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el sont difQciles à transplanter sans blesser leurs racines, d'où une reprise aléatoire.

Les semis sur place, en pépinière, se font sur planches bien fumées et ameublies ; les graines bien mûres et fraîchement dépulpées sont placées en ligne, dans un sillon, à 10 centimètres de distance. La planche est recouverte de feuilles de palmier ou de paillis et arrosée convenablement. Les jeunes pieds apparaissent au bout de trois semaines à un mois. On remplace alors la couverture de feuilles par un loit de feuillage sur piquets, pour les protéger du soleil pendant leur séjour en pépinière qui dure un an. Les jeunes pieds ont formé, à cet âge, leui^s premières branches.

Ils sont repiqués el mis en place dans des trous creusés, un mois à l'avance, à la profondeup d'au moins 1 mètre avec un diamètre de 60-80 centimètres. Avant d'y mettre les jeunes plants, on remplit ces trous de bonne terre fumée ou de terreau.

On adopte généralemçnt la distance à 2 mètres et la disposition en quinconce (3 mètres au Brésil el 4 mètres en Arabie), soit 2.500 pieds à Fhectare. Il convient d'abriter les jeunes plantations sous un dais de feuilles de palmier.

La plantation se développe ensuite, mais ne donne aucun rapport pendant trois ans au moins, le caféier d'Arabie ne commençant à fleurir que vers l'âge de trois ans au plus tôt. C'est la période douloureuse des impatiences capitalistes parce qu'il faut « arroser », au sens argotique du mot, pour conduire rationnellement la plantation, la tenir en état de propreté, sarcler, fumer, pratiquer la taille, irriguer au besoin et payer une maind'œuvre souvent difficile et incertaine. On ne saurait dire assez de fois combien la question de la main-d'œuvre est fonction de la prospérité des cultures et des entreprises coloniales.

La tailte consiste à enlever les rejets ou gourmands trop exubérants ou superflus et les branches trop nombreuses et trop rapprochées. Elle doit être prati-

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(juée à bon escient et la pratique n'en est pas générale.

Uécimage est l'ablation ou taille des bourgeons terminaux de l'arbuste lorsqu'on ne veut pas qu'il atteigne une grande hauteur (ce qui rendrait la cueillette plus difficile), soit plus de 2 mètres.^ Il n'est pas pratiqué partout et ne se fait évidemment que sur des sujets vigoureux.

Taille et écimage se font après la récolte ou cueillette des cerises.

Récolte et rendement. — Le caféier peut donc rapporter déjà à sa troisième année, mais il n'arrive à son rapport plein qu'à sa septième ou huitième année. Dans les conditions de soins requises, il peut se maintenir ainsi jusqu'à vingt ou vingt-cinq ans. parfois plus; puis il décline et diminue sa production, de sorte qu'on a intérêt à renouveler la plantation avec des pieds neufs. Dans la zone très chaude, il dépasse rarement quatorze à ([uinze ans.

Le fruit arrive à maturité sept ou huit mois après la floraison. C'est donc celle-ci qui détermine celle-là. ainsi que l'époque de la cueillette ((ig. 74). La floraison ayant lieu généralement à la fin de la saison sèche, la récolte se fera au commencement de la saison sèche suivante. Elle ne se fait pas en une fois sur le même pied, mais les fruits sont cueillis au fur et à mesure de leur maturité, généralement en deux époques de cueillette espacées de quelques mois.

Le rendement moyen par pied, et par conséquent par hectare, est extrêmement variable de pays à pays, de sol à sol. etc. Il varie de i./3 de kilogramme dans les sols épuisés ou relativement pauvres, à plus d'un kilogramme et demi dans les sols vierges (au Brésil par exemple). On admet comme rendement moyen d'un pied, à l'année : 450 grammes. Mais les années sont très inégales et la récolte peut varier de 50 p. 100 de l'une à l'autre. Il faut iH)mpler une bonne récolte suivie d'une ou deux médiocres ou mauvaises. Comme exception.

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on cilc des pieds, ou plutôt des arbi'cs isolés, ayant donné ju>!(|u'à 15 el 20 kilograFnmca de café.

Le rendement à l'hectare varie de ta sorte entre 300 elplua de I.OOO kilogrammes. Nous admettrons, pour fixer les idées, une moyenne de 500 kilogrammes, chiffre bas ({ui peut être doublé. Notons, en passant, qu'on

l'omplc iOO kilogrammes de baies pour (H kilopriiiiiMii-f de eufé n)archan<l.

Traduit eii rendement monnayé, à raison de 1 (r. 50 ii 2 francs le kilogramme (prix bon) sur place, l'hectare rapporterait brut de 750 à 1.000 francs. Ces prix sont plu; souvent atteints que dépassés.

Nous noua interdirons d'ailleurs volontiers de prévoie des bilans d'exploitation, car en préaonco de facteurt aussi changeants et incertains que ceux <[ui intervien-

ncnl aux colonies, l'établissement d'un devis ou d'un compte de culture est chose malaisée et couvent trompeuse.

Préparation du café. — Sauf en Arabie, en Egypte et sur la côte orientale d'Afrique, où les baies sont laissées à sécher sur l'arbre jusqu'à leur chute, la cueillette se fait partout à la main, souvent à l'aide d'échelles lorsque les pieds sont élancés. On compte qu'un ouvrier alerte — ce sont en général des femmes — peut cueillir jusqu'à 50 kilogrammes par jour.

Transportées à l'usine, les baies sont traitées soit par la voie sèche, soit par la voie humide.

Ces deux voies convergent pour les opérations finales de préparation.

Elles diffèrent en ce que, dans l'une, on laisse sécher les baies fraîches et pulpeuses au soleil, ou dans un séchoir, pour les traiter ensuite et que, dans l'autre, il s'agit de débarrasser préalablement le grain de la pulpe qui l'entoure.

Par la voie humide, la succession des opérations comprend : le dépulpage, la fermentation, le lavage^ la dessiccation, le déparchage ou décorticage, le polissage et le triage.

Le dépulpage est obtenu avec un outillage simple et par le procédé dit des Antilles, employé encore dans Içs petites exploitations qui opèrent sur des quantités de cerises relativement faibles.

Le dépulpeur est une trémie mue à bras par deux h<»mmes. Les baies jetées dans l'appareil passent entre un cylindre ràpeur et deux barres laissant un interstice par lequel les baies dépulpées tombent : le grain d'un côté dans un crible, et la matière pulpeuse de l'autre côté, entraînée par un jet d'eau dirigé en permanence dans l'appareil.

Le crible, en plan incliné, tourne et ne laisse passer par ses mailles que les graines dont la pulpe enlevée a suffisamment diminué le diamètre. Les autres sont reprises au bas de la course et reversées pour un

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nouveau passage dans le dépulpeur. Les graines sont ensuite mises à sécher. Dans les grandes exploitations, où l'on traite des tonnes parjour, on emploie des machines très perfectionnées qui, sans être très compliquées, nous mèneraient cependant trop loin à se faire expliquer en détail. Qu'il nous suffise de savoir que les unes sont à cylindres râpeurs horizontaux, les autres verticaux et que les barres en bois, qui pourraient écraser le grain, sont remplacées par des disques ou des lamelles en caoutchouc dont la pression est moins brutale.

Le dépulpage est rendu ensuite plus parfait par la fermentation à laquelle on soumet les grains, sortant do cet appareil, dans des cuves ou bassins spéciaux et vastes où ils demeurent deux jours à deux jours et demi.

La fermentation ayant désagrégé le restant de pulpe autour des noyaux des cerises, ceux-ci sont lavés à grande eau dans des bassins, où des palettes mécaniques ou des râteaux à main les brassent et les remuent.

On obtient de la sorte le café en parche, c'est-à-dire le grain enveloppé encore de sa pellicule parcheminée.

La dessiccation s'opère, dans les petites exploitations, en étalant le café sur des aires ou terrasses à l'air, au soleil, quelquefois — et c'est déjà une installation plus coûteuse — sur des tables très grandes à rouleaux, mobiles, qu'en cas de pluie on peut pousser sous des hangars. Enfin, dans les usines modernes, on se sert de séchoirs rapides à air chaud ou de machines qui combinent Tair chaud avec le vide. La température ne doit pas dépasser une soixantaine de degrés. Il y a là évidemment un gain de temps considérable et qui a son importance si l'on réiléchit à quelles fluctuations de prix, de jour en jour, le marché des cafés peut exposer une marchandise livrable à terme.

Pour les opérations suivantes, le café en parche, obtenu par voie sèche et recouvert encore de son enveloppe, pulpeuse auparavant, mais racornie maintenant,

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rejoint le café en parche obtenu par voie humide. Les connaisseurs disent que le premier (voie sèche) acquiert plus d'arôme que le second (voie humide), celui-ci étant le café dit lavé; mais nous verrons que le commerce s'inquiète moins de larome que de Tapparence et de la forme, ce qui pourrait prêter à des considérations de philosophie autre que commerciale.

Pour enlever la parche qui empriscmne le grain de café, un le pile simplement dans un mortier quand il s'agit de petites quantités, ou bien, dans les petites usines, on se sert du dépulpeur à disques, mentionné plus haut.

L'appareil employé pour le déparchage en grand est le decmcador du Brésil, avec ses variantes perfection nées. C'est, en principe, un cylindre batteur à ailettes (|ui tourne en vitesse dans un autre cylindre concentrique : ou bien ce sont des plaques de fonte cannelées à mouvement hélicoïdal. Ces appareils arrivent A décorli([uer jusquà 200 kilogrammes de café à l'heure.

Nous ne saurions nous y arrêter, pas plus que sur le polisseur ou brunidor : un cylindre également, dans lequel tournent, à très grande vitesse, des lamelles métalliques qui projettent les grains les uns contre les autres, ce qui les débarrasse de leur pellicule argentée leur dernière enveloppe fine, et leur enlève une apparence rugueuse que n'aime pas le marchand. On obtient ainsi le café dit gragé.

Nous avons vu à Java un procédé ingénieux et simple pour enlever cette pellicule, très adhérente. J^'ouvrier met quel([ues kilogrammes de grain dans une marmite en fonte qu'il fait chauffer sur du sable porté à bonne température. Le grain se dilate. La marmite, vivement retirée de son lit brûlant, est refroidie, le grain se rétracte faisant éclater et craqueler sa pellicule qu'un simple brassage à la niîlin suffit à faire tomber.

De plus en plus, les pays producteurs envoient en Europe des cafés en parche, d'un transport plus sûr, parce que moins exposés aux détériorations. Les opérations

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du déparchage et du polissage se font alors dans les usines spéciales des ports d'importation qui ont un outillage très perfectionné, entre autres des appareils qui font à la fois le déparchage et le polissage, ainsi que le vannage et le tri.

Dans les petites exploitations, la. dernière opération est en effet le vannage et le tri au simple tarare. Nous obtenons finalement la fève, qu'il ne reste plus qu'à torréfier et broyer pour la consommer « à la bourgeoise ». ou à la lurca.

Maladies du caféier. — Les ennemis du caféier, ses hôtes désastreux, sont nombreux et quelques-uns redoutables. Ce sont, et des insectes, et des champignons, et des vers. Nous ne parlons pas des phénomènes météorologiques, tels que les typhons, ou des projets mal étudiés, que redoutent toutes nos cultures coloniales.

Parmi les maladies les plus communes et les plus nocives, il faut citer celle que produit un champignon microscopique, VHemileia vastatrix, dont les méfaits sont comparables à ceux du mildew et de roï//tMmdans nos vignobles, avec cette différence qu'ils demeurent encore sans remède efficace. LHemileia a ruiné les planteurs de café de Ceylan. La maladie y fit son apparition vers 1870: elle occasionna de tels ravages qu'une dizaine d'années plus tard, le leaf blvjlit — tel est le nom que lui donnent les Anglais — avait réduit les plus riches planteurs de café de l'Ile à la condition d'employés de leurs créanciers. Les planteurs ruinés formèrent alors une Association qui, avec une énergie remarquable, se mit à Tœuvre pour réparer le désastre : les plantations de caféiers furent condamnées et abandonnées, et à leur place surgirent les plantations de théiers ([ui sont devenues, depuis, une des richesses admirables de Ceylan.

VHemileia accuse sa présence, dans une plantation, par des taches qui apparaissent sur les feuilles du caféier [fig. 75). Ces taches, d'abord blanches, se trouvent à la face inférieure, puis se montrent, avec une

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leinte orangép. è la Tacp Bupérieuro, enfii Elles sont produilee par les spores ou corpuscules reproducteurs du champignon donL le mycélium (filaments végétatifs) a envahi les tissus de la feuille qu'il tue. Une plantation fortement atteinte par l'Hetniteia est difficile à sauver, à moins qu'une vigilance active, incessante, permette de brûler tous les piedsalteinta, cequi n'est encore souvent qu'un pallialif insuffisant. Jusqu'à présent,

Fig. 75. — llemileia v

quelques réjfionB tropicales sont demeurées indemnes encore, mais il est à prévoir que ce n'est là qu'une trêve passaj^'ère. Aussi l'introduction de plants do eafé racines y doit-elle être interdite.

Nous ne parlnns pas d'antres affections parasitaires telles que les rouilles. On peot les traiter avec succès par les suintions foni^ieides cupriques, et surtout la bouillie bordelaise.

Une autre plaie des plantations de caféiers est le borer qu'on appelle, dans certaines contrées (Tonkin), la mouche. Il s'agit d'un insecte de la famille des Coléoplèref. de la tribu des Longicorneu : le Xylotrechui qua-

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