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LE MUSCADIER

Le Muscadier {Myristica fragrans Houttuyn) de la famille des Myristicacées, est un arbre de 10 à 15 mètres de haut, des îles Moluques, autrefois jalousement gardé par les Hollandais qui entouraient sa culture des mesures de protection les plus sévères. On dit (|u'un oiseau indigène, irrespectueux de ces règlements draconiens, en transporta la graine aux îles voisines, où l'arbre se développa et d'où Poivre et ses compagnons, Provost et d'Etcheverry, purent en avoir pour la Réunion.

Cet arbre, qui rappelle nos poiriers par le port, la taille et le fruit, aime les terres basses, profondes et humides, mais bien drainées, des bords de la mer. Le climat doit être tropical, c'est-à-dire chaud et humide, et la plante peut venir jusqu'à 400 mètres d'altitude. La fleur, petite, se développe en un fruit de la grosseur d'un abricot, capsule charnue jaune pâle qui s'ouvre à la maturité en laissant apparaître un noyau d'un ronge écarlate (fig. 93).

En examinant ce noyau, rouge à letatfrais, on trouve cpie l'enveloppe colorée, laciniée, peut s'en détacher à la façon de ce réseau fibreux qui entoure la coque des amandes sèches : c'est le macis de muscade, tégument spécial que les botanistes appellent arille. Ce macis charnu est détaché, séché et vendu séparément dans le commerce.

Sous le macis se trouve un tégument de la graine et dans ce tégument, la véritable noix de muscade, dont l'ai-

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25 p. 100, une matière grasse qu'on obtient par pression à chaud et qui donne le beurre de muscade.

La muscade a perdu beaucoup de sa vogue depuis le xviii® siècle. On l'emploie encore comme épice aromatique, mais surtout en pharmacie comme stimulant circulatoire. La muscade achetée chez les épiciers paraît toujours roulée dans une poudre blanche : en ofTel, pour la conserver, on la met dans un bain de chaux éteinte, ou on la saupoudre de chaux pulvérisée qui la défend contre les insectes. Il faut qu'elle soit bien séchée.

La culture du muscadier est difficile et délicate. Les sexes sont séparés et il suffit d'un pied mâle pour féconder dix femelles. On a préconisé la greffe par approche de pieds de sexes différents.

Le commerce connaît, à côté des muscades rondes, une sorte à noix plus longue, appelée muscade mâle, provenant de la Nouvelle-(îuinée et qui est beaucoup moins estimée.

La muscade dite de Madagascar n'a pas de parenté avec la vraie muscade, étant le fruit d'une Laurinée : Ravensara aromatica Sonnerat.

Le muscadier produit vers sa septième année, donne son maximum vers vingt-cinq ans et peut vivre de soixante à quatre-vingts ans, donnant, de dix à vingtcinq ans, une moyenne de 1.500 à 2.000 noix par an, soit 8 à 10 kilogrammes.

Le centre de production principal est la Malaisie qui en exporte dans les 1.000 tonnes par an. La Héunion, rinde, la (iuyane et les Antilles en cultivent un peu.

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