravanes s'en approvisionnent sous form<» de farine sèche, d'une conservation presque indéfinie. Les Touareg les prennent surtout au Touat. C'est avec cette farine, mélangée de falezlez (Hyoscyamus Falezlez Gosson), un stupéfiant voisin de la Jusquiame de France, qu'ils empoisonnèrent la mission Flatters. Les principales variétés de dattes sèches sont les D. Hamrira ou D. rouge {hamra) et D. Degla,

Commerce. — D'après MM. Ch. Bivière et H. Lecq. l'Algérie possède 2 millions et demi de dattiers; la Tunisie 1.360.000. Le Golfe Persique est le plus grand centre de culture (20 millions de dattiers). L'Egypte en compte 7.400.000. Notons aussi Elche, en Espagne, avec ses 60.000 arbres, seul point de l'Europe où le dattier soit

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cultivé pour son fruit. L'Algérie exporte annuellement environ 30.000 quintaux de dattes d'une valeur dépassant 2 millions ^e francs. Le Golfe Persique en exporte jusqu'à 500.000 quintaux.

La valeur alimentaire de la datte est considérable. Les sortes inférieures ou les déchets commencent à être utilisés pour la fabrication de boissons de ménage.

Les Arabes extraient du tronc des dattiers mâles, ou de certains arbres qu'ils ne craignent pas de sacrifier en raison de la qualité médiocre de leurs fruits, une sève sucrée, ou vin de palme, nommée lagmi.

Le bois du dattier est utilisé pour la charpente et comme combustible ; les feuilles servent à couvrir les habitations, à faire des nattes, des éventails, des paniers, etc. A Bordighera et à San Remo, le dattier est exploité exclusivement pour les palmes d'église Les arbres sont traités de manière à produire des feuilles ayant les qualités requises. La récolte des palmes est une importante source de revenus pour la Ligurie qui en exporte de grandes quantités pour la fête des Rameaux.

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