‹ Les produits coloniauxChapitre 46 sur 199 · STIMULANTE · texte numérisé non relu

STIMULANTE

drupes {dg. 76). Ce coléoptère vole le jour dans les plantations et se pose sur la partie supérieure des lifres de caféier où il insinue ses œufs entre les rugosités de ['êcorce, La larve éclose se fraie un chemin jusqu'au cœur de la branche en y creusant «les i^alericstournantes «Hii tuent la branche (l'abord, et l'arbuste ensuite. Comme l'œuf est relativement prclégè et la larve en cheminement fort difficile à atteindre, le mieux est de couper le mal à la racine en en faisant autant au pied du caféier, et c'est de cette façon qu'on a pu sauver i|uelque8-unes de nos plantations du l'onkin. Les autres remèdes proposés jiisiju'alors se sont montrés illusoires Les étu- j/^.,^;^^ 'é"'^Zi des de M. Boulan, en Uttâinu.

Indochine, l'ont conduit à imaf^ineret à construire un apparei larves du ftorersont détruites danr. le caféier par une lem pérature de 50 àBSoC-, sansdan^çer mortel pour la plante L'Élachisle {SlacMsla coffeelta) est un petit papilloi répandu dans la plupart des pays producteurs de café Sa larve vit dans la feuille du caféier dont elle dévon le parenchyme. On combat cet ennemi en allumant il grands feux dans les plantations au moment de li métamorphose des larves eu papillons. Ceux-ci vienncn se brûler dans la flamme.

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Notons finalement l'existence dune maladie vermiculaire, produite par un ver filiforme, un nématode. dont les individus en nombre, comme de petites anguilles, s'attaquent aux fines radicelles du pied (fe caféier et le font dépérir.

Ce sont là, parmi les ennemis du caféier d'Arabie, les plus répandus et les plus funestes. Aussi leurs déprédations contribuèrent-elles à mettre en relief les qualités, et surtout la résistance à leurs attaques, d'une espèce de caféier découverte à l'état spontané, vers i875, dans le Libéria et qui reçut le nom de Café de Libéria [Coffea liberica Hiern). L'importance qu'elle a prise dans les cultures coloniales nous engage à la connaître autrement que de nom.

Café de Libéria. — L'espèce est facile à reconnaître et à différencier d'avec le caféier d'Arabie.

Le caféier de Libéria n'est plus un arbuste, mais devient un petit arbre pouvant atteindre plus de 10 mètres de hauteur, à tronc droit, épais, portant des branches plus dressées.

Les feuilles grandes, d'un vert foncé, plus dures, un peu pointues, ont un gros pétiole qui semble continuer le limbe et portent des glandes à chaque bifurcation des nervures sur la nervure principale (fig. 77).

Les fleurs ont de 6 à 8 divisions (au lieu de 5 chez Varabica) et les baies, plus ovoïdes, sont deux fois plus grosses (|ue celles du caféier d'Arabie. Les grains sont aussi deux fois plus volumineux et ont une forme plus a[)lalie sur leur face et plus allongée. Les fruits sont plus difficiles à déL'icher, leur pulpe est plus astringente et moins sucrée, plus fernie aussi, ce qui les rend moins facile à dépulper.

Cet arbre est plus productif et vit plus longtemps. Il est aussi plus précoce et peut déjà rapporter une récolte à la troisième année. II fleurit à dix-huit mois.

Son rendement annuel est évalué à 1 kilogramme à 1 kilogramme et demi^ par pied. Mais si la quantité est plus

n.ANTRS ALIllEKTAIHES : STIMULANTES

mbic do <-("llp du caféier d'Arabie, la «iiiali

Fig, 17. - CiKê UE LiBÉnc* {Co/fea Ubfi-ku). rérieure el l'arôme laisse soiivcnl à di^wirer. Uni

infusion de café de Libéria jeune a une odeur généralement désagréable.

Le C. Uberica a des desiderata de terrain et de conditions de cultures différentes. 11 préfère les terres basses aux hautes altitudes et vient surtout jusqu'à 300 mètres, bien qu'il y ait des exceptions, comme à Java, où il est cultivé jusqu'à i.OOO mètres. 11 préfère la chaleur tropicale et l'humidité ambiante, mais fuit les terrains marécageux. Il lui faut un sol meuble, riche, tel qu'un terrain volcanique ou la latérite que nous appelons « terre rouge » en Cochinchine. Il a moins besoin d'ombrage et s'accommode même du plein soleil. A Java, on a l'habitude de l'ombrager assez légèrement sous des dadaps (Érythrines) et aussi des Kapoks {Eriodendron anfractuoBum) ou « faux cotonniers », que nous apprendrons à connaître un peu plus loin, et qui ajoutent ici leur récolte à celle du caféier.

La cerise, plus grosse, moins charnue, est traitée par voie humide dans des appareils un peu différents que ceux que nous avons indiqués déjà, mais la suite des opérations est la même.

La récolte se fait beaucoup plus souvent, car larbre produit presque sans interruption dans les régions où la période du renversement des moussons est peu accusée.

LeC. Uberica, plus fort, demande légitimement un espacement plus grand : on le plante jusqu'à 4 mètres de distance.

La culture a conquis beaucoup de terrain à Java et sur la Cote occidentale d'Afrique. Nous la trouvons à Mayotle où elle a remplacé celle du café d'Arabie, atteint par VHemilcla ; la Cochinchine en possède {|uel({ues plantations.

Sa résistance auchampigncm et au borer aussi — bien (ju'il n'en soit pas entièrement indemne — l'a faitchoisir avec succès comme sujet pour la greffe et l'hybridation, mais surtout pour la première, qui est relativenient facile à opérer et réussit bien sur des pieds en

germination. On obtient ainsi, sur des pieds résistants de Libéria, des récoltes de greffon d'arabica.

Espècesdiverses. — Parmi les autres espèces du genre CoffeOy découvertes par les explorateurs, surtout en Afrique occidentale, nous retiendrons le Coffea sténophylla G. Don qui donne la sorte dite café de Rio-Nufiez. iiCS premières graines y furent apportées du Fouta- Djalon. L'arbre est vigoureux et les graines sont petites, arrondies. Dans les dernières années, on s'est occupé de son introduction dans diverses colonies.

Une espèce qui parait avoir un réel avenir est le Coffea robusta Chevalier, originaire du Congo, que les Hollandais ont mis en culture à Java sur des milliers d'hectares. 11 est très floribond et résiste encore à VHemileia. n faut donc en profiter avant qu'il ne lui soit accueillant comme le liberica commence à le faire.

D'autre part, à Madagascar, on signale la bonne venue du Coffea congemis Frœhner et sa résistance aux maladies cryptogamiques.

Les Coffea Humblotiana Bâillon, des Comores, C. Per- /-ic/i' Jumelle, de Madagascar, et quelques autres se distinguent par l'absence de caféine.

Production et commerce du café. — Le Brésil produità lui seul près des 2/3 delà consonuiialion mondiale du café. Viennent ensuite l'Amérique centrale, Porto- Hico, Java et Sumatra, les îles Philippines, Hawai, et, loin derrière, nos colonies françaises.

Les chiffres de la production mondiale de 1908-1909 indiquent que le grand total des récoltes brésiliennes a été de n millions et demi de sacs (à 60 kilogrammes), soit 690.000 tonnes; celui des autres pays : 3.697.000 sacs, soit 221.820 tonnes. Total pour la production mondiale : 912.000 tonnes.

Or, les statistiques accusant pour 1909 une consommation mondiale de 1.199. 265 tonnes, il faut en conclure que les chiffres de la production sont incertains et

que n'apparaissent pas ceux des approvisK»nnemenls visibles en stocks existants. En matière de statistique, il est toujours prudent de se défier de l'incertain ou de l'incomplet. Quoi qu'il en soit, l'augmentation de la production s'accuse nettement pendant la période 1900-1909 et le pourcentage atteint 38 p. 100. Cette augmentation est due surtout à la production croissante du Brésil. Un chiffre très fort de production mondiale est donné pour 1907 : 1.422.000 tonnes; il en est résulté d'ailleurs une baisse de prix sensible. En cette même année 1907, l'Europe recevait, à l'importation, 875.220 tonnes et les États- Unis, 413.520 tonnes.

Ce sont, en Europe, les pays du Nord qui consomment les plus fortes quantités de café, du moins d'après la statistique de la répartition par tète d'habitant. Voici d'ailleurs la gamme décroissante des chiffres :

Hollande 6,y;i2

Cuba 6,200

Suède 5.957

Norvège 5,6U'J

Finlande 5,626

Belgique 5,590

Etals-Unis .H.380

Danemark 4.212

Suisse 3,39.1

Allemagne 3.3«y

France 2,728

Argentine ...... 2,090

La consommation du café est en progrès constant, sauf en Angleterre. L'Anglais consomme moins d'une livre de café ;300 grammes) qu'il remplace volontiers, comme on sait, par le thé. Il en est de même en Russie ^230 grammes).

En ce (|ui concerne la France, elle accuse un chiffre d'importation oscillant annuellement autour de 175.000 tofines, dont une bien faible partie seulement — a peine 2.000 tonnes — lui est fournie par ses colonies. Voici quel({ues statisticjues :

Guadeloupe y 1906 : 773 tonnes.

Nouvelle-Calédonie, quantités variables de 300 à 600 tonnes.

Réunion : une vingtaine de tonnes. Culture en décadence.

Mayotle et Comores : une dizaine de tonnes.

Côte des Somalis : près de 2.000 tonnes sont exportées, mais la majeure partie vient de l'intérieur.

Côte divoire, i905 : 25 tonnes.

Congo, 1905 : 34 tonnes.

Madagascar, 1906 : 60 tonnes.

Quantités néglif^^eables pour le Sénéfj^al, la Guinée française, la Guyane, le Dahomey, le.s Etablissements français de Tlnde, de l'Océanie et, malheureusement aussi, la Martinique (moins de 3 tonnes en 1906).

Par contre, l'Indochine aujrmente le chiffre de sa production qui atteint maintenant plus de 200 tonnes par an.

La consommation du café en France a pris un développement rapide depuis, surtout, qu'en 1857 le café fut introduit comme boisson dans l'armée . Le soldat s'y habitua et continuait à le boire et à le préconiser après son retour au foyer. En 1860, la consommation de la France avait déjà augmenté de 7.000 tonnes. 11 y a quinze ans, en 1895, le Français consommait par unité plus d'un kilogramme de moins qu'en 1910. L'importation du café en France a été, en 1909, de 1.079.500 quintaux valant 112.266.000 Crânes, et le prix moyen du café a été de 104 francs les 100 kilogrammes.

Les ports d'importation sont Marseille, Bordeaux et le Havre, mais surtout ce dernieKqui est un des grands marchés du monde pour cette denrée.

Les pays qui vendent le plus de café à la France sont, par ordre d'importance : le Brésil et Haïti ; ensuite les Indes anglaises, le Venezuela, les États-Unis, le Nicaragua, Porto-Rico et la Colombie. Nos colonies ont fourni, en 1909, 20.930 quintaux valant 2.177.000 francs. En tète se trouve la Guadeloupe avec 679 tonnes {Économiste français, novembre 1910).

L'augmentation considérable de la production au Brésil et la baisse consécutive des prix a amené, en 1906, les trois principaux Etats producteurs (Sao-Paulo, Minas Geraes, Rio-de-Janeiro) à se concerter en vue d'une

opération dite de valorisation et qui consiste à acheter à temps des quantités énormes d'un produit avec l'obligation de le stocker jusqu'à la venue d'une hausse de prix permettant de Técouler sans compromettre le marché. L'État de Sao-Paulo a seul pu réaliser l'opération, à ses risques et périls, et il l'a renforcée par un impôt restrictif sur les plantations nouvelles ^

En présence d'une production de jour en jour supérieure à la consommation, on peut donc s'attendre à des fluctuations du marché qui auront leur répercussion sur la culture du café dans nos colonies.

Sortes commerciales — Elles se reconnaissent à la forme, à la coloration et au parfum relatif des fèves. La forme varie depuis la fève allongée, ovale des cafés Brésil, ronde des Moka, à la forme pointue des cafés Bourbon. La coloration varie du vert foncé au jaune pâle, les cafés pâlissant avec l'Age. Les connaisseurs |)euvenl reconnaître les cafés à leur parfum subtil, parfois en les craquant sous la dent. Les cafés dits Moka ont une transparence ambrée caractéristique.

Les emballages se font en sacs ou balles, en moyenne de 60 ou 70 kilogrammes, et aussi en couffes (côte orientale d'Afrique), en quarts ou tierçons (petits fûts, Antilles) et en surotiSy ou sacs de cuir grossier.

Les cafés peuvent être avariés ou défectueux par fermentation (graine insuffisammeiit sèche), par mouillage (Veau de mer, maculatures ou impuretés. Ils contiennent parfois des fèves dites puantes (un peu violacées) qui peuvent les rendre inconsommables. Les envois de Haïti passent pour être les moins soignés.

Les cafés bonifient avec l'âge ; secs et aérés, ils peuvent se conserver pendant vingt ans.

Parmi les sortes classées, nous retiendrons :

1° Les cafés Moka (fig. 78) ; fèves de grosseur moyenne,

* Ou trouvera des indications complémentaires sur les essais de valorisation, entre autres, dans le Manuel d'Économie commerciale, par Pierre Clerget (Lîbr. Armand Colin, 1009), p. 102, sqq.

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irrégulières de forme. Transparence verdâtre ambrée ou vitreuse. Le§ plus aromatiques viennent de Hodeida et du Harrar.

2® Cafés Bourbon ; ronds ou pointus, de coloration vert tendre à jaune foncé. La variété pointue (aux deux bouts) est ovale allongée, plus petite que la ronde et de teinte roux clair.

3» Cafés Brésil : a) Rio; h) Santos. Vert foncé à teinte jaune; lavés ou non lavés. Le Rio a des fèves d'un ovale oblique par rapport au sillon longitudinal. Le type Santos a l'ovale moins allongé ; c'est lui qui sert à la plupart de nos mélanges, d'où le nom de mère des cafés qu'on lui donne dans les entrepôts.

4<* Cafés Java. Types, nuances et qualités très divers. Forme ovale allongée; teinte vert pAle; fèves gardant leur pellicule argentée. Java donne sous ce nom, aujourd'hui, beaucoup de liberica.

Nous connaissons déjà le caracoli. 11 existe, d'ailleurs, d'autres sortes fort nombreuses {Manille^ Porto- Rico, Haïti, Guadeloupe, Calédonien etc.), parmi lesquelles il faut citer en bonne place les cnfés Tonkin qui se font un bon nom actuellement par leurs qualités les rapprochant du Moka.

Faut-il rappeler aussi que, si les sophistications du café en poudre peuvent être plus faciles par l'introduction de matières inertes étrangères, celle du grain ne peut être que grossière en y ajoutant des fèves de glands ou de chicorée agglomérée, ce qui n'est pas difficile A reconnaître.

Propriétés. — Le café est un tonique stimulant, agissant sur le système nerveux, cérébral et cardiaque. A forte dose, c'est un contre-poison des narcotiques. Étendu d'eau, il constitue une boisson excellente pendant les chaleurs et sous les tropiques.

Son principe actif est la caféine^ un alcaloïde qu'il contient dans la proportion moyenne de 1 p. 100, accompagné d'une huile légèrement aromatique. La caféine a été trouvée également dans le thé. le cacao, la coca, le

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kola. Je maté, toutes plantes sliinulanles comme lui.

Los éléments aromatiques du café sont développés par la torréfaction qu'il ne faut pas pousser trop loin ou trop prolonger, car la caféine, volatile, disparaîtrait en partie.

On trouve maintenant en France, comme aux ËtalstTnis. de (grandes usines spécialement installées pour la torréfaction des cafés.

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